Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

Archives de la catégorie “pédagogies actives”

Décidément, vous en avez une mémoire extraordinaire !

Bonjour,

Il est bien connu que tout ce qui permet de tordre le cou aux croyances restrictives des apprenants sur leurs propres capacités est bon à prendre.

Il y a quelque temps, il a été ici question d’un moyen infaillible pour retenir durablement une liste de dix éléments (ce moyen utilisait la forme des chiffres). Aujourd’hui voici un moyen d’en retenir… cent !

Ce que nous allons voir aujourd’hui vous permettra également de retenir de nombreuses séries de chiffres, codes, mots de passe, numéros de téléphone et que sais-je encore…

Le système est fondé sur un principe particulièrement ingénieux, mis au point par un certain Bruno Furst 1. Au début, cela semble quelque peu étrange, mais je vous recommande de vous accrocher car c’est une véritable pépite !

Toujours des consonnes…

Bruno Furst a tout  d’abord eu l’idée d’associer chaque chiffre à un son, toujours une consonne, en utilisant la table suivante :

0 Le son « S » ou  « Z »…
1 Le son « T » ou « D »
2 Le son « N »
3 Le son « M »
4 Le son « R »
5 Le son « L »
6 Le son « Ch » ou « J »
7 Le son « K » ou « G »
8 Le son « F » ou « V »
9 Le son « P » ou « B »

On remarquera qu’à chaque fois que c’est possible, le son est disponible dans sa variante sourde (sans vibration des cordes vocales) et sonore (avec vibration des cordes vocales).

Ensuite, il nous est proposé d’associer chacun de ces sons à un mot contenant cette consonne, et aucune autre (mots d’une syllabe, donc, le plus souvent). En voici un exemple :

0 Le son « S » ou  « Z »… Soie
1 Le son « T » ou « D » Thé
2 Le son « N » Noé
3 Le son « M » Mai
4 Le son « R » Roi
5 Le son « L » Loi
6 Le son « Ch » ou « J » Chat
7 Le son « K » ou « G » Cou
8 Le son « F » ou « V » Fée
9 Le son « P » ou « B » Pied

La première étape de la méthode consiste à mémoriser ces dix mots, en relation avec chacun des chiffres donnés. Contrairement à la méthode fondée sur les formes des chiffres, le lien entre chaque mot et chaque chiffre est absolument arbitraire. En revanche, rien ne vous empêche d’utiliser la technique des images mentales pour vous permettre de construire une relation entre chaque chiffre et chaque mot.

Rappel concernant les images mentales :

Elles doivent être…

  • Dynamiques
  • Colorées
  • Exagérées

(Si vous avez besoin de plus de précisions, ces trois conditions ont déjà été commentées et développées ici ).

À titre d’exemple, voici les petites histoires que je me suis racontées pour m’aider à fabriquer des images mentales à partir de cela

Chiffre Mot Image mentale
0 Soie Une écharpe soyeuse, enroulée, formant un cercle parfait…
1 Thé Un grand verre de thé à la menthe, haut, étroit…
2 Noé Une arche de Noé avec un couple de girafes, bien visibles, à l’avant…
3 Mai Un cerisier en fleurs, avec trois branches principales…
4 Roi Un roi de jeux de cartes, avec une couronne stylisée à 4 « pointes »…
5 Loi Un policier disant « au nom de la loi je vous arrête », en brandissant les 5 doigts de sa main ouverte…
6 Chat Un « Chat assis » (je joue avec le son)…
7 Cou Analogie entre « poussette » et « Cou 7″
8 Fée Une belle fée aux formes avantageuses… vue de loin, sa taille de guêpe la fait ressembler à un huit
9 Pied Pour le faire ressembler à une empreinte de pas, Il faudrait à peine modifier le chiffre 9

Insistons bien sur le fait que ceci n’est qu’un exemple… si telle ou telle association d’idée vous paraît par trop « tirée par les cheveux », il ne tient qu’à vous d’en trouver une autre.

Comment passer de dix « chiffres » à cent  « nombres » ?

C’est là que réside tout le talent de Bruno Furst : considérant en effet que chaque nombre est constitué d’une suite de plusieurs chiffres…  il lui a suffi, dans son système de correspondance, de trouver pour n’importe quel nombre, un mot contenant « une suite des bonnes consonnes ».

Ainsi, le nombre 10 étant constitué d’un 1 « puis » d’un 0, il nous suffit, après avoir consulté la table de départ, de trouver un mot contenant  Le son « T » ou « D », puis Le son « S » ou  « Z » pour lui trouver un mot associé. Nous  proposerons ici le mot « tasse ». Suprême astuce : si par la suite, nous avons du mal à retenir que « 10 = tasse », nous pouvons quand-même tenter de partir à la pêche aux souvenirs si nous savons qu’il est constitué de quelque-chose ressemblant à « Thé », puis de  quelque-chose ressemblant à « Soie » au niveau des consonnes… Cela ne semble peut-être un peu maigre… sauf si nous avons retenu parfaitement les sons associés aux 10 chiffres de base !

Pour les nombre 10 à 19, voici ce que cela peut donner :

Nombre …Soit le son… … puis le son… Mot proposé :
10 « T » ou « D » « S » ou  « Z »… Tasse
11 « T » ou « D » « T » ou « D » Tête
12 « T » ou « D » « N » Tonneau
13 « T » ou « D » « M » Tamis
14 « T » ou « D » « R » Tour
15 « T » ou « D » « L » Toile
16 « T » ou « D » « Ch » ou « J » Tache
17 « T » ou « D » « K » ou « G » Tic
18 « T » ou « D » « F » ou « V » Touffe
19 « T » ou « D » « P » ou « B » Taupe

Voilà. Dorénavant, il est plus facile d’apprendre les mots associés aux nombres 10 à 19. Encore une fois, si un mot ne vous plaît pas, rien ne vous empêche d’en trouver un autre… à condition qu’il obéisse aux règles (ainsi, le 18, « touffe » peut aisément être remplacé par « douve », ou encore par l’acronyme « DIF », bien connu de ceux qui – tout comme moi – travaillent dans la formation professionnelle !) Ainsi, vous êtes tous invités à puiser dans votre propre vécu, tous les coups sont permis puisque ça se passe entre vous et… vous 🙂

Maintenant, si le cœur vous en dit, vous pouvez aller plus loin en utilisant le tableau suivant, qui vous propose des exemples d’associations d’idées pour les nombres de zéro à cent (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Universalité de la méthode

Il est à noter que cette méthode a tout d’abord été créée par un anglophone, mais que la structure « consonne / voyelle » étant présente dans toutes les langues du monde, elle est facilement adaptable à n’importe quelle langue (comme nous le faisons d’ailleurs en ce moment).

Exemple d’utilisation : apprenons par coeur le numéro de téléphone du Président de la République !

Imaginez que vous ayez absolument besoin de retenir le numéro de téléphone du Président de la République… Si vous le voulez bien, nous nous contenterons ici de celui du standard du Palais de l’Élysée, qui est à ce jour le 01 42 92 81 00.

Avec le système proposé, cela donne :

Soie – Thé – reine –panneau –fête –soie – soie

En lisant ces mots, il ne m’a pas fallu bien longtemps pour imaginer une phrase magique :

Je me suis inspiré des panneaux que les parents accrochent à tous les carrefours pour aider à trouver l’emplacement de la fête d’anniversaire de leurs jeunes enfants, le jour J, dans les zones de campagne envahie par d’anciens urbains, comme celle où je vis. Ils écrivent le plus souvent des phrases du genre « Anniversaire Chloé » ou quelque-chose dans ce goût-là… avec une flèche pour indiquer la direction…

Et j’ai imaginé que des parents essayaient de créer un panneau original pour leur petite fille, en quelque sorte leur petite reine, qui avait invité plein d’autres petites reines à leur fête (et en plus, reine… l’Élysée n’est pas bien loin !).

Ainsi, le groupe de mots

Soie – Thé – reine –panneau –fête –soie – soie

S’est transformé (après quelques essais, et en vérifiant que le système était respecté) en…

Si t’es reine, panneau « fête », c’est ça

…ou, si vous préférez :

C.Q.F.D…

J’ai déjà rencontré des personnes ayant durablement mémorisé les numéros d’appel de tous leurs amis, ou encore des codes d’accès ou mots de passe multiples et variés, uniquement en utilisant cette méthode. Auprès le leur entourage, ils passent pour des êtres à la mémoire exceptionnelle. C’est bien compréhensible. Après, certains partagent leur combine, et d’autres pas, c’est la vie…

Pour les étudiants qui doivent retenir de gigantesques suites de nombres plutôt fastidieuses (comme des dates historiques, des articles de loi et beaucoup d’autres choses), ce moyen injustement méconnu est idéal.

Voilà, j’espère que ce système vous parle, et vous convient.  Si tout comme moi vous pensez qu’il vaut la peine, diffusez-le autour de vous, vous ferez ainsi oeuvre utile.

N’hésitez pas non plus à utiliser les commentaires, ils sont faits pour cela, et je serai ravi d’y répondre 🙂

Bien à vous,

Bernard

filet

 

1. Dernière minute : Comme on peut le lire plus loin dans les commentaires, il apparaît en définitive que, contrairement à ce que je croyais, cette méthode vient non pas de Bruno Furst, qui n’a fait que la dépoussiérer, mais semble beaucoup plus ancienne. Le code « chiffre-son » daterait de 1643, et on le retenait alors avec la phrase « Dieu Ne Me Rend La Joie Qu’à Vos Pieds Saints » (1 2 3 4 5 6 7 8 9 0). (cf : https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_chiffres-sons). Merci à Cym13 pour cette précision.

Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un persécuteur

Cet article est le plus récemment paru dans le dossier « Jeux psychologiques » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

Un nouvel animal sorti des abysses du développement personnel : Le requin déguisé en dauphin
Les jeux psychologiques : le principe
Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime…
Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un sauveur

Un méchant personnage

L’article précédent rappelait la composition du « Triangle Dramatique » (Persécuteur / Sauveur / Victime), présentait le Répertoire des jeux psychologique selon Eric Berne, et dressait le tableau des jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un Sauveur… Voici aujourd’hui, le…

Répertoire des jeux psychologiques initiés par un Persécuteur (selon Eric Berne)

Pour chacun de ces jeux psychologiques, nous donnons le (ou les) nom(s) sous le(s)quel(s) le jeu est connu, le plus souvent sa traduction en anglais (pour le retrouver dans l’œuvre d’Eric Berne, au besoin), une description sommaire, ainsi que le bénéfice (même s’il peut être en apparence négatif) du joueur lorsqu’il « retire sa mise ». Enfin, nous donnons quelques pistes pour éviter d’entrer dans ce jeu… à condition de le voir arriver !

✖ Ball-trap (« Oui … mais »)

En anglais : « Why don’t you ? Yes … but … »

Description : Demander de l’aide et écarter toute proposition d’un « Oui … mais … »

Bénéfice : Colère avec un excellent alibi.

Comment l’éviter : Plaisanter (« …Encore!? « ), ou encore refuser de donner des conseils, interroger sur les tentatives et les idées de l’autre.

✖ Incitation au meurtre (« Battez-vous »)

En anglais : « Lets you and him fight »

Description : Révéler à une personne un jugement critique confié confidentiellement par un tiers. Mettre deux personnes en rivalité: « Avec M. X, l’année dernière, on avait fait comme ça… »

Bénéfice : Jouer les voyeurs : plaisir d’observer sans être impliqué.

Comment l’éviter : Dire une chose du genre: « Chacun a ses opinions, ses goûts, ses façons de faire et d’être… »

✖ La revanche (« Je te tiens, mon salaud »)

En anglais : « Now ! I’ve got you. S. 0. B. (son of a bitch) »

Description : Relever une erreur, un oubli, une faute chez celui-même qui vous a fait un reproche.

Bénéfice : Œil pour œil, dent pour dent ! Triomphe…

Comment l’éviter : Plaisanter: « Tu m’as eu! Un partout ! On fait la paix ? »

✖ Au pied! (« Le maître-chien »)

Description : Donner un ordre sec, sans raison fondée.

Bénéfice : Toute puissance.

Comment l’éviter : Se protéger. Résister en insistant pour faire mieux préciser la demande et ses raisons

✖ Dramaturgie  (« La Scène »)1

En anglais : »Uproar »

Description : Déclencher un drame pour éviter de régler le problème.

Bénéfice : Incapacité, passivité…

Comment l’éviter : Dire: « Pouce! » Questionner l’autre et le faire reformuler.

✖ Bras de fer (« Le mien est mieux que le tien »)

En anglais : « Mine is better than yours »

Description : Se mettre en compétition malsaine avec l’autre. Exagérer ses difficultés pour qu’elles apparaissent plus grandes que celles des autres.

Bénéfice : Vouloir se sentir le plus fort ;  Justifier sa passivité: « Oh oui! Mais moi, c’est pas pareil! C’est bien pire … »

Comment l’éviter : Refuser la rivalité: « C’est chouette pour toi.» S’interroger sur ses capacités à régler le problème.

✖ L’appât ( » le Viol »)

En anglais : « Rape »

Description : Attirer les autres en les flattant : « Vous qui savez tout « , ou en les appâtant: « J’ai appris que … enfin, je ne vous en dis pas plus. »

Bénéfice : Finir par triompher en déstabilisant l’autre par une question piège. Garder pour soi-même une information qui rend tout puissant.

Comment l’éviter : Ne jamais laisser l’autre vous mettre sur un piédestal. Lui répondre : « Merci, je ne sais pas tout. » Attendre sereinement. Refuser catégoriquement les sous- entendus.

✖ Dévalorisateur (« Les défauts des autres ») …C’est un des jeux les plus répandus sur terre !!!

En anglais : « Blemish »

Description : Dire du mal des chefs, des subordonnés, des collègues, des élèves, des professeurs…

Bénéfice : Être « rassuré » sur soi-même en masquant ses propres faiblesses.

Comment l’éviter : Dire: « Et si on parlait de ce qui marche bien? » ou « Nous avons tous nos faiblesses. »

✖ Manipulateur (« Coincer »)

En anglais : « Corner »

Description : Empêcher l’autre de faire ce qu’il envisage en démontant systématiquement toutes ses propositions: il est coincé !

Bénéfice : Triompher ou se sentir coupable.

Comment l’éviter : Faire de l’humour: « Aie ! Je suis coincé! » Agir en adulte : « Il y a plusieurs opinions pour régler cette situation ».

✖ Trop poli …  (« Chéri(e)… »)

En anglais : « Sweetheart »

Description : Être exagérément flatteur, voire obséquieux, pour pousser la personne à faire ce dont elle n’a pas envie.

Bénéfice : Se sentir tout puissant parce qu’excellent manipulateur.

Comment l’éviter : Répondre (en souriant) quelque chose du genre « Je ne marche pas à la flatterie. Parlons simplement. »

filet

Voilà. Cet article clôt le dossier sur les jeux psychologiques. J’espère que cela vous aura plu. Sachez que vos commentaires sont toujours les bienvenus.

Bien à vous,

Bernard

_

1. Un exemple détaillé de ce jeu a été présenté dans un article récent.

Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par un Sauveur

Cet article est le plus récemment paru dans le dossier « Jeux psychologiques » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

Un nouvel animal sorti des abysses du développement personnel : Le requin déguisé en dauphin
Les jeux psychologiques : le principe
Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime…

Superman... sauveur par excellence

L’article précédent rappelait la composition du « Triangle Dramatique » (Persécuteur / Sauveur / Victime), présentait le Répertoire des jeux psychologique selon Eric Berne, et dressait le tableau des jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime

Mais  cela ne doit pas pour autant nous  faire oublier que le sauveur, lui aussi, est également à même d’initier des jeux psychologiques. Pour mémoire, rappelons que le sauveur (…dont nous sommes tous amenés à adopter la posture, à un moment ou à un autre, surtout dans les métiers de la formation, de l’enseignement, et plus largement de la relation d’aide) est un personnage qui vole volontiers au secours d’autrui, tel un chevalier d’autrefois enfourchant son noble destrier pour aller défendre une non moins noble cause, sans toutefois avoir nécessairement reçu de demande précise de la part de qui que ce soit. Un peu plus tard, on reconnaît infailliblement notre sauveur à sa tendance irrépressible à prononcer, un peu déçu, sa phrase préférée : « Pffft… Après tout ce que j’ai fait pour lui/elle/elles/eux !… »

Voici donc aujourd’hui venu le moment de vous présenter le…

Répertoire des jeux psychologiques initiés par un Sauveur (toujours selon Eric Berne)

Pour chacun de ces jeux psychologiques, nous donnons le (ou les) nom(s) sous le(s)quel(s) le jeu est connu, le plus souvent sa traduction en anglais (pour le retrouver dans l’œuvre d’Eric Berne, au besoin), une description sommaire, ainsi que le bénéfice (même s’il peut être en apparence négatif) du joueur lorsqu’il « retire sa mise ». Enfin, nous donnons quelques pistes pour éviter d’entrer dans ce jeu… à condition toutefois de le voir venir !

✖ C’est bien parce que c’est vous! (« Si ce n’était pas vous… »)

En anglais : »If it weren’t for you… »

Description : Faire sentir avec insistance que ce que l’on fait est une faveur qui mérite contrepartie.

Bénéfice : Supériorité donnée par le geste charitable.

Comment l’éviter : Attention! Les faveurs font perdre la liberté. Remettre les choses au clair.

✖ Tous dans le même bateau. Tous solidaires

Description : Refuser d’accepter les différences. Protéger les moutons noirs.

Bénéfice : Éviter de prendre parti. Se protéger. Masquer les différences.

Comment l’éviter : Oser dire son avis calmement sur les gens.

✖ L’arroseur arrosé (« ]’ essaie simplement de t’aider ! »)

En anglais : ‘I’m only trying to help you. »

Description : Intervenir dans les discussions ou les conflits, les désaccords, sans y avoir été convié. Apporter de j’aide à celui qui ne demande rien.

Bénéfice : Colère permise: « les autres sont des ingrats ».

Comment l’éviter : Attendre la demande des autres pour intervenir. Et lorsqu’elle survient, prendre soin de demander: « Qu’attends-tu de moi? Que veux-tu que je fasse exactement? »

✖ Y’a qu’à … Faut qu’on … J’ai la solution

Description : Donner une solution toute faite, de manière péremptoire et définitive, pour tout problème qui se présente.

Bénéfice : Avoir un sentiment de supériorité, la certitude de posséder la science infuse. Éviter de trop réfléchir.

Comment l’éviter : Être réaliste : il y a plusieurs façons de répondre à un problème. Toute solution possède ses inconvénients, ou défauts.

✖ Je vous défendrai toujours

Description : Arranger la réalité. Nier les faits pour éviter qu’une personne soit sanctionnée d’une manière ou d’une autre.

Bénéfice : Être aimé, remercié, sollicité…

Comment l’éviter : Tout n’est pas défendable. Est-ce vraiment rendre service à quelqu’un que de le survaloriser ?

✖ Ça ira! Ça ira! 

Description : Nier les difficultés qui surgissent en les balayant, en les niant globalement.

Bénéfice : Garder sa sérénité et son optimisme à tout prix, en allant jusqu’à se cacher les difficultés.

Comment l’éviter : Dire:  » Et si on regardait les choses en face pour résoudre les problèmes, et pour pouvoir se réjouir VRAIMENT de ce qui va bien?  »

✖ Les colombes

Description : Éviter les conflits. Rechercher le consensus à tout prix. Se faire tout petit dès qu’il y a un léger désaccord ou une divergence d’opinion, de conception …

Bénéfice  : Vivre dans un climat d’entente, même fausse, dans une passivité confortable. Éviter la souffrance.

Comment l’éviter : Attention! La paix peut mener à la guerre (Ex : Munich en 1938 !). Avaler constamment des couleuvres mène parfois à des explosions dévastatrices, auxquelles les autres ne comprendront rien.

✖ Le pyromane pompier

Description : Plaisir du Persécuteur reconverti en Sauveur: divulguer des informations, diviser, puis proposer ses services pour réconcilier tout le monde.

Bénéfice : Être tout puissant. Se montrer indispensable.

Comment l’éviter : Refuser de demander de l’aide pour régler ses problèmes de personne à personne.

✖ Au four et au moulin

Description : En faire trop. « Stakhanoviste » : heures supplémentaires, weekends, soirées …

Bénéfice : Éprouver de la joie à se croire indispensable.

Comment l’éviter : Attention: au four… au moulin, et pour finir… à l’hôpital ! Penser à prendre soin de soi.

✖ L’arbitre tribunal

En anglais : « Courtroom »

Description : Tenir le rôle de l’avocat dès qu’une personne est critiquée ou évaluée. Ne pas supporter qu’une personne endosse un reproche, quel qu’il soit.

Bénéfice : Se comporter en Zorro ! Satisfaction de défendre la veuve, l’orphelin et tous les opprimés de la terre.

Comment l’éviter : Refuser de laisser quelqu’un décider à votre place. Être autonome. S’informer sur ses droits.

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Voilà. Le prochain article sera consacré aux jeux psychologiques de la terreur de toutes les mers du globe : le persécuteur.

Bien à vous,

Bernard

Les jeux psychologiques lorsqu’ils sont initiés par une Victime…

Ange qui pleure

Nous le savons tous : le monde entier est un théâtre…

Dès la fin du XVIe siècle, nombre d’auteurs de France, d’Italie et d’Espagne ont nourri sans cesse la notion baroque de « Grand Théâtre du Monde ». Même le grand Shakespeare s’y est mis :

« Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles… »

« Comme il vous plaira (As You Like it) », pièce de théâtre écrite vers 1599.

Il ressort de ce principe, en gros, que nous autres, êtres humains, jouons tous un rôle, que ce soit consciemment ou bien malgré nous, sur la grande scène du monde, et nous sommes tous des pantins… dont les ficelles seraient tirées par je ne sais quel grand horloger. Il d’agit là d’une lecture du monde à travers le prisme du théâtre et de la mise en scène. Le comédien et le personnage incarné par celui-ci reflètent l’image du spectateur « leurré »… qui n’est lui-même qu’un acteur de l’univers.

Au début du XXe siècle, Eric Berne (fondateur de l’analyse transactionnelle) a intégré cette notion à sa théorie, et a ainsi mis en évidence les trois fameux personnages du Triangle, « persécuteur, victime, sauveur » dont il a déjà été question ici.

Sens de la vie

Mais en quoi consiste un jeu psychologique, exactement ?

Comme chacun le sait, qui dit théâtre dit… coup de théâtre. Ce qu’Eric Berne appelle un jeu psychologique consiste le plus souvent en un mini coup de théâtre, initié par l’un des personnages en présence (persécuteur, victime, sauveur). Voilà comment cela se passe 1: Au début, deux personnes discutent. Pour commencer un jeu, chacun des protagonistes prend inconsciemment l’un des trois rôles du Triangle (en général celui qui a sa préférence). Elles poursuivent leur discussion, l’une comme Persécuteur, l’autre comme Victime par exemple. À un moment donné arrive… le coup de théâtre ! L’un des deux joueurs va « prendre ses bénéfices » : il va changer de rôle et, par exemple, s’il était Persécuteur, devenir une Victime. L’autre accuse le coup, puis « entre dans le jeu » (littéralement !) en changeant également de position, de façon quasi automatique, un peu comme si chaque changement de situation était de nature à nous « aimanter » vers tel ou tel rôle du Triangle dramatique… Les bénéfices dont il est ici question peuvent être variés : revivre un type de relation expérimenté dans l’enfance, obtenir un type de signes de reconnaissance, valider ses croyances sur soi ou sur les autres…

Impasse des pensées

Où trouver des exemples de jeux ?

La littérature, le théâtre, le cinéma en fourmillent ! Que ce soit dans l’œuvre de Shakespeare ou la célèbre série télé « Caméra Café », les jeux psychologiques sont une source incessante d’inspiration. Si vous avez encore en mémoire l’article précédent, vous vous souvenez peut-être que l’acteur Gérard Jugnot nous en a donnés quelques-uns à voir, sans toutefois les nommer précisément (soyez rassurés, vous serez bientôt à même de le faire). Mais il se trouve que notre vie de tous les jours est également une source incessante d’inspiration, et de taille (ne parle-t-on pas, par exemple, de « scènes de ménage » ?). Il suffit donc de regarder autour de soi… de se regarder soi-même, et d’être attentif, pour pouvoir observer les jeux psychologiques en action. En voici un exemple :

Un jeu décortiqué : le sketch « la scène »2

Rôles tournants : Persécuteur (P), Victime (V), Sauveteur (S).

Le père (P) à sa fille (V) : « Tu rentres à 4 heures du matin, à ton âge, tu n’as pas honte ? »

La fille (P) au père (V) « Eh bien justement, je n’ai pas ton âge, j’appartiens à la jeunesse ! »

Le père (P), en la giflant : « Je n’admets pas que l’on me parle sur ce ton ! File dans ta chambre immédiatement ! ».

La fille (V) : « Puisque c’est ainsi, demain je fais ma valise et je m’en vais ! ».

La fille part s’enfermer dans sa chambre, et la mère intervient pour la consoler (S) : « Ne t’inquiète pas, Carole, je vais parler à ton père. Il est parfois brutal et ne comprend pas toujours bien les jeunes, mais il t’aime, tu sais ? ».

Un peu plus tard, la mère (P) au père  : « Tu ne crois pas que tu exagères un peu ? Elle a 17 ans, ce n’est plus une enfant ! »

Le père (V) : « Parfait ! Vous vous liguez toutes les deux contre moi maintenant ! ».

Le lendemain, la fille (S) au père : « Je te propose un armistice papa, je t’aime bien, mais j’aimerais te parler à propos d’hier… »

Le père (V) : « J’ai exagéré, je ne voulais pas m’emporter. Excuse-moi, mais je suis énervé en ce moment. ».

D’après Eric Berne, ces trois personnages revêtent ici tour à tour les « masques » des personnages du Triangle Dramatique dans le but d’échapper à une communication véritable, qui les contraindrait à parler des véritables problèmes qui se présentent à eux (en l’occurrence, la fille qui grandit, qui n’est plus une enfant…), et qui est trop émotionnellement coûteuse pour chacun d’entre eux…

Le sketch précédent ayant été initié par un personnage en posture de persécuteur, il sera répertorié dans le « Répertoire des jeux de persécuteur », que nous publierons bientôt. Mais il a été suffisamment question de persécuteurs dans les articles récemment parus. Cette fois-ci, je vous propose de vous intéresser plutôt au…

Répertoire des jeux psychologiques initiés par une Victime (selon Eric Berne)

Pour chacun des jeux psychologiques qui vont suivre, vous trouverez des indications sur le (ou les) nom(s) sous le(s)quel(s) le jeu est connu, le plus souvent sa traduction en anglais (pour le retrouver dans l’œuvre d’Eric Berne, au besoin), une description sommaire, ainsi que le bénéfice (…même s’il peut être en apparence négatif) tiré par le joueur. Enfin, nous donnons quelques pistes pour éviter d’entrer dans ce jeu… à condition de le voir arriver !

 ✖ C’est impossible (« Jambe de bois »)

En anglais :  » Wooden leg »

Description : Justifier son incapacité, masquer ses difficultés en rejetant la responsabilité sur les autres ou sur les conditions de travail.

Bénéfice : Être lavé de toute responsabilité dans l’échec.

Comment l’éviter : Examiner sereinement les solutions possibles, et les capacités de l’autre à les mettre en œuvre: « Que comptes-tu faire? »

✖ Ce n’est pas moi, c’est lui! (« Regarde ce que tu m’as fait faire »)

En anglais : « See what you made me do.

Description : Rejeter sur l’autre la responsabilité de ses actes.

Bénéfice : Être innovant. Masquer sa peur.

Comment l’éviter : On est toujours un peu concerné ! … Parler clairement de ce qui dépend de soi, de l’autre…

✖ Ici, c’est marche ou crève…

Description : Se plaindre d’être obligé de se surmener parce qu’il est impossible de faire autrement.

Bénéfice : Fuir ses responsabilités: « C’est pas ma faute! » Justifier sa passivité.

Comment l’éviter : Ne pas en rajouter. En faire plus pour le plaisir, ou réduire son activité de façon réaliste.

✖ Et pourtant, j’ai tout fait (« Regarde comme j’ai essayé »)

En anglais : « Look how hard I’ve tried »

Description : Présenter ses échecs comme inévitables et pardonnables en faisant valoir que l’on a tout envisagé et essayé.

Bénéfice : Justifier sa passivité sans subir de blâme. Refuser toute aide, au motif que tout a déjà été fait et essayé.

Comment l’éviter : Il y a toujours quelque chose à tenter. Stimuler la partie « Adulte aux commandes » de la personne. Envisager toutes les possibilités, y compris celles qui ne l’ont pas été. Il y en a forcément…

✖ Fais à ma place, aide-moi! (« Fais quelque-chose »)

En anglais : « Do me something »

Description : Appeler l’autre à l’aide et chercher à lui faire faire notre travail ou résoudre les problèmes à notre place.

Bénéfice : Être satisfait de ne rien faire et d’être pris en charge.

Comment l’éviter : Se montrer autonome. Ne pas trop attendre des autres. Ne pas se laisser piéger.

✖ Engueulez-moi, merci (« Donnez-moi des coups »)

En anglais : « Rick me »

Description : Provoquer les autres en étant maladroit, agressif, désagréable, pour être rejeté. Courir des risques en contournant les lois établies, pour se faire prendre.

Bénéfice : Ressentir une excitation, puis de la tristesse. Se prouver que l’on est rejeté de tous et que c’est bien mérité. Après tout, un signe de reconnaissance négatif vaut toujours mieux que pas de signe du tout…

Comment l’éviter : Être moins dépendant des autres. Encourager les réussites.

✖ Sans les autres : (« Si seulement j’étais seul, sans le système!… »)

Description : Se plaindre de ne pas pouvoir réussir, en accusant les autres, sur le mode « Il y a toujours quelqu’un qui m’empêche … »

Bénéfice : Éviter les reproches éventuels, les situations qui font peur. Rester pur et innocent…

Comment l’éviter : Faire confiance aux autres. Savoir gérer ce qui dépend de soi.

✖ Gémissements (« C’est affreux! »)

En anglais : Ain’t it awful ! »

Description : Se plaindre de tout, de tous et de rien.

Bénéfice : Chercher le réconfort, attirer la sympathie et ne rien faire.

Comment l’éviter : Changer de sujet.

✖ C’est trop fort pour moi (« Je suis si stupide… »)

En anglais : « Stupid »

Description : Se prétendre incapable de faire ou de comprendre ce que l’on veut vous donner à faire.

Bénéfice : S’endormir dans la passivité, ne rien faire. Être pur et innocent, échapper à ses propres responsabilités: « Ce n’est pas ma faute, je suis incapable. »

Comment l’éviter : Faire son bilan personnel. Préciser ses capacités. Expérimenter pour éprouver et valider nos capacités sur le terrain.

✖ Débordé/Éreinté

En anglais : « Harried »

Description : Se plaindre d’être crevé, fatigué, débordé.

Bénéfice : Chercher la sympathie et le réconfort.

Comment l’éviter : Faire honnêtement le tri entre l’urgent, l’important, et ce qui peut attendre.

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Voilà. J’espère que cela aura été instructif et édifiant… La semaine prochaine, nous parlerons un peu des jeux de sauveur

Bien à vous,

Bernard

filet

1. Pour plus de précisions, voir http://analysetransactionnelle.fr/les-concepts-de-base/les-jeux-psychologiques/.
2. (Extrait de l’excellent « Que Sais-Je » sur l’Analyse Transactionnelle, de Gérard CHANDEZON et Antoine LANCESTRE ; PUF – 1982).

Les jeux psychologiques : le principe

Bonjour,

L’article de la semaine dernière vous présentait un étrange bestiaire marin, métaphore de la condition humaine, où figuraient carpes, requins et autres dauphins… je vous ai même parlé d’un animal hybride que j’appelais le requin déguisé en dauphin.

Un des commentateurs a évoqué une situation où un « requin déguisé » joue à « Je voudrais tellement que tu m’aides, je suis certain que tu le peux« , avec une idée derrière la tête : celle de mieux mettre tout son petit monde en échec par la suite.

Typiquement , il s’agit là de ce qu’Eric Berne (fondateur de l’analyse transactionnelle) appelle un jeu psychologique.

Qu’est-ce qu’un jeu psychologique ?

Dans son ouvrage « Des jeux et des hommes« , Eric Berne définit le jeu psychologique comme « le déroulement d’une série de transactions cachées, complémentaires [entre plusieurs protagonistes], progressant vers un résultat bien défini, prévisible ».1 .

Quelques exemples de jeux

En fouinant un peu sur le net, j’ai fini par tomber sur un clip vidéo étonnant, constituant une excellente introduction aux jeux psychologiques par l’exemple. C’est présenté par… Gérard Jugnot !

Plusieurs jeux décrits par Eric Berne y sont ici répertoriés et explicités. je trouve que cela vaut toutes les démonstrations, je vous laisse regarder ça:

La semaine prochaine je vous donnerai de plus amples informations sur le sujet. Comme vous le verrez, toutes nos salles de cours, salles de formation, et plus largement l’ensemble de nos lieux de travail… et de vie quotidienne (y compris la vie de couple ou la vie de famille) sont le théâtre quotidien de ces jeux psychologiques. En prendre conscience, c’est déjà le début d’un moyen d’espérer y échapper un jour pour… du mieux !

C’est tout le bien que je nous souhaite.

Bien à vous,

Bernard

filet

1. [D’autres renseignements fort utiles sur ce sujet sont fournis par le site analysetransactionnelle.fr , où ces concepts (…et beaucoup d’autres !) sont décrits et détaillés de manière très pédagogique, documentée, complète.]

Un nouvel animal sorti des abysses du développement personnel : Le requin déguisé en dauphin

Bonjour,

Vous savez que je m’intéresse depuis longtemps au développement personnel, et à ses applications en situation de formation. Car une situation de formation revêt souvent les aspects d’un petit théâtre dans lequel chacun des participants va venir se glisser, fût-ce malgré lui, dans la peau d’un personnage écrit il y a bien longtemps. Quel personnage ? Celui qui nous correspond le mieux, ou encore celui dont nous nous sentons le plus proche. En général, ces comportements sont croqués à merveille par nos amis les illustrateurs, comme en témoigne l’image ci-dessous.

Les participants comme le formateur les voit

Les participants comme le formateur les voit

Cette image provient d’un de ces documents photocopiés et re-photocopiés des dizaines de fois, et donc piquetés de mille pattes de mouches parasites. Il est de ceux qu’on fait circuler dans les bureaux à l’heure de Caméra-Café, et qu’on affiche volontiers dans la salle qui a des couattes… J’en ai récupéré un exemplaire que j’ai patiemment restauré à la palette graphique. J’ignore totalement l’identité de l’illustrateur de génie qui a pris sur le vif cette « photo plus vraie que nature »… Comme j’aimerais pouvoir le féliciter !

Un jour, un collègue formateur m’a même fait remarquer ceci : « Non seulement tous ces personnages existent, mais regarde bien, ils sont en général répartis géographiquement dans la salle de formation de manière rigoureusement identique à la photo ! Il s’agit  donc bel et bien des participants…comme le formateur les voit ! ». Et le pire c’est que je suis complètement d’accord ! Faites donc le test lors de votre prochaine session, vous m’en direz des nouvelles !

Le triangle dramatique : une configuration qui ne date pas d’hier…

Depuis fort longtemps, les comportements humains ont ainsi fait l’objet de métaphores animales.

Ainsi, Le Triangle Dramatique, dit aussi Triangle de Karpman, est une célèbre figure qui nous a été apportée par l’Analyse Transactionnelle. Cette fameuse figure du triangle met en évidence un scénario relationnel typique entre trois archétypes, trois personnages, trois rôles, si vous préférez, qu’on a pris l’habitude d’illustrer par des animaux :

Le requin

C’est un persécuteur… Il parle souvent à la 2ème personne (employant volontiers un « tu es… » particulièrement culpabilisant). Il adore critiquer le travail des autres, ne se montre jamais compatissant, et ne connait pas la tendresse (puisqu’il n’en exprime pas, il n’en reçoit pas non plus en retour… dans le meilleur des cas, il doit se contenter de marques de soumission). Ce rôle est souvent adopté spontanément par des personnes qui, depuis l’enfance, ont accumulé beaucoup de frustrations et ont pris le pli de les faire payer aux autres (…tous les autres, c’est bien là le problème !). Sa plus grande crainte : tomber sur plus requin que lui, ce qui cause chez lui un état de stress plus ou moins permanent.

La carpe

C’est une victime… qui a tendance à « rester toujours au fond du bassin », dans la douillette pénombre où, croit-elle, les dangers auront moins de chance de l’atteindre. Elle ne combat jamais, mais subit, cherchant avant tout à ne pas faire de vagues, et adopte volontiers une posture excessivement prudente, voire méfiante à l’égard de tout et de de tous (employant souvent les tournures impersonnelles, de type « On m’a dit… »). N’oublions pas toutefois que toute victime peut avoir une part de responsabilité dans le fait même d’être victime, ou de le rester. Du coup, ce rôle ne comporte pas que des inconvénients : mine de rien c’est aussi une manière particulièrement efficace d’attirer l’attention sur soi. Celle du persécuteur, bien entendu… mais pas seulement. Car toute victime qui se respecte (…façon de parler, hein ?) véhicule  également un appel au soutien. C’est là qu’intervient l’animal suivant :

La carpe pseudo-éclairée

C’est un sauveur… Son occupation favorite consiste à accourir vers une carpe-victime, dont il est capable d’entendre l’appel avec une incroyable acuité… au point d’être capable de devancer ! Ensuite, il s’emploie aussitôt à porter secours à ladite carpe-victime en lui prodiguant de bons conseils, pétris de bons sentiments et de « moi, à ta place… ». Il se positionne donc clairement contre le requin, et dans le même camp que la carpe-victime. Une de ses incarnations les plus représentatives est le ou la collègue de bureau à qui on a l’habitude de raconter tous nos petits malheurs.

Ce rôle peut revêtir quelques aspects gratifiants d’un point de vue narcissique, mais en même temps, il place mécaniquement l’autre dans une position d’incapacité (« …Mes pauvres enfants, que feriez- vous sans moi ?… »). Pour justifier son existence, la carpe-illuminée-sauveur se trouve  donc toujours plus ou moins contrainte de se mettre en quête, à défaut de moulin à vent, d’un requin-persécuteur (requin qu’elle pourra désigner sous le vocable du méchant, de l’étranger, de l’ennemi de classe… faites votre propre marché, les possibilités sont infinies !). Mais ses besoins ne sont pleinement assouvis qu’après qu’il ait également pêché au moins une carpe-victime à sauver, et pour laquelle notre sauveur entend bien se « sacrifier », si nécessaire.

Sacrifice, le mot est lâché. Sans parler du mythe des super-héros (vieux comme le monde), il est à noter qu’une éducation empreinte de bonnes intentions politiques ou religieuses peut dans certains cas contribuer à semer le trouble dans les esprits avec cette notion de sauveur, particulièrement dans nos civilisations judéo-chrétiennes, mais pas seulement. Malheureusement, ne s’improvise pas Jésus, Bouddha ou Gandhi qui veut ! D’où d’amères déceptions chez celui qui croit sincèrement ne rien attendre des autres en retour de ses propres largesses, mais n’a pas vraiment le tempérament adéquat. Le cas échéant, il pourra se reconnaître à chaque fois qu’il prononcera la phrase caractéristique de  tout sauveur déçu : « …Après tout ce que j’ai fait pour lui/elle/elles/eux ! ».

On tourne diablement en rond dans ce bassin…

Plusieurs chercheurs ont démontré qu’en général, si une personne utilise un de ces rôles (par exemple la carpe-victime), elle entraîne de facto l’autre à jouer un des deux autres rôles complémentaires (dans notre exemple : la carpe-illuminée-sauveur ou le requin-persécuteur), comme si toute situation de communication (spécialement quand ça se passe mal) tendait à nous « aimanter » tôt ou tard à l’un de ces trois pôles d’attraction.

Le pire, c’est que ces trois rôles peuvent finir par se mélanger… Et c’est là que ça peut devenir franchement malsain. Ainsi, lorsqu’une personne se sent victime, elle se comporte aussi peu ou prou elle-même en persécuteur, à chaque fois qu’elle cherche à solliciter l’attention des autres avec ses problèmes, voire à les amener à entrer plus ou moins dedans… D’où l’aphorisme bien connu « Qui de rien ne se mêle de rien ne se démêle« .

Par ailleurs, un sauveteur, même sincère, ne pourra et ne saura que nous porter secours en nous apportant ce qui serait bon pour lui s’il était dans la même situation (« moi, à ta place… »). Or, en tant que personne bien distincte de nous, rappelons-nous (et au besoin rappelons-lui)  qu’il n’est PAS à notre place !

C’est ainsi qu’on entend souvent dire que les trois rôles de victime, sauveur et persécuteur sont étroitement liés, et forment une triade. Et toute communication se trouve pour ainsi dire perturbée lorsque les protagonistes adoptent ces rôles plutôt que d’exprimer réellement leurs émotions et leurs idées, sans être pollués par le chant de toutes ces sirènes (marrant ça… encore un animal marin !).

À y regarder de plus près, ce fameux triangle persécuteur/victime/sauveteur n’est jamais qu’une zone de subir et de faire subir. Cela fabrique à foison victoires, défaites, mais aussi trahisons et autres coups de théâtre, avec tout leur cortège de frustrations, culpabilités, ressentiments et autres besoins de vengeance qui d’une manière ou d’une autre ne font qu’aggraver les choses… Or, pour qui veut vraiment faire avancer les choses en question, il est souvent légitime de vouloir chercher à sortir de ce triangle maléfique.

Arrivée plusieurs décennies après l’Analyse Transactionnelle, la PNL (technique de développement personnel élaborée par Richard Bandler et John Grinder dans les années 70, aux États-Unis) nous en fournit une possibilité, en reprenant à son compte les trois personnages du triangle dramatique, et en y ajoutant…

Le dauphin

Ce personnage s’efforce d’agir en médiateur… Ayant attentivement étudié le fonctionnement des trois personnages du triangle, il va s’efforcer de ne pas tomber dans ce piège, pour adopter une posture positive, réaliste, dans un souci d’assertivité (c.-à-d. respecter l’autre tout en se faisant respecter soi-même). Voici quelques préceptes qu’il s’efforce d’appliquer :

  • Le dauphin-médiateur tient à tout prix à sortir du triangle, qu’il considère comme une zone de « subir » et de « faire subir ».
  • Il a des idées positives. Sans être utopique, il sait qu’il a du pouvoir pour faire bouger les choses à son niveau. Sachant cela, il agit (pendant que tant d’autres parlent).
  • Il a des objectifs précis, et il sait où il en est par rapport à ça.
  • Il sait garder sa place, et remettre l’autre à la sienne si nécessaire (…comme ces deux mots sont importants !)
  • Il a confiance, alors que les autres personnages sont dans la peur (…de se faire détruire).
  • Il a choisi l’action plutôt que la réaction, la réflexion plutôt que le réflexe.
  • Il a choisi… tout simplement. Il sait que choisir, c’est accepter de perdre. Et qu’accepter de perdre c’est être libre.

Voilà pour l’essentiel. Sachez en outre que ce quatrième animal n’a pas été choisi au hasard, mais plutôt en raison du comportement qu’il semble avoir vis-à-vis de ses congénères, et également avec nous autres les humains, depuis des temps immémoriaux. Mais cela ne s’arrête pas là. Ainsi, on raconte que dans les mers, lorsqu’un dauphin se trouve face à un requin qui entend… disons lui porter tort, l’issue du combat ne fait jamais de doute : c’est toujours le dauphin qui gagne ! L’autre terreur a beau exhiber ses quatre rangées de dents aussi redoutables que tranchantes, cela ne lui sert strictement à rien, puisque le dauphin pratique comme personne l’art de l’aïki(bu)do des mers, et sait tuer un requin en un éclair en lui appliquant un coup mortel au foie à l’aide de son rostre (museau). Ensuite, il retourne vaquer tranquillement à ses occupations, comme si de rien était. Quelle classe ! Pas de remous inutile, jamais la moindre manœuvre d’intimidation, et en même temps, si on le cherche, on le trouve 🙂

Ouh là là, que tout cela se complique !

Mettez-vous à ma place : moi qui me croyais tranquille après avoir étudié plusieurs ouvrages, puis suivi moultes stages, conférences et autres séminaires portant sur l’analyse transactionnelle et ses trois animaux de base, voilà qu’un plongeon de deux années en immersion profonde dans l’univers de la PNL, au début des années 2000 m’a amené à remettre tout ce joli petit assemblage en question ! Ainsi donc, il n’y avait donc pas trois, mais quatre animaux symboliques dans le monde des relations interpersonnelles ! Bien entendu j’ai adoré l’histoire de ce dauphin, et n’ai eu de cesse que de lui ressembler… comme beaucoup de mes petits camarades de promo, d’ailleurs. Aujourd’hui encore, je m’efforce d’identifier mes propres postures à chaque fois que j’en trouve le moyen (« …Attention mon petit père, là tu fais clairement ta carpe/ton requin/ton sauveur »). Du coup, je m’efforce en toutes circonstances de « coller », comme tant d’autres, au personnage du dauphin, dans la mesure de mes possibilités, car il est de loin, à mes yeux, le rôle le plus difficile à tenir dans le théâtre de la vie, mais aussi le seul qui en vaille vraiment la peine…

Donc, fini les trois animaux, il y en a donc bien quatre. Soit. Mais là où vous allez rire, c’est que depuis lors, je me suis tellement bien habitué que j’ai fini par découvrir… un cinquième animal !

Un 5e personnage…

On a vu que, déjà, le personnage du dauphin, à l’inverse des trois premiers, procède une intention précise issue de l’observation des personnages existants, et non pas d’une simple posture « en réaction » par rapport à l’entourage : Cela peut se résumer ainsi : « J’ai bien compris en quoi les rôles de persécuteur, victime et sauveteur sont tôt ou tard néfastes pour moi et pour les autres, j’aspire et surtout je crois à un équilibre possible entre l’affirmation de soi et le respect d’autrui, et je choisis ,en conscience d’adopter cette posture du dauphin, à chaque fois que j’en aurai la présence d’esprit, même si je suis conscient que ce n’est pas gagné. Je choisis cette posture parce qu’elle correspond à des valeurs que je partage pleinement« .

C’est là qu’intervient un autre outil PNL :

Le Virus de pensée.

Le virus de pensée, comme son nom l’indique, est avant tout une chose qui se propage. Une sorte de petit ver qui vient s’insinuer dans notre grosse pomme de tête, et qu’on on a toutes les peines du monde  à identifier, puis à déloger. Les deux principaux virus de pensée connus et répertoriés sont « Y en aura-t-il assez pour moi ? » et « Suis-je aussi fort que… ? ».

Le premier virus, « Y en aura-t-il assez pour moi ? », dit complexe de l’aîné, survient lorsqu’un nouvel enfant paraît dans une famille, et que son ou ses aînés se retrouvent comme « détrônés » de l’attention centrale dont ils jouissaient auparavant. Du coup, on se sent en droit de se demander si on va désormais en avoir autant que l’autre. Autant de  quoi ? …D’amour, d’affection, d’attention, de nourriture, d’autorité, de pouvoir, de ressources minières, d’accès à la mer… Faites votre choix, la liste est infinie.

Le deuxième virus, « Suis-je aussi fort que… ? », dit complexe du cadet, s’attaque en général au « dernier arrivé » dans une famille, une entreprise, une institution internationale, un groupe social quelconque… À tort ou à raison, ce nouveau venu s’imagine parfois qu’il va lui falloir veiller âprement au grain pour se tailler, si nécessaire à coups de machette, la place qu’il croit naturellement lui revenir (…à tort ou à raison, encore une fois). C’est ainsi qu’il peut se retrouver obsédé par la lancinante question du « Suis-je aussi fort que… ? ». Fort (…ou pourvu) en quoi ? Là aussi, faites votre marché, tout est bon à saisir en fonction de votre humeur ou de vos frustrations, qu’il s’agisse d’amour, d’affection, d’attention, de nourriture, d’autorité, de pouvoir, de ressources minières, d’accès à la mer… Faites votre choix, la liste est… rigoureusement la même !

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que certains chercheurs s’intéressent aux virus de pensée à tous les niveaux… y compris dans les négociations internationales (après tout, il s’agit là d’une grille de lecture de la géopolitique pas spécialement plus inadaptée que les autres…).

Ils sont partout, ces gens-là…

Si c’était encore nécessaire, rappelons qu’en cette période d’incertitude et de crise des valeurs, il se trouve en ce bas monde de plus en plus de personnes attirées par le domaine du  développement personnel (que ce soit l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique (PNL), le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène, le yoga, et des dizaines d’autres). D’une certaine façon, cela peut leur donner l’impression d’avoir, disons une certaine « longueur d’avance » dans leur vie de tous les jours, pour communiquer avec les autres dans un état d’esprit où respect, bienveillance, tolérance, et encore une fois prise en compte de nos propres besoins et de ceux de notre alter ego trouvent toute leur place.

À une condition toutefois : celle d’avoir fait suffisamment de chemin pour avoir intégré, digéré, et mis à profit tous les bienfaits qu’on peut attendre de telles pratiques dans une compréhension sincère de nos intérêts mutuels et réciproques. Faute de quoi, ils risquent fort de se comporter de manière aussi inconsidérée que ces savants fous qui commandent des machineries infernales dont la portée réelle leur échappe. Du même coup, ils accréditent chez leurs semblables l’idée que tout ça, c’est uniquement fait « pour mieux manipuler les autres »… Ce qui est particulièrement dommageable (Cf. le paragraphe intitulé « Les bouchers et les criminels » dans cet article, paru récemment ici sur un sujet connexe).

Le cinquième personnage : un requin déguisé… en dauphin !

Lorsque toutes ces conditions de saine et juste compréhension ne sont pas réunies, et Dieu sait que c’est hélas encore trop souvent le cas, la personne en question n’aura aucun scrupule à utiliser toutes ces techniques à son seul profit, à des fins de manipulation et, cerise sur le gâteau, sans même avoir l’air d’y toucher ! Et si elle-même se trouve atteinte par un virus de pensée, alors là c’est le pompon, cela ne fera qu’aggraver les choses. En pareil cas, elle passera très vite maître dans l’art de semer autour d’elle de la culpabilité, du ressentiment, de la mésentente, ainsi que et tout un tas de sentiments désagréables et surtout improductifs (rien n’est plus contagieux qu’un virus de pensée… je vous aurai prévenus !), tout ceci afin de mieux lui permettre d’avancer elle-même, pendant ce temps, ses propres petits pions sur l’échiquier de la vie, en toute tranquillité, au besoin avec la main sur le cœur, tel un requin pourvu des toutes nouvelles armes du marché. Avec, en prime, un cynisme dont elle n’aura parfois même pas conscience, forte qu’elle sera du sentiment de mériter à elle seule tous les droits du monde, toute à son sentiment d’être dans un en état de « manque menant à de l’avidité » perpétuel. Ces destructeurs malheureux n’en ayant jamais assez, ils pratiquent volontiers le culte du « toujours plus ». Étrangement, d’une manière paradoxale, cela provient le plus souvent d’une croyance limitante dans leurs propres capacités (voir la légende des deux oasis…).

À l’image du Grand Vizir Iznogoud, les requins déguisés en dauphins endossent volontiers les habits de ce petit personnage de bande dessinée dont l’obsession était très précisément « …d’être calife à la place du calife », et qui, prêt pour cela à commettre les pires infamies et turpitudes, se retrouvait souvent la risée de tous. Quand il s’en rendait compte, cela ne faisait que le rendre encore plus teigneux et irascible… Ensuite il retournait comploter avec ses sbires, toujours au service de sa stratégie de bazar…

On m’a assuré que ces individus pullulent dans les sphères du pouvoir, et qu’en certains cas il en est qui arriveraient ainsi à se hisser jusqu’aux plus hautes fonctions, voire à s’y maintenir. Mais cela a sans doute dû se produire sous d’autres latitudes, parce que là, non, franchement, je ne vois pas… 🙂

Rentrée 2013 : cet animal semble vouloir coloniser la planète… Que font les écolos ?

Étrangement, depuis cette période de rentrée, il m’a été donné de voir poindre le nez de plusieurs de ces requins déguisés en dauphins. En général je les vois arriver à trois kilomètres et ils ne m’impressionnent nullement. Mais il m’est arrivé d’être bien malgré moi le témoin des dégâts qu’ils occasionnent auprès de mes semblables…

Je m’en suis ouvert à nombre de mes amis, collègues, contacts et autres petits camarades du net. Apparemment, la plupart d’entre eux semblent partager mon sentiment. L’un d’eux (David Faessler) m’a même tout récemment répondu (texto) que la prolifération de ce genre de calife devient inévitable, au point qu’il est impossible de croiser une personne n’en ayant jamais rencontré ! Le pire étant qu’on les retrouve parfois dans des postes hiérarchiques et stratégiques des entreprises, là où cela fait le plus de dégâts (sic).

Hélas, curieusement, malgré cette apparente convergence de points de vue, je n’ai jusqu’à ce jour trouvé mention de cet animal nulle part, dans aucune nomenclature, taxonomie, ou autre inventaire. J’attends ce moment avec d’autant plus de jubilation et d’impatience que derrière ma petite lorgnette (…qui vaut ce qu’elle vaut, et vice-versa) j’ai la très désagréable impression que, depuis ces derniers temps, le requin déguisé en dauphin a nettement tendance à se reproduire à vitesse grand V et à envahir nos campagnes (pas seulement électorales) à une cadence vertigineuse. Ne serait-ce que pour cette raison, il mériterait largement de figurer à son tour au programme de tout bestiaire présenté dans un programme de formation en développement personnel (…pour ma part, je m’efforce systématiquement de le faire lors de mes interventions sur ce genre de sujets… cela me semble relever d’une question de salubrité publique). À mes yeux il y a toute sa place.

Mais bon, ce que j’en dis, hein ? …

Bien à vous,

Bernard

filet

…Avec une spéciale dédicace à Françoise et Addie, qui en d’autres temps m’ont initié à toutes ces merveilles, et que je ne remercierai jamais assez pour leur si précieux enseignement. Bien des années après, il m’a largement donné matière à l’écriture de cet article. Les sachant partageuses, je me suis donc permis 😉

La légende des deux oasis

oasis ou mirage ?

Un bédouin voit la générosité où vous percevez la stérilité et trouve la poésie dans tout : c’est plus qu’un nom, c’est un mode de vie.
http://vieetculturebedouine.blogspirit.com/

Quelque part dans le Sahara il y avait deux oasis distantes de quelques kilomètres. La première abritait une tribu qu’on appelait les bédouins souriants. Les bédouins souriants semblaient toujours contents de leur sort, avaient constamment le sourire aux lèvres (d’où leur nom) et faisaient la fête tous les soirs. Et quand ils n’avaient aucune raison de faire la fête, eh bien… ils en inventaient une !

Dans l’oasis voisine vivait une tribu bien différente. On appelait ses membres les bédouins mélancoliques. Les bédouins mélancoliques étaient tristes du matin au soir, puis ils se couchaient et faisaient des rêves tristes. Le jour, ils travaillaient dur, mais ne se sentaient pas récompensés de leurs efforts. Du coup ils ne faisaient jamais la fête, puisqu’ils n’avaient pas grand-chose à fêter. Au lieu de cela, ils faisaient le plus souvent… la tête. Et quand ils n’avaient aucune raison de faire la tête, eh bien… ils en inventaient une !

Cette différence de tempérament avait tout de même une explication bien concrète : l’eau. En effet, les bédouins souriants disposaient d’une source abondante leur fournissant à tout moment une eau fraîche, limpide et extraordinairement désaltérante. Au milieu de leur oasis, devant leur Place des Fêtes, ils avaient installé un ingénieux système comportant un tuyau se terminant par un robinet leur permettant de disposer de leur eau à volonté, tout en ayant la possibilité de l’arrêter quand ils n’en avaient pas besoin…

Les bédouins mélancoliques, quant à eux, ne disposaient d’aucune source dans leur oasis, ni même dans les environs, se trouvant ainsi contraints de parcourir de très longues distances sous le redoutable soleil du désert pour trouver matière à s’abreuver, faire boire leurs bêtes faméliques et arroser leurs maigres cultures. Ils étaient très malheureux de cet état de choses, mais s’y étaient résignés depuis longtemps.

Or, il se trouva que parmi les bédouins mélancoliques, un jeune homme répondant au nom de Baddûr décida un jour qu’il était grand temps de faire quelque-chose pour changer tout ça. Il avertit le chef du village qu’il allait se mettre en quête d’une solution pour se procurer de l’eau aussi facilement que le faisaient leurs voisins les bédouins souriants.

Le chef du village lui répondit qu’à son avis c’était peine perdue, mais que si Baddûr avait envie de se défouler, il n’y avait aucun mal à cela, du moment que cela ne se faisait pas aux dépens des autres. Souvent jeunesse est impétueuse, et il faut savoir lâcher un peu la bride…

Baddûr fut très heureux de recueillir l’assentiment du chef, et commença à réfléchir à un plan d’exploration. En fait, cela faisait longtemps qu’il y avait réfléchi : il avait tout simplement l’intention d’aller espionner le soir-même la tribu des bédouins souriants afin de tenter de percer leur secret.

Ainsi, à la nuit tombée, il partit se cacher parmi les roseaux bordant l’oasis voisine, afin de mieux observer les comportements de ces maudits bédouins souriants…

Ce qu’il vit alors le mit dans une rage folle : Un grand nombre de ces bédouins s’étaient regroupés près de leur source, et bavardaient tranquillement entre eux en attendant leur tour d’aller s’abreuver, tels de placides bureaucrates faisant tranquillement la queue dans la file d’attente de leur restaurant d’entreprise à l’heure du déjeuner. Certains avaient pris avec eux des récipients de formes et de contenances diverses, afin de pouvoir aller approvisionner leur famille tout de suite après. Près du robinet, un officiant était à la manœuvre, se contentant d’ouvrir et de fermer cet objet magique qui avait l’incroyable faculté de faire couler de l’eau à volonté.

– C’est trop injuste, maugréa Baddûr entre ses dents pour ne pas se faire entendre depuis sa cachette… Dire que tous ces gens bénéficient d’une quantité d’eau illimitée, et ceci sans fournir le moindre effort !…

Il resta ainsi tapi dans les roseaux jusqu’à ce que tout ce petit monde soit retourné se coucher (ce qui représentait un temps très long à cause de la fête…), puis il se faufila sans bruit jusqu’au robinet. Utilisant un coutelas qu’il avait pris soin d’emporter avec lui, il entreprit de trancher le tuyau d’eau juste en-dessous du robinet, puis, une fois son forfait accompli, repartit en toute hâte avec son robinet sous le bras. Dans sa précipitation, il ne s’était pas inquiété du fait que le tuyau sectionné s’était mis à couler… peu lui importait, il s’était emparé de l’objet magique, et entendait bien en faire profiter toute sa tribu au plus tôt.

C’est ainsi que de retour dans son oasis, il courut devant toutes les tentes, en criant que ça y était, et que tout le monde allait désormais pouvoir boire jusqu’à plus soif. Les gens n’avaient qu’à se munir du récipient de leur choix, puis venir le rejoindre au-milieu de la Place des Têtes…

Les bédouins mélancoliques n’étaient pas très contents d’être ainsi réveillés en pleine nuit, mais enfin, puisque Baddûr leur disait qu’il avait réussi, ils finirent tout de même par s’exécuter, juste au cas où…

Pendant ce temps, Baddûr, tout excité, s’était installé au beau milieu de la place, muni de son robinet, qu’il refusait obstinément de faire fonctionner tant que tous les habitants de l’oasis ne seraient pas rassemblés devant lui. On alla donc secouer les derniers paresseux et autres sceptiques, et lorsque la tribu se retrouva au complet, tous retinrent leur souffle…

Il est facile de deviner qu’au moment où Baddûr se mit en devoir de faire fonctionner son robinet miraculeux, seules quelques gouttes jaillirent, puis le phénomène cessa aussitôt, et plus aucune goutte n’accepta de tomber de ce soi-disant objet magique. Tout le monde retourna donc se coucher en maugréant, non sans avoir décoché au passage un regard lourd de reproches à l’intention de l’intrépide mais bien inconséquent Baddûr.

Celui-ci se fit tout petit face à l’hostilité ambiante, puis une fois seul, sans s’appesantir davantage sur sa déconvenue, il entreprit d’aller de l’avant et de modifier son plan d’action. « Il doit sûrement y avoir un détail qui m’échappe, se dit-il. Dès demain soir, je retourne là-bas pour voir de quoi il retourne exactement ».

Et c’est exactement ce qu’il fit. À sa grande surprise, vingt-quatre heures seulement après son forfait, alors qu’il occupait de nouveau son poste d’observation tapi dans les roseaux, il eut la surprise de constater que tout semblait réparé. Au beau milieu de la Place des Fêtes des bédouins souriants, un robinet flambant neuf était en fonction, et régalait tout le monde de son eau bien fraîche.

« Alors ça c’est bien la meilleure, se dit-il… Leur robinet fonctionne à merveille, contrairement au mien. » Il ne comprenait vraiment pas où son raisonnement avait pu coincer. Il tenta d’observer la scène plus attentivement, et au bout d’un moment, son regard s’illumina : « Bon sang mais c’est bien sûr, se dit-il, il ne sert à rien d’avoir un robinet si on n’a pas de tuyau… C’est bel et bien le tuyau qui fait tout ! Comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ? ».

De nouveau, il demeura tapi au milieu des roseaux jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne en vue (ce qui était encore plus long que la veille, car les bédouins souriants semblaient fêter le retour de leur robinet avec un enthousiasme redoublé…). Enfin, après le départ des derniers fêtards, Baddûr put se faufiler sans bruit jusqu’au nouveau robinet. Cette fois-ci, pas fou, il prit bien garde de trancher le tuyau d’eau juste au niveau du sol, puis, une fois son forfait accompli, il repartit en toute hâte avec son ensemble « robinet + bout de tuyau » sous le bras. Et cette fois-ci, il entendait bien que sa tribu entière puisse enfin réaliser quel jeune homme astucieux il était vraiment (…et par voie de conséquence bénéficier ainsi de ses talents).

De retour dans son oasis, il retourna successivement devant toutes les tentes, et affirma haut et fort que cette fois-ci ça y était pour de bon, et qu’on allait voir ce qu’on allait voir.

Effectivement, les bédouins mélancoliques tirés de leur sommeil pour une deuxième nuit virent ce qu’ils virent, c’est-à-dire pas grand-chose. Cette fois-ci, le premier de la file d’attente put effectivement remplir un demi-gobelet d’eau (à cause de la petite quantité subsistant dans le bout de tuyau), puis la coupure d’eau de la veille se produisit de nouveau avec une tranquille obstination, et bientôt tous furent bien obligés de constater qu’encore une fois l’eau refusait définitivement de couler.

Cette fois-ci Baddûr ne dut son salut qu’à la rapidité de ses jambes : en effet, tous les villageois s’étaient mis à sa poursuite tout en hurlant des choses dépassant de très loin le strict cadre de leur mélancolie habituelle. Le chef de l’oasis joignit même sa voix à celle de ses administrés pour signifier à Baddûr qu’il était banni à jamais du village, et que jamais plus on ne devait le revoir passer à moins de 50 kilomètres de l’oasis des bédouins mélancoliques, à moins qu’il ne tienne absolument à ressembler à un méchant morceau de tuyau découpé en fines rondelles…

Baddûr en conçut une immense tristesse. Il s’était fourvoyé sur toute la ligne. Lui qui avait voulu percer le mystère de l’eau (…et du sourire), voilà qu’il était condamné à errer à tout jamais, à quémander sa pitance très loin, au fin fond du désert, et surtout à se passer du contact de ses semblables si ingrats, mais bon, il fallait les comprendre aussi. Jamais il ne s’était senti mélancolique à ce point auparavant, et pourtant, question mélancolie il en connaissait un sacré rayon !

Au bout de trois jours de cette vie d’errance, il prit la décision d’aller se livrer aux bédouins souriants. « Puisque je n’ai pas été fichu de faire le bien, puisque finalement je porte tort à tout le monde, qu’ils fassent de moi ce que bon leur semble, dans tous les cas je l’aurai bien mérité. Peut-être m’autorisera-ton à réparer un tant soit peu les dégâts. Dans le fond, puisque je suis devenu un vaurien, ce ne sera que justice… ».

Cent fois il ressassa ces paroles sur le chemin de l’oasis des bédouins souriants, et lorsqu’enfin arrivé il se trouva devant leur chef, il les lui répéta sans en changer une virgule. Bien entendu, le grand chef des bédouins souriants ne comprit pas un traître mot de toutes ces explications contrites. Baddûr lui déclara alors :

– Vous avez certainement remarqué qu’un misérable chenapan s’est mis en tête de détruire votre installation d’eau potable, et ceci à deux reprises… eh bien ce misérable chenapan, c’est moi.

Puis, se prosternant à ses pieds, il ajouta :

– Faites de moi votre esclave, ou bien du tuyau en rondelles, ou ce que bon vous semblera, je l’ai bien mérité…

Au grand étonnement de Baddûr, le chef des bédouins souriants éclata alors d’un rire sonore. Ce rire se transforma même bien vite en fou-rire. Cet étonnant personnage se tapait bruyamment sur les cuisses, puis finit même par se rouler par terre, incapable de se contrôler. Tout ce bruit attira les autres villageois, auxquels leur chef parvient à grand peine à relater toute l’histoire, sans jamais cesser de hoqueter, et bientôt tout le village s’y mit, dans un joyeux tintamarre de rire collectif. Baddûr n’y comprenait rien. Il était devenu la proie des émotions les plus étranges qu’il eût connues de toute sa vie. Non seulement il ne lui arrivait pas de malheur, non seulement les foudres vengeresses n’avaient pas vraiment l’air de s’abattre sur sa pauvre personne, mais en plus, ses propres forfaitures, qui avaient provoqué la colère de ses concitoyens, ne faisaient que déclencher le rire de ceux qui apparemment en étaient les premières victimes ! C’était à n’y rien comprendre…

Lorsque le calme finit enfin par revenir, le chef s’essuya les yeux, le prit gentiment par l’épaule, et lui donna enfin les explications qu’il attendait.

– Tu vois, Baddûr, tu aurais mieux fait de venir tout simplement nous trouver, nous aurions eu grand plaisir à te venir en aide. Viens avec moi, je vais te montrer quelque-chose…

Puis, après avoir traversé la Place des Fêtes au milieu de laquelle brillait un troisième robinet qui avait tout l’air d’être parfaitement opérationnel, il entraîna Baddûr vers une espèce de réserve où étaient soigneusement rangés des quantités de robinets, de tuyaux de toutes tailles, d’outillage servant à creuser et à entretenir des puits, ainsi que toutes sortes d’objets de même farine.

Baddûr n’en croyait pas ses yeux. En même temps il n’était pas au bout de ses surprises. En effet, le chef lui annonça tout de go :

– Je vais te donner tout le matériel nécessaire pour que tu puisses toi aussi avoir de l’eau à volonté dans ton village.

Baddûr faillit en tomber à la renverse :

– De l’eau à volonté, dites-vous ?

Non seulement il ne lui arrivait rien de fâcheux, mais en plus on lui proposait de réaliser enfin son rêve… Il en était tout chamboulé, et en même temps avait du mal à y croire.

– …Mais, ô grand chef des bédouins souriants, même si, abusant de votre infinie bonté j’utilisais votre matériel, jamais je ne pourrai trouver de l’eau dans mon oasis, personne n’en a jamais trouvé !

– Mais bien sûr qu’il y a de l’eau dans ton oasis, c’est même certain ! Si c’est une oasis, c’est qu’il y a des arbres, non ? Et s’il y a des arbres, il y a forcément de l’eau ! Les arbres sont beaucoup plus malins que nous, ils savent toujours où l’eau se trouve. Si tu comprends ça, cherche près des arbres, tu trouveras forcément de l’eau, il te suffit d’être persévérant ! Allez, trêve de bavardages, prends donc ce matériel que je te donne et va-t’en donc creuser chez toi, tes amis en ont grand besoin !

Ainsi fit Baddûr. Il rentra nuitamment dans son oasis, afin de passer inaperçu, le temps de se mettre à creuser tout près des arbres. Cela lui prit un peu plus de temps qu’il ne l’aurait cru… plusieurs fois il faillit renoncer, mais le chef des bédouins souriants avait été formel : il faut choisir un endroit approprié, puis creuser, creuser, et creuser encore, dans un état d’esprit d’attente favorable, et à la fin on trouve forcément de l’eau.

Cela se produisit juste avant le lever du soleil. Tout d’abord du sable humide, puis une petite poche d’eau, puis la poche s’agrandit à mesure que le trou progressait. Le moment venu, Baddûr mit le tuyau en place, installa le robinet, et enfin amorça la circulation de l’eau dans le tuyau ainsi on le lui avait indiqué. Après avoir vérifié une dernière fois que tout fonctionnait parfaitement et que l’eau coulait en abondance, Baddûr remit le sable en place tout autour du tuyau. La fontaine de l’oasis des bédouins mélancoliques était née !

Lorsque les premiers villageois se levèrent, ils reconnurent Baddûr, qui semblait les attendre. Se demandant s’il convenait de le chasser, ils s’approchèrent de lui avec méfiance. Mais quand celui-ci leur donna enfin à voir un dispositif d’eau potable qui fonctionnait à merveille, ils changèrent d’attitude. Baddûr fut réhabilité sur le champ, et même porté en triomphe. Quelques jours plus tard, le chef du village faisait de lui son adjoint.

La mélancolie les avait quittés à tout jamais.

filet

Cette légende nous apporte au moins deux enseignements :

Le premier, c’est que vous avez en vous tout ce qu’il faut pour réussir. Tout ce dont vous avez besoin pour réaliser vos rêves, c’est de choisir un sujet approprié, puis creuser, creuser, et creuser encore, dans un état d’esprit d’attente favorable.

Le deuxième enseignement s’adresse à ceux dont la mission consiste à transmettre ou à enseigner quelque-chose : Si tel est votre cas, ne prenez jamais la grosse tête, même si vos élèves restent un jour pantois ou émus après une de vos démonstrations. Surtout, n’oubliez pas que vous n’êtes jamais que celui qui montre à l’autre comment fonctionnent un tuyau, un robinet, mais qu’au fond, cet autre-là n’utilise jamais que l’ eau, et d’une manière plus générale les ressources qu’il possède déjà, quand bien même vous l’aurez aidé à les découvrir.

En outre il est juste et honnête de le lui dire.

Apprendre à l’ère numérique

C’est du carré, du solide, sans blabla inutile… que du bonheur. Rien à rajouter… 🙂

Cuisiner les mots, accommoder les concepts, pensez-vous que ce soit… nourrissant ?

Super, mon concept !

Dans L’ANATOMIE DU SCÉNARIO, John Truby écrivait ceci :

Tout le monde sait raconter des histoires. Nous le faisons tous, tous les jours : « Tu ne devineras jamais ce qui s’est passé au travail… » Ou « Devine ce que je viens de faire !… » Ou encore « C’est l’histoire d’un type qui rentre dans un bar et qui… »

Au cours de nos vies, nous voyons, entendons, lisons et racontons des milliers d’histoires. Le problème est de raconter une BONNE histoire. Quand on souhaite devenir un spécialiste dans l’art de narrer des histoires, voire en faire son métier, on se heurte à d’immenses difficultés Il faut tout d’abord acquérir une compréhension profonde et précise d’un sujet aussi vaste que complexe. Puis il faut être capable d’appliquer cette compréhension à la fiction Pour la plupart des narrateurs, il s’agit là du plus grand des défis […]

Le premier de tous les obstacles  inhérents aux techniques narratives est la terminologie courante avec laquelle la plupart des auteurs pensent leurs histoires. Des termes tels que « progression dramatique »,  » gradation ascendante » et « dénouement », termes qui remontent à Aristote, sont si vastes et théoriques qu’ils en sont presque dénués de sens. Soyons honnêtes : ils n’ont aucune valeur pratique pour un auteur. Imaginons que vous êtes en train d’écrire une scène dans laquelle votre héros est suspendu par les pieds, à deux doigts de mourir en tombant S’agit-il d’une étape de la progression dramatique du dénouement ou de la scène d’ouverture de l’histoire ? Cela peut être l’une de ces choses ou toutes à la fois, mais quoi qu’il en soit, ces termes ne vous disent pas comment écrire la scène, et si vous devez ou non l’écrire. »

Voilà qui me rappelle toutes ces belles histoires de courants pédagogiques : behaviorisme, constructivisme (socio ou pas), connectivisme et compagnie…  J’en connais certains qui en mangent à tous les repas, s’en font des tartines, s’en gargarisent jusqu’à plus soif… Comme si le fait se faire des nœuds au cerveau pouvait servir à être mieux compris des autres, alors que cela aboutit le plus souvent au résultat diamétralement opposé !

Sûr que ce Monsieur Truby pourrait conseiller à certains d’entre nous : « …Quoi qu’il en soit, ces termes ne vous disent pas comment écrire votre scénario pédagogique, ni même si vous devez ou non l’écrire. »

Tout le monde sait raconter des histoires, nous rappelle le monsieur… à condition toutefois de rester connecté à son âme d’enfant…

Qu’est-ce que vous attendez ?

filet

John Truby est scénariste, réalisateur et enseignant. Il a travaillé en tant que consultant sur ​​plus de 1000 scénarios de films, et est également connu pour être le père du logiciel de scénarisation Blockbuster(à l’origine « Storyline Pro»).

« L’anatomie du scénario »  a été publié en Octobre 2007 par Faber and Faber pour l’édition originale, et en janvier 2010 aux éditions Nouveau Monde pour la traduction française.

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement…

J’ai récemment présenté à un ami le questionnement suivant :

On rencontre parfois des gens qui sont franchement du type « Pourquoi faire (…et expliquer) simple quand on peut faire compliqué ? »…et qui semblent prendre un malin plaisir à tout embrouiller, comme si la vie ne s’en chargeait pas suffisamment comme ça.

…Au fond, que signifie réellement cette attitude ?

Mon ami m’a alors répondu par une citation attribuée à un légendaire spécialiste es complication :

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement... cela veut dire que vius ne la comprenez pas assez

La différence entre l’école et la vie…

La différence entre l'école et la vie...

Motivation et compétences : un tweet de Thiagi

Tweet de Thiagi - Formez les employés sur les aptitudes nécessaires afin qu'ils se sentent compétents. Sans ce sentiment de compétence, les employés ne se sentiront jamais motivés.

Formez les employés sur les aptitudes nécessaires afin qu’ils se sentent compétents. Sans ce sentiment de compétence, les employés ne se sentiront jamais motivés.

Sivasailam Thiagarajan (alias Thiagi) est indien, il vit au Etats-Unis. Maître incontesté des jeux pour l’entreprise et l’enseignement, il a particulièrement développé le concept de jeu-cadre et continue de concevoir de nombreux jeux dans tous les champs de la formation et de l’enseignement. Voir également sur ce blog le texte connu sous l’appellation « Etes-vous pomme ou orange ? » (Qu’est ce qui est le plus efficace : un jeu de formation ou une vidéo d’instruction ?)…
A voir également – la page Facebook Thiagi : ressources francophone pour les Jeux Cadres en formation

Arrêter de jouer, commencer à vieillir…

arrêter de jouer et vieillir

Chaque enfant apprend par l’exemple

Pédagogie et monde virtuels : enfin un résumé sérieux !

Conférence Yann Minh 2 avril 2013

Bonjour. Il y a quelque temps, je vous parlais d’une expérience à venir portant sur le sujet « Pédagogie et monde virtuels ». Il s’agissait de la conférence donnée par Yann Minh le 2 avril dernier dans le cadre du cycle de rencontres Pédagogie et Formation sur Opensimulator que la plateforme MétaLectures accompagne cette année,

Depuis lors j’ai assisté comme prévu à ladite conférence, sans toutefois prendre la peine d’en rapporter ici de compte-rendu précis (me contentant d’une, euh, disons communication d’un genre… particulier 🙂 )

Or, je me suis rendu compte par la suite qu’une autre personne avait elle-même pris une telle initiative… Ma triste lacune étant comblée, tout va donc pour le mieux !

En effet, mon amie Yasmine Kasbi (à qui je tiens à rendre hommage, à la fois pour son sérieux et son humour) a publié un compte-rendu précis et circonstancié de l’événement sur  Le Blog SeriousGame.Be

Je vous invite chaleureusement à suivre le lien ci-dessus  pour en prendre connaissance si le sujet vous intéresse. Précision importante : dans le civil Yasmine est une auteure, blogueuse et web-rédactrice spécialisée dans le domaine des serious games. Sur un plan plus personnel, c’est pour moi une extraordinaire camarade de découverte, compagne de voyage dans l’univers fascinant des mondes virtuels, que nous explorons souvent de concert, en tâchant de nous encourager mutuellement… et ˗ précision non négligeable ˗ en riant beaucoup !

Par ailleurs, si vous souhaitez voir ou revoir le film intégral de la conférence (52’30), il vous suffit de cliquer sur l’image au début du présent article.

Bien à vous,

Bernard

Dix mots pour changer l’éducation. Aujourd’hui : Le onzième mot !

Dix mots pour changer l’éducation : aujourd’hui, une surprise spécialement pour vous :

Le 11ème mot ! 

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Pour (re)voir tous les articles déjà publiés sur le thème « Dix mots pour changer l’éducation », c’est par ici.

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Bien à vous,

Bernard

Les mondes virtuels : Allez-y, vous n’en reviendrez pas…

Bonjour,

La semaine dernière je vous parlais de mon projet de me rendre à une conférence sur le thème « Pédagogie et mondes virtuels ».

Voici aujourd’hui le compte-rendu de ma visite, sous la forme d’une petite chanson. Parce que, quelquefois, les chansons, à l’image des dessins, valent beaucoup mieux qu’un long discours…

Enfin, c’est à vous d’en juger, hein ? …

Bien à vous,

Bernard

 

PS : Si vous voulez consulter un compte rendu plus sérieux que celui-ci, soyez rassurés, il y en a un dans l’article suivant.

Dix mots pour changer l’éducation. Aujourd’hui : « 10 – Faire équipe »…

Dix mots pour changer l’éducation : aujourd’hui, le mot est en fait une expression :

« Faire équipe » 

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Pour (re)voir tous les articles déjà publiés sur le thème « Dix mots pour changer l’éducation », c’est par ici.

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Bien à vous,

Bernard

Pédagogie et mondes virtuels

Pédagogie augmentée avec Yann Minh – Cliquez sur l’image pour afficher l’événement

Bonjour

Par les temps qui galopent, plus n’est besoin de prouver que la pédagogie est une chose bien trop sérieuse pour être confiée aux seuls spécialistes des sciences de l’éducation.

Dans cette perspective nous avons déjà évoqué ici à plusieurs reprises les ponts qu’il était possible (et même souhaitable) de jeter entre pédagogie et jeux, pédagogie et mieux-apprendre, pédagogie et développement personnel et même pédagogie et tartufferie pédagogie et sites de rencontres, ou pédagogie et humour !

Aujourd’hui il va être question de rapprochements entre pédagogie et… mondes virtuels !

Mais qu’est-ce qu’un monde virtuel, au juste ?

Rappelons qu’un monde virtuel est un monde créé artificiellement par un logiciel informatique et pouvant héberger une communauté d’utilisateurs présents sous forme d’avatars ayant la capacité de s’y déplacer et d’y interagir.

Jusqu’à il y a peu, je n’avais entendu parler des mondes virtuels que par le biais de «Second Life», dont j’avais entendu dire (comme tout le monde) qu’il s’agissait d’une espèce de monde parallèle dans lequel divers schizophrènes azimutés avaient l’habitude de se réfugier (alors que de nos jours, nous ne connaissons même pas notre voisin de palier, n’est-ce pas ma bonne dame ?) pour aller retrouver (hum, si on peut dire…) des asociaux de leur type. C’est sûr que dit comme ça, ça ne fait pas trop envie…

Sur le pont d’Avignon, on y danse, on y danse,
…et sur les mondes virtuels, on y donne des conférences !

Et puis il y a quelques semaines (mardi 19 février dernier), voilà que sans crier gare (…pourquoi l’aurait-il fait ?) mon ami Marco Bertolini m’invite à une conférence qu’il animait, avec pour sujet l’histoire de la pensée visuelle.

En cherchant à savoir où se tenait cette conférence, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’elle avait lieu dans… un monde virtuel !

Passé ma première surprise, j’ai voulu en apprendre plus, et voici ce que j’ai découvert : Il s’agissait en fait d’une conférence virtuelle proposé sur plateforme Open Simulator, dans la grille de Francogrid, sous la houlette de Métalectures. Pour s’y rendre, nous étions invités à emprunter notre viewer préféré, à savoir «Imprudence» (sic !).

Quel vélo ? Quel cheval ?…

En lisant tout ceci je me demandais si je n’étais pas plongé en pleine histoire d’Alice aux Pays des merveilles, et si, pendant qu’on y était, un lapin ou un raton laveur posté à l’entrée n’allait pas nous proposer un verre de sirop de lames de rasoir ou une louche de purée de scie à métaux… En d’autres termes, le moins que l’on puisse dire est que tout cela nécessitait quelques explications pour le profane que j’étais, et que je demeure encore sur bien des points. Ces explications, les voici donc :

OpenSimulator, souvent appelé OpenSim, fait partie de ces fameux mondes virtuels, dont l’ensemble fait partie de ce qu’on appelle parfois le Web 3D. Concrètement, OpenSim est un serveur open source utilisé pour héberger des mondes virtuels. Il est parfois présenté comme l’alternative libre de SecondLife.

Une grille est un petit bout de monde virtuel dans lequel on se balade en utilisant soit des noms de lieux soit des coordonnées altitude/longitude de type GPS. Lorsque plusieurs grilles parviennent à se connecter entre elles, on parle d’hyper-grilles.

FrancoGrid est une communauté francophone de passionnés des mondes virtuels qui ont créé une grille accessible dans le monde OpenSimulator.

MétaLectures est le premier environnement « web 3D immersive » conçu pour présenter, expérimenter et développer des solutions innovantes dans l’univers du livre et de la lecture francophones, et explorer de nouvelles formes de médiation autour du livre.

Imprudence est un viewer (semblable à un navigateur pour monde virtuel, si on veut, sauf qu’en plus de nous permettre de nous balader un peu partout il est conçu pour nous aider à piloter éventuellement les mouvements et le comportement de notre avatar, ainsi que mille autres choses autrement plus puissantes qui pour le moment me donnent le vertige) utilisé pour naviguer dans OpenSimulator, donc. J’ai appris par la suite qu’il existait un viewer plus perfectionné qui s’appelle Firestorm, mais je préfère vous prévenir qu’il est beaucoup plus gourmand en ressources, et si comme moi vous avez un PC « vieux tacot » (c’est-à-dire, en gros, de plus de six mois d’âge) mieux vaut ne pas se séparer de son Imprudence (c’est dingue, j’ai un mal fou à me faire à ce nom !).

Quand l’auteur de ces lignes se sent une âme de pionnier…


Armé de toutes ces infos (que je suis allé glaner tout seul comme un grand, en fouinant sur le net) je me suis équipé de mon… Imprudence, donc, et je me suis mis en tête de maîtriser un peu la bête, histoire d’avoir l’air un peu moins « bête », précisément, lors de mon « arrivée » sur les lieux (je crois que je vais arrêter de mettre des guillemets, j’imagine que ça doit irriter au plus haut point les aficionados 🙂 )

Par le truchement de mon avatar (que j’avais miraculeusement réussi à créer) je suis donc arrivé sur le lieu de la conférence quelques heures avant, pour y découvrir un super auditorium désert, mais extrêmement bien équipé (en même temps, vu que c’est du virtuel, je me disais qu’ils auraient tort de se refuser quoi que ce soit). J’ai ainsi pu découvrir qu’il y avait un écran géant (mais bon, vu les proportions de ma fenêtre ça revenait en gros à visionner une vidéo sur YouTube, ce qui est plustôt sioux à bien y réfléchir…), écran sur lequel une présentation avait été installée. En bricolant un peu j’ai fini par découvrir qu’il était tout à fait possible de faire défiler les slides de ladite présentation. Je reconnus d’ailleurs immédiatement la patte de mon ami Marco, et mine de rien je pus à cette occasion me familiariser tranquillement à l’avance avec ce dont il allait être question (cela constituait un genre d’ancrage, si on veut). J’ignore totalement si c’était fait exprès, mais qu’importe, le fait est là, et mérite largement d’être salué… et exploité !

Par la suite je suis sorti de la salle de conférences pour me dégourdir les neurones et tenter d’assimiler des rudiments de… appelons ça « pilotage d’avatar » (cela me rappelait les cours de conduite « pirate » de mes aînés tentant de m’initier au maniement automobile en terrain vague à l’époque des mes jeunes années). Le moment venu, à l’heure dite, j’avais bien l’intention de retourner dans la salle… pour assister bel et bien à la conférence en temps réel.

Une tranche de vie : le déroulement de ma première e-conférence (…comme participant)

Pour une surprise ce fut une surprise ! La salle était noire de monde, remplie d’avatars aux aspects et vêtements multiples, et parfois inattendus. Par exemple dans un des fauteuils il y avait une… euh, disons créature, en forme de fumée rose qui n’était pas sans rappeler le film d’animation Aladin…

A l’entrée de la salle je fus très gentiment accueilli par Khéops, une adorable avatarette qui semblait accueillir tout le monde… je trouvai (non sans difficulté) une place au dernier rang, et parvins enfin à m’asseoir.

Quelque temps plus tard le maître de cérémonies prenait la parole, remerciait tout le monde d’être venu, parlait des autres manifestations à venir, et présentait finalement Marco. Et moi dans mon (vrai) fauteuil en face de mon PC, je me pinçais pour me persuader que je ne rêvais pas !

Lorsque Marco prit la parole, je fus pris par son histoire, et peu de temps après, ma voisine de droite (dans la salle virtuelle) me demandait d’être son ami (…par le biais d’un tchat interne, oh et puis zut, je ne vais pas m’étendre sur tous les détails, vous n’avez qu’à essayer vous-mêmes après tout, si j’y suis arrivé, je suis tranquille que vous pouvez le faire aussi !).

J’acceptai avec joie, et par la suite je découvrais qu’il s’agissait d’une personne qui tout comme moi venait ici pour la première fois, et qui avait été amusée de mes essais maladroits et de toutes les vannes que je m’étais amusé à lancer par le biais du tchat interne. Depuis j’ai découvert que ma voisine était Yasmine Kasbi. Faites donc le pitre, vous ferez des rencontres magnifiques !

Conférence de Marco Bertolini dans l'univers virtuel MétaLectures

A la fin de la conférence, il y eut comme dans la vraie vie la traditionnelle série des questions du public, certaines se faisaient par tchat interne, d’autres en utilisant les microphones que beaucoup d’utilisateurs possèdent (ne serait-ce que par le biais de leur webcam…).

Ensuite, certains sont allés se réunir pour discuter (autour d’un endroit appelé point d’eau, ou quelque chose comme ça…). Pour ma part j’ai préféré m’éclipser, en suivant le cortège des avatars qui gravissaient lentement les marches de l’amphi et partaient en s’envolant (ah oui, parce que j’ai oublié de vous dire, on peut faire plein de choses en virtuel, y compris prendre son envol !).

Retour d’expérience (…à tête reposée)

Il me faut bien avouer aujourd’hui que je suis ressorti de cette expérience avec un sentiment étrange : celui d’avoir été immergé dans une extraordinaire machine à fabriquer des souvenirs. Aussi étrange que cela puisse paraître, mon souvenir de cette soirée est bien particulier, unique. Non pas de la manière dont on pourrait se souvenir d’un livre qu’on a lu, ou même d’une vidéo qu’on visionne… mais pratiquement comme un événement auquel j’ai vraiment assisté… participé ! Et je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les implications et possibilités que cela ouvre dans le domaine de la formation et de la pédagogie. Imaginez : il y avait dans cette salle une bonne cinquantaine de personnes venues du monde entier mais qui n’avaient pas quitté leur « home, sweet home » ! Et j’espère bien ne pas être brûlé en place publique si j’affirme que nous avons partagé ensemble des souvenirs très forts ! Quand je pense que le lendemain, sur France Culture (…qui n’est tout de même pas ce qui se fait de plus ringard) , j’entendais un présentateur nous annoncer sans rire dans son émission que tel participant au débat du moment se trouvait dans une ville distante mais qu’en gros ça le faisait quand-même grâce à « la magie des ondes », je me dis que décidément, le 21e siècle est une terre de contrastes, et surtout que nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Un bémol (ou plutôt une inquiétude)

Voilà. J’ajoute que depuis lors j’ai le très net sentiment d’avoir mis ce soir-là le doigt dans un délicieux engrenage, et que les dimensions pédagogiques des mondes virtuels me semblent promises à un brillant avenir. Seul bémol, ou plutôt inquiétude : je me demande vraiment si le monde qui nous entoure est prêt à accueillir tout ça, en d’autre termes si tous ces gens si passionnés et si passionnants n’arrivent pas un peu trop tôt (auquel cas ils risquent d’être plus ou moins durablement ostracisés par les autres, sous l’air bien connu de « Je vous l’avais bien dit, ma pauv’ dame, ils sont pas comme nous ces gens-là… »).

…Pourquoi pas vous ?

Aujourd’hui je pense avec délectation à mardi 2 avril, d’abord parce que ce sera le jour de mon anniversaire, et ensuite parce que j’ai un rendez-vous à 21h30 sur Francogrid. Il s’agit d’une conférence consacrée au thème « pédagogie et mondes immersifs », ce qui, avouons-le, tombe tout simplement à pic !

Pour afficher les détails de l’événement il vous suffit de cliquer ici, ou encore sur l’image au début de cet article. Je vous en reproduis ci-dessous le descriptif :

Dans le cadre du cycle de rencontres Pédagogie et Formation sur Opensimulator que MétaLectures accompagne cette année, Yann Minh interviendra mardi 2 avril à 21h15 sur Francogrid – MétaLectures, sur le thème :

Pédagogie augmentée « Pratique d’une pédagogie dématérialisée à base de jeux vidéo et d’avatars dans les mondes persistants »

Depuis 2003 Yann Minh utilise les jeux vidéo dans un cadre pédagogique de grandes écoles pour enseigner l’histoire de l’art et des sciences, à l’aide de niveaux du jeu Unreal Tournament, de mondes persistants dans les open sims et Second Life et d’applications WEB 3D basées sur le logiciel Unity3D.

Dans cette conférence dématérialisée sur MétaLectures, Yann Minh décrira en détail les expériences et techniques pédagogiques dématérialisées qu’il a exploré, en particulier les techniques d’Ars Memorativa adaptées aux mondes dits virtuels, et aussi il montrera comment utiliser la version libre de son NøøMuseum, pour créer relativement facilement un espace 3D virtuel personnalisé, pour un projet pédagogique, pour des utilisateurs n’ayant pas de compétences en modélisation 3D.

Si cela vous dit, ou si vous êtes tout simplement intrigués, je vous invite à vous plonger, tout comme je l’ai fait, dans cet univers si étonnant. Pour tirer sur le petit bout de fil qui déroulera tout le reste et vous permettra de nous rejoindre, c’est très simple : il suffit de se rendre à l’adresse ci-dessous, tout y est expliqué (c’est d’ailleurs ainsi que j’ai moi-même procédé pour me mettre le pied à l’e-étrier !).

http://metalectures.blogspot.fr/p/pour-acceder-lile-3d-metalectures.html

Voilà. Bonne découverte et, je l’espère, à mardi prochain !

Bien à vous,

Bernard

PS : Depuis l’écriture de cet article, je me suis rendu au rendez-vous, puis fendu d’un… disons d’un compte-rendu assez particulier dans l’article d’après… 

PPS : Si vous êtes vous-même branché Mondes Virtuels et que vous décelez la moindre approximation, la moindre maladresse, petite ou grosse, voire une ou des inexactitudes dans les propos ci-dessus, je vous invite à laisser un commentaire. Après tout ils sont aussi faits pour cela !

PPS de dernière minute : à lire absolument, interview d’Arlette Fétat, auteur, scénariste BD, livrant ses premières impressions sur les mondes virtuels.

Dix mots pour changer l’éducation. Aujourd’hui : « 9 – Réguler »…

Dix mots pour changer l’éducation : aujourd’hui : «  Réguler  » 

 

Pour (re)voir tous les articles déjà publiés sur le thème « Dix mots pour changer l’éducation », c’est par ici.

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Bien à vous,

Bernard

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