Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

Archives de la catégorie “émissions ou chroniques radio”

Le raisonnable et l’insupportable. Un texte d’Hubert Huertas

Le 07.10.2011, à 07:36, Hubert Huertas (dont je vous ai parlé dans un article précédent) nous lisait sur l’antenne de France Culture ce texte très bien senti , à mes yeux fort judicieux, même que « plus d’actualité que, ça tu meurs » :

« L’économie se venge toujours », écrivait Raymond Barre dans son livre « l’expérience du Pouvoir » publié chez Fayard en 2007. L’ancien Premier Ministre racontait comment il avait découvert que la politique était punie quand elle ignorait le réel. Faites des promesses non budgétées, et chaque euro investi dans vos discours en coûtera vingt fois plus au moment de payer la note.

Cette vérité officielle résume le conflit éternel entre l’ordre économique et l’ordre politique, en donnant l’avantage au premier. C’était pour ainsi dire une loi aussi incontournable que la gravitation universelle. A partir des années 80, avec l’avènement de Ronald Reagan et de Margareth Thatcher, ce primat de l’économie, devenu primat des marchés, a fait naître une théorie, qui divisait les hommes et les femmes politiques en deux catégories, les raisonnables et les déraisonnables. Les raisonnables acceptaient le monde tel qu’il va (« c’est comme ça et pas autrement… »), les déraisonnables imaginaient d’autres solutions, impossibles par définition, puisque le marché représentait la raison, et l’état providence la déraison.

Les derniers développements de la crise Grecque, et de la crise mondiale viennent de remettre en cause cette loi du raisonnable et du déraisonnable et c’est une révolution.

Le ministre allemand de l’économie, Philipp Rosler, un libéral pur jus qui tenait sur la dette grecque les discours les plus définitifs, en exigeant des plans d’austérité toujours plus rigoureux, est parti hier à Athènes avec des chefs d’entreprise et un nouveau catéchisme. « Dans un esprit de solidarité, a-t-il dit, il est du devoir de tous d’aider la Grèce à se remettre sur pied ». Il a prononcé ces mots déraisonnables : Solidarité, devoir, aide. Il veut même, paraît-il, augmenter la participation des banques.

Il s’est passé qu’un peu partout des mouvements de révoltes se lèvent, et que les Grecs n’en peuvent plus. Décréter qu’un retraité touchant 1200 euros doit en rendre 200 par mois, est sans doute raisonnable du point de vue de l’économie, mais insensé pour celui qui doit payer. A cette vitesse les états se délitent, et quand les états se délitent les économies s’effondrent.

Une nouvelle loi est donc en train de naître qui va modifier en profondeur la vie politique mondiale. Les notions de « raisonnable » et de « déraisonnable » vont devoir tenir compte de valeurs inédites : le supportable et l’insupportable.

Raymond Barre n’a peut-être pas eu tort de dire que « L’économie se venge toujours quand la politique l’oublie », mais il est mort trop tôt pour vérifier ce qu’on découvre aujourd’hui : la politique se venge aussi, quand l’ordre économique croit pouvoir se passer d’elle…

Pour ré-entendre cette chronique de vive voix :
http://www.franceculture.com/emission-le-billet-politique-d-hubert-huertas-le-raisonnable-et-l-insupportable-2011-10-07.html

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Alger, un livre, des musiques, et Hubert « comme là bas, comme avant »

Dans les années 80, j’avais un jour rencontré Hubert, un jeune homme d’à peu près mon âge, dans un tout petit coin du Centre Var ressemblant à s’y méprendre à ceux qu’on ne voit plus que dans un film de Pagnol. J’y avais des habitudes et venais y retrouver quelques amis. Je me souviens d’une après-midi où nous avions chanté et joué de la musique ensemble, Hubert et moi, au milieu d’une vingtaine de personnes, un très bon souvenir m’en était resté…

Bien plus tard, l’été dernier pour tout dire, je me promenais dans une grande surface spécialisée de ma région (en clair, la FNAC d’Aix-en-Provence) lorsque mon regard se porta sur un livre : « La petite fille qui venait d’Alger ».

J’ai été immédiatement attiré par l’objet, par le titre (…étant moi-même né dans cette ville). Le livre était signé Hubert Huertas, et j’ai cru reconnaître dans ce nom la personne de mon jeune camarade de chanson en compagnie des cigales… la 4e de couverture rappelait que l’auteur était également journaliste (c’est bien ça me suis-je dit, Hubert travaillait dans la presse écrite, au journal La Provence, à l’époque où je l’avais rencontré… et il me semblait bien l’avoir entendu causer dans le poste par la suite, sur France Inter puis France Culture, au cours des années qui ont passé à toute vitesse depuis lors).

J’ai donc fait l’acquisition de l’objet, et grand bien m’en a pris. J’ai – comment dire – pris ce livre en pleine figure comme un paquet de mer, qui m’a reconnecté avec tout un ensemble de sensations oubliées.

Je me suis même empressé de féliciter Hubert (après l’avoir retrouvé grâce à son site web). Nous avons même repris contact à cette occasion. Il est passé un samedi chez moi, et nous avons repris piano et guitare comme si de rien n’était, afin de pousser la chansonnette ensemble, et ce fut aussi sympa que la dernière fois ! Nous nous sommes d’ailleurs promis de renouveler l’expérience…au moins avant 2040…

Je vous recommande chaleureusement la lecture de son livre, cela va de soi.

LA PETITE FILLE QUI VENAIT D’ALGER

Dans ce deuxième roman sur l’Algérie, Hubert Huertas ne revient pas sur la guerre qui n’en finit pas, ni vraiment sur la séparation entre la France et l’Algérie, mais au contraire sur l’existence d’un pays tabou : La Françalgérie

Le thème : MARRE DE LA GUERRE !

Novembre 2010 : au moment où le narrateur achève le récit de cette histoire, on approche des cinquante ans de l’indépendance, une grande date de l’histoire collective, et partout l’Algérie fait la une de la France. L’Algérie ? Non, la guerre ! A lire tous ces écrits, à voir toutes ces photos, cette somme de livres, de reportages, de films, l’Algérie ne serait pas un pays mais une guerre jamais finie. Des bérets, des soldats, des souffrances et des haines. On dit même que cette guerre qui s’étale partout, à longueur de souvenirs, d’uniformes, de témoignages, de tortures, de massacres, cette guerre serait un tabou ! C’est rigolo comme concept, le tabou qu’on voit partout ! Aussi tabou que l’effigie de Staline à Moscou, pendant le stalinisme.

L’Algérie ne serait pas un pays comme les autres, avec des gens, des jeunes, des vieux, des amoureux, des malades, des génies, des crétins, un fond de l’air et des parfums. Pas un pays du vingt-et-unième siècle mais seulement un champ de bataille du vingtième. Ce pays c’est pourtant trois nations : L’ancienne colonie française, l’ancien colonisateur, et le mélange des deux, appelons ça la « Françalgérie », un pays sans frontières. Le vrai tabou n’est pas la guerre mais la Françalgérie, enfant bâtard, pelé, galeux, nation mise à l’index des deux côtés de la méditerranée, cachée comme une trahison, mais qui se promène dans les têtes et dans les rues, sous le soleil, de Dunkerque à Tamanraset. C’est dans ce pays que se faufile cette histoire.

L’histoire : UNE ADOPTION

« La petite fille qui venait d’Alger » raconte une adoption, donc une histoire intense. En 1997, les parents de la petite Sohane, une Algérienne âgée de 7 ans, sont massacrés par des terroristes. Son grand-oncle Omar, désespéré, appelle au secours l’un de ses amis d’enfance, Albert, et lui demande de recueillir l’orpheline, pour la mettre à l’abri, et l’éduquer en France.

Omar et Albert ont beaucoup rêvé jusqu’à l’âge de 20 ans, en 1962. Ils ont aussi combattu pour l’Algérie indépendante. Albert a même sauvé la vie d’Omar. En dépit des années et des déchirements intimes, ils ne se sont pas perdus de vue, mais restent convaincus d’appartenir à deux nations étrangères, dont les peuples se sont côtoyés de force, pendant cent trente ans, mais ne se sont jamais rencontrés. Omar est devenu pamphlétaire et auteur de théâtre, il se moque de son pays mais refuse de le quitter. Albert a écrit des ouvrages à succès sur la décolonisation, et dénonce le passé du sien. En 2010, après un voyage à Alger, la Petite fille va disparaître. Une fugue au bout du monde et à deux pas du périphérique, en banlieue. Sa recherche, par ses parents de Paris et son grand-oncle accouru d’Alger, va bousculer les habitudes et les idées reçues.

Pour la retrouver c’est eux-mêmes qu’ils devront découvrir.

Si vous le souhaitez, vous pouvez (grâce à la magie du net) entendre Hubert parler lui-même de son livre, ou accéder à la lecture ou à l’écoute de l’intégralité de ses billets politiques sur France Culture (tous les matins à 7h35).

Vous pouvez aussi visionner ci-dessous une interview qu’il a donnée dans le cadre de la semaine « Algérie, 50 ans après » qui est passée sur France Culture…

 

Mon pote et le risque

Bonjour,

En ce moment le dernier film de Marc Esposito est l’affiche :


Comédie
Date de sortie : 01 Décembre 2010
Réalisé par : Marc Esposito
Avec : Edouard Baer , Benoît Magimel
Dure : 1h45min
Synopsis : Victor est le patron d’un magazine automobile. Un jour, il va parler de son travail dans une prison. Il y rencontre un ancien braqueur, Bruno, fan de son magazine, qui lui demande de l’embaucher. Victor accepte. Une amitié naît entre les deux hommes.

Il se trouve que ce matin, j’écoutais France Inter, et que Marc Esposito était venu parler de son film. A ma grande surprise, il a annoncé qu’il s’agissait d’une histoire d’amitié qui s’inspire de la rencontre entre lui-même, alors qu’il était directeur du mensuel Première, et de Jean-Luc Levesque, ancien détenu qu’il engagea comme maquettiste, puis directeur artistique.

Il a même précisé que son ami Jean-Luc était venu déposer sur son blog un témoignage émouvant … Alors j’y suis allé voir aussitôt. Effectivement, le témoignage était bien là. Cela commence ainsi :

Marc,

A quelques câblées de la sortie de « Mon pote », je viens te remercier publiquement de m’avoir sorti de prison, il y a vingt ans. Tu as été providentiel pour ma famille et moi, juste providentiel… Tu dis que tu as juste été un homme, que tu ne prenais aucun risque, que tu aurais été une merde de ne pas m’aider, moi je te dis que tu es juste un bonhomme, un Mench, un Juste !

Il y a un risque à écouter son cœur, Marc, tu le sais très bien, c’est juste de se tromper, mais il y a aussi une récompense, c’est celle d’avoir raison. Raison de faire confiance, de se fier, juste de croire en l’autre […]

La suite se trouve sur http://www.marc-esposito.com/index.php?page=2

Ce témoignage (que Jean-Luc Levesque m’a autorisé à reproduire ici — qu’il en soit remercié) m’a tout simplement bouleversé. J’ai repensé au magnifique texte sur « Le Risque », écrit par Rudyard Kipling :

 

La croissance est l’un des besoins les plus urgents.

L’arbre perce la terre, la larve se transforme en papillon, l’enfant devient adolescent. On se doit de grandir et de répondre à ses besoins changeants si l’on veut se sentir pleinement vivant.

Les gens les plus heureux sont ceux qui ont le courage de croître et de prendre des risques pour vivre en fonction de leurs valeurs.

Et même si…

Rire, c’est risquer d’être ridicule…

Pleurer, c’est risquer d’avoir l’air sentimental…

Tendre la main vers l’autre, c’est risquer de s’impliquer…

Montrer ses sentiments, c’est risquer de dévoiler son Moi authentique.

Exprimer ses sentiments, c’est risquer de révéler sa véritable nature…

Exposer ses rêves et ses idéaux, c’est risquer de les perdre…

Aimer, c’est risquer de ne pas être aimé en retour…

Vivre, c’est risquer la mort…

Espérer, c’est prendre le risque du désespoir..

Essayer, c’est risquer l’échec…

…On doit risquer. Car le plus grand danger est de ne prendre aucun risque.

La personne qui ne risque rien ne fait rien, n’a rien et n’est rien. Elle évite peut-être la souffrance et le chagrin, mais elle ne peut rien apprendre, rien ressentir, elle ne peut ni vivre, ni croître. Enchaînée dans ses certitudes, elle en est esclave et a perdu sa liberté.

Seule la personne qui prend des risques est libre.

En tout cas une chose est sûre : j’ai pris immédiatement la résolution d’aller voir le film « Mon Pote » dès que possible.

Cela s’est enfin passé dimanche dernier, dans un tout petit cinéma de campagne près de chez moi.

Le résultat a dépassé mes espérances : j’ai trouvé ce film extrêmement sensible dans le meilleur sens du terme, très bien tourné, et touchant très juste au niveau des sentiments, sans jamais tomber dans ce qu’il est convenu d’appeler les « bons sentiments » (encore que… j’aime mieux ça que les mauvais :-))). Une belle leçon de vie, en résumé.

Un passage a particulièrement retenu mon attention (et mon émotion 🙂

C’est au moment où Bruno exprime sa reconnaissance à Victor, pour l’avoir embauché et lui avoir accordé sa confiance (embaucher un taulard, c’est très gentil sur le papier, mais on peut imaginer que le passage à l’acte ne doit pas aller de soi). D’une manière un peu pataude et bourrue, il lui dit à  peu près ceci (je cite de mémoire) :

« Il y a une chose que je me suis retenue de te dire des milliers de fois depuis que tu m’as embauché, parce que je ne voulais pas t’embarrasser avec ça, mais maintenant il faut absolument que je te le dise, comme ça ce sera fait… Voilà, c’est tout simplement merci ».

Cela m’a d’autant plus touché que je revenais d’un voyage à Venise, que j’ai pu effectuer grâce à mon ami Tony Baldo (leader de la compagnie Tiramisu, dont j’ai déjà parlé dans ce blog). Pendant tout le séjour, j’a eu envie d »exprimer mille fois ma reconnaissance à Tony, qui était mine de rien en train de me permettre de réaliser un rêve vieux de près de 30 années…

Alors voilà. » Tony, si tu nous écoutes (ici, prendre une voix à la Michel Drucker)… il y a une chose que je me suis retenue de te dire des milliers de fois pendant ce séjour de rêve, parce que je ne voulais pas t’embarrasser avec ça, mais maintenant il faut absolument que je te le dise, comme ça ce sera fait… Voilà, c’est tout simplement merci ».

 

 

Bien à vous,

Bernard

Poisson d’avril original : la BBC a affirmé que Shakespeare était français

source : voila.fr

William Shakespeare (1564-1616), un des piliers de la littérature anglaise, serait en fait français, affirme jeudi la BBC dans un des nombreux poissons d’avril noyés dans les médias britanniques.

William Shakespeare

William Shakespeare : le meilleur d'entre nous ?

Mary Shakespeare, née Arden, la mère du poète et dramaturge, se serait en fait appelée Mary « Ardennes », du nom de la forêt du nord de la France, a affirmé sur le ton le plus docte un soi-disant « expert » sur les ondes de la BBC.

Les députés de l’Assemblée nationale française ont « lancé une enquête », ajoute la BBC qui cite notre ancien ministre de la Culture, Jack Lang, lequel affirme « se réjouir d’apprendre que Shakespeare est français ».

L’ancien ministre estime que la révélation ne fait que « confirmer ce que certains experts français pensaient déjà ». « Nous étudions comment honorer ce grand dramaturge. Bien entendu, nous avons Racine et Molière mais nous allons faire de la place pour lui dans notre Panthéon national des grands auteurs », a assuré − dans la langue de Shakespeare − notre « good old Jack » à nous  sur les ondes de la station BBC Radio 4.

Par la suite, la BBC a indiqué à l’AFP qu’il s’agissait bien d’un poisson d’avril et que ce bon M. Lang avait volontairement pris part à la plaisanterie.

Toujours dans la série des « april fools », Le Guardian a de son côté publié un article affirmant que le Parti travailliste a décidé de se servir de « la réputation » du Premier ministre Gordon Brown d’être « colérique » dans une campagne d’affichage à l’approche des législatives attendues pour le 6 mai.

Une photo montre un Gordon Brown au visage méchant lançant à son rival conservateur David Cameron « Viens te battre, snobinard ». L’article est signé « Olaf Priol », anagramme d' »April Fool » (poisson d’avril).

Les grands cons qui font tenir leur parapluie par les autres.

Pour faire simple, je n’irai pas par quatre chemins pour déclarer tout à trac que j’adore écouter Stéphane Guillon sur France Inter le matin (vers 7h53). Quand je le rate, je m’efforce d’aller retrouver ça sur le net (Franceinter.com, c’est très facile à trouver, il suffit de chercher la rubrique « Vidéos »).

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui… mais aujourd’hui, ah mince, c’est vrai, le vendredi c’est pas lui… avant, le vendredi on avait droit à Philippe Val, c’était très bien aussi… mais il a été appelé à de plus hautes fonctions dans la maison, du coup il est remplacé depuis par François Morel.

Ce matin, donc, j’ai raté la chronique de Stéphane Guillon, et sur le net je suis tombé sur celle de… François Morel. Il nous parlait… du parapluie d’Angela Merkel, et de fil en aiguille, de ceux qui se croient malins de ne pas tenir eux-mêmes leur parapluie (suivez son regard). Eh oui, y’en a des pour qui « faire simple », c’est vraiment pas leur truc…

Irrésistible ! Jugez plutôt :


Post Scriptum : Coincé entre ces deux mastodontes (Guillon et Morel), le jeudi à la même heure il y a Didier Porte. Je l’apprécie beaucoup également. Oui, bon, ça ne vous aura pas échappés, j’apprécie tous ces humoristes, et alors ? C’est tout à l’honneur de France Inter, que je considère comme un des derniers espaces de liberté, de simplicité (eh oui !) et de franche rigolade à l’occasion. Dans cet espace, donc, je trouve qu’il fait bon laisser traîner ses oreilles en sachant par avance qu’on échappera tout aussi bien aux chipotages des cultureux assommants et coincés qu’aux flatulences consternantes des pétomanes et autres comiques troupiers qu’on entend largement par ailleurs.

Raphaël Enthoven à l’émission « NONOBSTANT » de Yves Calvi

Voici quelques extraits des propos de Raphaël Enthoven Entendus à l’émission « Nonobstant » présentée par Yves Calvi le mercredi 2/09/2009 sur France Inter. Avec une pensée particulière pour mes camarades avarapiens, lambesciens, et tous les autres…


La simplicité

La simplicité, c’est pouvoir dire simplement des choses compliquées. Cela ne consiste pas à simplifier les choses (ce qui est le contraire de la simplicité, et peut relever par exemple du poujadisme).
En revanche, la simplicité consiste à dire simplement les choses, en préservant leur complexité, mais en la rendant audible, accessible.
Plus profondément, la simplicité consiste tout simplement à agir… non pas dénouer les ramifications infinies d’un objet d’étude, mais tout simplement à trancher le « nœud gordien » qu’il renferme. Dédale, enfermé dans son propre labyrinthe choisit de s’en évader non pas en tentant de retrouver la sortie mais tout simplement en se fabriquant des ailes. Ainsi, la simplicité est une façon d’enjamber la difficulté. Car celui qui complique le monde le met à portée de sa propre intelligence, alors que celui qui vit dans la simplicité (dans la mesure du possible) met le monde à portée de son instinct (ou de son intuition). C’est très difficile de faire simple, mais cela fait partie des vertus philosophiques.

Différence entre expliquer et comprendre

Quand le sociologue Durkheim écrit 700 pages sur le suicide, il nous explique ce que c’est, en décrivant parfaitement le phénomène dans sa globalité, en découpant les situations en fonction de l’âge,  de la religion, de l’appartenance au monde urbain ou rural des personnes concernées…
Mais jamais il n’écrit une seule ligne expliquant pourquoi telle personne en particulier s’est suicidée. Ce dernier point ne relève plus de l’explication, mais de la compréhension. On explique des choses générales, on comprend des choses singulières. Bien souvent, ce que l’on comprend est par ailleurs indicible…

La joie

La joie est une aptitude à aimer la vie « malgré elle ». Celui qui pleure sur la vie souffre deux fois : sur la vie et sur sa souffrance.

Subir

Ce qu’on subit, c’est ce qu’on choisit de subir. Parfois, abolir une contrainte consiste tout simplement à l’accepter, pour la simple raison qu’en adhérant à cette contrainte on en souffre moins.

Le présent

« Sois l’ami du présent qui passe, le passé et le futur te seront donnés par surcroît » (Clément ROSSET).

Les privilèges

Il n’y a pas de privilège univoque […]. Le vrai privilégié c’est celui qui sait pourquoi il se  lève le matin, et qui adhère à ce qu’il fait (dans le meilleur des cas, il aime le travail qui lui permet de gagner sa vie).

Du passé faire table rase ?

Bien souvent, celui qui croit faire du passé table rase est beaucoup plus tributaire de son passé que  celui qui l’assume…

Ces enfants « curieux de tout »…

Plus nous grandissons, plus nous perdons le talent d’être attentifs à ce qui ne nous est pas immédiatement utile. Les réflexes de l’enfant sont davantage guidés par une authentique curiosité.

Vers l’autre…

Faisons à l’autre l’honneur de considérer qu’il n’est pas moins riche ou complexe que nous-même ! Ceci n’est pas une façon de le tenir pour son égal, ni pour sons semblable, mais de s’attacher en quelque sorte  à ce qui le distingue de nous-même.

La philosophie

La philosophie apprend non pas à faire ce qu’on veut mais à vouloir ce qu’on fait (…ou à devenir ce qu’on est). Quand on croit faire ce qu’on veut c’est qu’on ignore ce qui nous fait agir.
[…] La philosophie ne sert à rien, mais c’est là qu’elle est utile, en ceci qu’elle nous apprend à nous méfier précisément de ce qui est utile, et à ne pas cantonner notre existence à ce qui est (prétendument ou non) utile. Elle aide également les gens à s’intéresser à l’altérité, à « penser contre eux-mêmes », ou plutôt à écouter autrui. Elle concourt à faire de nous des citoyens qui apprennent à se méfier des grandes causes partisanes, et qui s’attachent,  face à un discours, à démêler ce qui est pertinent de ce qui ne l’est pas.

Raphaël Enthoven occupe successivement les postes de Professeur à l’Université de Lyon 3, à l’École Normale Supérieure ainsi qu’à l’Institut d’Études Politique de Paris.
Il est producteur de l’émission les nouveaux chemins de la connaissance sur France Culture.
Depuis octobre 2008, il produit l’émission Philosophie, diffusée le dimanche à 12h sur Arte.



Quelques publications de RAPHAEL ENTHOVEN :

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – Le visage

Que lit-on sur un visage ? Que masque-t-il ? Le visage est-il le miroir de l’âme, ou bien son cache-misère ? Que vaut un miroir que l’on maquille ? A quoi tient la majesté des visages sans regard ? Le visage est-il l’interface de l’absolu ? Au gré d’une discussion avec des anthropologues, des philosophes et une historienne d’art, Raphaël Enthoven vous propose d’approcher le visage d’un peu plus loin.

éditeur : Perrin
parution : 7 mai 2009

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – L’endroit du décor

L’endroit du décor

Il est banal – mais grisant – de se méfier des apparences.

Il suffit de penser, comme tout le monde, que l’essentiel est invisible aux yeux pour avoir, comme tout le monde, le sentiment d’être seul contre tous.

Aucune illusion n’est plus tenace que l’envers du décor. Ivre de sa défiance, flatté de n’être pas dupe, l’homme est ébloui par le masque sournois de la transparence elle-même.

Les apparences sont, en cela, moins trompeuses que le sentiment d’être trompé par elles.

éditeur : Gallimard
parution : 2 avril 2009

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – Montaigne, la voie du milieu

Commentaires : Les Essais de Montaigne

En coédition avec France Culture, la collection des « Vendredis de la philosophie » présente les émissions animées par Raphaël Enthoven.

En invitant des philosophes contemporains à commenter leurs oeuvres favorites dans une conversation ponctuée d’extraits lus par des comédiens, chaque émission propose à l’auditeur de découvrir, ou redécouvrir, sous un angle inattendu, les grands textes de l’histoire de la philosophie.

éditeur : Naïve
parution : 24 octobre 2007

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – La philosophie, un jeu d’enfant : la philosophie à portée de main

Si c’était un roman, ce serait l’histoire d’un jeune homme veillé par les fées de l’intelligence, de la culture et de la sensibilité.

Raphaël Enthoven grandit à l’ombre des maîtres épanouis. Ils s’appellent Spinoza, Nietzsche, Bergson ou Camus. Pour ceux qui les écoutent, ces noms de génie ouvrent les portes de la sagesse et, donc, de l’imaginaire. Parce qu’ils savent enseigner l’art subtil d’aller là où le coeur dit d’aller, Raphaël devient leur élève, leur familier, leur ami, leur interprète. Avec humour, style et alacrité, il raconte les étapes de sa formation intellectuelle, plonge dans son roman familial, s’attarde sur la beauté et la poésie du monde. Un jeu pour cet enfant du siècle surdoué.

« Et voilà un petit livre d’aventures qui à travers réflexions, portraits, anecdotes, aphorismes, incite à retrouver les philosophes dans leur intimité (…). »

Aliocha Wald Lasowski – Le Magazine Littéraire

éditeur : Pocket
parution : 21 février 2008

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