Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

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Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (éloge de la persévérance)

Grenouille

Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle.

L’une d’elles dit tout haut : « Je n’en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement, littéralement engloutie par l’épais liquide blanc.

L’autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d’avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. »

Elle continua à s’agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures.

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, il arriva que la crème se transforma en beurre.

Surprise, la grenouille fit un bond et, en patinant à la surface, arriva au bord de la jatte.

De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.

Extrait de l’ouvrage « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie« , de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Quelle est votre véritable valeur ? (« […] tu es comme cette bague »)

entre rêve et réalité

Un jour, un jeune disciple zen alla trouver son maître.

« Je viens vous voir maître, parce que j’ai l’impression d’avoir si peu d’importance que cela m’ôte toute envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde me dit que je suis un bon à rien, que je suis maladroit et stupide. Comment puis-je m’améliorer? Comment m’y prendre pour être mieux considéré ? »

Le maître, sans le regarder lui dit : « Je suis vraiment désolé mon garçon. Je ne peux t’aider, car je dois d’abord résoudre un problème personnel. Peut-être plus tard… »

Après une pause, il ajouta :

« Si tu voulais m’aider, toi, je résoudrais ce problème plus vite, et, ensuite, peut-être pourrais-je te venir en aide…

– Euh… j’en serai ravi, maître, bredouilla le jeune homme en ayant de nouveau le sentiment qu’on ne lui accordait que peu d’importance et qu’on remettait ses propres besoins à plus tard.

– Bien, poursuivit le maître. Il retira une bague qu’il portait au petit doigt de la main gauche et, la donnant au jeune homme, il ajouta :

– « Prends le cheval qui est dehors et va jusqu’au marché. Je dois vendre cette bague pour rembourser une dette. Il te faut en obtenir la plus grosse somme possible et, de toute façon, pas moins d’une pièce d’or. Va-t’en et reviens avec cette pièce aussi vite que tu pourras. »

Le garçon prit la bague, et s’en fut. Aussitôt arrivé sur le marché, il se mit en devoir de la proposer aux marchands ; ceux-ci la regardaient avec intérêt, jusqu’à ce qu’il annonce le prix qu’il en demandait.

Dès qu’il mentionnait la pièce d’or, certains ricanaient, d’autres détournaient la tête… seul un vieillard fut assez aimable pour prendre la peine de lui expliquer qu’une pièce d’or était à ses yeux bien trop précieuse pour l’échanger contre cette bague. Désirant lui venir en aide, quelqu’un alla jusqu’à lui en offrir une pièce d’argent, et ajouta même un récipient en cuivre, mais le garçon avait des ordres stricts : ne pouvant accepter moins d’une pièce d’or, il rejeta l’offre.

Abattu par son échec, après avoir vainement proposé le bijou à toutes les personnes qu’il avait croisées sur le marché – au moins une centaine – il se résolut à enfourcher le cheval et prit le chemin du retour.

Ses pensées étaient amères. Comme il aurait aimé avoir une pièce d’or à donner au maître pour le soulager de ses soucis et recevoir son conseil ainsi que son aide !

Il revint donc chez celui-ci.

« Maître, dit-il, je regrette. Il est impossible d’obtenir ce que tu demandes. Peut-être aurai-je pu échanger la bague contre deux ou trois pièces d’argent, mais je ne voudrais tromper personne sur la valeur véritable.

– Tu viens de dire une chose très importante, mon jeune ami, répondit le maître en souriant. Il nous faut d’abord connaître la véritable valeur de cette bague. Reprends le cheval et rends-toi chez le bijoutier. Qui mieux que lui peut l’estimer, en effet ? Dis-lui que tu voudrais la vendre et demande lui combien il t’en donnerait. Mais surtout, quoi qu’il te propose, ne la lui vends pas. Reviens plutôt ici avec ma bague pour me dire ce qu’il en est. »

Le jeune homme entreprit donc une nouvelle chevauchée pour se rendre chez ce bijoutier.

Celui-ci examina attentivement la bague à la lumière d’une lampe à huile, puis il la regarda avec sa loupe, la soupesa et finit par dire :

libellule au bout d'une main

« Mon garçon, dis au maître que, s’il veut vendre sa bague tout de suite, je ne peux lui en donner plus de cinquante-huit pièces d’or.

– Cinquante-huit pièces d’or ! s’exclama le jeune homme.

– Oui, répliqua le bijoutier. Je sais qu’avec du temps, on pourrait sans doute en obtenir plus de soixante-dix, mais si la vente est pressée… »

Tout ému, le garçon courut chez le maître pour lui raconter l’histoire.

« Assieds-toi, lui dit celui-ci après l’avoir écouté. Cette bague est un bijou précieux, unique. En tant que tel, seul peut l’estimer un véritable expert. Pourquoi exiger du premier venu qu’il découvre sa vraie valeur ?

Toi-même, tu es comme cette bague ».

Après avoir prononcé ces paroles, il remit la bague au petit doigt de sa main gauche, et retourna tranquillement à ses affaires.

Cette histoire m’a été racontée il y a quelque temps déjà par mon amie Geneviève Gabriel.

En repensant à son sourire magnifique, bienveillant, un tantinet espiègle, je ne peux m’empêcher, à la lumière de certains événements, de penser au côté, disons « prémonitoire » qu’elle revêtait…

Aujourd’hui, étrangement motivé par je ne sais quelle impulsion (suite à un commentaire d’Annette sur mon post précédent), j’ai procédé à quelques recherches sur le net dans l’espoir de retrouver cette histoire, et j’ai fini par en retrouver la trace.

Elle y est présentée comme un Extrait de l’ouvrage « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie », de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Après être allé y voir de plus près sur Amazon, j’ai immédiatement décidé d’acheter ce livre.

Mes meilleures pensées vont aussi à Stéphane Pietra, pour cette phrase, prononcée jadis :

« La valeur d’une personne doit pouvoir être appréciée…

– Dans  le bon contexte…
– Par des personnes capables de la mesurer ».

 Ce post est dédié à Laurène Castor.

Un conte ultra court – Question de proportions…

Arif, un ami de Nasr Eddin Hodja aimait beaucoup inviter ses amis à boire le thé et leur soumettre des devinettes compliquées pour les voir se torturer l’esprit et rire à leurs dépens.

Ce jour là, Nasr Eddin Hodja prenait le thé chez lui avec d’autres amis. Leur hôte se leva et s’approcha de la cheminée, s’empara d’une braise et la jeta dans un seau d’eau. « Pschhhhh » entendit-on. « Mes amis ! S’exclama Arif, dites-moi. Qu’est ce qui a produit ce son ? Est-ce l’eau, ou bien la braise? »

« Les deux ! » Répondirent tous les amis. « Vraiment ? Les deux ? …Et dans quelles proportions ? » insista Arif, en prenant un air goguenard.

A ces mots, voyant qu’Arif se moquait d’eux, Nasr Eddin Hodja se leva et s’approcha de son hôte. Levant la main, il asséna une grande claque au trublion. « Et ce bruit, mon ami, qu’est-ce qui l’a produit ? Est-ce ma main ? Ou bien ta joue ? …Et dans quelles proportions ?! »

Nasr Eddin Hodja est un ouléma mythique de la culture musulmane, personnage ingénu et faux-naïf prodiguant des enseignements tantôt absurdes tantôt ingénieux, qui aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284, né à Sivrihisar et mort à Aksehir. Sa renommée va des Balkans à la Mongolie et ses aventures sont célébrées dans des dizaines de langues, du serbo-croate au persan en passant par le turc, l’arabe, le grec, le russe et d’autres (Source : Wikipédia). Avec mes remerciements les plus chaleureux à Anne Deval, comédienne et conteuse.

  Un petit mot rapide avant de terminer : sachez que je nage dans le bonheur depuis que mon livre est paru, tout récemment..
J’aimerais tellement vous en envoyer un tout petit peu en retour (…du bonheur) tellement il a l’air d’être si bien accueilli (…le livre 🙂 ).
Le plus fou c’est que tout à commencé sur ce blog ! La preuve se trouve dans cet article d’Hélène Weber... Un jour, je vous le promets, je vous raconterai l’histoire de  ce livre, de la conception à la fabrication (…sans parler de la promo, et je vous assure que ce n’est pas de la tarte ! 🙂 ).
En espérant que cela suscitera d’autres vocations. Parce qu’encore une fois, les rêves sont faits pour être réalisés, et je suis prêt à le crier bien haut sur tous les toits s’il le faut…
Les personnes qui ne sont pas encore au courant (…et les autres aussi !) pour le livre peuvent toujours aller cliquer que les petites images ci-dessous pour se faire une première idée (je vous recommande particulièrement « Le rêve de Bernard », raconté par… ma fille Alice, en 2 minutes chrono !).
Bien à vous,
Bernard

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Décidément, vous en avez une mémoire extraordinaire !

Bonjour,

Il est bien connu que tout ce qui permet de tordre le cou aux croyances restrictives des apprenants sur leurs propres capacités est bon à prendre.

Il y a quelque temps, il a été ici question d’un moyen infaillible pour retenir durablement une liste de dix éléments (ce moyen utilisait la forme des chiffres). Aujourd’hui voici un moyen d’en retenir… cent !

Ce que nous allons voir aujourd’hui vous permettra également de retenir de nombreuses séries de chiffres, codes, mots de passe, numéros de téléphone et que sais-je encore…

Le système est fondé sur un principe particulièrement ingénieux, mis au point par un certain Bruno Furst 1. Au début, cela semble quelque peu étrange, mais je vous recommande de vous accrocher car c’est une véritable pépite !

Toujours des consonnes…

Bruno Furst a tout  d’abord eu l’idée d’associer chaque chiffre à un son, toujours une consonne, en utilisant la table suivante :

0 Le son « S » ou  « Z »…
1 Le son « T » ou « D »
2 Le son « N »
3 Le son « M »
4 Le son « R »
5 Le son « L »
6 Le son « Ch » ou « J »
7 Le son « K » ou « G »
8 Le son « F » ou « V »
9 Le son « P » ou « B »

On remarquera qu’à chaque fois que c’est possible, le son est disponible dans sa variante sourde (sans vibration des cordes vocales) et sonore (avec vibration des cordes vocales).

Ensuite, il nous est proposé d’associer chacun de ces sons à un mot contenant cette consonne, et aucune autre (mots d’une syllabe, donc, le plus souvent). En voici un exemple :

0 Le son « S » ou  « Z »… Soie
1 Le son « T » ou « D » Thé
2 Le son « N » Noé
3 Le son « M » Mai
4 Le son « R » Roi
5 Le son « L » Loi
6 Le son « Ch » ou « J » Chat
7 Le son « K » ou « G » Cou
8 Le son « F » ou « V » Fée
9 Le son « P » ou « B » Pied

La première étape de la méthode consiste à mémoriser ces dix mots, en relation avec chacun des chiffres donnés. Contrairement à la méthode fondée sur les formes des chiffres, le lien entre chaque mot et chaque chiffre est absolument arbitraire. En revanche, rien ne vous empêche d’utiliser la technique des images mentales pour vous permettre de construire une relation entre chaque chiffre et chaque mot.

Rappel concernant les images mentales :

Elles doivent être…

  • Dynamiques
  • Colorées
  • Exagérées

(Si vous avez besoin de plus de précisions, ces trois conditions ont déjà été commentées et développées ici ).

À titre d’exemple, voici les petites histoires que je me suis racontées pour m’aider à fabriquer des images mentales à partir de cela

Chiffre Mot Image mentale
0 Soie Une écharpe soyeuse, enroulée, formant un cercle parfait…
1 Thé Un grand verre de thé à la menthe, haut, étroit…
2 Noé Une arche de Noé avec un couple de girafes, bien visibles, à l’avant…
3 Mai Un cerisier en fleurs, avec trois branches principales…
4 Roi Un roi de jeux de cartes, avec une couronne stylisée à 4 « pointes »…
5 Loi Un policier disant « au nom de la loi je vous arrête », en brandissant les 5 doigts de sa main ouverte…
6 Chat Un « Chat assis » (je joue avec le son)…
7 Cou Analogie entre « poussette » et « Cou 7″
8 Fée Une belle fée aux formes avantageuses… vue de loin, sa taille de guêpe la fait ressembler à un huit
9 Pied Pour le faire ressembler à une empreinte de pas, Il faudrait à peine modifier le chiffre 9

Insistons bien sur le fait que ceci n’est qu’un exemple… si telle ou telle association d’idée vous paraît par trop « tirée par les cheveux », il ne tient qu’à vous d’en trouver une autre.

Comment passer de dix « chiffres » à cent  « nombres » ?

C’est là que réside tout le talent de Bruno Furst : considérant en effet que chaque nombre est constitué d’une suite de plusieurs chiffres…  il lui a suffi, dans son système de correspondance, de trouver pour n’importe quel nombre, un mot contenant « une suite des bonnes consonnes ».

Ainsi, le nombre 10 étant constitué d’un 1 « puis » d’un 0, il nous suffit, après avoir consulté la table de départ, de trouver un mot contenant  Le son « T » ou « D », puis Le son « S » ou  « Z » pour lui trouver un mot associé. Nous  proposerons ici le mot « tasse ». Suprême astuce : si par la suite, nous avons du mal à retenir que « 10 = tasse », nous pouvons quand-même tenter de partir à la pêche aux souvenirs si nous savons qu’il est constitué de quelque-chose ressemblant à « Thé », puis de  quelque-chose ressemblant à « Soie » au niveau des consonnes… Cela ne semble peut-être un peu maigre… sauf si nous avons retenu parfaitement les sons associés aux 10 chiffres de base !

Pour les nombre 10 à 19, voici ce que cela peut donner :

Nombre …Soit le son… … puis le son… Mot proposé :
10 « T » ou « D » « S » ou  « Z »… Tasse
11 « T » ou « D » « T » ou « D » Tête
12 « T » ou « D » « N » Tonneau
13 « T » ou « D » « M » Tamis
14 « T » ou « D » « R » Tour
15 « T » ou « D » « L » Toile
16 « T » ou « D » « Ch » ou « J » Tache
17 « T » ou « D » « K » ou « G » Tic
18 « T » ou « D » « F » ou « V » Touffe
19 « T » ou « D » « P » ou « B » Taupe

Voilà. Dorénavant, il est plus facile d’apprendre les mots associés aux nombres 10 à 19. Encore une fois, si un mot ne vous plaît pas, rien ne vous empêche d’en trouver un autre… à condition qu’il obéisse aux règles (ainsi, le 18, « touffe » peut aisément être remplacé par « douve », ou encore par l’acronyme « DIF », bien connu de ceux qui – tout comme moi – travaillent dans la formation professionnelle !) Ainsi, vous êtes tous invités à puiser dans votre propre vécu, tous les coups sont permis puisque ça se passe entre vous et… vous 🙂

Maintenant, si le cœur vous en dit, vous pouvez aller plus loin en utilisant le tableau suivant, qui vous propose des exemples d’associations d’idées pour les nombres de zéro à cent (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Universalité de la méthode

Il est à noter que cette méthode a tout d’abord été créée par un anglophone, mais que la structure « consonne / voyelle » étant présente dans toutes les langues du monde, elle est facilement adaptable à n’importe quelle langue (comme nous le faisons d’ailleurs en ce moment).

Exemple d’utilisation : apprenons par coeur le numéro de téléphone du Président de la République !

Imaginez que vous ayez absolument besoin de retenir le numéro de téléphone du Président de la République… Si vous le voulez bien, nous nous contenterons ici de celui du standard du Palais de l’Élysée, qui est à ce jour le 01 42 92 81 00.

Avec le système proposé, cela donne :

Soie – Thé – reine –panneau –fête –soie – soie

En lisant ces mots, il ne m’a pas fallu bien longtemps pour imaginer une phrase magique :

Je me suis inspiré des panneaux que les parents accrochent à tous les carrefours pour aider à trouver l’emplacement de la fête d’anniversaire de leurs jeunes enfants, le jour J, dans les zones de campagne envahie par d’anciens urbains, comme celle où je vis. Ils écrivent le plus souvent des phrases du genre « Anniversaire Chloé » ou quelque-chose dans ce goût-là… avec une flèche pour indiquer la direction…

Et j’ai imaginé que des parents essayaient de créer un panneau original pour leur petite fille, en quelque sorte leur petite reine, qui avait invité plein d’autres petites reines à leur fête (et en plus, reine… l’Élysée n’est pas bien loin !).

Ainsi, le groupe de mots

Soie – Thé – reine –panneau –fête –soie – soie

S’est transformé (après quelques essais, et en vérifiant que le système était respecté) en…

Si t’es reine, panneau « fête », c’est ça

…ou, si vous préférez :

C.Q.F.D…

J’ai déjà rencontré des personnes ayant durablement mémorisé les numéros d’appel de tous leurs amis, ou encore des codes d’accès ou mots de passe multiples et variés, uniquement en utilisant cette méthode. Auprès le leur entourage, ils passent pour des êtres à la mémoire exceptionnelle. C’est bien compréhensible. Après, certains partagent leur combine, et d’autres pas, c’est la vie…

Pour les étudiants qui doivent retenir de gigantesques suites de nombres plutôt fastidieuses (comme des dates historiques, des articles de loi et beaucoup d’autres choses), ce moyen injustement méconnu est idéal.

Voilà, j’espère que ce système vous parle, et vous convient.  Si tout comme moi vous pensez qu’il vaut la peine, diffusez-le autour de vous, vous ferez ainsi oeuvre utile.

N’hésitez pas non plus à utiliser les commentaires, ils sont faits pour cela, et je serai ravi d’y répondre 🙂

Bien à vous,

Bernard

filet

 

1. Dernière minute : Comme on peut le lire plus loin dans les commentaires, il apparaît en définitive que, contrairement à ce que je croyais, cette méthode vient non pas de Bruno Furst, qui n’a fait que la dépoussiérer, mais semble beaucoup plus ancienne. Le code « chiffre-son » daterait de 1643, et on le retenait alors avec la phrase « Dieu Ne Me Rend La Joie Qu’à Vos Pieds Saints » (1 2 3 4 5 6 7 8 9 0). (cf : https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_chiffres-sons). Merci à Cym13 pour cette précision.

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement…

J’ai récemment présenté à un ami le questionnement suivant :

On rencontre parfois des gens qui sont franchement du type « Pourquoi faire (…et expliquer) simple quand on peut faire compliqué ? »…et qui semblent prendre un malin plaisir à tout embrouiller, comme si la vie ne s’en chargeait pas suffisamment comme ça.

…Au fond, que signifie réellement cette attitude ?

Mon ami m’a alors répondu par une citation attribuée à un légendaire spécialiste es complication :

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement... cela veut dire que vius ne la comprenez pas assez

Pédagogie et monde virtuels : enfin un résumé sérieux !

Conférence Yann Minh 2 avril 2013

Bonjour. Il y a quelque temps, je vous parlais d’une expérience à venir portant sur le sujet « Pédagogie et monde virtuels ». Il s’agissait de la conférence donnée par Yann Minh le 2 avril dernier dans le cadre du cycle de rencontres Pédagogie et Formation sur Opensimulator que la plateforme MétaLectures accompagne cette année,

Depuis lors j’ai assisté comme prévu à ladite conférence, sans toutefois prendre la peine d’en rapporter ici de compte-rendu précis (me contentant d’une, euh, disons communication d’un genre… particulier 🙂 )

Or, je me suis rendu compte par la suite qu’une autre personne avait elle-même pris une telle initiative… Ma triste lacune étant comblée, tout va donc pour le mieux !

En effet, mon amie Yasmine Kasbi (à qui je tiens à rendre hommage, à la fois pour son sérieux et son humour) a publié un compte-rendu précis et circonstancié de l’événement sur  Le Blog SeriousGame.Be

Je vous invite chaleureusement à suivre le lien ci-dessus  pour en prendre connaissance si le sujet vous intéresse. Précision importante : dans le civil Yasmine est une auteure, blogueuse et web-rédactrice spécialisée dans le domaine des serious games. Sur un plan plus personnel, c’est pour moi une extraordinaire camarade de découverte, compagne de voyage dans l’univers fascinant des mondes virtuels, que nous explorons souvent de concert, en tâchant de nous encourager mutuellement… et ˗ précision non négligeable ˗ en riant beaucoup !

Par ailleurs, si vous souhaitez voir ou revoir le film intégral de la conférence (52’30), il vous suffit de cliquer sur l’image au début du présent article.

Bien à vous,

Bernard

Pédagogie et mondes virtuels

Pédagogie augmentée avec Yann Minh – Cliquez sur l’image pour afficher l’événement

Bonjour

Par les temps qui galopent, plus n’est besoin de prouver que la pédagogie est une chose bien trop sérieuse pour être confiée aux seuls spécialistes des sciences de l’éducation.

Dans cette perspective nous avons déjà évoqué ici à plusieurs reprises les ponts qu’il était possible (et même souhaitable) de jeter entre pédagogie et jeux, pédagogie et mieux-apprendre, pédagogie et développement personnel et même pédagogie et tartufferie pédagogie et sites de rencontres, ou pédagogie et humour !

Aujourd’hui il va être question de rapprochements entre pédagogie et… mondes virtuels !

Mais qu’est-ce qu’un monde virtuel, au juste ?

Rappelons qu’un monde virtuel est un monde créé artificiellement par un logiciel informatique et pouvant héberger une communauté d’utilisateurs présents sous forme d’avatars ayant la capacité de s’y déplacer et d’y interagir.

Jusqu’à il y a peu, je n’avais entendu parler des mondes virtuels que par le biais de «Second Life», dont j’avais entendu dire (comme tout le monde) qu’il s’agissait d’une espèce de monde parallèle dans lequel divers schizophrènes azimutés avaient l’habitude de se réfugier (alors que de nos jours, nous ne connaissons même pas notre voisin de palier, n’est-ce pas ma bonne dame ?) pour aller retrouver (hum, si on peut dire…) des asociaux de leur type. C’est sûr que dit comme ça, ça ne fait pas trop envie…

Sur le pont d’Avignon, on y danse, on y danse,
…et sur les mondes virtuels, on y donne des conférences !

Et puis il y a quelques semaines (mardi 19 février dernier), voilà que sans crier gare (…pourquoi l’aurait-il fait ?) mon ami Marco Bertolini m’invite à une conférence qu’il animait, avec pour sujet l’histoire de la pensée visuelle.

En cherchant à savoir où se tenait cette conférence, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’elle avait lieu dans… un monde virtuel !

Passé ma première surprise, j’ai voulu en apprendre plus, et voici ce que j’ai découvert : Il s’agissait en fait d’une conférence virtuelle proposé sur plateforme Open Simulator, dans la grille de Francogrid, sous la houlette de Métalectures. Pour s’y rendre, nous étions invités à emprunter notre viewer préféré, à savoir «Imprudence» (sic !).

Quel vélo ? Quel cheval ?…

En lisant tout ceci je me demandais si je n’étais pas plongé en pleine histoire d’Alice aux Pays des merveilles, et si, pendant qu’on y était, un lapin ou un raton laveur posté à l’entrée n’allait pas nous proposer un verre de sirop de lames de rasoir ou une louche de purée de scie à métaux… En d’autres termes, le moins que l’on puisse dire est que tout cela nécessitait quelques explications pour le profane que j’étais, et que je demeure encore sur bien des points. Ces explications, les voici donc :

OpenSimulator, souvent appelé OpenSim, fait partie de ces fameux mondes virtuels, dont l’ensemble fait partie de ce qu’on appelle parfois le Web 3D. Concrètement, OpenSim est un serveur open source utilisé pour héberger des mondes virtuels. Il est parfois présenté comme l’alternative libre de SecondLife.

Une grille est un petit bout de monde virtuel dans lequel on se balade en utilisant soit des noms de lieux soit des coordonnées altitude/longitude de type GPS. Lorsque plusieurs grilles parviennent à se connecter entre elles, on parle d’hyper-grilles.

FrancoGrid est une communauté francophone de passionnés des mondes virtuels qui ont créé une grille accessible dans le monde OpenSimulator.

MétaLectures est le premier environnement « web 3D immersive » conçu pour présenter, expérimenter et développer des solutions innovantes dans l’univers du livre et de la lecture francophones, et explorer de nouvelles formes de médiation autour du livre.

Imprudence est un viewer (semblable à un navigateur pour monde virtuel, si on veut, sauf qu’en plus de nous permettre de nous balader un peu partout il est conçu pour nous aider à piloter éventuellement les mouvements et le comportement de notre avatar, ainsi que mille autres choses autrement plus puissantes qui pour le moment me donnent le vertige) utilisé pour naviguer dans OpenSimulator, donc. J’ai appris par la suite qu’il existait un viewer plus perfectionné qui s’appelle Firestorm, mais je préfère vous prévenir qu’il est beaucoup plus gourmand en ressources, et si comme moi vous avez un PC « vieux tacot » (c’est-à-dire, en gros, de plus de six mois d’âge) mieux vaut ne pas se séparer de son Imprudence (c’est dingue, j’ai un mal fou à me faire à ce nom !).

Quand l’auteur de ces lignes se sent une âme de pionnier…


Armé de toutes ces infos (que je suis allé glaner tout seul comme un grand, en fouinant sur le net) je me suis équipé de mon… Imprudence, donc, et je me suis mis en tête de maîtriser un peu la bête, histoire d’avoir l’air un peu moins « bête », précisément, lors de mon « arrivée » sur les lieux (je crois que je vais arrêter de mettre des guillemets, j’imagine que ça doit irriter au plus haut point les aficionados 🙂 )

Par le truchement de mon avatar (que j’avais miraculeusement réussi à créer) je suis donc arrivé sur le lieu de la conférence quelques heures avant, pour y découvrir un super auditorium désert, mais extrêmement bien équipé (en même temps, vu que c’est du virtuel, je me disais qu’ils auraient tort de se refuser quoi que ce soit). J’ai ainsi pu découvrir qu’il y avait un écran géant (mais bon, vu les proportions de ma fenêtre ça revenait en gros à visionner une vidéo sur YouTube, ce qui est plustôt sioux à bien y réfléchir…), écran sur lequel une présentation avait été installée. En bricolant un peu j’ai fini par découvrir qu’il était tout à fait possible de faire défiler les slides de ladite présentation. Je reconnus d’ailleurs immédiatement la patte de mon ami Marco, et mine de rien je pus à cette occasion me familiariser tranquillement à l’avance avec ce dont il allait être question (cela constituait un genre d’ancrage, si on veut). J’ignore totalement si c’était fait exprès, mais qu’importe, le fait est là, et mérite largement d’être salué… et exploité !

Par la suite je suis sorti de la salle de conférences pour me dégourdir les neurones et tenter d’assimiler des rudiments de… appelons ça « pilotage d’avatar » (cela me rappelait les cours de conduite « pirate » de mes aînés tentant de m’initier au maniement automobile en terrain vague à l’époque des mes jeunes années). Le moment venu, à l’heure dite, j’avais bien l’intention de retourner dans la salle… pour assister bel et bien à la conférence en temps réel.

Une tranche de vie : le déroulement de ma première e-conférence (…comme participant)

Pour une surprise ce fut une surprise ! La salle était noire de monde, remplie d’avatars aux aspects et vêtements multiples, et parfois inattendus. Par exemple dans un des fauteuils il y avait une… euh, disons créature, en forme de fumée rose qui n’était pas sans rappeler le film d’animation Aladin…

A l’entrée de la salle je fus très gentiment accueilli par Khéops, une adorable avatarette qui semblait accueillir tout le monde… je trouvai (non sans difficulté) une place au dernier rang, et parvins enfin à m’asseoir.

Quelque temps plus tard le maître de cérémonies prenait la parole, remerciait tout le monde d’être venu, parlait des autres manifestations à venir, et présentait finalement Marco. Et moi dans mon (vrai) fauteuil en face de mon PC, je me pinçais pour me persuader que je ne rêvais pas !

Lorsque Marco prit la parole, je fus pris par son histoire, et peu de temps après, ma voisine de droite (dans la salle virtuelle) me demandait d’être son ami (…par le biais d’un tchat interne, oh et puis zut, je ne vais pas m’étendre sur tous les détails, vous n’avez qu’à essayer vous-mêmes après tout, si j’y suis arrivé, je suis tranquille que vous pouvez le faire aussi !).

J’acceptai avec joie, et par la suite je découvrais qu’il s’agissait d’une personne qui tout comme moi venait ici pour la première fois, et qui avait été amusée de mes essais maladroits et de toutes les vannes que je m’étais amusé à lancer par le biais du tchat interne. Depuis j’ai découvert que ma voisine était Yasmine Kasbi. Faites donc le pitre, vous ferez des rencontres magnifiques !

Conférence de Marco Bertolini dans l'univers virtuel MétaLectures

A la fin de la conférence, il y eut comme dans la vraie vie la traditionnelle série des questions du public, certaines se faisaient par tchat interne, d’autres en utilisant les microphones que beaucoup d’utilisateurs possèdent (ne serait-ce que par le biais de leur webcam…).

Ensuite, certains sont allés se réunir pour discuter (autour d’un endroit appelé point d’eau, ou quelque chose comme ça…). Pour ma part j’ai préféré m’éclipser, en suivant le cortège des avatars qui gravissaient lentement les marches de l’amphi et partaient en s’envolant (ah oui, parce que j’ai oublié de vous dire, on peut faire plein de choses en virtuel, y compris prendre son envol !).

Retour d’expérience (…à tête reposée)

Il me faut bien avouer aujourd’hui que je suis ressorti de cette expérience avec un sentiment étrange : celui d’avoir été immergé dans une extraordinaire machine à fabriquer des souvenirs. Aussi étrange que cela puisse paraître, mon souvenir de cette soirée est bien particulier, unique. Non pas de la manière dont on pourrait se souvenir d’un livre qu’on a lu, ou même d’une vidéo qu’on visionne… mais pratiquement comme un événement auquel j’ai vraiment assisté… participé ! Et je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les implications et possibilités que cela ouvre dans le domaine de la formation et de la pédagogie. Imaginez : il y avait dans cette salle une bonne cinquantaine de personnes venues du monde entier mais qui n’avaient pas quitté leur « home, sweet home » ! Et j’espère bien ne pas être brûlé en place publique si j’affirme que nous avons partagé ensemble des souvenirs très forts ! Quand je pense que le lendemain, sur France Culture (…qui n’est tout de même pas ce qui se fait de plus ringard) , j’entendais un présentateur nous annoncer sans rire dans son émission que tel participant au débat du moment se trouvait dans une ville distante mais qu’en gros ça le faisait quand-même grâce à « la magie des ondes », je me dis que décidément, le 21e siècle est une terre de contrastes, et surtout que nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Un bémol (ou plutôt une inquiétude)

Voilà. J’ajoute que depuis lors j’ai le très net sentiment d’avoir mis ce soir-là le doigt dans un délicieux engrenage, et que les dimensions pédagogiques des mondes virtuels me semblent promises à un brillant avenir. Seul bémol, ou plutôt inquiétude : je me demande vraiment si le monde qui nous entoure est prêt à accueillir tout ça, en d’autre termes si tous ces gens si passionnés et si passionnants n’arrivent pas un peu trop tôt (auquel cas ils risquent d’être plus ou moins durablement ostracisés par les autres, sous l’air bien connu de « Je vous l’avais bien dit, ma pauv’ dame, ils sont pas comme nous ces gens-là… »).

…Pourquoi pas vous ?

Aujourd’hui je pense avec délectation à mardi 2 avril, d’abord parce que ce sera le jour de mon anniversaire, et ensuite parce que j’ai un rendez-vous à 21h30 sur Francogrid. Il s’agit d’une conférence consacrée au thème « pédagogie et mondes immersifs », ce qui, avouons-le, tombe tout simplement à pic !

Pour afficher les détails de l’événement il vous suffit de cliquer ici, ou encore sur l’image au début de cet article. Je vous en reproduis ci-dessous le descriptif :

Dans le cadre du cycle de rencontres Pédagogie et Formation sur Opensimulator que MétaLectures accompagne cette année, Yann Minh interviendra mardi 2 avril à 21h15 sur Francogrid – MétaLectures, sur le thème :

Pédagogie augmentée « Pratique d’une pédagogie dématérialisée à base de jeux vidéo et d’avatars dans les mondes persistants »

Depuis 2003 Yann Minh utilise les jeux vidéo dans un cadre pédagogique de grandes écoles pour enseigner l’histoire de l’art et des sciences, à l’aide de niveaux du jeu Unreal Tournament, de mondes persistants dans les open sims et Second Life et d’applications WEB 3D basées sur le logiciel Unity3D.

Dans cette conférence dématérialisée sur MétaLectures, Yann Minh décrira en détail les expériences et techniques pédagogiques dématérialisées qu’il a exploré, en particulier les techniques d’Ars Memorativa adaptées aux mondes dits virtuels, et aussi il montrera comment utiliser la version libre de son NøøMuseum, pour créer relativement facilement un espace 3D virtuel personnalisé, pour un projet pédagogique, pour des utilisateurs n’ayant pas de compétences en modélisation 3D.

Si cela vous dit, ou si vous êtes tout simplement intrigués, je vous invite à vous plonger, tout comme je l’ai fait, dans cet univers si étonnant. Pour tirer sur le petit bout de fil qui déroulera tout le reste et vous permettra de nous rejoindre, c’est très simple : il suffit de se rendre à l’adresse ci-dessous, tout y est expliqué (c’est d’ailleurs ainsi que j’ai moi-même procédé pour me mettre le pied à l’e-étrier !).

http://metalectures.blogspot.fr/p/pour-acceder-lile-3d-metalectures.html

Voilà. Bonne découverte et, je l’espère, à mardi prochain !

Bien à vous,

Bernard

PS : Depuis l’écriture de cet article, je me suis rendu au rendez-vous, puis fendu d’un… disons d’un compte-rendu assez particulier dans l’article d’après… 

PPS : Si vous êtes vous-même branché Mondes Virtuels et que vous décelez la moindre approximation, la moindre maladresse, petite ou grosse, voire une ou des inexactitudes dans les propos ci-dessus, je vous invite à laisser un commentaire. Après tout ils sont aussi faits pour cela !

PPS de dernière minute : à lire absolument, interview d’Arlette Fétat, auteur, scénariste BD, livrant ses premières impressions sur les mondes virtuels.

Allez les profs, encore un effort… :-)

Livre

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Un livre vient de paraître…

Un livre vient de paraître. Il s’appelle « Peut mieux faire » et porte la signature d’un artiste qui s’appelle Jean-Baptiste Alméras. tout au long des pages, ce monsieur se souvient, en relisant ses bulletins scolaires, de la violence du système d’enseignement qui était encore en vigueur dans son enfance. D’ailleurs, le sous-titre est clair : « Mon enfance vue par l’Education nationale ». Le contenu l’est encore plus, puisque l’auteur s’est contenté… d’un travail de recopie qui se suffit à lui-même ! « En fait, je ne suis pas l’auteur… juste le héros », précise-t-il même avec gourmandise et, de fait, aucune phrase n’est de lui. Pourtant, ce livre à peine sorti s’est déjà taillé son petit succès (pour plus de précisions, voir cet article de l’Obs).

C’était en d’autres temps, m’objectera-t-on. Aujourd’hui l’ambiance de l’école n’a plus rien à voir avec cela !

En êtes-vous si sûrs ?

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Des preuves affligeantes…

Voici tout d’abord un diaporama présentant des perles d’élèves recueillies dans des copies, devoirs et autres interros. Certaines sont savoureuses, et l’on y rit de bon coeur. A l’origine j’avais reçu ce diaporama avec un titre du style « La dure vie d’enseignant », ou quelque chose dans ce goût-là…

Autant j’adhère à cette observation (ayant moi-même été enseignant dans une autre vie…), autant je dois dire que j’ai été particulièrement choqué par certaines des « appréciations » (si l’on peut dire) écrites en rouge (comme il se doit…).

Pourtant, le fait que ce diaporama ait circulé un peu partout  en l’état prouve qu’il y a encore du boulot à faire du côté de l’affirmation de soi dans le respect d’autrui… surtout de la part de ceux qui sont censés donner l’exemple ! En effet, si certains élèves y apparaissent sous un jour, disons peu flatteur (sans même s’en rendre compte, ce qui fait tout le charme de cette compil), on peut en dire autant de certains profs ( qui se montrent tout aussi inconscients… sur un autre registre). Ah, la majestueuse et tranquille assurance de « celui qui sait » vis-à-vis de « celui qui ne sait pas »… C’est-y pas mignon ça madame ? …

Tenez, je vous laisse le soin d’en juger par vous-mêmes :

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Enfonçons le clou…

Si vous en voulez encore une couche, en voici une, sonore cette fois. Il paraît que l’enfer est pavé de bonnes intentions. L’enregistrement sonore ci-dessous en est une brillante illustration. La scène se passe dans un collège, il y a une paire d’années. On peut y entendre une prof (de latin) s’échiner à tirer de ses élèves une réponse qu’elle attend visiblement d’eux… sans succès. En désespoir de cause, elle finit par lâcher ce cri du coeur : « …La réponse est bête ! ». Rien de bien méchant, me direz-vous. Question d’appréciation…

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Ah oui, au fait, une dernière chose : Jean-Baptiste Alméras, le monsieur du début, qui parle de l’école de son époque dans le livre qu’il vient de publier,  vient d’atteindre l’âge vénérable de… 44 ans !

Bien à vous,

Bernard

Apprendre mieux : Comment faire face à un surdoué

« Arrêtez le monde, je veux descendre !! »

Bonjour

J’ai récemment pris connaissance de plusieurs cas de figure concernant des situations d’apprentissage dans lesquelles des enfants surdoués comprennent plus vite que d’autres que… disons, en termes diplomatiques, que l’enseignement qui leur est dispensé ne leur est pas forcément adapté 🙂 Quand ils s’en ouvrent à leurs enseignants, ils le font en général avec… la franchise qui caractérise leur âge, et avec les conséquences diverses que l’on peut imaginer… Cela me rappelle une histoire :

Un ami surdoué

Il y a quelques années de cela, je me souviens avoir un jour été sollicité par un ami qui est un bourreau de travail bardé de diplômes… certainement un surdoué à sa manière. Cet ami m’avait demandé de l’aider à travailler son anglais à l’oral. Il avait en effet un peu perdu de son aisance parce qu’il ne pratiquait plus l’anglais depuis quelque temps… Or, il avait besoin de prononcer un petit exposé à destination d’un public anglophone dans le cadre de son travail, dans les jours à venir. Sa demande portait essentiellement sur la prononciation (il parlait avec fluidité, mais son accent était déplorable – ce qui est somme toute relativement fréquent dans les entreprises françaises, pour ce qui m’a été donné d’en entendre).

Je lui ai alors expliqué que mes propres compétences étaient, comment dire, un peu rouillées dans ce domaine (j’ai été prof d’anglais avec un statut de maître auxiliaire, mais c’était dans une autre vie…), mais qu’importe, il avait insisté pour que je l’aide, et j’avais accepté.

Tester ses propres connaissances en anglais…

Il est donc venu me trouver avec quelques textes (dont le sien) qu’il a entrepris de lire en ma présence, en me demandant de réagir à ses erreurs de prononciation.

J’interrompais donc quelquefois sa lecture, en lui indiquant de mon mieux la prononciation qui me paraissait adéquate à mesure qu’il parlait… Mais, ce faisant, je procédais à une sorte de « tri », dans la mesure où je voulais éviter de l’interrompre à chaque mot !

…En prenant les choses en main !

Très vite, il s’est mis à prendre littéralement la direction des opérations. C’était à la fois très amusant, très impressionnant et très intéressant. Il me disait par exemple des choses du style « Attends, logiquement, en fonction de ce que tu m’as dit tout à l’heure, là je viens de me planter, non ? ». Et de mon côté j’étais bien forcé de constater… qu’il avait raison ! Du coup, mon ami prenait lui-même la décision de reprendre sa lecture quelques lignes plus haut, à un endroit précis, alors que pour ma part je n’attendais rien de tel ! Il couvrait son texte de graffiti incompréhensibles pour moi, mais qui à coup sûr faisaient sens pour lui ! Visiblement il était beaucoup plus « dur à la tâche » que moi, et surtout il plaçait la barre très haut (bien plus haut que je ne l’avais fait moi-même, je l’avoue bien volontiers) pour ce qui est du niveau d’exigence. C’était impressionnant !

Après une petite demi-heure de ce tonneau-là, il est reparti tout tranquillement, après m’avoir chaleureusement remercié. Et moi j’en suis resté baba !

La posture de l’enseignant n’est plus ce qu’elle était…

Je suis en effet resté avec un sentiment mitigé… D’abord celui d’avoir moi-même appris une leçon magistrale : Avec le temps qui passe et « les progrès du progrès », l’apprenant et le sachant sont de moins en moins celui qu’on croit lors de toute situation de face-à-face pédagogique… les choses sont, de fait, beaucoup plus compliquées que ça !

S’agissant de mon ami, j’étais franchement mort de rire, tout attendri, plein de pensées du style « ah… c’est bien de lui, ça : »… Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me poser une question : Que ce serait-il passé dans une situation analogue, mais avec un surdoué qui « n’aurait pas été spécialement mon ami » ?

C’est là que j’ai fait la relation avec des situations extrêmes dans lesquelles peuvent se trouver parfois les enseignants (je pense à la problématique des enfants surdoués, et des relations parents  enseignants, mais pas seulement…).

Dans certaines situations paroxystiques mais de plus en plus fréquentes, l’enseignant le formateur, le tuteur… a tout intérêt à savoir se placer mentalement au-delà du rôle qui lui a été attribué (…pour mieux y revenir après), tout en ayant précisément deux ou trois petites choses en tête…

À propos de la connaissance de soi…

Qui est vraiment l’enseignant, en quoi consiste sa propre identité, quelles sont exactement ses propres valeurs, ses atouts, ses moteurs, ses motivations, où commence mais aussi où s’arrête sa propre légitimité… d’où provient-elle, dans quel champ peut- elle s’étendre… ou pas ? Et surtout, peut-il quand même « …faire sans elle » ?

À propos de la connaissance des autres…

Jusqu’à quel point l’autre est-il mon semblable, mais aussi en quoi est-il différent de moi ? Est-il possible de disposer d’une, ou mieux, de plusieurs grilles de lecture des comportements humains, ne serait-ce que pour savoir tout simplement qu’ils… existent, me permettant ainsi d’éviter une situation de « dialogue de sourds » ?

À propos de la manière de communiquer efficacement avec les autres…

Tous ces préalables étant posés, est-il possible d’établir un dialogue franc, constructif, respectant l’autre dans son altérité, tout en se respectant soi-même sans excès, mais sans non plus se cacher derrière une institution… ou son petit doigt ?

On l’aura compris, il est quasiment impossible de créer de telles conditions sans tenir compte de soi, de l’autre, et surtout de la relation qui est perpétuellement en train de s’établir. Dans ce but il est indispensable de savoir se placer dans une position de « lâcher prise », c’est-à-dire pouvoir sortir la tête du guidon de la communication instinctive, du « …Moi je pars du principe que …» du « …Est-ce que vous trouvez normal que… » dont on sait pourtant qu’ils ne mènent à rien de bien constructif, même s’ils peuvent parfois nous soulager sur le moment…

Tout ceci en étant bien entendu en capacité de se placer non seulement du point de vue de l’autre (…autant que faire se peut) mais aussi de tenter d’appréhender ce que pourrait être le point de vue d’un observateur extérieur (ce qui est encore plus difficile mais tout aussi indispensable !), tout cela pour mieux se remettre dans ses propres godasses, et exprimer son propre point de vue avec sérénité…

Le développement personnel… Quoi ? …encore ? … Si !

Encore une fois, un enseignant ou un formateur peut très bien traverser toute sa carrière sans jamais s’intéresser à la problématique du développement personnel… tant qu’il est dans une position où il peut exercer son art dans un contexte « de droit divin », si l’on peut dire…

Or, de tels contextes existent de moins en moins, au grand soulagement de certains, mais aussi au grand dam de beaucoup d’autres…

Lorsqu’on évolue ainsi « sans filet », si l’on peut dire, il est alors (à mes yeux) de plus en plus dangereux de continuer à exercer ce métier sans entreprendre une véritable démarche dite de « développement personnel », voire de « travail sur soi » digne de ce nom.

Une première approche a déjà été présentée ici, dans les deux articles cités ci-dessous :

Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (1)
Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (2)

Voilà. Je vous souhaite le meilleur…

Bien à vous,

Bernard

filet

Spéciale dédicace à mon ami Marco Bertolini qui m’a involontairement donné l’idée de cet article…

Par ailleurs, pour mieux connaître le monde des adultes surdoués, je vous recommande cet ouvrage de Cécile Bost.

Différence & souffrance de l'adulte surdoué - Cécile Bost

Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (1/2)

Cet article est le plus récemment paru dans le dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

Apprendre mieux ? (découverte de la grande galaxie du Mieux-Apprendre)
Apprendre mieux ? Épisode 2 : Les grands principes
Apprendre mieux ? Épisode 3 : Vous avez une mémoire extraordinaire !

Comment sortir de la bouteille

L’éducation est une épée à double tranchant. Elle peut devenir dangereuse si elle n’est pas maniée correctement. (Wu Ting-Fang)

Comme nous commençons à le voir, le mieux-apprendre est tout sauf une science. Cette « discipline pédagogique de l’action » repose plutôt sur le bon sens, mais aussi sur notre propre capacité à oser nous remettre en question et tenter quelque chose de nouveau. Il est aisé de comprendre que sur ce registre-là, le développement personnel (pfffft…. encore un truc aux contours pas toujours très précis, encore une galaxie, quoi… :-)), bien que complètement « déconnecté » du mieux-apprendre à proprement parler, peut avoir un rôle essentiel à jouer dans une pareille démarche. Étant donné que ce fut mon cas, et que j’en ai retiré un énorme bénéfice, je n’hésite pas à développer ce sujet ici (…que les éventuels puristes des deux galaxies en question daignent me pardonner).

Être au clair avec nos propres croyances et nos propres émotions

Il est aisé de remarquer qu’une grande partie du succès ou de l’échec d’une démarche d’apprentissage tient aux représentations mentales que les uns et les autres se font de l’apprendre, de « l’idée qu’ils s’en font », en quelque sorte. L’acte d’enseigner, de former, n’étant pas de tout repos (…certains d’entre vous l’ont peut-être déjà remarqué 🙂), il est naturel qu’en pareil cas nous ne mettions pas toujours le plus grand empressement à sortir du connu pour aller vers ce qui ne l’est pas…

En outre, pour accepter ne serait-ce que l’idée d’apprendre (dans le sens « enseigner ») en s’amusant (…ce qui, rappelons-le, fait partie des fondamentaux du mieux-apprendre), il est indispensable d’être au clair avec nos propres croyances et émotions. En général, plus on possède un bagage intellectuel conséquent, plus on est en mesure d’invoquer – à juste titre – de raisons pour expliquer que notre propre conduite ne doit pas se laisser guider par nos émotions.

Les croyances limitantes, ça limite, mais d’un autre côté, les croyances portantes, ça porte… 🙂

J’ai abordé plusieurs fois ici la notion de « croyance », en particulier pour ce qui concerne les croyances en nos propres capacités (j’ai parlé de croyances limitantes). Nous savons qu’une croyance limitante a pour effet de diminuer de facto nos performances dans la matière étudiée. Mais il faut également bien considérer qu’à l’inverse, une croyance diamétralement  opposée (qu’on peut appeler croyance portante) aura pour effet… de les augmenter ! En d’autre termes, nous ne savons jamais avec exactitude jusqu’où nous pouvons aller, mais ce qui est sûr, c’est que si nous « n’y croyons pas », nous irons moins loin… et que si nous « y croyons », nous irons plus loin ! D’où les nombreux aphorismes du style « Ils ne savaient pas que c’était impossible, du coup ils l’ont fait ».

Les émotions sont de très mauvais maîtres, mais…

Quant aux émotions, si nous savons tous instinctivement qu’elles sont de très mauvais maîtres, on ignore parfois – jetant inconsidérément le bébé avec l’eau du bain – à quel point elles peuvent se révéler d’excellents auxiliaires, à condition toutefois que nous ayons acquis une capacité à « arbitrer » de manière satisfaisante nos éventuels conflits intérieurs en la matière. Faute de quoi la solution – et c’est bien compréhensible – que nous adoptons le plus souvent consiste tout simplement à nous couper purement et simplement de nos émotions pendant l’exercice de nos fonctions (ce qui me paraît dommageable pour tout le monde, surtout en situation de formation, que ce soit pour le formateur ou pour l’apprenant). Or, on sait confusément qu’il est illusoire de vouloir les accrocher, ces satanées émotions, au mur, à côté de notre manteau en arrivant le matin, pour les récupérer le soir en partant. Mais bon, faute de mieux, on fait comme si…

Se couper de ses émotions, est-ce rédhibitoire ?

Celui qui « se coupe de ses émotions »  pourra peut-être accéder à toutes les connaissances livresques et théoriques qu’il voudra (…dans des cas pas si isolés que ça, ce sera même pour lui un salvateur refuge), mais il prendra – de ce fait – le risque de passer à côté de phénomènes (beaucoup plus nombreux qu’il n’y paraît) se prêtant peu, voire pas du tout à l’analyse intellectuelle. Et il passera – vis-à-vis de ses éventuels amis moins lettrés que lui – comme quelqu’un de très brillant, et même, si ça se trouve, je sais pas moi, peut-être pour un expert de la méta-cognition (…rires dans l’assistance), mais en même temps, ce faisant, il risque fort d’être perçu comme quelqu’un « qui passe à côté de l’essentiel », ce qui ne manquera d’ailleurs pas de l’irriter au plus haut point. L’évidence, pas plus que l’essentiel, ne se prêtant volontiers à l’explication (« si tu ne comprends pas ce qui est évident, nous ne pouvons rien pour toi ») nous nous dirigeons encore vers un dialogue de sourds, et notre fameux lettré, déconfit et frustré par cet état de choses, n’aura de cesse que de se réfugier auprès de ses pairs, nettement plus « civilisés » que tous les goujats qui « refusent le dialogue » !

L’histoire d’un formateur en informatique qui rêvait de donner des cours de ressources humaines…

rêveJe me souviens très bien qu’il y a bien longtemps, alors que j’étais un jeune formateur en informatique, très à l’aise dans le domaine de « la logique », du « démontrable »,du «  factuel »… j’étais en même temps très intrigué et très attiré par le contenu de tous les catalogues de stages de formation tournant autour des ressources humaines, de l’animation et du management d’équipe, et plus généralement du comportement. Je me demandais bien à partir de quoi on pouvait arriver à dire quoi que ce soit de pertinent… et – surtout – faire face aux attentes et réactions des participants, sur des sujets aussi vastes que la manière de communiquer en situation difficile ou hostile, l’accompagnement au changement, la gestion de son propre stress, la prise en compte de celui des autres, les attitudes appropriées en situation d’entretien, de réunion, de conflit, la préparation de sa retraite, la dynamisation des équipes, le renforcement de sa propre performance managériale, l’animation d’une équipe de travail en situation non hiérarchique, ou à distance, et j’en passe…

Dis-moi, cher ami, comment fais-tu, toi ?

A un de mes amis, qui exerçait cette activité (et semblait d’ailleurs s’en tirer parfaitement indemne), je me souviens même m’être ouvert de mon attirance pour ces sujets, et en même temps de l’angoisse qu’ils suscitaient en moi. Par exemple je me souviens parfaitement avoir formulé mes craintes d’alors à peu près en ces termes : « Comment diable pourrais-je me passer de la présence physique des ordinateurs, présence qui m’a toujours rassuré lorsque un de mes participants, manifestant des états d’âme inattendus, semblait vouloir amener le groupe vers des rivages ne faisant pas vraiment partie du programme prévu… comment, disais-je, imaginer pouvoir me passer de cette présence si salvatrice pour moi (…celle des ordinateurs), puisqu’il m’a toujours suffi d’un effort minime, parfois d’un simple geste désignant les ordinateurs de la salle, pour que les choses rentrent très vite dans l’ordre, parfois à ma grande surprise, et – toujours – pour mon plus vif soulagement ? »

 

S’il vous manque un élément… inventez-le !

Capturons nos rêves…

…Après avoir entendu le récit de mes inquiétudes d’alors, mon ami  éclaté d’un rire sonore, puis m’a répondu quelque-chose dans ce goût-là : « Eh bien, qu’à cela ne tienne, si tu n’as plus d’ordinateur dans ta salle pour te rassurer, tu n’auras qu’à t’en inventer un et faire comme s’il y était ! Pour y arriver facilement, va donc suivre une formation en développement personnel, et si c’est bien fait, tu verras, tout marchera comme sur des roulettes ! ».

Sur le moment j’ai trouvé cette idée totalement incongrue… et pourtant, j’ai mis un point d’honneur à suivre le même cursus de développement personnel que mon ami (en effet, j’avais entièrement confiance en son témoignage… Du coup, j’en ai pris pour deux ans, à raison d’un weekend par mois !). Et je suis en mesure d’affirmer aujourd’hui qu’entre ça et je ne sais quelle démarche épistémologique (je pouffe…) il n’y a vraiment pas photo pour qui veut vraiment apprendre à « retomber sur ses pattes »…

Tout est dans la tête…

Par la suite, l’expérience m’a montré qu’effectivement TOUT était dans ma tête, et que j’étais en quelque sorte « mon pire ennemi » à chaque fois qu’il s’agissait d’adopter des postures, des attitudes, ou des comportements… auxquels je ne parvenais pas.

Peut-être ai-je eu besoin quelque temps d’imaginer la présence d’un ordinateur lors des premières interventions en communication (que j’ai dispensées par la suite, quelques années plus tard, et que je continue à dispenser aujourd’hui) ? Très franchement je ne m’en souviens plus. Il est probable que non.

Car la formation en développement personnel que j’ai suivie, donc, m’a également montré que j’avais également un meilleur ami… et que là aussi il s’agissait… de moi-même ! La différence c’est que maintenant j’ai beaucoup plus de choix ! Libre de suivre les injonctions de mon pire ennemi ou de mon meilleur ami, il m’arrive rarement d’hésiter. Je peux donc désormais maîtriser un éventail de situations infiniment plus grand qu’à l’époque. Encore une fois, il n’y a pas photo, pour moi c’est donc « Merci le développement personnel ! »

Comment peut-on présenter le développement personnel ?

Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances (sic !), le développement personnel vise à harmoniser les rapports du conscient avec l’inconscient et ayant pour but le développement de la personnalité de l’individu pour une meilleure connaissance de soi, des autres, et des mécanismes de relations interpersonnelles. Il a favorisé l’émergence du concept de « scénario de vie », qu’il définit comme une approche personnelle de la vie, où chacun peut se forger sa  propre image de soi et sa manière de faire face aux problèmes. Ce concept  a été repris par plusieurs  théories managériales (avec le MBTI) qui l’ont traduit (avec plus ou moins de bonheur) par la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

équilibre de vie

Tout en puisant ses origines chez des psychanalystes (notamment Carl Gustav Jung et Alfred Adler), le développement personnel se place dans une optique résolument pragmatique, à l’anglo-saxonne : Plutôt que d’entrer dans une (parfois très longue ) période d’analyse introspective (un peu comme on entre en religion), le développement personnel  nous permet plus prosaïquement de modifier, parmi  nos habitudes, représentations et schémas de comportement, ceux que nous jugeons inadaptés (…aux autres, au contexte, aux circonstances, que sais-je encore ?).

Quels concepts abordés (et surtout travaillés) en développement personnel peuvent-ils être utiles en situation d’enseignement et d’apprentissage ?

Un éléphant ça peut aider...

Là aussi, je donnerai une liste forcément subjective, et forcément incomplète…

Les croyances Elles tournent autour de tout ce qui nous permet ou nous interdit de faire quelque chose.
La confiance en soi Un cuisant déficit chez beaucoup d’entre nous… Si nous n’en sommes pas suffisamment pourvus, nos apprenants le sentent forcément ! Comment pouvons-nous prétendre les aider efficacement, dans ces conditions-là ?
Les facultés sensorielles : auditives, kinesthésiques (le toucher), gustatives, olfactives Leur étude nous montre à quel point chacun de nous perçoit la réalité d’une manière qui lui est propre (d’où des notions telles que les intelligences multiples, ou le « mode préférentiel d’apprentissage »…)
Les métaphores D’une puissance extraordinaire (parce que s’adressant directement à nos perceptions), elles sont à la base même de toute activité pédagogique.
La communication interpersonnelle Savoir décortiquer son fonctionnement permet incontestablement d’être beaucoup plus efficace, notamment par les techniques d’écoute active et de reformulation.
La congruence Correspondance exacte entre l’expérience et la prise de conscience (…cohérence interne, si on veut)
La gestion des objectifs personnels Pour mettre en place des stratégies qui tiennent la route
La gestion du changement Ou comment progresser sans se renier…
Les pièges du langage Nous accordons à la parole des vertus magiques… pour le meilleur, mais aussi pour le pire !
La ligne du temps Nos différentes façons de gérer et cadrer le temps
Éléments de dynamique des groupes Étude de plusieurs mécanismes courants (comme celui de la pression de conformité)
Les émotions Très mauvais maîtres, mais excellents auxiliaires, comme on l’a vu…

Citons quelques méthodes…

On peut aujourd’hui dénombrer les méthodes de développement par dizaines (faisant un choix forcément subjectif, je citerai simplement ici l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique, le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène et le yoga).

Bon. C’est bien gentil tout ça, mais que choisir ? Et que faut-il éviter ?

J’imagine qu’à ce stade, une personne intéressée par tout ça ne saura pas forcément « par quel bout l’attraper »… ce qui est parfaitement compréhensible 🙂

Surtout que ces techniques (et leurs inévitables débordements) charrient inévitablement avec elles comme une odeur de soufre, tant il est vrai que dans l’imaginaire collectif, on y associe souvent des histoires de manipulation, ou de dérives sectaires, de gourous… parfois à juste titre !

Manipulations

Encore une fois, gardons-nous bien de jeter le bébé avec l’eau du bain. Pour comprendre comment tout cela fonctionne, prenons un exemple qui vous surprendra peut-être, celui des pédophiles : on sait que ceux-ci sont naturellement enclins à choisir des activités – ou même une profession – les mettant en contact avec les enfants. D’où le syllogisme courant : La plupart des pédophiles travaillant avec la petite enfance, certaines personnes en concluent un peu hâtivement que la plupart des travailleurs de la petite enfance seraient pédophiles (?!), sur le modèle archi-connu de « Tous les chats sont mortels. Or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat ».

Eh bien il en va de même avec la question du développement personnel et des gourous. Il est évident que tout gourou qui se respecte (…façon de parler, hein ?) ira tôt ou tard s’intéresser aux techniques de développement personnel ! De là à en conclure que « ça marche dans les deux sens », c’est aller un peu vite en besogne. Mieux, même : Plus nous serons nombreux à connaître ces techniques-là, plus nous serons armés pour nous défendre (et défendre les nôtres) contre les manipulateurs et les gourous. Par exemple, je peux vous dire que lorsque l’occasion m’en est donnée, j’assiste toujours avec une joie sans mélange aux joutes oratoires auxquelles les hommes politiques aiment tant se livrer sur les médias audiovisuels… incontestablement, ils ont été abreuvés à des sources que je peux très souvent identifier, et je suis très heureux de pouvoir ainsi décrypter nombre de leurs mécanismes… Plus nous serons nombreux à le faire, et mieux ce sera, ne serait-ce que pour des « raisons démocratiques » !

Voilà. Si après ces lignes, vous êtes toujours tentés par la question de savoir comment vous initier à tout ça, je me propose de vous amener des billes sur cette question, mais aussi sur les points communs (…car il y en a ! ) qu’on peut trouver  – du moins de mon point de vue – à la plupart des techniques de développement personnel, et ceci dans le prochain article à paraître ici.

Bien à vous,

Bernard

Apprendre mieux ? Épisode 3 : Vous avez une mémoire extraordinaire !

Cet article est le troisième paru dans le dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

Apprendre mieux ? (découverte de la grande galaxie du Mieux-Apprendre)
Apprendre mieux ? Épisode 2 : Les grands principes

« Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur.
Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.
Nous nous posons la question « Qui suis-je moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ? ». En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ? »

Marianne Williamson
écrivaine américaine

 

 

Bonjour,

Les capacités d’apprentissage

Dans l’article précédent, je vous faisais part des principes et préceptes du mieux-apprendre. En tout premier lieu, celui-ci : « Les capacités d’un être humain sont bien supérieures à ce que l’on considère habituellement comme normales. Ceci est particulièrement vérifiable pour ce qui concerne nos capacités à apprendre ».

Loin de moi l’idée de trancher ici le débat sur la sempiternelle question des capacités – égales pour tous ou différentes d’un individu à l’autre. Cette question a fait, fait encore, et à mon humble avis fera encore longtemps l’objet de « querelles d’experts » qui ne feront pas nécessairement progresser nos pratiques d’un pouce.

En revanche, il y a un point sur lequel j’aimerais aujourd’hui retenir votre attention: Il s’agit du passage qui stipule « […] bien supérieures à ce que l’on considère habituellement comme normales ».

Les croyances limitantes : rappel

Il se trouve qu’un autre principe du mieux-apprendre nous rappelle que la mémoire et l’intelligence (ou plutôt l’idée qu’on se fait de nos propres capacités sur ces points-là) sont absolument déterminantes dans tout acte d’apprentissage. Vous vous souvenez peut-être que dans l’article précédent il était également question du principe portant sur les croyances limitantes. Nous avons insisté sur un fait important : Les « croyances limitantes » empêchent tout le reste de fonctionner correctement.
Comme je vous l’expliquais, vous pouvez investir dans le meilleur équipement de plomberie, installé par les meilleurs spécialistes, il n’en reste pas moins vrai que si un caillou bouche le tuyau, l’eau ne coulera pas ! Remarque : dans la majorité des cas, les croyances les plus limitantes (à propos de soi) tournent le plus souvent autour de l’intelligence et de la mémoire (du moins pour ce qui concerne nos capacités d’apprentissage).

Le cas (épineux) de la mémoire…

Combien de fois n’ai-je pas entendu la phrase suivante, que ce soit en salle de classe ou en stage de formation adultes : « De toute façon, même si par extraordinaire je comprenais tout ce que vous allez nous expliquer, je sais que ne retiendrai rien, et pour une raison très simple : Je n’ai pas de mémoire ».

Malheureusement, cette prophétie auto-réalisatrice, tout en ne reposant sur rien de concret, a pour effet d’être imparable et de fonctionner à merveille… nous sommes en effet tous suffisamment retors pour nous fabriquer du « Tiens ! Je l’avais bien dit » quand il s’agit de l’appliquer à des croyances négatives sur nous-mêmes. Ainsi, la boucle est bouclée, si l’on peut dire, et nous pouvons retourner tranquillement à nos petites compulsions… souvent pour le pire, et rarement pour le meilleur 🙂

Contrairement à ce que vous croyez peut-être, vous avez tous une mémoire extraordinaire, et je vous le prouve…

Stagiaire masque à gazN’importe quel pédagogue de terrain vous le dira : il n’est pas de plus grand plaisir que de tordre le cou à une croyance limitante chez nos apprenants. C’est un peu une manière de les aider à  « d’enlever un caillou », pour reprendre la métaphore plombière évoquée plus haut :-). Aussi je serais très heureux d’apprendre que j’ai pu vous transmettre quelque-chose dans ce goût-là…

Une expérience très simple à réaliser… et une ressource à diffuser largement autour de vous !

Vous allez découvrir sous ces lignes le détail d’une séquence pédagogique comme vous n’en avez peut-être pas vécues jusqu’à ce jour. Elle vise tout simplement à prouver (oui… je sais, je m’expose, mais je persiste et signe, j’ai bien dit prouver !) à chacun des apprenants présents en face de vous (…ou même en vidéo conférence, nous y reviendrons) que ses capacités de mémorisation sont bien supérieures à tout ce qu’il imaginait jusqu’alors.

Attention, ne commettez pas la même erreur de jeunesse que moi : à mes débuts, j’étais en effet tellement transporté par le désir Don-Quichottesque de venir en aide au monde entier qu’au commencement de la séquence, j’introduisais systématiquement l’atelier par une affirmation à gros sabots du style « Vous allez tous y arriver, je vous le promets ! ». Grave erreur ! Car la personne dont la croyance limitante est la plus « alambiquée » du groupe vous rétorquera probablement quelque-chose du style « Non ! Cela marchera peut-être pour tous les autres, mais je sais déjà que cela ne marchera pas pour moi ! ». Soyez-en certains, cette obscure manœuvre n’a pas d’autre but que de fabriquer (pour soi et pour le groupe) un « Vous voyez, je vous l’avais bien dit » négatif… qui (hélas) marche à tous les coups ! Ce qu’on peut être alambiqué, tout de même, quand on s’y met…

labyrinthe vers le bonheur

A la place, restez complètement zen, ne pensez surtout pas à je ne sais quels moulins à vent :-), et faites tout tranquillement au groupe une déclaration selon laquelle l’expérience marche dans la plupart des cas, mais que si dans la salle une personne est persuadée – attention, vraiment persuadée, hein ? – qu’elle-même n’y arrivera pas, eh bien sa prédiction sera vérifiée ! Maintenant, pour le cas où cette même personne ressent en même temps une petite (allons, ne chipotons pas, poussons même jusqu’à imaginer une toute petite) lueur de l’ordre du « si ça se trouve, c’est possible… »), eh bien cela rendra par là-même la chose… possible ! En fait, le plus simple est d’arrêter de se poser des questions, et de se lancer (…comme toujours !)

La ressource

(Remarque : j’ai déjà publié cette ressource, sous une forme légèrement différente, dans un billet de blog qui date de 2005).

Voici une technique originale vous permettant de développer votre mémoire en utilisant les associations d’idées.
Il s’agit plus précisément d’utiliser ici la technique dite des tables de rappel.

Regardez ces chiffres attentivement.

(chiffre animé)

Le 1 fait penser à un piquet, ou à un pieu que l’on peut enfoncer dans le sol à l’aide d’un marteau.

(chiffre animé)

Le 2 fait penser à un cygne…

(chiffre animé)

Le 3 fait penser à une femme à la forte poitrine…

(chiffre animé)

Le 4 fait penser à un bateau à voile…

(chiffre animé)

Le 5 fait penser à une femme enceinte…

(chiffre animé)

Le 6 fait penser à un fumeur de pipe…

(chiffre animé)

Le 7 fait penser à une falaise en surplomb…

(chiffre animé)

Le 8 fait penser à un bonhomme de neige…

(chiffre animé)

Le 9 fait penser à un appareil à faire des bulles de savon…

(chiffre animé)

Le 10 fait penser à deux personnes, l’une très maigre, l’autre très enveloppée (par exemple Laurel et Hardy, ou encore Astérix et Obélix…).

Pour retenir tous ces exemples, il vous suffit de revenir ici et de regarder tranquillement les animations ci-dessus… vous verrez qu’il est très simple de s’en souvenir, sans produire le moindre effort que ce soit.

Ce moyen mnémotechnique pour retenir des chiffres n’est certes pas le premier à avoir été découvert, il en existe de nombreux. Mais celui-ci a ma préférence parce qu’en cas de doute, si on a peur de confondre deux chiffres, par exemple, il est très facile de les départager, puisqu’on se réfère toujours à leur forme. Ainsi, il est très difficile d’imaginer qu’on puisse confondre le 5 (qui a la forme d’une femme enceinte) et le 1 (qui a la forme d’un pieu). Au bout d’un moment, grâce à leur forme (que vous connaissez forcément), les chiffres parlent pour ainsi dire d’eux-mêmes !

Tiens, essayez dès à présent de retrouver les images animées équivalentes à tous les chiffres, je suis sûr que vous les connaissez déjà ! Dans le cas contraire, retournez y faire un tour, tranquillement, sans vous mettre la pression, sans martel en tête… tâcher de rester tout à la fois attentif et détaché, le sourire en coin… et oubliez toutes les sottises qu’on vous a racontées sur l’écrasante  obligation de faire des efforts.

Maintenant, imaginez que vous devez retenir une liste de courses de 10 articles.

Dans l’exemple qui suit, nous utiliserons une liste que j’ai demandée à ma nièce Mayra (10 ans à l’époque) de bien vouloir inventer.

Voici ce qu’elle m’a répondu :

1 – Des tomates

2 – Des carottes

3 – Du papier toilettes

4 – Des assiettes

5 – Des bananes

6 – Des yaourts

7 – Du fromage

8 – Du sucre

9 – De l’eau minérale

10 – De la viande

Ma fille Alice (10 ans à l’époque, également) connaît bien cette technique (…aujourd’hui elle est en classe prépa 🙂 ).  Aussi, elle a immédiatement pu réciter sans une hésitation la liste, dans l’ordre, puis dans l’ordre inverse, puis dans le désordre, en répondant aux questions du type « Qu’y a-t-il en 5e position ? … Puis en 3e… ? » etc.

Comment cela a-t-il été possible ? C’est très simple.

D’abord, il faut avoir bien en tête à quelle image animée correspond chaque chiffre (voir plus haut).

Ensuite, à chaque fois qu’une personne vous annonce un élément de sa liste, faites-vous bien préciser le numéro, et inventez en direct dans votre tête une petite scène gaguesque, style BD, ou dessin animé, mettant en relation les deux éléments. Par exemple, pour le 1 (le pieu), ma nièce avait choisi « des tomates ». Ma fille a donc imaginé en une fraction de seconde qu’elle voyait dans notre jardin potager des tomates qui poussaient autour d’un pieu. Si nous n’avions pas eu de jardin, elle aurait pu imaginer un pieu qui s’enfonce dans des tomates… avec pour résultat des tomates partout, du jus, de la pulpe, bref l’horreur ! N’importe quelle scène peut très bien faire l’affaire… il faut juste avoir un tout petit peu confiance en soi, et en nos capacités d’imagination.

L’essentiel est de faire appel à des images mentales qui soient toujours…

  • Dynamiques
  • Colorées
  • Exagérées

Qu’entendons-nous par cela ?

– Dynamiques : Qui sont en mouvement, qui bougent…

– Colorées : Riches en perceptions visuelles… mais pas seulement ! Utilisez aussi vos facultés auditives, kinesthésiques (le toucher), gustatives, olfactives…

– Exagérées : Tout ceci se passe dans notre tête… alors il n’y a aucune raison de faire des économies d’imagination ! Plus les choses seront marquantes, incongrues et exagérées, plus nous augmenterons nos chances de les retenir !

Maintenant, voici le tableau complet représentant la façon dont ma fille a mémorisé la liste de courses :

Image animée Article choisi  Association d’idées  Commentaires
1 Piquet, pieu… Des tomates « Tomates qui poussent autour d’un pieu (tuteur). » On peut aussi imaginer un pieu qui s’enfonce dans quelque chose… avec le bruit, ou les dégâts que cela occasionne…
2 Cygne Des carottes « Donner des carottes à un cygne. » On peut toujours imaginer un cygne qui glisse majestueusement sur un étang, ou un lac, ou dans un parc… Il peut prendre un objet dans son bec, ou encore le mettre sur son dos…
3 Grosse poitrine Du papier toilette « Une femme coince (pour rire) un gros rouleau de papier toilette parfumé entre ses seins. » C’est pratique, une grosse poitrine : on peut toujours poser quelque chose au milieu, glisser quelque chose dedans…(Remarque : Il faut savoir que tout ce qui est un tant soit peu « osé » se retient plus facilement, que ce soit par les hommes ou par les femmes (si!). À chacun d’entre nous de définir où se situent ses propres limites 🙂
4 Bateau Des assiettes « Pique-nique en pleine mer… » Trouver quelque chose qui se passe sur le bateau… sur le pont, dans la cabine, dans la mer à proximité… sur un quai… on a l’embarras du choix !
5 Femme enceinte Des bananes « Une femme enceinte mange une banane avec l’idée que son enfant aimera cela plus tard… » Trouver quelque chose avec le gros ventre… ou le avec bébé dedans…
6 Pipe Des yaourts « Le vieux fumeur tousse, alors il mange un yaourt pour s’adoucir la gorge… » On pouvait aussi inventer une pipe rudimentaire et « pour de rire » faite d’une paille et d’un pot de yaourt… ou utiliser les volutes de fumées pour y mettre une forme…
7 Falaise en surplomb Du fromage « Un alpiniste qui a de la nourriture énergétique sur lui… entre autres un vieux morceau de fromage… » Pour la falaise, ne pas hésiter à mettre en scène le personnage qui grimpe… ou encore ce qu’il trouvera une fois arrivé en haut…
8 Bonhomme de neige Du sucre « J’ai vu un bonhomme de neige et je me suis aperçue qu’en fait il était fait… de sucre en poudre ! » On peut aussi utiliser les accessoires courants (nez en forme de carotte, écharpe, boutons..) pour y accrocher ce qu’on veut… voire incorporer un accessoire supplémentaire !
9 Bulles de savon De l’eau minérale « Il y avait une panne d’eau courante, pour nos bulles, alors… » Le 6 est un 9 à l’envers… Correspondance entre la pipe (orientée vers le bas) et l’objet à faire les bulles de savon (les bulles montent…).
10 Laurel et Hardy De la viande « Hardy est gros parce qu’il mange trop de viande… » Jouer sur le contraste entre le gros et le maigre…

Bien entendu, si c’est la première fois que vous utilisez cette technique, cela vous paraîtra peut-être un peu difficile au début. Mais croyez-moi, avec un peu d’entraînement, vous vous étonnerez très vite vous-même, et vous pourrez facilement épater vos amis !

Vous pouvez en outre très bien établir une liste de 20, 30 voire 100 mots : ça marche également et aussi facilement (« 11 » = deux pieux… « 12 »= un pieu et un cygne…). Ce qui compte, c’est de s’attacher à visualiser les scènes. Mais à partir de 10, il est préférable d’appliquer « le Grand Système ». Pour cela, je vous suggère de faire une recherche dans votre moteur favori. Voir les ouvrages de Tony Buzan (avec son « grand système », qui marche de 0 à l’infini…), ou de Bruno FURST, pour de plus amples explications

Voilà. Le plus étonnant, c’est que pour ma part, dès que j’ai compris qu’il fallait prendre certaines précautions avant de commencer (en précisant juste « […] si dans la salle une personne est persuadée – attention, vraiment persuadée, hein ? – qu’elle-même n’y arrivera pas, eh bien sa prédiction sera vérifiée »), je vous assure que je n’ai plus jamais entendu de Schtroumpf grognon de mauvais augure !!! Non pas qu’ils aient disparu, certes ! Tout simplement, en accueillant par avance l’idée que l’échec est possible, nous ouvrons tous ensemble la porte à toutes les possibilités, sans en exclure aucune !

Image de soi...

Bien entendu, on l’aura compris, les personnes les plus douées pour réaliser ce genre d’expériences sont… les enfants. Les études sont formelles (…et ma modeste expérience vous confirme ce point). Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer si vous êtes adulte. J’ai renouvelé l’expérience maintes fois avec des groupes d’adultes, cela marche très bien. Beaucoup d’entre eux, en fait, se montrent vraiment émus en constatant qu’ils ont bien plus de capacités que ce qu’ils imaginaient au départ… et en réalisant que dès leur plus jeune âge ils s’étaient fourrés (avec ou sans l’aide d’autrui) de drôles d’idées dans le crâne sur ce sujet.

En tout cas, cela nous prouve une chose (si besoin était) :

Les enfants ont encore beaucoup de choses à nous apprendre !

« […] Un enfant peut toujours enseigner trois choses à un adulte :

– être content sans raison
– s’occuper toujours à quelque chose
– et savoir exiger – de toutes ses forces – ce qu’il désire. »

(Paulo Coelho, « La cinquième montagne »).

Pour de plus amples détails et informations, on se réfèrera avec profit aux travaux de Tony Buzan (abondamment distribués et commentés sur le net), ou de Bruno Furst (nettement moins connu, mais auteur d’un système étonnant dont je vous parlerai peut-être une autre fois).

N’hésitez pas non plus à me poser toutes les questions que vous voulez dans la partie « commentaires », j’y répondrai de mon mieux.

La prochaine fois, nous parlerons de développement personnel (car je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais il y a un rapport). J’en vois quelques-uns, là, dans le fond, qui sortent déjà leurs gousses d’ail et leurs crucifix :-). Qu’ils soient rassurés, ce n’est pas la peine…

Bien à vous,

Bernard

(À la mémoire d’Édouard Philippe, formateur exceptionnel qui m’a enseigné l’utilité des images « dynamiques, colorées et exagérées ». Pour cette raison et pour mille autres, je n’oublierai jamais le respect que m’a inspiré cet homme si étonnant, qui m’a transmis l’habitude de répondre « de mieux en mieux » à chaque fois qu’on me demande comment je vais… Essayez donc, vous serez surpris des réactions !)
 
filet
 
Post-scriptum  : Depuis cet article, j’en ai écrit un autre permettant de retenir non pas dix, mais cent éléments ! Oui, vous avez bien lu ! …C’est par ici que ça se passe
 

Apprendre mieux ? Episode 2 : Les grands principes

balayeur de blablas

  • Le mental vit dans un cercle vicieux. Il créé lui-même les problèmes et essaie ensuite de les résoudre

(Swami Prajnanpad)

Bonjour,

Dans un article précédent, je vous ai présenté le phénomène du Mieux-Apprendre. Je vais tenter aujourd’hui de vous donner une description plus détaillée de ce dont il s’agit.

Rappelons simplement que le but visé part de l’idée toute simple qu’on n’apprend jamais aussi bien que lorsqu’on ne s’aperçoit pas qu’on apprend.

Qu’il me soit permis de citer d’emblée le rôle essentiel joué par Bruno Hourst, sans qui je n’aurais jamais pu prendre connaissance de toutes ces choses-là (…et encore moins les appliquer !).

Bruno Hourst : une histoire étonnante

J’ai découvert (un peu par hasard, en 1998) que cet auteur avait une biographie étonnante : il s’engage tout d’abord dans la marine, et enseigne la navigation astronomique à l’École Navale, où il se passionne pour la pédagogie. Il est ensuite détaché auprès de l’Éducation Nationale en tant que professeur de mathématiques dans un lycée. Reprenant du service, il voyage sur de nombreux navires, puis devient pilote d’avion et d’hélicoptère tout en enseignant l’astronomie (une de ses nombreuses passions).

Après bien des péripéties (chacun sait que le meilleur des romans n’est qu’une pâle imitation de la vraie vie, pour peu qu’on sache la débusquer), il se met en tête de faire un tour du monde des pratiques pédagogiques innovantes (…rien de moins !). Il se lance donc dans des recherches sur des modes d’apprentissages originaux, à l’efficacité parfois inimaginable (réclamez-moi des exemples !), qui l’emmènent successivement en Australie, aux États-Unis, au Québec, au Tchad et dans plusieurs autres pays.

En collectant toutes ces informations, il a ainsi fait œuvre de « passeur » en permettant par exemple à un concept connu outre-Atlantique sous le nom d’Accelerative learning de traverser l’océan, puis d’être largement diffusé en Europe. Après y avoir apporté des aménagements et enrichissements de son cru, il lui donnera le nom de « Mieux-Apprendre » (ainsi l’idée de qualité prend le pas sur celle de rapidité, manière peut-être plus « européenne » de mettre en avant ce qui est efficace ? Toujours est-il que le point commun est qu’on fait plus, mieux, et en moins de temps. À chacun de déterminer l’expression qu’il préférera 🙂

Il publie pour la première fois les résultats de ses recherches dans un ouvrage désormais célèbre, intitulé Au bon plaisir d’apprendre en 1998, ouvrage qui donne un aperçu de nombreuses techniques et de leurs incontestables bénéfices.

Euh… j’ai droit à une touche personnelle ?

Permettez-moi ici de glisser une touche plus personnelle, en précisant que la découverte de ce livre (réédité de nombreuses fois depuis lors) a radicalement changé ma vie de formateur. Le fait de trouver dans un livre, publié chez un éditeur reconnu, les principes sur lesquels j’appuyais ma pratique pédagogique (qui, à l’époque, s’était construite  100% « à l’instinct ») m’a libéré de l’île déserte que j’avais l’impression d’habiter (…comme beaucoup d’entre nous, apparemment, si l’on en juge par exemple d’après le mouvement suscité récemment par l’annonce du MOOC ITyPA…).

En effet, je me suis complètement reconnu dans cette manière de voir et de fonctionner, à tel point que je n’ai eu de cesse que de rencontrer ce personnage si surprenant… Ce que Bruno Hourst a non seulement accepté très simplement et très gentiment, mais il a fait bien plus que cela, en me faisant l’amitié de me faire partager en grande partie le fruit de ses recherches, et en acceptant spontanément de me venir en aide (je pataugeais à l’époque dans la préparation laborieuse d’une séquence de formation de formateurs), alors que c’est paré du seul titre de simple « soutier » de la formation que je m’étais permis de prendre contact avec lui.

Non seulement il m’a très favorablement accueilli, mais il m’a fait l’honneur de me transmettre une grande partie de ses connaissances, allant jusqu’à m’inviter à suivre plusieurs de ses séminaires en tant qu’auditeur libre, tout ceci sans jamais me demander la moindre contrepartie que ce soit ! Par la suite j’ai même animé moi-même plusieurs de ces séminaires-là, toujours sous la houlette débonnaire de ce monsieur hors du commun dont j’apprécie aujourd’hui encore la compétence, la gentillesse et surtout la simplicité. De son côté, Bruno a publié depuis de nombreux autres ouvrages :

Bibliographie de Bruno Hourst

  • Au bon plaisir d’apprendre. Bruno Hourst. InterEditions, 1997-2008. ISBN 978-2729609382
  • Former sans ennuyer : Concevoir et réaliser des projets de formation et d’enseignement. Bruno Hourst. Editions d’Organisation, (2007). ISBN 978-2-212-53937-0
  • Modèles de jeux de formation : Les jeux-cadres de Thiagi. Bruno Hourst et S.Thiagarajan. Editions d’Organisation, (2007). ISBN 978-2-212-53937-0
  • À l’école des intelligences multiples. Bruno Hourst. Hachette Education, juillet 2006. ISBN 978-2-01-170898-4
  • J’aide mon enfant à mieux apprendre. Bruno Hourst. Eyrolles, janvier 2008. ISBN 978-2-212-54038-3
  • Management et intelligences multiples : La théorie de Gardner appliquée à l’entreprise. Bruno Hourst et Denis Plan. Dunod, octobre 2008. ISBN 978-2-10-052158-6

Il serait dommage de refermer cette notice bibliographique sans souligner un paradoxe qui, bien que j’y sois habitué, n’en reste pas moins curieux : Tous ces ouvrages sont largement diffusés dans toutes le bonnes librairies, et font de Bruno Hourst un auteur qui a aujourd’hui bien plus qu’un succès d’estime. Ce succès (largement mérité à mes yeux) fait de lui un auteur incontournable pour des milliers de lecteurs, qu’ils soient simples curieux, ou encore issus du monde de l’entreprise, de la formation professionnelle, de l’éducation…

…En revanche, ces mêmes ouvrages sont totalement négligés par la plupart de ceux qui disent habituellement la messe en matière de pédagogie ! Pour en avoir une illustration, recherchez l’expression « littérature grise » (qui m’avait fait – qui me fait toujours – bondir) dans mon article précédent.

Les grands principes du Mieux-Apprendre

Ah, tout de même, ces fameux principes, en quoi consistent-ils donc, va-t-il encore nous faire languir longtemps, celui-là ? … vous entend-je piaffer  🙂

Précisons tout d’abord qu’ils ne doivent en aucun cas être considérés comme je ne sais quel dogme, catéchisme, bible, ou que sais-je encore… Il ne s’agit que d’idées générales, mais toujours en prise avec le concret, agrégées au fil du temps (…et toujours avec le sourire) par toute une galaxie de personnes séduites par l’idée que le concept d’open source ne devait pas être réservé au seul monde du logiciel (…des connectivistes avant l’heure, si on voudra 🙂 ).

Autre précision importante : tous ces principes traversent chaque jour l’épreuve des faits ! Si jamais en lisant ceci vous éprouvez un ressenti de l’ordre de « Cela ne pourrait jamais s’appliquer à mon domaine d’enseignement » ou encore « C’est toujours pareil, ils sont marrants, eux, ils ne connaissent pas l’enfer de ma situation de travail », dites-vous bien que je vous comprends, que vous n’êtes pas le premier ou la première à réagir ainsi. En pareil cas, n’hésitez pas à me faire connaître vos éventuels agacements dans vos commentaires, je serai heureux d’y répondre dans la mesure de mes compétences.

Il n’en reste pas moins que ces principes-là (injustement méconnus, pour beaucoup d’entre eux, même si la « bonne parole » 🙂 a tendance à se répandre, lentement mais sûrement) sont en effet appliqués quotidiennement, avec succès, que ce soit dans des stages en entreprise, ou dans l’enseignement dit « initial », de l’école maternelle à l’université, un peu partout dans le monde. Ils ne font certes pas de miracle, mais sont en général plus que bénéfiques pour quiconque ose franchir le pas, et tout en étant diablement efficaces, rendent de surcroît la vie beaucoup plus agréable à tous, enseignants/formateurs, mais aussi apprenants ! Les voici en résumé :

  • Nous avons tous des capacités spectaculaires
    Les capacités d’un être humain sont bien supérieures à ce que l’on considère habituellement comme normales. Ceci est particulièrement vérifiable pour ce qui concerne nos « capacités à apprendre ». Tout apprentissage doit tenir compte des opinions restrictives des apprenants sur leurs propres capacités, et aussi de celles des enseignants/formateurs sur les capacités de leurs apprenants
  • Tout ce qui ne fait pas sens « ressort par l’autre oreille »
    On apprend mieux lorsque ce que l’on apprend a un sens pour nous, et encore mieux lorsque l’on prend plaisir à apprendre.
  • Attention, la question des « efforts » doit être manipulée avec de longues pincettes !
    Il est très important de distinguer l’effort volontaire (parce que justement porteur de sens, voir ci-dessus) de l’effort imposé par des contingences extérieures. La célèbre sentence « Doit faire des efforts » n’en tient en général aucun compte, et ne fait qu’accroître les inégalités (nous y reviendrons).
  • Il faut remettre le bon sens au centre de la pédagogie 🙂
    Ce n’est pas en se « réfugiant dans l’analyse » que pédagogues et formateurs trouveront des solutions concrètes aux problèmes qu’ils rencontrent tous les jours dans l’exercice de leur profession. Et ce n’est pas en non plus appliquant à la lettre les méthodes assénées par des professeurs Diafoirus (qui ne sont plus allés « au charbon » depuis des lustres… voire qui ont fui ledit charbon… ou ne l’ont même jamais connu) que nous avancerons d’un pouce. Certes, la théorie a droit de cité, mais il est grand temps de la remettre à sa juste place. Les principes du Mieux Apprendre, quant à eux, relèvent pour la plupart d’un simple bon sens trop souvent oublié. Vous voulez un exemple de ce que j’appelle le bon sens en pédagogie ? Allez donc lire ce passionnant article de Thiagi (le génial concepteur des « Jeux-Cadres »…
  • Les « croyances limitantes » empêchent tout le reste de fonctionner correctement
    Si je ne suis pas persuadé d’avoir « tout ce qu’il faut en stock », dans ma p’tite tête, pour apprendre, je n’apprendrai rien. Vous pouvez investir dans le meilleur équipement de plomberie, installé par les meilleurs spécialistes, il n’en reste pas moins vrai que si un caillou bouche le tuyau, l’eau ne coulera pas ! Remarque : dans une énorme proportion, ce « tout ce qu’il faut » tourne autour des croyances limitantes que l’apprenant a sur ce qu’il appelle « son intelligence » et « sa mémoire » (enfants et adultes, tous dans le même bateau, ces croyances-là ont la vie dure, croyez-moi !).
  • Quand on va apprendre quelque-chose, on ne laisse pas notre personnalité à l’extérieur, sur un porte-manteau
    Apprendre est un processus qui met en œuvre l’ensemble de la personne, en particulier le conscient et l’inconscient, le corps, les émotions. Ainsi, l’environnement d’apprentissage (Remarque : il ne s’agit pas ici du grand totem d’Environnement Personnel d’Apprentissage qui a fait couler beaucoup « d’encre à clavier 🙂 , si l’on peut dire» ces derniers temps, mais plus largement d’environnement physique, émotionnel, social, mental). Cet environnement-là  joue un rôle important dans la qualité de l’apprentissage ; et ceci quels que soient les moyens utilisés pour mesurer ladite qualité.
  • Le Q.I. c’est de l’arnaque !
    Il n’y a pas d’intelligence absolue qui serve d’étalon ou de référence (à travers des tests) pour mesurer l’intelligence d’un être humain ; on peut considérer l’intelligence de chaque personne comme formée d’un faisceau d’intelligences qui lui est propre (Cf. les travaux d’Howard Garner sur les intelligences multiples).
  • Le « rendement » d’un apprentissage est souvent comparable à celui d’un bon jeu vidéo.
    On apprend mieux lorsque l’on est dans un état de détente concentrée ; ce « juste milieu » entre les deux extrêmes que sont stress d’un côté, et ennui de l’autre. Les concepteurs de jeux vidéo appellent ça le « flow ».
  • Merci les neurosciences !
    Une meilleure connaissance du fonctionnement du cerveau permet d’améliorer la qualité d’un apprentissage. Ainsi, les neurologues défrichent de jour en jour des pans entiers de la manière dont fonctionne le cerveau humain en situation d’apprentissage. Ils nous (ré)apprennent notamment que les émotions (notamment l’humour), le travail en coopération, le mouvement (en particulier les mouvements croisés), les arts (et tout particulièrement la musique) jouent un rôle essentiel dans tout apprentissage, comme source d’énergie et de motivation , et – qui plus est – favorisent la mémoire à long terme.
  • Apprendre, c’est pour tout le monde…
    Tout le monde peut avoir accès au savoir, quel que soit son âge, son origine, son milieu social… Les choses qui comptent avant tout sont la motivation, la curiosité, un climat favorable et un minimum de confiance en soi de la part de l’apprenant… mais aussi de l’enseignant/formateur !
  • …Mais « tout le monde est différent 🙂 »
    Chaque personne a un mode préférentiel d’apprentissage, qu’il est important de prendre en compte (…mais si, c’est possible !). Ainsi, dans les situations d’apprentissage, tout ce qui permet de « faire mouche » à tous les coups en « balayant large » au niveau des perceptions sensorielles et neurologiques est bon à prendre. Un excellent exemple : le mind mapping.

Bien entendu, je développerai plusieurs des paragraphes exposés ci-dessus dans les prochains articles à paraître sur ce blog.

Voilà. Comme vous avez pu le constater, il n’y a là rien de bien méchant, et tout ceci n’est après tout qu’une question de bon sens (…je vous avais prévenus ! :-)). Si d’aventure vous vous exclamez « C’est tout ? …Ils n’ont rien inventé, moi je fais ça couramment ! », eh bien tant mieux pour vous, j’en suis très sincèrement heureux ! En même temps, il faut bien voir que tout cela suppose un grand coup de balai sur pas mal d’idées reçues qui ont aujourd’hui encore la vie dure. Avec, pour commencer, celle selon laquelle les êtres humains seraient faits non seulement pour enfanter dans la douleur (?!), mais aussi pour apprendre dans la douleur, voire d’atroces souffrances (…re-!?). Autre idée reçue à laquelle je me fais un plaisir de tordre le coup à chaque fois que l’occasion s’en fait ressentir : Ce qui fonctionne (ce qui fait ses preuves, si on veut) doit nécessairement être complexe… Ben voyons ! 🙂

Un exemple concret

J’avais promis de donner ici des exemples concrets de séquences utilisant les principes du Mieux-Apprendre, directement exploitables en situation d’apprentissage. Commençons dès aujourd’hui, si vous voulez bien. Il s’agit d’un jeu pédagogique  que j’appelle « Cinq questions pour des champions ». Il est issu d’un « Jeu -Cadre » de Thiagi (j’y reviendrai). Je vous assure que je l’ai utilisé (et vu utiliser) dans des tas de circonstances d’apprentissage très différentes les unes des autres. Pour que cela fonctionne, il suffit d’un chose… cette petite chose, c’est beaucoup et c’est bien peu, comme disait le chanteur. Et cette chose c’est…

…O-ser ! 🙂

Voilà. Le lien se trouve ici, dans un article que j’avais publié naguère dans un ancien blog. Soyez rassurés, je ne compte pas m’en tenir là, il y aura d’autres ressources à l’avenir. Lesquelles ? Eh bien cela dépendra pour une large part de la teneur de vos commentaires ! A vos claviers, donc… Ma souris et moi vous attendons de pied ferme, avec plaisir.

Bien à vous,

Bernard

Apprendre mieux ? (découverte de la grande galaxie du mieux-apprendre)

Que sait-il de l’amour, ton cerveau, pauvre Luis ? Rien. Il sait, par ouï-dire, que l’amour existe mais il ne sait pas le goûter. Que sait-il d’une pomme ? Son poids, sa couleur, sa chimie. La formule chimique d’une pomme nourrit-elle ? Non, mais le cerveau s’en moque. Il ne se nourrit pas de pommes, il se nourrit d’informations. Il les stocke, il les accumule, il les empile, il les interprète, il s’en bâtit des systèmes, des romans, des euphories et des angoisses. Il ne vit pas, il fonctionne. (Henri GOUGAUD : « Les sept plumes de l’aigle ».)

Bonjour,

Cet article est le tout premier d’une série consacrée au phénomène du mieux-apprendre.

Quand on s’intéresse aux grands courants de la pédagogie, on a coutume de citer le cognitivisme, constructivisme, le socio constructivisme, le behaviorisme… que sais-je encore ?

Ces différents courants sont dûment répertoriés, homologués, labellisés et étiquetés… mais par qui ?

…Eh bien, c’est simple : par de doctes personnes dont la principale mission consiste à répertorier, homologuer, labelliser et étiqueter des choses. Or, pendant ce temps-là, le monde bouge, évolue, et tout un pan de la réalité de situations d’apprentissage se développe, croît et existe tout tranquillement en parallèle, à côté du reste. Dans un certain nombre de cas, cela se produit sans que nos chers répertorieurs-homologueurs-labelliseurs-étiqueteurs ne paraissent le moins du monde concernés !

Littérature grise…

Lorsqu’il m’est arrivé d’en croiser (essentiellement à la fac) et de leur montrer des ouvrages portant sur ces sujets-là et expliquant ce qui s’y passe, la très grande majorité  de mes professeurs m’opposaient en général une fin de non-recevoir, sans même daigner jeter le moindre regard là-dessus, au motif que cela appartenait à ce qu’ils appelaient très joliment de la « littérature grise » !

Pour les non-initiés, je précise que la littérature grise, dans la bouche des répertorieurs-homologueurs-labelliseurs-étiqueteurs, désigne tout ce qui se publie en-dehors des revues universitaires. Voilà en effet une manière plutôt cavalière, mais fort commode, de laisser dans l’ombre une bonne part du réel, tout en permettant de rester dans l’entre-soi de tous ceux qui – certes – ont compris tout l’intérêt qu’il peut y avoir à se réfugier dans la réflexion… parfois même jusqu’à aller se retrancher le plus loin possible de l’action.

De bien tristes prestidigitateurs

Bien entendu, je ne parle pas ici de l’ensemble des professeurs d’université, loin s’en faut, mais tout de même d’une bonne partie d’entre eux qui (hélas) tient le plus souvent « le haut du pavé », comme on dit. Ces personnes-là ont une fâcheuse tendance à repousser d’un revers de main, et sans aucun état d’âme, tous les faits qui ne concordent pas avec leur sacro-sainte « validité scientifique » du moment. Le fameux classement de Shanghaï (sur les universités dans le monde) les place-t-il dans une position délicate, au motif que notre pays – pourtant inventeur de l’université ! – est en train de tomber en chute libre dans ce classement  ? Que nenni, il suffit de déclarer que les critères de ce classement ne sont pas appropriés, et hop, le tour est joué !

Au procès de Galilée, ils étaient déjà là, pour déclarer sans rire « …que les météorites ne peuvent pas être des pierres qui tombent du ciel, puisqu’il n’y a pas de pierres dans le ciel ».

Tous les jours, en pédagogie des adultes notamment (oui, je sais, il faudrait théoriquement que j’emploie le terme « andragogie », mais voyez-vous comme c’est bête, il est important pour moi de me faire comprendre du plus grand nombre, quitte à prendre le risque de chagriner tous les Diafoirus du moment…) Tous les jours, disais-je, ces concepts sont utilisés par des centaines de milliers de personnes. Pour vous en persuader, rendez-vous chez votre libraire préféré.. quittez le rayon « Pédagogie » et approchez-vous des rayons intitulés « Entreprise », « Vie pratique », voire « Développement personnel » (Remarque : si d’aventure un ou plusieurs de ces mots vous donne des boutons, aucun souci, retournez donc vous réfugier bien au chaud dans vos bonnes vieilles habitudes 🙂

Je vais vous confier une chose toute bête : Quand j’ouvre un livre traitant de pédagogie, et que ça jargonne du début à la fin (alors même qu’aujourd’hui j’ai assimilé une grande partie de ce jargon), je ne peux pas m’empêcher de me dire que – de l’auteur ou du lecteur – l’un des deux au moins a un gros problème. Et devinez pour qui je tranche, en général, mmmmh ?

Alors c’est vrai, le courant pédagogique dans lequel je me reconnais et m’épanouis le plus passe le plus souvent à la trappe et, du coup, se retrouve injustement ignoré des nombreuses personnes de bonne volonté désireuses de s’intéresser aux choses de la pédagogie, lesquelles passent nécessairement par le prisme quasi obligé de la doxa (mais oui, vous savez, les « milieux autorisés », comme disait Coluche, qui avait compris bien des choses) ! Fort heureusement, aujourd’hui internet est là, pour le meilleur et pour le pire, et il contribue dans bien des domaines à fissurer quelques édifices, et à faire parfois bouger les choses (Dieu merci, je ne suis certes pas le premier blogueur à parler de ces choses-là !).

Pour ma part, le mieux-apprendre est ce qui m’anime et m’aide à faire de tous mes face-à-face pédagogiques de purs moments de bonheur, pour moi et (je l’espère !) pour mes apprenants.

Ce que, faute de mieux, nous appellerons « ce courant » part du principe tout bête qu’on n’apprend jamais aussi bien que lorsqu’on ne s’aperçoit pas qu’on apprend, et qu’à l’instar de Bergson, « Il n’y a pas d’idée (philosophique ou non), si profonde ou si subtile soit-elle, qui ne puisse et ne doive s’exprimer dans la langue de tout le monde. » Son plus grand ennemi est également celui de plein de générations d’enfants. Il s’appelle l’ennui.

Courant ou galaxie ?

Le mieux-apprendre est issu du courant anglo-saxon de l’Accelerative Learning (tiens, les anglophones seront surpris de la moisson qu’ils récolteront, juste en googlant cette expression), qui est maintenant très largement utilisé dans le milieu des entreprises et de la formation personnelle (mais toujours plus ou moins marginalisé par l’université !).

Les fans du mieux-apprendre n’ont en général pas le sentiment de faire partie d’une école, d’une chapelle, et encore moins d’une approche théorique, et ceci pour une raison bien simple : ils s’intéressent bien plus à des notions telles que le bon sens ou l’humour (vecteurs d’apprentissage extrêmement puissants, comme on le verra dans le prochain article).

En général, ils préfèrent dire qu’ils font partie d’une « galaxie », vous savez, cette structure en spirale tournant autour d’un noyau dur, lequel n’est jamais plus qu’un objectif vers lequel on tend…

Ainsi, le mieux-apprendre ne passe pas par les fourches caudines de notre belle Université, pour le simple motif que toute cette galaxie « pas vraiment orthodoxe » n’hésite pas à « picorer » ici et là de nombreuses techniques ou méthodes qui n’ont pas forcément droit de cité chez nos doctes chercheurs. Cela n’empêche pas toutes ces petites « planètes » d’être réutilisées avec succès un peu partout dans le monde, tout simplement par les millions de petites (et moins petites) mains qui vivent dans le cambouis du réel, aussi bien dans le milieu de l’entreprise (formation professionnelle, mais aussi brainstorming, techniques de résolution de problèmes, ou plus généralement ressources humaines), de l’enseignement, de l’éducation des jeunes enfants (allez donc voir du côté des pédagogies dites « décalées ») … jusqu’aux nombreux parents qui de par le monde s’intéressent à la manière dont ils peuvent efficacement venir en aide à leurs enfants pour les devoirs à la maison !

L’exemple du Mind Mapping

Un exemple de ces galaxies ? Le Mind Mapping, mais oui, amis connectivistes, vous avez bien lu ! Le Mind Mapping popularisé par les ouvrages de Tony Buzan, est depuis de nombreuses années largement utilisé, promu, encouragé par les fans du mieux-apprendre. L’époque où il fut à son tour utilisé, repris, et même (…parfois exagérément)  encensé par les « pédagogues patentés » est beaucoup plus récente. Qu’importe, c’est avec bonheur que j’ai vu tant de personnes, blogs, méthodes pédagogiques s’approprier et diffuser cette technique (propriétaire de personne, faut-il le rappeler ?)… technique qui (pour ma part) m’a été enseignée il y a déjà fort longtemps !

Si le terme « Mind Mapping » ne vous dit rien, voici la liste des synonymes les plus couramment employés :

      • Arbre de connaissance
      • Carte Cognitive
      • Carte Conceptuelle
      • Carte euristique
      • Carte heuristique
      • Carte mentale
      • Carte sémantique
      • Constellation d’idées
      • FlowChart
      • Learning Map
      • Mind Map
      • Mind Mapping
      • MindChart
      • MindCluster
      • Mindmapping.
      • Mindscape
      • Schéma euristique
      • Schéma heuristique
      • Topogramme.

La longueur de cette liste vous surprend ? Eh bien, dites-vous bien que cela peut être aussi un signe de bonne santé pour le mind mapping, qui par nature a du mal à se laisser classifier, étiqueter, etc… La liberté est parfois à ce prix 🙂

Ressources sur le mieux-apprendre : comment s’y retrouver dans cet univers « open source » ?

Je reparlerai plus en détail du mind mapping prochainement. Pour ce qui concerne le mieux-apprendre, voici quelques premiers jalons, bons points de départ pour ceux qui seraient en recherche de ressources. Il suffit en effet de googler la plupart des noms apparaissant ci-dessous pour se faire une première idée, tout en gardant bien à l’esprit que les noms cités ici désignent parfois des contributeurs… bien involontaires ! En effet, non seulement le mieux-apprendre est une galaxie, mais c’est aussi un gigantesque Lego dans lequel chacun peut venir puiser à sa guise, ce qui ne nuit aucunement à son efficacité, bien au contraire… tenez, pensez donc à ce qu’est Linux pour le monde des informaticiens 🙂

Quelques noms Commentaires, explications, champs de recherche ou d’application
Tony Buzan Né en 1942, c’est un psychologue anglais connu pour être le créateur du concept de carte heuristique, mas également plusieurs techniques dites de mémorisation totale (SEM3 et « Grand système »)
Georgi Lozanov Médecin et psychothérapeute bulgare (1926-2012). Considéré comme un des pères fondateurs, il est décédé depuis peu. Travaux sur la mémoire et les différents facteurs « facilitateurs » d’apprentissages. Voir http://dr-lozanov.com/
Roger Sperry, Paul Mc Lean et tous les spécialistes des neurosciences. Tout ce que les neurosciences peuvent nous apprendre sur la manière dont se font les acquisitions fait bien entendu le miel des fans du mieux-apprendre, qui s’efforcent d’utiliser toutes ces découvertes dans des applications bien concrètes.
Howard Gardner Né en 1943, Gardner  travaillait à l’origine sur les lésions cérébrales et leurs conséquences. il est aujourd’hui le père de la théorie des intelligences multiples. Il enseigne à l’université de Harvard
Edward de Bono né en1933 à Malte, psychologue et médecin spécialiste en sciences cognitives. Il est connu pour avoir promu la notion de « Pensée latérale ».
Bruno Fürst Bruno Fürst (1891-1965) fut le plus créatif, imaginatif, inventif et fabuleux des facilitateurs  mnémotechniques. Le mieux est d’aller voir cet exemple… (cherchez le titre « La ressource »)
Sivasailam Thiagarajan, alias Thiagi Inventeur génial et pétillant du concept des « Jeux-Cadres » (qui, du moins à mes yeux, ont un lien de parenté criant avec les serious games), Thiagi est aujourd’hui mondialement reconnu.

Voilà. Dans un prochain billet, je me propose de vous parler de Bruno Hourst (qui est le meilleur vulgarisateur, au meilleur sens du terme, de toutes ces notions pour un public francophone). Je vous ferai également partager quelques principes et exemples de ce qu’est le mieux-apprendre, très concrètement.

À bientôt !

Non, l’ennui n’est pas une fatalité…

Ah là là, que d'émotions...

Dans mon dernier billet je vous faisais part de mes sentiments mitigés après trois séances MOOC ITyPA.

J’y évoquais ce qu’il faut bien appeler l’ennui que je ressentais de plus en plus lors du visionnage des dernières séances, après l’enthousiasme des débuts. Plusieurs personnes ont eu la gentillesse de me faire part de leurs propres réactions, sur ce blog ou ailleurs, en me suggérant parfois de mettre un peu d’eau dans mon vin, au motif que, bah, quand on assiste à un cours on s’ennuie forcément un peu, que si on s’ennuie il faut s’occuper utilement en prenant des notes, et qu’après tout il faut bien « faire avec » parce que… parce que c’est un peu la loi du genre.

Aussi j’aimerais aujourd’hui vous raconter une histoire… vraie .

 

Histoire d’un vieux monsieur

Un vieux monsieur s’installe à une table de conférence, face à un parterre de chercheurs en intelligence artificielle. Il parle pendant une heure. Il est filmé par une caméra fixe. Pas vraiment générateur d’engouement comme dispositif. Et pourtant…

…Pourtant un silence religieux se fait immédiatement, dans un climat d’attention bienveillante et détendue. Et le vieux monsieur parle toujours, très simplement, avec des mots de tous les jours, bien que s’adressant à un public averti. Et moi, pauvre clampin derrière son petit PC, je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase amusante de l’écrivain norvégien Gunnar Staalesen : « Les tableaux aux murs, tous dans des cadres dorés, étaient dus à des peintres si renommés que même moi j`arrivais à les reconnaître. »

Mais revenons à notre vieux monsieur. Sans jamais se départir d’un sourire lumineux (parce qu’authentique), il nous donne de précieux éclairages sur un sujet qui le passionne, et qui me passionne également, à tel point que j’ai pris l’habitude de visionner régulièrement cette conférence, que je connais presque par cœur maintenant, et bénis ceux qui ont eu le bon goût de l’enregistrer, puis de la mettre à disposition sur Vimeo.

Les premières fois j’étais tout simplement scotché à mon fauteuil par la poussée gravitationnelle. Space Mountain à côté, c’est de la bibine. C’est émouvant de se sentir ainsi tiré vers le haut. Émouvant parce qu’il est somme toute assez rare de ressentir avec une telle jubilation le plaisir d’apprendre et de comprendre.

Aucune envie de zapper sur d’autres onglets de mon navigateur… Aucune envie de prendre des notes non plus, enfin, la première fois du moins. Quelque-chose me dit que même ceux qui ont en général la bougeotte en pareil cas se comporteraient tout autrement ici… Allez, je prends le pari que même Christine Vaufrey, qui a eu la gentillesse de confier ici qu’elle était sujette à ce virus, ne bougerait pas un cil 😉

Le vieux monsieur continue de parler. Il présente simplement le plan de son intervention, chaque « chapitre » a droit à son introduction, son développement, sa conclusion en bonne et due forme, et même une petite phrase qui fait impeccablement le lien entre ce qui précède et ce qui va suivre. Il y a là un vrai souci de nous prendre par la main, en douceur, de ne jamais nous perdre, sans avoir l’air d’y toucher. Vous savez, un peu comme le si rassurant petit rond bleu « Vous êtes ici » qu’on voit parfois sur les plans de ville affichés dans la rue… Pourtant, pas une seule fois on ne voit le monsieur consulter ses notes !

Ah, les notes, parlons-en : les autres fois, en re-visionnant la conférence, je n’ai pas pu résister à la tentation d’en prendre, des notes, histoire de pouvoir m’en repasser quand même une petite couche pendant les moments où je dispose de moins de temps. À toutes fins utiles, j’ai mis ça dans un dossier public sur un bout de cloud, si ça vous intéresse servez-vous.

Voilà. C’est terminé. Le vieux monsieur a fini de parler. Toute la salle l’applaudit, longtemps, debout. Lui regarde tous ces gens avec émotion et gentillesse, un peu gêné, tout en dodelinant doucement de la tête pour les remercier de leur attention. À ce moment précis, ce n’est plus un vieux monsieur, c’est un tout jeune homme.

Cela se passe en décembre 2007, pour les 40 ans de l’INRIA. La conférence s’intitule « Les nouvelles technologies, révolution culturelle et cognitive ».

Le monsieur s’appelle Michel Serres.

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