Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

Archives de la catégorie “livres, magazines, presse…”

Le Petit Nicolas est devenu un [très !] grand bonhomme

 

Nicolas Bonnet

Nicolas Bonnet est un très grand bonhomme. Au propre comme au figuré.

J’ai connu ce garçon alors que nous étions l’un et l’autre salariés dans un institut de formation en informatique.

Nicolas animait des formations certifiantes de très haut niveau, principalement à destination des administrateurs réseaux.

Pour ma part, j’étais préposé aux formations d’un niveau infiniment plus prosaïque, à destination des utilisateurs comme vous et moi, c’est-à-dire « pas spécialement informaticiens » (mes champs d’intervention couvraient bureautique, internet utilisateur, windowserie et compagnie).

Nicolas était un de mes collègues, donc. Et il s’est toujours montré un compagnon agréable, à l’humour ravageur, et surtout au coeur gros comme ça. Avec lui je me sentais en excellente compagnie.

Il est même très souvent arrivé à ce garçon de me dépanner, parfois dans l’urgence, pour des questions de configuration de mon outil de travail  lorsqu’elles atteignaient un niveau dépassant de très loin mon entendement. Le genre de « souvenirs de front » qui vous marquent durablement.

Allô allô la tour de contrôle ?… Y’a quelqu’un?…

Je vous assure que lorsque vous êtes paumé, sur site client ou en centre de formation, qu’un groupe de stagiaires s’approche d’un pas débonnaire, et que les machines sur lesquelles vous êtes censé intervenir refusent de fonctionner avec une tranquille obstination, votre énergie  est tout entière mobilisée vers l’espoir fou qu’un messie viendra vous tirer de ce mauvais pas. Et c’est précisément ce  que Nico a fait, à plusieurs reprises, en direct, avec autant de gentillesse que de compétence efficace, par téléphone, à pied, en Skype ou en voiture, alors même que parfois il avait lui-même un groupe « en main » dans le même temps… Ces tranches de vie, on ne les oublie pour ainsi dire jamais, tant il est vrai que nos métiers nous amènent à côtoyer énormément de beaux parleurs, lesquels n’ont parfois pas grand chose à nous offrir en-dehors de leur savant verbiage…

Aujourd’hui Nico et moi voguons l’un et l’autre vers de nouvelles aventures. Entre mille autres choses, Nico écrit des livres – très techniques – sur son coeur de métier. C’est drôle de penser qu’à l’époque nous faisions le même boulot, et qu’en quelque sorte aujourd’hui c’est un peu pareil !

En mai, fais ce qui te plait, et en juin Nicolas Bonnet publie son troisième ouvrage

Alors voilà. Aujourd’hui, Nicolas publie son troisième ouvrage. Cela s’appelle « Windows Server 2012 R2 – Installation et configuration », et c’est publié aux éditions ENI, dans la collection « Préparation à la certification MSCA ».

Par ailleurs, Nicolas vient de me donner très gentiment un coup de pouce pour la parution de mon propre livre (le tout premier), en en parlant dans son blog. Il a été le premier  à le faire. J’avais donc à coeur de lui rendre la pareille.

Vous en conviendrez, c’était vraiment le moins que je puisse faire, à mon tour, envers ce si grand monsieur dont je m’honore d’être l’ami.

 

Windows Server 2012 R2 - Le tout nouveau livre de Nicolas Bonnet

Le dernier livre de Nicolas Bonnet

 

 

Le mythe des tests standardisés

Le concombre masqué s'interroge...

 

Pourquoi ces tests ne vous disent pas ce que vous croyez…

Les experts, les politiciens, les chefs d’entreprise ainsi que de nombreux leaders d’opinion vantent continuellement les mérites de ces tests standardisés et autres QCM…

Il en résulte que dans les faits, les mérites de ces tests sont en définitive rarement contestés, tant ils sont en phase avec la croyance populaire, et également avec certaines théories sur la psychologie de la motivation humaine. Mais la plus grande partie de ce que ces leaders d’opinion disent, et également ce que le public croit – à propos des tests standardisés – est tout simplement infondée.

Dans le grand public, ou encore parmi les personnes concernées par les tests (voire leurs parents, selon les cas), rares sont ceux qui disposent de suffisamment de temps ou de connaissances pour arriver à suivre les récentes conclusions des spécialistes, experts en tests, psychomotriciens, et autres chercheurs.

C’est là que le livre  » The Myths of Standardized Tests«  entre en jeu. Dans un langage simple et accessible, Phillip Harris,  Bruce M. Smith et Joan Harris exposent les hypothèses sous-jacentes des tests standardisés, en faisant la part des choses entre ce ces tests peuvent réellement mesurer et ce qui relève tout simplement du mythe. Non seulement ils démystifient de nombreuses hypothèses communément admises, mais ils proposent de surcroît de meilleures alternatives nous permettant de juger du succès de tel ou tel enseignement dont on prétend mesurer l’efficacité ou les acquis à l’aide de ces fameux tests.

Les auteurs nous proposent également quelques suggestions en vue de nous permettre d’alléger quelque peu le fardeau que ces tests font peser sur nous, ou sur nos enfants.

Voici à titre indicatif quelques exemples de qualités et aptitudes très difficilement mesurables à l’aide de ces tests :

 

▪          la créativité

▪         la pensée critique

▪         la résilience

▪         la motivation

▪         la persévérance

▪         la curiosité

▪         l’art de poser des questions

▪         l’humour

▪         l’endurance

▪         la fiabilité

▪         l’enthousiasme

▪         le civisme

▪         la conscience de soi

▪         l’auto-discipline

▪         l’empathie

▪         le leadership

▪         la compassion

▪         le courage

▪         le sens de la beauté

▪         le sens de l’émerveillement

▪        la débrouillardise

▪         l’honnêteté

▪         l’intégrité

▪         la spontanéité

▪         l’humilité.

Source : http://themythsofstandardizedtests.com/index.php

Nous sommes tous obnubilés par le désir d’arranger les choses…

Douglas Kennedy - Quitter le monde

left_guillemet._transNous sommes tous obnubilés par le désir d’arranger les choses, au point de nous persuader que nous sommes capables de rectifier le cours de la vie. « Jeter des ponts », « tendre la main », « arrondir les angles » : le lexique de l’Amérique moderne est hanté par le besoin de réconciliation, car nous sommes « le pays où tout est possible », pas vrai ?

Nous nous faisons fort d’esquiver la tragédie, de combler l’abîme insurmontable qui se creuse si souvent entre les êtres humains, de comprendre l’incompréhension… Le point faible de cet optimisme entêté, c’est le refus de reconnaître qu’il existe en effet des divergences insolubles, des tensions insolubles, d’accepter que malgré toute notre bonne volonté nous ne pouvons pas corriger tout ce qui a mal tourné, terriblement mal tourné…right_guillemet_trans

Douglas Kennedy, « Quitter le monde », 2009, Belfond, p. 287

Un salon et un livre…

Salon Solutions RH 2014

Bonjour à tou(te)s.

Dans quelques jours, je serai au salon Solutions RH et e-Learning Expo (Paris, Porte de Versailles) du mardi 18 au jeudi 20 mars.

J’ai bien l’intention de faire le tour des exposants qui interviennent en formation et e-learning, afin de nouer ou d’entretenir un maximum de contacts. J’assisterai également à quelques conférences et ateliers, et j’aurai probablement l’occasion de me prêter à quelques animations surprises en collaboration avec quelques exposants de ma connaissance, qui seront également mes complices pour cette occasion.

Ce sera aussi l’occasion pour moi de présenter en avant-première le livre de conseils aux formateurs que je prépare depuis plus d’un an, et qui devrait paraître cet été aux éditions DUNOD (l’éditeur fait d’ailleurs partie des exposants !).

Livre de conseils aux formateurs

Maquette provisoire – Document non contractuel

Si de votre côté vous comptez vous y rendre, cela peut être intéressant de nous y croiser… En tout cas, de mon côté j’en serais très heureux. Pour un échange de vues, de vive voix, en chair et en os, autour d’un café.

Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à m’en faire part. Nous trouverons bien le moyen de nous y retrouver. Il vous suffit de réagir à cet article par un commentaire, et de me préciser comment je peux vous joindre.

Bien à vous,

Bernard

Jalousies et rivalités entre frères et soeurs

(Remarque : j’ai déjà publié cet article sur joueb.com en août 2005)

Le livre dont il va être ici question a été écrit par deux psychothérapeutes américaines spécialisées en communication familiale. Elles ont animé pendant de nombreuses années un certain nombre de séminaires sur divers sujets, dont les phénomènes de jalousies et rivalités et entre frères et sœurs. Le livre qu’elles ont écrit ensemble constitue un condensé de ce qui s’est passé au cours de ces séminaires.

Il s’agit de :

Jalousies et rivalités et entre frères et sœurs

Adele FABER et Elaine MAZLISH – © 1989, 1993, 2003, Éditions STOCK

Dédié « à tous les frères et sœurs adultes qui cachent encore au fond de leur cœur un enfant blessé », cet ouvrage est rempli de récits, de témoignages de parents plus ou moins en souffrance, en colère, ou encore impuissants (…on peut aussi être tout cela à la fois 🙂 face à des phénomènes qui leur pourrissent littéralement l’existence (si jamais vous vous reconnaissez dans ces lignes, eh bien « welcome to the club » ;-).

Ce livre m’a été recommandé lors de l’été 2004 par un couple d’amis Mayennais en proie aux mêmes problèmes (mais je pense que nous sommes plutôt nombreux, en définitive… en fait le problème me semble parfois aller de pair avec le fait d’élever plusieurs enfants…).

En relisant mes notes, je me suis surpris à avoir rétrospectivement ici ou là quelques réactions épidermiques vis-à-vis des auteurs : Je me suis dit parfois « Oui… tout cela est bien… sans doute avec des enfants plus doux que les miens… mais avec ms lascars, je ne vois vraiment pas comment mettre cela en pratique à la maison ! »

Et puis je me suis repris, en me disant que tout est préférable à la médiocrité, au statu quo. Comme dit le sage, « Si vous faites toujours plus de ce qui ne marche pas, vous obtiendrez toujours les mêmes résultats »… alors cela m’a donné envie de franchir le pas, malgré mes réticences et tous mes « gna gna gna » de mauvaise augure.

Précisons donc qu’il ne faut surtout pas voir ce livre comme un ensemble de recettes toutes faites, à appliquer mécaniquement et sans réfléchir, avec l’idée d’en obtenir des effets miracles et immédiats. Non. Plus simplement et plus prosaïquement, il est préférable de se contenter de ceci : certaines attitudes, certains comportements ont démontré leur efficacité pour atténuer la rivalité qui oppose frères et sœurs. Cela étant dit, ce qui compte avant tout est l’état d’esprit dans lequel tout cela est fait. N’oublions pas que rien n’a de sens sorti de son contexte (raison pour laquelle je vous encourage à lire le livre pour le cas où ce que j’en rapporte vous « donnerait des boutons » !).

Tout en étant très intéressé par la lecture de l’ouvrage en question, je me suis même temps senti quelque peu frustré par la longueur et la multiplicité des témoignages de parents, ainsi que par les nombreux états d’âme exprimés par les auteurs lors des différentes séances de groupe. Cela m’a donné l’envie d’en extraire un certain nombre d’« idées fortes » (12, en fait) afin de pouvoir me référer par la suite à tout ce que j’ai trouvé de véritablement utile et pratique pour mon utilisation personnelle.

Je me propose de partager aujourd’hui ces notes de lecture avec vous (si vous le souhaitez, vous pouvez lire auparavant de larges extraits du dos du livre, ou encore quelques précisions légales).

Idée générale développée dans le livre :

Le livre me semble reposer sur un constat paradoxal : Le plus souvent, c’est en voulant à tout prix que nos enfants s’aiment que nous aboutissons à une situation où ils se détestent. A l’inverse, c’est en acceptant l’idée qu’ils ne sont pas tenus de s’apprécier mutuellement (du moment qu’ils se respectent) que nous aboutissons à une situation où ils finissent par beaucoup mieux cohabiter… puis (le plus souvent) par s’aimer !

Les auteurs nous invitent à faire en sorte de ne pas fabriquer des stéréotypes. N’enfermons pas nos enfants dans des rôles (« Décidément, celui-là est bien le sportif … [ou l’artiste… l’intellectuel… le clown… etc.] de la famille »). Tâchons de ne jamais les dévaloriser, même (…et surtout !) si nous sommes à bout de nerfs. Traitons nos enfants non pas en fonction de ce qu’ils sont, mais en fonction de ce que nous voudrions qu’ils deviennent.

Cela dit, si ce qu’ils font ou disent nous met véritablement en colère, n’hésitons pas à dire tout simplement… que nous sommes en colère ! Rappel : La colère est un sentiment parfaitement légitime et adapté lorsqu’il y a attaque dans nos valeurs, ou bien lorsque nous ressentons une injustice ou une frustration. Elle sert à défendre nos valeurs, notre intégrité, et à nous affirmer.

Un très grande place est également accordée à l’importance de l’expérience de chacun d’entre nous (parent) lorsqu’il était enfant, de son propre vécu en tant que frère, ou sœur dans sa fratrie d’origine. Dans les séminaires organisés par les auteurs, il y a toutes sortes de « remontées » parfois poignantes, souvent riches de sens en ce qu’elles éclairent le présent sous un jour nouveau.

Quelques « idées fortes » :

IDÉE FORTE  1 : Toujours penser à la reformulation

Exemple : Tu as l’air furieux… tu ne voudrais pas qu’il prenne toutes tes affaires sans te demander la permission…
(à un enfant qui « se plaint » de son frère ou de sa sœur).

En parcourant mes propres notes sur la question de la reformulation, j’ai pu me remettre en mémoire que reformuler permet de :

– Rester centré sur celui qui parle

– S’intéresser à lui, lui montrer qu’il est écouté et respecté

– Vérifier que nous avons compris

– Gagner du temps

– Se dissocier

– Se reposer (dé stresser par rapport à la situation)

– Mettre l’autre en confiance

– Permettre à l’autre de préciser sa pensée sans qu’il se sente agressé

– Rester soi-même en confiance

IDÉE FORTE  2 : Trouver (autant que possible) des activités symboliques et créatives par rapport au problème posé)

…Comme « dessiner sa colère », ou instaurer un « cahier de rouspétances »…

Cela m’a paru très intéressant… et en même temps pas toujours facile à mettre en œuvre (…ce qui ne constitue pas une raison suffisante pour ne pas essayer 🙂

IDÉE FORTE 3 : Résister à la tentation de comparer

A chaque fois que vous êtes tentés de comparer vos enfants entre eux (« …Ton frère ne ferait jamais cela »), attachez-vous plutôt à décrire ce que vous ressentez, sans faire de référence à l’autre enfant.

Vous pouvez par exemple décrire ce que vous voyez…

Je vois une veste toute neuve par terre…

…ou ce que vous ressentez…

Cela me contrarie…

…ou encore ce que l’on peut faire pour remédier à cette situation…

La place de cette veste est dans la penderie.

IDÉE FORTE  4 :  Pour les conflits liés à la quantité («…L’autre en a eu plus que moi »)

Attachez-vous à proposer à l’enfant autre chose que ce qui fait l’objet du conflit. Exemple : Si votre enfant se plaint que son frère ou sa sœur a eu « plus de pain » que lui, proposez-lui un autre aliment…

Tu dois avoir faim… Tiens, je te propose de manger une crêpe. Veux-tu une demie crêpe, ou as-tu assez faim pour une crêpe entière ?

IDÉE FORTE  5 : Lequel de vos enfants aimez-vous le plus ?…

Si un enfant vous pose la question et que vous lui répondez « Je vous aime autant l’un que l’autre » ; il ne vous croira pour ainsi dire jamais… ou du moins jamais tout à fait. C’est ainsi ! En revanche, vous pouvez par exemple leur dire « Je vous aime chacun d’une manière unique, parce que chacun d’entre vous est unique, et donc incomparable. Tu es le seul « toi » dans le monde entier et personne d’autre ne pourrait prendre ta place ».

Vous pouvez également leur donner des exemples plus parlants pour eux, et plus adaptés :… « Préfères-tu manger une bonne tartine, ou regarder un bon dessin animé ?… ». L’absurdité de la question leur sautera immanquablement aux yeux !

IDÉE FORTE 6 : Ne pas rechercher l’équité à tout prix

Exemple : vous êtes en train de passer du temps avec votre fille pour discuter avec elle de la préparation de son anniversaire. Soudain, votre fils réclame votre attention en vous faisant remarquer que vous avez déjà passé beaucoup (…trop ?) de temps avec sa sœur (…en n’hésitant pas à faire tout ce qu’il peut pour vous culpabiliser). Si vous cédez sans en avoir fini avec la sœur, cela « libèrera » son jeune frère de sa frustration, mais occasionnera probablement une frustration encore plus grande pour elle ! Cela paraît tout simplement cornélien ! Cela dit, j’ai bien aimé la proposition des auteurs :

Quand j’en aurai fini avec ta sœur, tu me diras comment tu voudrais qu’on organise ton anniversaire à toi, et je te consacrerai tout le temps qu’il faudra.

…Ou encore (exemple d’un parent qui aide son enfant à faire ses devoirs)… :

Je sais que je passe beaucoup de temps avec ta sœur sur ce devoir de maths. C’est important pour elle. Quand j’aurai terminé, je veux que tu me dises ce qui est important pour toi.

IDÉE FORTE 7 : Comment traiter une dispute entre des enfants

S’il s’agit d’un échange de mots :

 A l’agresseur : Arrête de t’exprimer comme ça. Tu es tout à fait capable d’obtenir ce que tu veux en t’exprimant plus correctement !

 A l’agressé qui se « victimise », et qui « rapporte » ce que l’autre lui a fait : 
Il t’a dit cela ? Pourtant, il sait aussi être gentil, et demander ce qu’il veut avec beaucoup de gentillesse…

Très bon plan d’action proposé par les auteurs pour traiter une dispute :

1. Écouter la version de l’un et de l’autre avec respect (bien entendu, dans les deux cas, « l’autre » ne doit pas interrompre celui qui parle).

2. Reconnaître la gravité du problème (ne pas minimiser). Exemple : C’est un problème difficile : deux enfants et un seul jouet !

3. Manifester de la confiance quant à la capacité des enfants à trouver une solution qui leur convienne mutuellement.

4. Quitter la pièce.

C’est le dernier point qui m’a le plus surpris… Mais à bien y réfléchir, n’est-ce pas là le meilleur moyen de ne pas être l’objet d’un enjeu ? (c’est tellement tentant d’essayer d’amener un de nos parents à prendre parti !). C’est aussi un moyen d’arriver à ce que nos enfants soient un jour autonomes…

L’important est que chacun des protagonistes comprenne qu’il a intérêt à négocier… car si en définitive il y en a un d’entre eux qui est obligé de « céder », ce sera tôt ou tard préjudiciable pour tous (comme toujours quand on tombe dans le « payer », ou le « faire payer »).

Quand des enfants se disputent, il y va de leur intérêt de trouver une solution qu’ils négocient eux-mêmes. Leur bénéfice est immédiat… sans parler de la tranquillité des parents… J

IDÉE FORTE 8 : En cas de dispute avec agression patente (un « agresseur », un « agressé »).

Il peut être parfois judicieux de ne pas accorder d’importance à « l’agresseur »… et de ne s’occuper que de « l’agressé »…

Viens, je vais te soigner… Ton frère a besoin d’apprendre à s’exprimer avec des mots, pas avec ses poings…

L’idée de ne pas s’occuper de « l’agresseur » a peut-être de quoi faire bondir… mais souvenons-nous que l’agresseur cherche le plus souvent à attirer l’attention sur lui, à tout prix, que ce soit en positif ou en négatif. Il serait en quelque sorte paradoxal qu’il arrive à ses fins !

En cas de danger immédiat, séparer les enfants, et renvoyer chacun dans sa chambre.

Réserver cette manière de faire aux seules situation de danger immédiat (et expliquer aux enfants qu’ils sont en danger).

IDÉE FORTE 9 : En cas d’abus de pouvoir d’un aîné envers un cadet

Exemple d’un enfant qui accuse son frère aîné de vouloir lui extorquer un de ses jouets « par la force » :

Ce jouet t’appartient. Tu peux très bien aller dire à ton frère « C’est moi qui décide quand je veux te le prêter ».

Ainsi, l’enfant apprend à s’affirmer davantage (au lieu d’avoir tout le temps recours à une autorité), et à devenir plus autonome.

IDÉE FORTE 10 :  Si un enfant « rapporte », et que cela nous irrite…

Cela ne me plait pas de t’entendre raconter ce que ton frère fait ou ne fait pas… En revanche, si tu veux me parler de toi, je serai heureux de t’écouter.

IDÉE FORTE 11 : Quelques idées pour des discussions en famille


Les auteurs privilégient l’idée d’instaurer la tenue régulière de discussions en famille, au cours desquelles chacun peut exprimer ses besoins, attentes, et éventuellement frustrations.

Idée intéressante : Faire lister aux enfants les différents sujets de dispute qui existent dans la famille :

 Problèmes de propriété (« cet objet m’appartient »)

 Problèmes de territoire (« C’est ma chambre »)

 

IDÉE FORTE 12 : Bien souvent, les enfants peuvent trouver eux-mêmes des solutions à leurs conflits…

Les auteurs racontent l’exemple d’un père qui, après que ses fils se soient chamaillés pour une chaise, s’est lui-même assis « d’autorité » sur « l’objet de la dispute », et, devant la frustration exprimée par les deux enfants, leur a déclaré « Je suis prêt à me lever de cette chaise si (…et seulement si) vous êtes capables de trouver un arrangement tous seuls. Maintenant, filez ! ».

A la grande surprise du papa, ses deux fils sont revenus très peu de temps après, avec un scénario du type C’est untel qui aura la chaise pour le déjeuner, et l’autre pourra l’avoir au moment du dîner ».

Le père fut à ce moment-là convaincu que lui-même n’aurait jamais eu l’idée de trouver cette solution aussi rapidement… et que, même si cela avait été le cas, il n’aurait sans doute pas pu la faire accepter aussi facilement !


Pour conclure…

Les parents qui échouent dans leurs tentatives de régler les conflits entre leurs enfants ne devraient surtout jamais se culpabiliser… Certains enfants ne s’entendent malheureusement jamais ensemble, quel que soit le savoir-faire des parents. Moins on fera une fixation là-dessus, et plus nous augmenterons nos chances de succès, paradoxalement…

J’ajoute que les auteurs (deux femmes, en fait… je répugne à écrire « auteures », je trouve ce mot très moche 😉

…que les femmes qui ont écrit ce livre, donc, ont fait preuve d’une très grande humilité en n’hésitant pas à relater les expériences pénibles qu’elles ont vécu sur ce point avec leurs propres enfants, tout spécialistes qu’elles sont. Je trouve que ce fait est tout à leur honneur et qu’il doit être porté à leur crédit.

Une notion qui est développée tout au long de ce livre (sans jamais être citée de manière explicite) est celle de « virus de pensée », notion que l’on retrouve dans plusieurs techniques de développement personnel, à commencer par la PNL. En gros, un virus de pensée est une espèce d’idée terrorisante qui vient de manière « parasite » occuper progressivement une part de plus de plus grande de notre espace mental de manière de plus en plus obsessionnelle, pour finir par « prendre toute la place », empêchant ainsi notre cerveau de fonctionner normalement. Les deux virus de pensée les plus connus peuvent se résumer par ces deux interrogations ô combien angoissantes :

– « Y en aura-t-il assez pour moi ? » (virus de l’aîné…)

– « Suis-je aussi fort que… ? » (virus du cadet)

Cette notion de virus de pensée a le mérite de nous permettre de reconsidérer nombre de conflits… petits, moyens, grands… planétaires, territoriaux, conflits de systèmes de pensée… bref, toutes les situations où « ceux qui n’ont pas » sont jaloux de « ceux qui ont », les grands jouant des coudes pour écarter les petits, les petits allant se plaindre aux instances supérieures (cette idée est développée à la toute dernière page du livre).

Voilà. Si ces notes vous ont intéressé, je vous invite à déposer ici vos commentaires éventuels, et bien entendu à lire in extenso « Jalousies et rivalités et entre frères et sœurs » – Adele FABER et Elaine MAZLISH – © 1989, 1993, 2003, Éditions STOCK.

Voici de larges extraits de ce que l’on peut lire au dos du livre :

« Une des grandes sources de stress dans les familles, ce sont les incessantes disputes entre enfants. Les moqueries, les provocations, les chamailleries qui n’en finissent pas pèsent lourdement sur la vie familiale. Pour ramener à tout prix la paix, les parents tour à tour supplient, menacent, punissent, prennent parti, mais rien ne semble avoir d’effet. Au bout d’un certain temps, la plupart des parents se résignent : les conflits entre frères et sœurs leur semblent le prix à payer lorsqu’on veut plusieurs enfants.

Adele FABER et Elaine MAZLISH refusent l’idée que rien ne peut être entrepris dans ce domaine. Fortes de leur expérience – elles ont enseigné pendant des années la communication familiale – les deux auteurs ont constaté que certaines attitudes, certains comportements étaient efficaces pour atténuer la rivalité qui oppose frères et sœurs.

[…] Des dialogues vivants, des bandes dessinées décrivent les nombreuses formes de jalousie et montrent comment favoriser la coopération plutôt que la compétition.

[…] Ce livre se lit comme un reportage et peut changer beaucoup dans l’atmosphère des familles. »

Précision légale :

Il est vrai que je ne suis, très clairement, pas du tout en règle de publier un certain nombre des textes présentés ici. Je joue sur l’autorisation tacite des auteurs à me laisser publier leurs oeuvres. Qu’il soit clair que ceci n’a aucun but commercial. Je ne cherche en aucun cas à nuire aux auteurs mais simplement à leur rendre hommage. Toutefois, si vous, auteur ou ayant droit d’un de ces textes, aviez la moindre remarque à me soumettre, sachez bien que je ne chercherai pas à jouer au plus fin et que si tel est votre souhait, je retirerai séance tenante mon article de ce blog, la mort dans l’âme, il est vrai. Un auteur m’a un jour affirmé par mail que le fait de publier ses textes ne le gênait absolument pas. J’ai été ravi de cet écho. Il m’a cependant bien fait comprendre que ses pairs n’étaient pas tous de son avis. Donc, le cas échéant, n’hésitez pas à m’envoyer un commentaire afin que nous évitions tout litige, si vous, auteur et/ou ayant droit, vous sentiez lésé en quoi que ce soit par cette publication de vos oeuvres.

C’est l’histoire de comment trouver sa place derrière le brouillard…

Katherine Pancol : une bien belle personne…

 

Dernière minute : Je reprends cet article 4 années plus tard, tout à la fois excité comme un puce, en train de fondre comme un cône Extrême de Nestlé, et dans un état de délabrement proche de celui de la groupie faisandée.

Pour ceux qui connaissent déjà toute l’histoire, il y a un nouvel élément qui se trouve tout à la fin, à partir du titre « Quatre ans plus tard ». Voilà qui vous fera gagner du temps 🙂

 

Katherine PancolKatherine Pancol est un écrivain majuscule. Je sais bien qu’elle est à la mode, mais cela n’est aucunement à mes yeux une raison de l’encenser, et encore moins de la descendre en flammes (quelle horreur !). Je l’adore, et j’en suis fier !

Si vous n’avez pas lu ses derniers livres, je vous invite vraiment à le faire, du fond du cœur. Il s’agit d’une sorte de saga familiale, si l’on peut dire, l’histoire de Joséphine Cortès, de ses filles, et de leur entourage. Cela décrit avec un accent d’authenticité incroyable des tas de milieux, d’époques, de personnages, c’est hallucinant.

Car au fond la dame n’écrit jamais que sur un sujet, un sujet aux mille facettes qui me tient vraiment à cœur : la confiance en soi.

Qu’on me permette de lui donner la parole en citant un passage d’un de ses livres : « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi » :

Je veux qu’il sache qu’il n’a pas vécu cette histoire en vain […], qu’elle peut sauver d’autres gens encore. Des gens qui n’osent pas, qui ont peur, des gens à qui on répète toute la journée qu’il est vain d’espérer. Parce que c’est ce qu’on nous dit, hein? On se moque des gens qui rêvent, on les gronde, on les fustige, on leur remet le nez dans la réalité, on leur dit que la vie est moche, qu’elle est triste, qu’il n’y a pas d’avenir, pas de place pour l’espérance. Et on leur tape sur la tête pour être sûr qu’ils retiennent la la leçon. On leur invente des besoins dont ils n’ont pas besoin et on leur prend tous leurs sous. On les maintient prisonniers. On les enferme à double tour. On leur interdit de rêver. De s’agrandir, de se redresser… Et pourtant… Et pourtant… Si on n’a pas de rêves, on n’est rien que de pauvres humains avec des bras sans force, des jambes qui courent sans but, une bouche qui avale de l’air, des yeux vides. Le rêve, c’est ce qui nous rapproche de Dieu, des étoiles, ce qui nous rend plus grand, plus beau, unique au monde… C’est si petit, un homme sans rêves. Si petit, si inutile… Un homme qui n’a que le quotidien, que la réalité du quotidien, cela fait peine à voir. C’est comme un arbre sans feuilles. Il faut mettre des feuilles sur les arbres. Leur coller plein de feuilles pour que ça fasse un grand et bel arbre. Et tant pis s’il y a des feuilles qui tombent, on en remet d’autres. Encore et encore, sans se décourager. .. C’est dans le rêve que respirent les âmes. Dans le rêve que se glisse la grandeur de l’homme. Aujourd’hui, on ne respire plus, on suffoque. Le rêve, on l’a supprimé, comme on a supprimé l’âme et le Ciel…

Katherine Pancol,
« Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi »
2010, Albin Michel
p. 706

Ironie du sort : lundi dernier j’étais en intervention dans un building du Groupe Caisse d’Épargne (ça ne manque pas d’écureuils là-dedans…), et en attendant la dame avec qui j’avais rendez-vous je lisais tranquillement « Les écureuils », dernier tome de la fameuse saga, donc, et lorsqu’elle est arrivée, comme je lui trouvais une bonne mine, je lui ai montré ce que je lisais, en blaguant « Vous voyez, je me documente vite fait sur votre maison » (à cause des écureuils…).

A ma grande surprise, cette dame a embrayé en me disant tout le bien qu’elle pensait de la saga de Joséphine Cortès, et que justement elle venait de terminer le dernier, qu’elle se demandait bien s’il y aurait un jour un tome 4 (apparemment Katherine aussi, si l’on en croit les interviews publiés sur son site…),  bref avant même d’avoir commencé à bosser nous avions un énorme point commun, ce qui a facilité tout le reste !

Madame Pancol, non seulement vos livres parlent à tout le monde, hommes, femmes, de tous les pays, mais en plus ils contribuent à rapprocher les gens 🙂

Voilà. J’ajoute que le site « officiel » de cette si estimable personne est vraiment digne d’intérêt, en particulier on peut visionner quelques interviews filmées de la dame, qu’on apprend à mieux connaître…

Arbre à feuilles rajoutées

Il faut mettre des feuilles aux arbres…

La saga de Joséphine Cortès :

Tome 1 : Les Yeux jaunes des crocodiles

Les yeux jaunes des crocodilesAux Editions Albin Michel :  » Les Yeux jaunes des crocodiles » – mars 2006

Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles.

Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être.

Tome 2 : La valse lente des tortues

Aux Editions Albin Michel : « La valse lente des tortues » – mars 2008

Ce livre est une bourrasque de vie…

Un baiser brûlant du seul qu’on ne doit pas embrasser…

Deux bras qui enlacent ou qui tuent…

Un homme inquiétant, mais si charmant…

Une femme qui tremble et espère ardemment…

Un homme qui ment si savamment…

Une femme qui croit mener la danse, mais passe son tour…

Tome 3 : Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Couv___cureuils_siteAux Editions Albin Michel : « Les Ecureuils de Central Park sont tristes le lundi » – avril 2010

Souvent la vie s’amuse.

Elle nous offre un diamant, caché sous un ticket de métro ou le tombé d’un rideau. Embusqué dans un mot, un regard, un sourire un peu nigaud.

Il faut faire attention aux détails. Ils sèment notre vie de petits cailloux et nous guident. Les gens brutaux, les gens pressés, ceux qui portent des gants de boxe ou font gicler le gravier, ignorent les détails. Ils veulent du lourd, de l’imposant, du clinquant, ils ne veulent pas perdre une minute à se baisser pour un sou, une paille, la main d’un homme tremblant.

Mais si on se penche, si on arrête le temps, on découvre des diamants dans une main tendue… Et la vie n’est plus jamais triste. Ni le samedi, ni le dimanche, ni le lundi…


Rebondissement inattendu : A l’époque, j’ai écrit à Katherine Pancol… et elle m’a répondu !

Non seulement cette dame arrive à nous faire croire aux étoiles, à la magie, au positif, au rêve… mais en plus elle m’a permis d’en vivre un ! Imaginez :

Aussitôt la première mouture de cet article terminée, je me suis mis en devoir de lui faire une gentille bafouille, histoire qu’elle soit prévenue. Pour cela je me suis rendu sur son site internet, et j’ai utilisé un formulaire intitulé Écrivez-moi… Déjà le titre m’a rappelé des souvenirs bien particuliers  (ceux qui me connaissent comprendront, les autres peuvent cliquer ici).

Je lui ai expliqué mon admiration, et lui ai tout bonne ment signalé l’existence de cet article. A ma grande surprise, j’ai reçu cette réponse (que j’ai même été autorisé à reproduire ici) :

Un million de mercis à vous, Bernard, pour votre message et votre texte sur le blog ! Je me suis régalée à vous lire et j’ai été très fière de servir de lien entre une inconnue et vous ! J’aime ce genre d’histoire. Les mots sont des passerelles magiques ! Votre blog est clair, lumineux, doux… Et j’allais ajouter : bienfaisant ! Alors merci encore, Bernard !

Katherine Pancol

Et voilà, c’est aussi simple que cela. Depuis, nous avons échangé d’autres mots, Katherine et moi. J’ignore combien de temps  durera cette correspondance (appelons un chat un chat, héhé…) mais elle me remplit d’aise et me donne une patate d’enfer. Et je me sens tellement des ailes depuis, que j’ai tendance à vouloir très cucutement du bien à la terre entière, à commencer par vous tous, alors pour rester dans le ton, je laisserai le mot de la fin à… Jacques Brel :

Le seul fait de rêver est déjà très important. Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil, des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d’être vous.

Quatre ans plus tard (mai 2014)

Nous sommes aujourd’hui à  » j+4 ans » depuis l’écriture de la première version de cet article. Beaucoup d’eau à coulé sous les ponts, mais je reste toujours aussi fan. Là-dessus point de changement.
Question ponts et chaussées, il se trouve que, pour ce qui me concerne, le sort a voulu (?) que je sois actuellement moi-même en train de terminer… l’écriture d’un livre. Oh, soyez rassurés, il ne s’agit pas de littérature ! Seulement du récit circonstancié d’un vieux formateur baroudeur tous terrains, en même temps qu’un guide pratique destination de mes semblables va-nu-pîeds. Pas de quoi fouetter un électeur du Goncourt, donc.

C’est bien gentil tout ça, mais quel rapport ?…

« Alors, blogueur impénitent, cabotin invertébré, quel rapport avec la Grande Mâame Pancol, mmmh ? », me direz-vous ?
Ce à quoi je répondrai : « …Le rapport, c’est que sans les mots de cette si belle personne, jamais je ne me serais autorisé à prendre contact avec un éditeur ». Pourquoi ? Parce que tout en intervenant couramment en formation sur la thématique de la confiance en soi, j’ai moi-même beaucoup de difficulté (comme tant d’entre nous) à me faire entrer dans le crâne que ce que je fais a une valeur aussi grande que ce que les autres font. Je n’ai aucune honte à l’avouer.
Mieux même : il paraît que c’est dans nos manques que nous trouvons notre génie. Sans aller jusque-là, j’aime bien l’idée des manques qui peuvent, par un processus d’alchimiste 😉  se révéler fertiles et constructifs. Et je mettrais mes lendemains à couper que madame Pancol est faite du même bois. Cela transpire de partout dans sa prose, et me gifle agréablement toutes les deux lignes comme une douce évidence.

Quoi ? Encore un bonjour à la dame, sans même avoir mouché mon nez, et avec un merci en plus ?…

Si j’avais encore un merci à lui envoyer, eh bien ce serait celui-là… Très chère Katherine, vous avez le pouvoir magique de faire pencher bien des balances, et je crois bien que j’ai un très fort petit faible pour vous et ce que vous représentez.

Le dernier conte de fées en date (jusqu’où cela s’arrêtera-t-il ?)

Il y a quelques jours (23 mai 2014), Katherine se livrait à une séance de signatures dans une grande librairie d’Aix-en-Provence, non loin de chez moi. En vieux fan indécrottable, j’avais pris toutes mes dispositions pour aller faire la queue dans le public, et repartir avec mon exemplaire de « Muchachas » signé…. Lorsque soudain…
…Le coup du sort, bête et méchant ! Il m’est tombé sur le coin du crâne une de ces obligations que les montagnes ne peuvent pas contourner. Alors j’allais renoncer, triste et la mort dans l’âme (…je ne pouvais tout de même pas obliger quelqu’un à faire le pied de grue là-bas pendant des heures !) lorsque soudain une idée m’est venue : Il se trouve en effet que de mon côté, je dois me rendre moi-même dans la même librairie pour une séance de signature du mien ouvrage, le 4 juillet prochain !

Et puis d’abord si ça finit pas bien, c’est pas un vrai conte, même que !

Bon sang mais c’est bien sûr, m’apostrophai-je familièrement ! Il m’a suffi d’un coup de fil vers cette boutique si agréable à mon coeur (eh oui, je suis moi-même un client de longue date !) pour qu’on me promette de mettre un exemplaire de côté pour moi, et de le soumettre au sceau majestique le moment venu. Mon tout nouveau statut d’auteur (…qu’est-ce que j’ai du mal avec ce mot !) a bien dû arranger un petit peu les choses…

Ah ben ça c’est ballot !…

Et dire que j’ai bien failli ne pas y penser !
La dame a donc signé, d’une phrase très aimable, et en ouvrant religieusement l’écrin délicat entre mes petites mains potelées j’ai bien vu qu’elle n’a pas du tout fait le lien avec toute « notre précédente histoire », hahahaha, c’te blague !
S’imaginer une seconde que j’aie pu m’en offusquer, m’en étonner ou que sais-je encore serait bien mal me connaître.
Tenez, c’est bien simple : la dédicace me plaît encore mieux comme ça.

 

Voilà. Je vous embrasse.

Dédicace katherine pancol

Shakespeare (encore), Vérone, Schmitt et le Club des Juliette

Juliette (attendant Roméo ?)

Juliette (attendant Roméo ?)

L’article précédent évoquait la mémoire de Shakespeare, ravivée par des anglais sur les ondes de la BBC à l’occasion… du premier avril dernier.

Le hasard a voulu que je tombe quelques jours plus tard sur un texte d’Éric-Emmanuel Schmitt, texte qu’on peut trouver à la fin de son dernier recueil de nouvelles intitulé « Concerto à la mémoire d’un ange ». Ce texte relate une anecdote intéressante à propos de Juliette, celle de Roméo, héroïne du même… Shakespeare.

Lisez plutôt :


À Vérone […] dans la première moitié du XXe siècle, un jardinier s’occupait d’entretenir le cimetière où se trouve le mausolée de Juliette. Les touristes venaient regarder sa tombe, les amoureux venaient s’y embrasser, et les malheureux y pleurer. Ému par les scènes auxquelles il assistait quotidiennement, le jardinier dressa des oiseaux pour que ceux-ci, à son ordre, viennent se poser sur l’épaule des âmes en peine, puis leur donnent, d’un coup de bec furtif, un baiser. Ce phénomène plut, intrigua, et, petit à petit, des lettres parvinrent du monde entier pour demander à Juliette des conseils amoureux.

Le jardinier prit l’habitude d’y répondre de sa belle plume en signant Juliette.

Lorsqu’il mourut, dans les années cinquante, les enveloppes continuèrent à s’amonceler avec, comme seule adresse, cette mention: «Juliette, Vérone, Italie». Certains Véronais décidèrent de perpétuer cette pratique et ils créèrent le Club des Juliette, un groupe de sept femmes qui rédigeraient des lettres à l’intention des malheureux ou esseulés exposant leurs problèmes.

Hier soir, j’ai rencontré les sept Juliette d’aujourd’hui, des intellectuelles, des psychologues, des sociologues, des avocates qui correspondent avec des condamnés à mort du Texas ou un gardien de phare en Chine …

Étrange Vérone que les Italiens ont construite et qu’un anglais, Shakespeare, a rendue célèbre …


Concerto à la méméoire d'un angeConcerto à la mémoire d'un ange
Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel, 2010
ISBN : 2226195912, 9782226195913

Un missile découvert dans un fossé près de Bourges

Photo d'un missile Mistral

Vu de loin on dirait un peu un stylo...

Source : AFP pour Voila.fr

France 17/02/2010 10:23

Un missile Mistral récent et non-explosé a été découvert mardi par un promeneur dans un fossé aux abords d’un village des environs de Bourges, selon une information parue mercredi dans le Berry Républicain.

« Une enquête de gendarmerie a été diligentée pour déterminer d’où vient ce missile, de quel type exact il est, depuis quand il est dans ce fossé et s’il est toujours actif », a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense.

Le missile a été découvert près de la localité de Sainte-Thorette, à 15 km au sud-ouest de la capitale berrichonne.

Missile sol-air ou air-air de courte portée propulsé par un moteur, le Mistral mesure environ 1,80 m et pèse une vingtaine de kilos.

Il est assemblé à Bourges par MBDA, filiale du groupe européen d’aéronautique et de défense EADS.

Cette société, qui dispose également d’un centre d’études et d’essais de propulsion dans la région, a indiqué mercredi ne pas souhaiter communiquer à ce stade sur ce dossier.

Le maire de la localité, Emmanuel de la Fouchardière, s’est pour sa part dit interloqué par cette découverte. « Comment peut-on perdre un tel engin? »,  s’est-il interrogé.

Le cerveau humain ne peut pas gérer plus de 150 amis à la fois

Chat de Geluk devant son ordiOn ne peut pas être ami avec tout le monde !!

Lu dans La Tribune de Genève du Vendredi 5 Février 2010 le cerveau humain ne peut pas gérer plus de 150 amis à la fois !
C’est la conclusion d’une très sérieuse étude d’un professeur d’Oxford : Robin Dunbar, c’est son nom, s’est penché sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook et affirme que posséder plus de « 150 amis » est ingérable… Le néocortex du cerveau, dit-il, n’a pas la capacité de faire au-delà, il ne peut pas entretenir un lien social avec plus de 150 personnes…

Bénéfique Manuscrit…


Il n’y a pas d’idée philosophique, si profonde ou si subtile soit-elle, qui ne puisse et ne doive s’exprimer dans la langue de tout le monde (Henri Bergson).

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Je voudrais vous parler aujourd’hui de « Maléfique manuscrit ! », un roman de Marie Agostini.

Marie Agostini est philosophe, enseignante et chercheuse. J’ai eu la chance d’assister à une de ses interventions en 2009 (j’en ai parlé dans un autre blog).

Elle anime également des ateliers de philosophie pour enfants dans une classe de CM2. Comme elle l’écrit elle-même, « Ces ateliers […] représentent un moment où les enfants ont la parole, où ils peuvent s’exprimer librement, où ils peuvent s’affirmer en tant qu’individus et sortir de l’indifférenciation générale dans laquelle ils sont noyés. C’est un espace où ils peuvent poser et identifier les problèmes que leur pose l’existence et y chercher une solution qui leur soit propre. » (source : http://www.mariedemarseille.com/atelier.html )

Pour elle, écrire des romans pour de jeunes lecteurs est une conséquence logique de son engagement.

Maléfique manuscrit !, son premier roman, a été publié par la maison d’édition « Rouge Safran ». (Illustration de Laurent André). Il est sorti en septembre 2009.

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Alors que sa classe visite le Préau des Accoules, à Marseille, Lou Valesca, une adolescente au caractère bien trempé, découvre le cadavre d’un homme : un certain Moreau, professeur d’histoire. Celui-ci semble avoir consacré ses recherches à un manuscrit inédit du XVIème siècle.La découverte de ce manuscrit serait-elle le mobile du meurtre ?

Ses amis, Chloé, petite scientifique en herbe, et Arthur, amateur d’histoire au cœur tendre, décident d’aider Lou à élucider ce meurtre.

Leur enquête les conduit à s’intéresser à l’histoire de la Provence et, plus précisément, à la période de la Renaissance.

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Avec mes deux plus jeunes enfants, nous avons  vraiment adoré ce livre à l’intrigue très prenante et aux personnages particulièrement attachants. Et en prime, nous avons appris beaucoup de choses !

Parlons de la place de Lenche, pour commencer. J’ai un peu connu cette place (quartier du Panier, à Marseille), dans une autre vie, surtout pour y jouer de la musique : c’était dans les années 1975-1980, un de mes amis musiciens avait l’habitude d’y jouer tous les soirs pour les clients des bars et restos de la place, il jouait de la guitare pour accompagner sa copine, qui poussait la chansonnette et passait le chapeau parmi l’assistance à la fin. Ensuite, la tournée finie, ils se produisaient tous les deux dans une espèce de café-crêperie pourvu d’un sous-sol au plafond magnifique, tout en voûtes et pierres apparentes, toujours sur cette place de Lenche (pas loin du théâtre). A la fin de leur prestation (c’est-à-dire au petit jour, le plus souvent), ils étaient payés « au bouchon », c’est-à-dire au nombre de bouteilles de cidre consommée par les « clients spectateurs ».

Pendant une semaine, mon ami ayant contracté une angine, je suis allé le remplacer pour qu’il puisse conserver son revenu et surtout sa place (en effet, en l’absence du barde habituel, les partons de bistrot ne s’encombraient pas trop de scrupules, et avaient tendance à dire oui au premier guitariste va-nu-pieds se présentant devant leur boutique à l’heure où ça rapporte, celui-ci devenant ipso facto le nouveau « titulaire », si l’on peut dire…)

Je me suis donc mis en devoir de jouer les guitaristes intérimaires pour la copine de mon ami (le temps que celui-ci se refasse une santé), c ‘est dire si j’ai eu l’occasion de parcourir la place de Lenche dans tous ses recoins ! Eh bien en lisant ce livre j’ai appris une chose qui m’a beaucoup touché : il se trouve que cette place n’est ni plus ni moins que… l’ancien agora de Marseille ! Bon, je sais, aujourd’hui, cette information figure certainement quelque part sur la place elle-même, mais justement, j’ai grandi à Marseille, j’habite maintenant à 70 kilomètres de cette ville, mais jamais je n’y suis retourné « en touriste »… Je prends d’ailleurs a résolution de réparer cet oubli !

Dans le livre de Marie il y a plein de passages qui valent leur pesant d’or : les réflexions des enfants, par exemple, m’ont parfois fait hurler de rire, comme lorsqu’ils s’offusquent des questions archi barbantes dont les profs ont parfois le secret (…quand ces profs s’ingénient à rendre ennuyeuses les choses les plus passionnantes). Alors que nos petits héros se demandent pourquoi il ne vient jamais à leurs enseignants d’en poser de toutes bêtes, de questions, comme (je cite Marie) « A quelle heure commencent les épisodes des Simpson ? ». C’est bien simple: mes propres enfants (qui pourtant ne manquent pas de ressources) n’auraient pas trouvé mieux… D’ailleurs je soupçonne fortement la jeune dame d’avoir piqué cette phrase à un de ses élèves au cours d’un de ses  ateliers…

Dans un même ordre d’idées,  la question de savoir pour quelle raison nous apprenons l’histoire quand nous sommes à l’école  est soulevée dans un passage de ce livre. Eh bien Marie place cette réponse, tout à la fois percutante et ingénue, dans la bouche d’un de ses petits héros : « On apprend l’histoire pour pouvoir sortir la date de Charlemagne au Trivial Pursuit ». Quand je vous dis que ça vaut son pesant d’or…

Tout le reste est à l’avenant… on comprend tout de suite qu’on a affaire à une personne qui s’intéresse vraiment aux autres… C’est terrible, mais je me souviens très bien qu’un de mes professeurs de lycée nous avait dit en début d’année « Je sais très bien que j’ai parfois l’air de sortir d’un vieux cadre poussiéreux… eh bien soit, qu’à cela ne tienne, j’assume parfaitement, vous me verrez donc sortir quelquefois de mon vieux cadre poussiéreux. C’est ainsi ».

Marie Agostini, quant à elle, tout en poursuivant son activité de recherche en philosophie et en sciences de l’éducation, n’est absolument pas en-dehors de ce qu’on appelle la vraie vie et les vraies gens, contrairement à ce que j’ai pu constater avec effroi  chez quelques-uns de ses congénères. Pour nous faire toucher du doigt (ainsi qu’aux enfants dépeints dans le roman) la notion de « nous ne sommes jamais sûrs à cent pour cent de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas »… pour nous faire mieux comprendre cette notion, donc, elle n’hésite pas à faire référence au film Matrix !

Je dois hélas à la vérité d’avouer avoir côtoyé nombre de savants de broussaille qui feraient à coup sûr des mines de chat offusqué en constatant qu’un enseignant peut avoir recours à des « références aussi triviales ». C’est que, que du haut de leur suffisance, ils n’ont rien compris à ce qui fait l’essence des choses, alors qu’à mes yeux Marie est tout simplement tombée dedans quand elle était petite, pour ne plus jamais en ressortir depuis.

Dans cet ouvrage, nous apprenons aussi énormément de choses sur l’histoire de la Provence (par exemple, la cathédrale de la Major, que dans mon enfance nous appelions « la grosse abeille » à cause de ses rayures pas vraiment décoratives, a été construite sur l’emplacement d’une cathédrale plus ancienne, comme en témoignent les quelques fragments de mur en calcaire rose de La Couronne qu’on peut y trouver).

La philosophie y occupe bien entendu une place de choix. Le mythe de Teuth, dont j’ai déjà parlé ici à propos du développement d’internet, y est par exemple présenté d’une manière accessible et attrayante.

Enfin, cette histoire est parsemée d’un certain nombre de débats de classe (ah… on sent bien que c’est du vécu !) qui sont autant d’occasions de soulever des questions qui à mes yeux vont très loin, mais – toujours pareil – sans jamais avoir l’air d’y toucher.

Normal : chez les vrais artistes, l’effort et le travail ne se voient jamais !

Pour ceux qui croiraient encore qu’internet peut nous rendre encore plus bêtes…

3 singes...

Un mythe vieux comme le monde...

« Alerte, l’écriture se répand… la mémoire et le savoir sont menacés ». C’était du temps de Platon. On craignait déjà que le progrès technique n’attente à la culture.

« Socrate – Eh bien ! j’ai entendu dire que, du côté de Naucratis en Égypte, il y a une des vieilles divinités de là- bas, celle-là même dont l’emblème sacré est un oiseau qu’ils appellent, tu le sais, l’ibis ; le nom de cette divinité est Theuth. C’est donc lui qui, le premier, découvrit le nombre et le calcul et la géométrie et l’astronomie, et encore le trictrac et les dés, et enfin et surtout l’écriture. Or, en ce temps-là, régnait sur l’Égypte entière Thamous, qui résidait dans cette grande cité du haut pays, que les Grecs appellent Thèbes d’Égypte.

Lire la suite…

Non seulement Dieu est mort, mais en plus le Diable a pris les commandes…

Je viens de terminer la lecture d’un véritable petit bijou de drôlerie qui « sans avoir l’air d’y toucher » met le doigt dans le mille sur…bien des choses. Il s’agit de l’histoire de l’arche de Noé, mais complètement « revisited » d’une manière on ne peut plus azimutée, on vous aura prévenus.
Je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire ici un extrait de la fin du livre…


C’était joué, avec la bénédiction divine le Diable a pris les commandes, expédié la Création en une petite semaine et depuis lors je peux vous dire qu’il n’a pas chômé. C’en est même impressionnant. Le Mal mondialisé, mais à l’échelle industrielle, en flux tendu.

Suffit de lire les journaux, des gros titres aux faits divers, les annonces matrimoniales, les avis de décès, tout ça sent la patte du Malin.

« Jeune femme, 39 ans au compteur, 48 kilos, bien de sa personne, origines et poitrine modestes, pas d’espérances, importants travaux à prévoir, un enfant (mais placé en apprentissage dans le Gâtinais), aimant la nature, la lecture, les animaux, les sorties et les plaisirs simples, petits besoins, se nourrissant d’un rien (thé, graines, abats), sachant faire la cuisine et ne rechignant pas aux travaux ménagers, même lourds, ouverte aux exigences sexuelles, apports en industrie uniquement, étudie toutes propositions pour refaire sa vie et oublier inavouable passé assez char; avec monsieur même gros et laid, graveleux et cauteleux, sale et vieux. Très bonne situation exigée, belle aisance financière indispensable pour parer à toutes éventualités. Fumeurs ou alcooliques acceptés. Si possible pas d’enfants à charge ni de trop dispendieuses pensions alimentaires. Une résidence secondaire sur la Côte d’Azur serait un plus. Économiquement faibles et amoureux transis s’abstenir: Grabataires, sur dossier uniquement. Merci d’envoyer lettre de motivation, feuille d’imposition + ISF, détail turpitudes et éven­tuellement photos au Journal, qui transmettra. » C’est pas diabolique, ça?

J’en vois qui doutent. Des idéalistes. Il y a donc de dangereux idéalistes dans la salle. Des partisans du monde ancien, des nostal­giques du Bien, des francs-tireurs de Dieu, des lecteurs de Paul Claudel.

[…] Alors voilà. Le patron, le nouveau taulier, c’est le Diable. Point, à la ligne. Aussi simple que ça. Dieu est à la retraite. Bien sûr au début ça dérange un peu, mais on s’y fait. Croyez-moi. Assez vite, pour certains, si vous voyez ce que je veux dire. L’avantage c’est qu’on donne moins à la messe. Vous le saviez? Non? Convaincu, maintenant? Oui ? Content ? Vraiment ? Bravo ! Dire qu’il y a encore moins d’une heure vous pensiez que c’était l’amour qui gouvernait le monde, avec la bonté, la gentillesse, les nobles sen­timents, l’entraide, cette foutue beauté inté­rieure, la charité, la foi, l’espérance, les vertus cardinales, et tous ces trucs de catéchisme! Vous vous coucherez moins bête ce soir […]. Ça requinque, le Mal, mieux que le Viagra. Le Diable sera content, je l’informe­rai personnellement de votre toute récente prise de conscience, tardive, certes, mais sin­cère.

[…] Notez que si le Diable est le nouveau patron, ça explique bien des choses; tout devient plus cohérent, je dirais même repo­sant. Pas étonnant que les robinets fuient, que les gardiennes piquent votre courrier, que l’ Afrique crève à petit feu, que le denti­frice reste ouvert, et qu’on vende des armes aux enfants. Que les abricots ne sentent plus les abricots, que les femmes sédui­santes passent sans me voir, que les lecteurs n’achètent pas mes livres ! Sans compter le bus qui démarre juste sous vos yeux quand il pleut, le stylo qui fuit, la casserole qui attache, le sparadrap qui colle, le code qu’on a oublié, la petite robe qui vous bou­dine, une haleine de cheval au pire moment, qui devait être le bon – et le banquier qui vous boude une petite facilité de caisse. Inutile de se révolter contre tout ce qui va mal – sans parler des tremblements de terre, de la faim dans le monde, des atten­tats. C’est normal que ça aille à vau-l’eau, voyons, c’est fait pour ça, c’est dans l’ordre des choses, Dieu n’existe plus, c’est le Diable qui gouverne. Une fois qu’on l’a compris, on respire, on respire mieux. On est libéré. L’ordre des choses. Faire une crasse à son prochain ne porte plus à conséquence. Au contraire. C’est civique. On vous décorera pour moins que ça.

Non, vous doutez toujours? Il vous faut des preuves? Des trucs tangibles où mettre les doigts? Vous en êtes encore là! L’Arche, ça ne vous a pas suffi? J’ai affaire à des esprits forts, ce soir. Un conseil tout simple, facile à mettre en pratique : faites-vous votre propre opinion, observez votre belle-sœur, votre voisin de palier, vos collègues de bureau, votre gardienne, votre directeur général, vos propres enfants, votre amant, votre maîtresse. Voyez ce petit air diabolique qu’ils ont tous au coin de l’œil, qui s’allume quand ils veulent vous convaincre de faire quelque chose dont vous n’avez nulle envie – et vous tout pareil, et moi, et mon éditeur, c’est le signe, nous sommes tous enrôlés dans les bataillons du Diable! Ça va valser! Ça va donner! C’est la revanche des otaries! […] Adieu.



Né à Strasbourg en 1959, Vincent Wackenheim habite à Paris près du lion de Denfert. Il déplore de n’avoir pu prendre part au Déluge, et n’a jamais rencontré Noé. Alors il nous révèle leur véritable histoire. Un récit mordant et jubilatoire. Amis des bêtes et des hommes s’abstenir.

« En gros, pour Noé, il y a les animaux qu’on mange, ceux (et surtout celles) qu’on caresse, ceux qui bossent, ceux dont on fait des manteaux ou des pulls, ou des boîtes à gants en galuchat, à la limite ceux qui sont juste jolis, mais les autres, la grande majorité, les moches, ceux qui ne servent à rien, les pas bons, les tout durs, les piquants, ceux qui sentent mauvais, ceux dont le nom est imprononçable, la mygale de Rameshwaram, par exemple (Poecilotheria hanumavilasumica), ou le crapaud de Holdridge (lncilius holdridgei), ou la musaraigne-éléphant (Rhynchocyon udzungwensis), pourquoi diable les embarquer? [ … ] Noé, la biodiversité, ça n’était pas son truc. »

Un regard très particulier sur le respect dû aux anciens

Lîle du jour davant (Umberto Eco)

L'île du jour d'avant (Umberto Eco)

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Le philosophe doit avoir le courage de critiquer tous les enseignements mensongers qui nous ont été inculqués, et d’entre ceux-là il y a l’absurde respect pour la vieillesse, comme si la jeunesse n’était pas le plus grand des biens et la plus grande des vertus. En conscience, quand un homme jeune est en force d’imaginer, de juger et d’exécuter, n’est-il pas plus capable de gouverner une famille qu’un sexagénaire hébété dont la neige sur le chef a glacé l’imagination? Ce que nous honorons comme prudence en nos aînés, n’est qu’une appréhension panique de l’action. Voudriez-vous vous soumettre a eux, quand la paresse a débilité leurs muscles, durci leurs artères, évaporé leurs esprits, et sucé la moelle de leurs os? Si vous adorez une femme, n’est-ce pas peut-être à cause de sa beauté? Continuez-vous donc vos génuflexions après que la vieillesse a fait de ce corps un fantôme, bon désormais à vous rappeler l’imminence de la mort? Et si vous vous comportez de sorte avec vos amantes, pourquoi ne devriez-vous pas faire de même avec vos vieillards? Vous me direz que ce vieillard est votre père et que le Ciel vous promet longue vie si vous l’honorez. Qui l’a dit? Des vieillards juifs comprenant qu’ils ne pouvaient survivre au désert s’ils ne faisaient fructifier le fruit de .leurs reins. Si vous croyez que le Ciel vous donnera un seul jour de vie en plus à cause que vous avez été la brebis de votre père, vous vous trompez. Vous croyez qu’un salut révérencieux qui fait frôler les pieds de votre père de la plume de votre chapeau puisse crever un abcès malin, ou cicatriser la marque d’une estocade, ou vous délivrer d’une pierre dans la vessie? Si cela était, les médecins n’ordonneraient pas leurs potions immondes, mais pour vous libérer du mal italien ils vous prescriraient quatre révérences avant le repas à Monsieur votre père et un baiser à Madame votre mère avant que de vous endormir. Vous me répliquerez que sans votre père vous ne seriez pas, ni lui sans le sien et ainsi de suite jusques à Melchisédech. Mais c’est lui qui vous est obligé, et non point le contraire: vous payez de bien années de larmes un sien moment de plaisant chatouillement.

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Umberto Eco – L’île du jour d’avant, 1994, Grasset (p.80 & suiv.)


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