Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

Archives du tag “philosophie”

Un rôle bien particulier…

Attends-moi, cher dauphin, j'arrive !

J’avais le trac, tout simplement. Comme toutes les formes de nervosité exacerbée, il naît d’une appréhension irrationnelle commune à tous les êtres humains, en particulier les adultes : celle d’être « démasqué », de trahir par quelques mots mal choisis l’intrinsèque supercherie de sa position d’autorité, de révéler au monde entier que l’on ne croit pas soi-même une minute à ce que l’on prétend être.

J’ai fermé les yeux une seconde en me disant que je devais continuer à tenir mon rôle sur scène, coûte que coûte, puis je me suis retournée pour faire face à ma classe.

— Bien, commençons.

Douglas Kennedy, « Quitter le monde », 2009, Belfond, p. 209

 

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Rapports parents-enseignants-élèves : Lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils

Les rapports entre parents, enseignants et élèves sont une chose qui ne va pas de soi. De plus en plus souvent, ils finissent par prendre la forme ce qu’on appelle un triangle dramatique. Force est de constater que de nos jours l’enseignement est de moins en moins sacralisé, et à plus forte raison les enseignants…

Sans nous en rendre compte, presque sans transition, nous nous sommes brutalement retrouvés plongés dans une époque singulière à bien des égards. Il n’est pas si loin de nous, ce temps où les parents d’élèves avaient pour habitude de « doubler le tarif » de la moindre sanction infligée à leur progéniture sans même prendre la peine de savoir de quoi il retournait, par un réflexe de solidarité sans faille envers l’instituteur, qui se retrouvait de ce fait investi de tous les pouvoirs.

Aujourd’hui, il semble que nous ayons basculé sur une toute autre planète. Ainsi que l’écrivait Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la république dans son dernier rapport, «[…] nous sommes entrés dans de nouveaux rapports aux autresOn veut tout, tout de suite. On a du mal à se soumettre aux règles du collectif. Alors, des tensions binaires apparaissent partout :  magistrats-justiciables ; soignants-soignés… professeurs-élèves ».

Interrogé à plusieurs reprises sur ce dernier point,Jean-Paul Delevoye a déclaré en substance qu’ en tant que parents, notre vision de l’enseignement et le regard que nous portons sur les enseignants a tellement changé qu’aujourd’hui nous n’attendons plus nécessairement d’un enseignant qu’il soit pédagogue, mais plutôt qu’il « mette 20 sur 20 à notre enfant, afin que celui-ci soit mieux armé à affronter la dure vie qui l’attend »… Tout est dit.

Ainsi, ce pauvre enseignant est de plus en plus souvent considéré comme un simple prestataire de services, censé tenir le plus grand compte de la moindre de nos injonctions qu’il devrait appliquer sur le champ sans discussion possible. Ce n’est pas difficile de l’imaginer : certains d’entre eux reçoivent ainsi des courriers de parents contenant les requêtes les plus surréalistes qui soient.

Autres temps, autres mœurs… Maintenant, si vous le voulez bien, je vous propose un voyage dans le passé, un saut de plusieurs générations allant… jusqu’au XIXe siècle. Vous trouverez sous ces lignes la transcription d’une lettre qui aujourd’hui peut sembler étrange à bien des égards. Elle aurait été expédiée par Abraham Lincoln (1809-1965), 16e président des États Unis, à l’attention du professeur de son fils. Je vous laisse découvrir ça :

left_guillemet._transIl aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, ne sont pas tous sincères.

Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros; que pour chaque politicien égoïste, il y a un dirigeant dévoué…

Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami.

Éloignez-le de l’envie, si vous pouvez, enseignez-lui le secret d’un rire apaisé.

Qu’il apprenne de bonne heure que les despotes sont les plus faciles à flatter…

Enseignez-lui, si vous pouvez, les merveilles des livres…

Mais laissez-lui un peu de temps libre pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel, des abeilles au soleil, et des fleurs au flanc d’un coteau vert.

À l’école, enseignez-lui qu’il est bien plus honorable d’échouer que de tricher…

Apprenez-lui à avoir foi en ses propres idées, même si tout le monde lui dit qu’elles sont erronées…

Apprenez lui à être doux avec les doux, et dur avec les durs.

Essayez de donner à mon fils la force de ne pas suivre la foule quand tout le monde se laisse entraîner…

Apprenez-lui à écouter tous les hommes mais apprenez-lui aussi à filtrer tout ce qu’il entend à travers l’écran de la vérité, et à en recueillir seulement les bonnes choses qui passent à travers.

Apprenez-lui si vous pouvez, à rire quand il est triste…

Apprenez-lui qu’il n’est aucune honte à pleurer.

Apprenez-lui à se moquer des cyniques et à prendre garde devant une douceur excessive…

Apprenez-lui à vendre ses muscles et son cerveau au plus haut prix, mais à ne jamais fixer un prix à son cœur et à son âme.

Apprenez-lui à fermer les oreilles devant la foule qui hurle et à se tenir ferme et combattre s’il pense avoir raison.

Traitez-le doucement, mais ne le dorlotez pas, parce que seule l’épreuve du feu forme un acier fin.

Qu’il ait le courage d’être impatient et la patience d’être courageux.

Apprenez-lui toujours à avoir une immense confiance en lui-même, parce que dès lors, il aura une immense confiance envers l’Humanité.

C’est une grande exigence, mais voyez ce que vous pouvez faire…

Il est un si bon garçon, mon fils !right_guillemet_trans

En guise de vœux…

Bonjour,

Pour tout vous dire, j’étais en train de vous concocter des vœux circonstanciés pour 2014, lorsque j’ai reçu un message bouleversant qui m’a incité à remballer les vœux que j’avais prévus et qui, du coup, m’ont paru bien dérisoires . Le message en question provient d’une amie dont je tairai le nom. Toutefois je me permets de vous en transmettre la teneur sous ces lignes :

_

 Alors voilà, une nouvelle année commence, je me disais que je boycotterais (?) les vœux… Trop répétitif, banal, trop ci, trop ça…

Et j’apprends à l’instant le décès d’un de mes cousins hier. Alors je revois ma position, avec beaucoup de tristesse et de peine pour sa maman pour qui ces vœux paraîtraient bien dérisoires, et puis je pense à vous qui êtes là, à qui je pense parce que moi aussi je suis encore là.

Alors ? Vie de m… ou bonne année ? A-t-on le choix ? Du coup il me parait urgent de vous souhaiter sincèrement de profiter de ces jours qui arrivent… Des 365 ! Qu’ils soient beaux, maussades ou carrément nuls, vivez-les, et regardez la vie, la vôtre. Celle que vous projetez n’a que l’air d’être belle et celle qui vous rattrape avec nostalgie l’était sûrement.

Mais celle-là, vous avez encore le choix de la trouver pas si mal que ça. Savourez-la.

Je vous embrasse. 

Nous sommes tous des aveugles à l’intérieur d’une boîte noire

Le 12 janvier 2002, je démarrais un cursus de développement personnel qui allait durer deux années, lesquelles comptent encore aujourd’hui parmi les plus importantes de ma vie. Ce jour-là, nous étions une vingtaine d’inconnus réunis autour d’une animatrice qui nous expliquait (entre autres) que le développement personnel est une chose qui permet à chacun d’entre nous de devenir plus tolérant.

Ben tout de même, si j’avais besoin d’être plus tolérant, je m’en serais rendu compte, non …?

« Tolérant ? Quel besoin ai-je de devenir plus tolérant ? Je n’ai pour ma part aucun problème avec la tolérance. La preuve : lorsque je dépose un bulletin de vote dans une urne, je ne donne jamais mes suffrages aux candidats populistes ! »

…Voilà ce que je me souviens fort bien avoir pensé à ce moment-là, sans rire. Par la suite, les occasions de me remémorer cet épisode en étant rouge de confusion ont n’ont pas manqué. Elles ont été fort nombreuses et riches d’enseignements, je n’ai pas peur de l’avouer.

En effet, chacun d’entre nous estime le plus souvent être tout naturellement pourvu d’une espèce de « juste milieu » en matière de tolérance, comme il en va de même à propos de nombreux autres sujets. Oui, j’écris « juste milieu » parce que, n’est-ce pas, il ne faut pas exagérer non plus, pas vrai ?

« Ah, ces américains… »

Prenons un exemple de flagrant délit d’intolérance ordinaire : combien de fois n’ai-je pas entendu proférer de jugements définitifs et à l’emporte-pièce à propos des américains (comprenez « états-uniens ») ? En effet, il m’est arrivé d’entendre certaines personnes affirmer tranquillement et sans faire dans la dentelle que « Les américains sont ceci… les américains sont cela… ». Et quand je m’en étonne, en demandant « …Ah bon, TOUS les américains ? », mes interlocuteurs me regardent en général d’un air désolé, comme s’ils avaient affaire à un non comprenant, et admettent du bout des lèvres que certes, il « y en a des bien », mais que bon, ce n’est certes pas le cas de la majorité sinon « ça se saurait »

Le pire, c’est que ces tristes sires ne se rendent même pas compte qu’il suffirait de reprendre leurs propres paroles, sans en changer une virgule, sauf à troquer « américains » par un bon nombre d’autres nationalités ou ethnies pour les faire hurler au loup, et les propulser derechef dans une forme d’activisme contre l’intolérance et l’étroitesse d’esprit qui, décidément, gangrènent de plus en plus les esprits par les temps qui courent, ma pauvre dame…

Ah… si seulement vous connaissiez le mien…

Will

Le plus drôle c’est qu’il se trouve que j’ai précisément en stock (…que l’intéressé veuille bien me pardonner cette affectueuse familiarité) un américain qui se trouve justement être une des personnes les plus tolérantes de ma connaissance. Mieux : ce garçon fait souvent preuve d’un rare mélange d’intelligence, de sensibilité et de hauteur de vue qui force le respect. Et je ne vous dis rien de sa gentillesse.

Permettez-moi de vous présenter Will, donc. Will est un retraité américain qui a exercé la profession de sociologue pensant sa vie active. Il vit aujourd’hui en France, à Toulouse, depuis déjà pas mal d’années. Il consacre une grande partie de ses loisirs à l’entretien et au pilotage d’un avion minuscule absolument hallucinant (genre de « voiture sans permis » des airs, si vous voulez). Il passe également beaucoup de temps dans diverses lectures, ainsi que sur le net, où il se documente sur tout un tas de sujets (dont la moitié m’échappe totalement 🙂 ).

Une newsletter qui est aussi une pépite

Régulièrement, Will expédie à une brochette de compatriotes avec lesquels il a gardé le contact un mail (sorte de newsletter, si on veut) dans lequel il note ses propres impressions sur divers sujets concernant notre pays, nos mœurs, l’actualité internationale, ou encore d’une manière générale tout ce qui est dans l’air du temps ou lui vient à l’esprit…

Et il se trouve qu’à ma demande Will m’a fait l’amitié de me compter parmi les destinataires de sa newsletter, dont j’apprécie beaucoup chaque livraison, et qui à mes yeux donne un éclairage souvent révélateur sur un grand nombre de nos travers, petits et grands. J’aimerais tellement que cette newsletter se transforme un jour en blog, afin qu’elle puisse être lue par une audience beaucoup plus large… mais pour l’instant l’intéressé (à qui j’ai timidement suggéré de le faire) se trouve très bien ainsi (que pouvons-nous y faire ? A mon avis, pas grand-chose… tant pis pour nous, donc !).

Le tout dernier numéro est un collector !

La dernière livraison de Will m’a particulièrement frappé. Car c’est tout simplement une perle du genre, à tel point que je n’ai pas pu résister au plaisir d’en faire une traduction en français, pour pouvoir la faire figurer au milieu de ces lignes et vous en faire ainsi profiter. Ayant obtenu son accord, je propose donc sans plus attendre que nous lui laissions la parole.


Le texte de Will :

Bonjour. Il y a quelques mois lors d’une fête d’anniversaire donnée à Paris pour une cousine par alliance, j’ai fait la connaissance d’un universitaire aveugle. J’ai apprécié de rencontrer Jacques parce qu’il a fait des recherches considérables dans l’action non violente en Europe et ailleurs. J’ai aussi appris qu’il a eu une activité de chercheur post doctoral avec un groupe associé à Gene Sharp, à Harvard.

Je possède toute une collection de livres de Gene, avec qui j’ai échangé plusieurs e-mails. J’ai même encouragé son Institution Albert Einstein. Son site Web, plusieurs publications et ateliers proposent des conseils pratiques sur les tactiques et les stratégies de l’action non violente à destination de nombreuses organisations à travers le monde, et plus particulièrement les soulèvements en Europe de l’Est après la chute de l’Union Soviétique et les printemps arabes, mais aussi pour des groupes comme « occupy ».

Le voyage de Jacques à travers la cécité

Depuis cette soirée, j’ai acheté l’autobiographie de Jacques, dans laquelle il détaille son voyage à travers la cécité. Il a en effet appris dès l’adolescence que sa vue baissait au point qu’il deviendrait aveugle un jour, mais on ne savait pas combien de temps le processus durerait. En tant qu’universitaire, Jacques se mit à réfléchir sur ce qui se passait pour lui au fil des années. Il avait la fin de la trentaine quand il a fini par perdre complètement la vue.

Au milieu du livre, Jacques déclare qu’il n’aime pas le mot « handicapé ». Comme il le souligne, c’est un terme assez vide de sens quand il est employé en dehors d’un contexte précis. En effet, nous sommes tous « handicapés » d’une manière ou d’une autre à différents moments. Pour ma part, j’étais – par exemple – très handicapé au niveau de la langue française à mon arrivée en France.

Où il est question d’une boîte noire…

Plus loin dans le livre, Jacques décrit sa cécité croissante en expliquant que c’est un peu comme « vivre dans une boîte ». Comme il ne peut pas voir, il ne sait souvent pas ce qui existe de l’autre côté des murs noirs et vides qui l’entourent. Des choses aussi simples que le fait de voir les gestes du corps des gens et leurs expressions faciales, lesquelles nous donnent autant d’indices pour déterminer le véritable sens d’une parole, sont comme « en dehors de la boîte » pour Jacques.

C’est pareil pour nous !

Alors que je repensais à la situation de Jacques, j’ai pris conscience de ceci : d’une certaine façon, ce que Jacques vit et décrit se vérifie bel et bien pour chacun d’entre nous tous dans un grand nombre de circonstances. Le parcours et le penchant, disons « académique » de Jacques lui procurent d’une certaine manière une conscience accrue de l’expérience et de ses implications, par rapport à la plupart d’entre nous. J’ai été enchanté de découvrir à la fin du livre que Jacques fait un lien entre son expérience progressive de la cécité et l’expérience consistant à vivre dans une nouvelle culture (mon expérience, en fait).

Nous vivons tous dans des boîtes culturelles qui nous empêchent de voir les pans entiers de la réalité qui nous entoure, mais la plupart d’entre nous ne sommes jamais conscients de l’existence même de ces boîtes. Nous ne savons pour ainsi dire jamais à quel point la simple capacité de voir nous rend pour ainsi dire « aveugles » à d’autres types d’expériences. Il en va de même pour la manière dont la cécité permet d’ouvrir les portes à d’autres aspects de la réalité : les odeurs, les sons et le toucher constituent tout autant de moyens d’augmenter notre perception et notre mémoire. De la même façon, le fait de découvrir une autre culture permet de prendre conscience d’un certain nombre de « boîtes culturelles » et ouvre les portes à d’autres façons de voir, d’entendre et de sentir.

Devenir français…

Tout comme Jacques a beaucoup appris de son expérience en devenant aveugle, j’ai de mon côté beaucoup appris de l’expérience consistant à « devenir français ». Jacques est devenu plus conscient des boîtes qui limitent toutes nos perceptions, et, dans sa prise de conscience, il s’est trouvé en mesure de repousser les murs de certains de ces boîtes. C’est l’avantage d’une vie consacrée à la réflexion.

Faut-il être stupide, égoïste et muet pour être heureux ?

On entend parfois dire qu’être « stupide, égoïste et muet » résume les trois conditions essentielles au bonheur, ou encore que « l’ignorance est une bénédiction », mais le monde et la vie ont beaucoup plus à offrir à ceux qui, comme Jacques, prennent conscience de leurs propres limites et travaillent à repousser les bords de leurs propres boîtes. Nous ne pourrons jamais échapper aux boîtes, mais nous pouvons jeter un coup d’œil sur les bords et tâcher d’en repousser les murs.

Profitez des merveilles de vos boîtes, mais jetez aussi un œil sur les bords de temps en temps, et, ce faisant, devenez un peu plus conscients de l’infinie beauté de l’univers.

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement…

J’ai récemment présenté à un ami le questionnement suivant :

On rencontre parfois des gens qui sont franchement du type « Pourquoi faire (…et expliquer) simple quand on peut faire compliqué ? »…et qui semblent prendre un malin plaisir à tout embrouiller, comme si la vie ne s’en chargeait pas suffisamment comme ça.

…Au fond, que signifie réellement cette attitude ?

Mon ami m’a alors répondu par une citation attribuée à un légendaire spécialiste es complication :

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement... cela veut dire que vius ne la comprenez pas assez

Arrêter de jouer, commencer à vieillir…

arrêter de jouer et vieillir

Chaque enfant apprend par l’exemple

A ma grande honte, je viens seulement de découvrir qui est Laurène Castor…

Bonjour.

Dans un article précédent, je vous proposais de (re)découvrir un post écrit par Laurène Castor. Je voudrais à présent vous dire un peu plus sur cette personne, car à mes yeux elle le mérite amplement.

En fait, j’ai commencé par consulter une vidéo d’introduction à VoiceThread et j’ai été scotché par la pertinence des commentaires, la justesse de ton, et surtout la voix de la personne qui parlait… Du coup j’ai eu envie d’en apprendre plus.

C’est ainsi que j’ai découvert que cette jeune personne s’intéresse à l’éducation, à la créativité, au design, au numérique et au durable. Elle se documente régulièrement sur les TICE et déclare notamment sur  son site « […] publier sur ce que j’apprends m’aide à réfléchir sur les moyens de voir le système éducatif autrement ».

Eh bien voilà une vision décapante, souriante, et rafraîchissante comme on aimerait en rencontrer plus souvent ! Si cela peut vous « aider à réfléchir », comme vous le dites, chère Laurène, on ne peut que vous encourager à continuer !

« Les miroirs feraient bien de réfléchir avant de renvoyer les images », a écrit Jean Cocteau… En fait, au fur et à mesure qu’on découvre l’oeuvre (largement diffusée sur le net) de Laurène, on peut très facilement constater que cette jeune fille ne se contente pas de réfléchir… mais qu’elle agit également, et avec talent.

Pour vous faire une idée de mon ressenti global, il vous suffit de jeter un oeil à l’image ci-dessous

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Bien à vous,

Bernard

Un site de rencontre… qui nous rend moins bête !

Connectée, collaborative, ouverte… l’éducation est aujourd’hui en pleine révolution !

Dernier exemple en date qui provient d’une initiative québécoise : totalement ouvert et gratuit, E-180 (contraction de « Education à 180 degrés ») est un site de rencontre pour… apprendre et partager ses connaissances !

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir cet article fort intéressant proposé par Laurène Castor, que je suis en train de découvrir progressivement… et dont je vous parlerai dans un prochain post.

Quand nous sommes « boostés » par les enfants…

Alice Liddell

La petite Alice, qui inspira Lewis Carroll
(de son vrai nom Charles Dodgson)

Le 4 juillet 1862, profitant d’un voyage dans un bateau à rames sur la Tamise (entre Oxford et Godstow), la petite Alice Liddell alors âgée de dix ans demande à Charles Dodgson de la distraire en lui racontant une histoire. Pendant que le révérend Robinson Duckworth se charge de ramer, Charles Dodgson s’exécute en racontant à l’enfant et ses deux sœurs également embarquées, Edith (huit ans) et Lorina (treize ans), l’histoire fantastique d’une petite fille justement appelée Alice après qu’elle fut tombée dans le terrier d’un lapin. Quand il eut fini, Alice Liddell lui demande s’il est possible qu’il couche l’histoire sur le papier, insistant encore et encore, ce qu’il fait finalement.

Aujourd’hui, grâce à Alice Liddell (que Lewis Caroll a probablement remerciée pour son aimable insistance), le monde peut profiter de la célèbre histoire d’Alice au pays des merveilles…

Cette histoire  m’a remis en mémoire un aphorisme de Paulo Coelho :

« Un enfant peut toujours enseigner trois choses à un adulte : être content sans raison, s’occuper toujours à quelque-chose et savoir exiger – de toutes ses forces – ce qu’il désire ».

Pour ceux qui croiraient encore qu’internet peut nous rendre encore plus bêtes…

3 singes...

Un mythe vieux comme le monde...

« Alerte, l’écriture se répand… la mémoire et le savoir sont menacés ». C’était du temps de Platon. On craignait déjà que le progrès technique n’attente à la culture.

« Socrate – Eh bien ! j’ai entendu dire que, du côté de Naucratis en Égypte, il y a une des vieilles divinités de là- bas, celle-là même dont l’emblème sacré est un oiseau qu’ils appellent, tu le sais, l’ibis ; le nom de cette divinité est Theuth. C’est donc lui qui, le premier, découvrit le nombre et le calcul et la géométrie et l’astronomie, et encore le trictrac et les dés, et enfin et surtout l’écriture. Or, en ce temps-là, régnait sur l’Égypte entière Thamous, qui résidait dans cette grande cité du haut pays, que les Grecs appellent Thèbes d’Égypte.

Lire la suite…

Non seulement Dieu est mort, mais en plus le Diable a pris les commandes…

Je viens de terminer la lecture d’un véritable petit bijou de drôlerie qui « sans avoir l’air d’y toucher » met le doigt dans le mille sur…bien des choses. Il s’agit de l’histoire de l’arche de Noé, mais complètement « revisited » d’une manière on ne peut plus azimutée, on vous aura prévenus.
Je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire ici un extrait de la fin du livre…


C’était joué, avec la bénédiction divine le Diable a pris les commandes, expédié la Création en une petite semaine et depuis lors je peux vous dire qu’il n’a pas chômé. C’en est même impressionnant. Le Mal mondialisé, mais à l’échelle industrielle, en flux tendu.

Suffit de lire les journaux, des gros titres aux faits divers, les annonces matrimoniales, les avis de décès, tout ça sent la patte du Malin.

« Jeune femme, 39 ans au compteur, 48 kilos, bien de sa personne, origines et poitrine modestes, pas d’espérances, importants travaux à prévoir, un enfant (mais placé en apprentissage dans le Gâtinais), aimant la nature, la lecture, les animaux, les sorties et les plaisirs simples, petits besoins, se nourrissant d’un rien (thé, graines, abats), sachant faire la cuisine et ne rechignant pas aux travaux ménagers, même lourds, ouverte aux exigences sexuelles, apports en industrie uniquement, étudie toutes propositions pour refaire sa vie et oublier inavouable passé assez char; avec monsieur même gros et laid, graveleux et cauteleux, sale et vieux. Très bonne situation exigée, belle aisance financière indispensable pour parer à toutes éventualités. Fumeurs ou alcooliques acceptés. Si possible pas d’enfants à charge ni de trop dispendieuses pensions alimentaires. Une résidence secondaire sur la Côte d’Azur serait un plus. Économiquement faibles et amoureux transis s’abstenir: Grabataires, sur dossier uniquement. Merci d’envoyer lettre de motivation, feuille d’imposition + ISF, détail turpitudes et éven­tuellement photos au Journal, qui transmettra. » C’est pas diabolique, ça?

J’en vois qui doutent. Des idéalistes. Il y a donc de dangereux idéalistes dans la salle. Des partisans du monde ancien, des nostal­giques du Bien, des francs-tireurs de Dieu, des lecteurs de Paul Claudel.

[…] Alors voilà. Le patron, le nouveau taulier, c’est le Diable. Point, à la ligne. Aussi simple que ça. Dieu est à la retraite. Bien sûr au début ça dérange un peu, mais on s’y fait. Croyez-moi. Assez vite, pour certains, si vous voyez ce que je veux dire. L’avantage c’est qu’on donne moins à la messe. Vous le saviez? Non? Convaincu, maintenant? Oui ? Content ? Vraiment ? Bravo ! Dire qu’il y a encore moins d’une heure vous pensiez que c’était l’amour qui gouvernait le monde, avec la bonté, la gentillesse, les nobles sen­timents, l’entraide, cette foutue beauté inté­rieure, la charité, la foi, l’espérance, les vertus cardinales, et tous ces trucs de catéchisme! Vous vous coucherez moins bête ce soir […]. Ça requinque, le Mal, mieux que le Viagra. Le Diable sera content, je l’informe­rai personnellement de votre toute récente prise de conscience, tardive, certes, mais sin­cère.

[…] Notez que si le Diable est le nouveau patron, ça explique bien des choses; tout devient plus cohérent, je dirais même repo­sant. Pas étonnant que les robinets fuient, que les gardiennes piquent votre courrier, que l’ Afrique crève à petit feu, que le denti­frice reste ouvert, et qu’on vende des armes aux enfants. Que les abricots ne sentent plus les abricots, que les femmes sédui­santes passent sans me voir, que les lecteurs n’achètent pas mes livres ! Sans compter le bus qui démarre juste sous vos yeux quand il pleut, le stylo qui fuit, la casserole qui attache, le sparadrap qui colle, le code qu’on a oublié, la petite robe qui vous bou­dine, une haleine de cheval au pire moment, qui devait être le bon – et le banquier qui vous boude une petite facilité de caisse. Inutile de se révolter contre tout ce qui va mal – sans parler des tremblements de terre, de la faim dans le monde, des atten­tats. C’est normal que ça aille à vau-l’eau, voyons, c’est fait pour ça, c’est dans l’ordre des choses, Dieu n’existe plus, c’est le Diable qui gouverne. Une fois qu’on l’a compris, on respire, on respire mieux. On est libéré. L’ordre des choses. Faire une crasse à son prochain ne porte plus à conséquence. Au contraire. C’est civique. On vous décorera pour moins que ça.

Non, vous doutez toujours? Il vous faut des preuves? Des trucs tangibles où mettre les doigts? Vous en êtes encore là! L’Arche, ça ne vous a pas suffi? J’ai affaire à des esprits forts, ce soir. Un conseil tout simple, facile à mettre en pratique : faites-vous votre propre opinion, observez votre belle-sœur, votre voisin de palier, vos collègues de bureau, votre gardienne, votre directeur général, vos propres enfants, votre amant, votre maîtresse. Voyez ce petit air diabolique qu’ils ont tous au coin de l’œil, qui s’allume quand ils veulent vous convaincre de faire quelque chose dont vous n’avez nulle envie – et vous tout pareil, et moi, et mon éditeur, c’est le signe, nous sommes tous enrôlés dans les bataillons du Diable! Ça va valser! Ça va donner! C’est la revanche des otaries! […] Adieu.



Né à Strasbourg en 1959, Vincent Wackenheim habite à Paris près du lion de Denfert. Il déplore de n’avoir pu prendre part au Déluge, et n’a jamais rencontré Noé. Alors il nous révèle leur véritable histoire. Un récit mordant et jubilatoire. Amis des bêtes et des hommes s’abstenir.

« En gros, pour Noé, il y a les animaux qu’on mange, ceux (et surtout celles) qu’on caresse, ceux qui bossent, ceux dont on fait des manteaux ou des pulls, ou des boîtes à gants en galuchat, à la limite ceux qui sont juste jolis, mais les autres, la grande majorité, les moches, ceux qui ne servent à rien, les pas bons, les tout durs, les piquants, ceux qui sentent mauvais, ceux dont le nom est imprononçable, la mygale de Rameshwaram, par exemple (Poecilotheria hanumavilasumica), ou le crapaud de Holdridge (lncilius holdridgei), ou la musaraigne-éléphant (Rhynchocyon udzungwensis), pourquoi diable les embarquer? [ … ] Noé, la biodiversité, ça n’était pas son truc. »

Un regard très particulier sur le respect dû aux anciens

Lîle du jour davant (Umberto Eco)

L'île du jour d'avant (Umberto Eco)

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Le philosophe doit avoir le courage de critiquer tous les enseignements mensongers qui nous ont été inculqués, et d’entre ceux-là il y a l’absurde respect pour la vieillesse, comme si la jeunesse n’était pas le plus grand des biens et la plus grande des vertus. En conscience, quand un homme jeune est en force d’imaginer, de juger et d’exécuter, n’est-il pas plus capable de gouverner une famille qu’un sexagénaire hébété dont la neige sur le chef a glacé l’imagination? Ce que nous honorons comme prudence en nos aînés, n’est qu’une appréhension panique de l’action. Voudriez-vous vous soumettre a eux, quand la paresse a débilité leurs muscles, durci leurs artères, évaporé leurs esprits, et sucé la moelle de leurs os? Si vous adorez une femme, n’est-ce pas peut-être à cause de sa beauté? Continuez-vous donc vos génuflexions après que la vieillesse a fait de ce corps un fantôme, bon désormais à vous rappeler l’imminence de la mort? Et si vous vous comportez de sorte avec vos amantes, pourquoi ne devriez-vous pas faire de même avec vos vieillards? Vous me direz que ce vieillard est votre père et que le Ciel vous promet longue vie si vous l’honorez. Qui l’a dit? Des vieillards juifs comprenant qu’ils ne pouvaient survivre au désert s’ils ne faisaient fructifier le fruit de .leurs reins. Si vous croyez que le Ciel vous donnera un seul jour de vie en plus à cause que vous avez été la brebis de votre père, vous vous trompez. Vous croyez qu’un salut révérencieux qui fait frôler les pieds de votre père de la plume de votre chapeau puisse crever un abcès malin, ou cicatriser la marque d’une estocade, ou vous délivrer d’une pierre dans la vessie? Si cela était, les médecins n’ordonneraient pas leurs potions immondes, mais pour vous libérer du mal italien ils vous prescriraient quatre révérences avant le repas à Monsieur votre père et un baiser à Madame votre mère avant que de vous endormir. Vous me répliquerez que sans votre père vous ne seriez pas, ni lui sans le sien et ainsi de suite jusques à Melchisédech. Mais c’est lui qui vous est obligé, et non point le contraire: vous payez de bien années de larmes un sien moment de plaisant chatouillement.

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Umberto Eco – L’île du jour d’avant, 1994, Grasset (p.80 & suiv.)


Raphaël Enthoven à l’émission « NONOBSTANT » de Yves Calvi

Voici quelques extraits des propos de Raphaël Enthoven Entendus à l’émission « Nonobstant » présentée par Yves Calvi le mercredi 2/09/2009 sur France Inter. Avec une pensée particulière pour mes camarades avarapiens, lambesciens, et tous les autres…


La simplicité

La simplicité, c’est pouvoir dire simplement des choses compliquées. Cela ne consiste pas à simplifier les choses (ce qui est le contraire de la simplicité, et peut relever par exemple du poujadisme).
En revanche, la simplicité consiste à dire simplement les choses, en préservant leur complexité, mais en la rendant audible, accessible.
Plus profondément, la simplicité consiste tout simplement à agir… non pas dénouer les ramifications infinies d’un objet d’étude, mais tout simplement à trancher le « nœud gordien » qu’il renferme. Dédale, enfermé dans son propre labyrinthe choisit de s’en évader non pas en tentant de retrouver la sortie mais tout simplement en se fabriquant des ailes. Ainsi, la simplicité est une façon d’enjamber la difficulté. Car celui qui complique le monde le met à portée de sa propre intelligence, alors que celui qui vit dans la simplicité (dans la mesure du possible) met le monde à portée de son instinct (ou de son intuition). C’est très difficile de faire simple, mais cela fait partie des vertus philosophiques.

Différence entre expliquer et comprendre

Quand le sociologue Durkheim écrit 700 pages sur le suicide, il nous explique ce que c’est, en décrivant parfaitement le phénomène dans sa globalité, en découpant les situations en fonction de l’âge,  de la religion, de l’appartenance au monde urbain ou rural des personnes concernées…
Mais jamais il n’écrit une seule ligne expliquant pourquoi telle personne en particulier s’est suicidée. Ce dernier point ne relève plus de l’explication, mais de la compréhension. On explique des choses générales, on comprend des choses singulières. Bien souvent, ce que l’on comprend est par ailleurs indicible…

La joie

La joie est une aptitude à aimer la vie « malgré elle ». Celui qui pleure sur la vie souffre deux fois : sur la vie et sur sa souffrance.

Subir

Ce qu’on subit, c’est ce qu’on choisit de subir. Parfois, abolir une contrainte consiste tout simplement à l’accepter, pour la simple raison qu’en adhérant à cette contrainte on en souffre moins.

Le présent

« Sois l’ami du présent qui passe, le passé et le futur te seront donnés par surcroît » (Clément ROSSET).

Les privilèges

Il n’y a pas de privilège univoque […]. Le vrai privilégié c’est celui qui sait pourquoi il se  lève le matin, et qui adhère à ce qu’il fait (dans le meilleur des cas, il aime le travail qui lui permet de gagner sa vie).

Du passé faire table rase ?

Bien souvent, celui qui croit faire du passé table rase est beaucoup plus tributaire de son passé que  celui qui l’assume…

Ces enfants « curieux de tout »…

Plus nous grandissons, plus nous perdons le talent d’être attentifs à ce qui ne nous est pas immédiatement utile. Les réflexes de l’enfant sont davantage guidés par une authentique curiosité.

Vers l’autre…

Faisons à l’autre l’honneur de considérer qu’il n’est pas moins riche ou complexe que nous-même ! Ceci n’est pas une façon de le tenir pour son égal, ni pour sons semblable, mais de s’attacher en quelque sorte  à ce qui le distingue de nous-même.

La philosophie

La philosophie apprend non pas à faire ce qu’on veut mais à vouloir ce qu’on fait (…ou à devenir ce qu’on est). Quand on croit faire ce qu’on veut c’est qu’on ignore ce qui nous fait agir.
[…] La philosophie ne sert à rien, mais c’est là qu’elle est utile, en ceci qu’elle nous apprend à nous méfier précisément de ce qui est utile, et à ne pas cantonner notre existence à ce qui est (prétendument ou non) utile. Elle aide également les gens à s’intéresser à l’altérité, à « penser contre eux-mêmes », ou plutôt à écouter autrui. Elle concourt à faire de nous des citoyens qui apprennent à se méfier des grandes causes partisanes, et qui s’attachent,  face à un discours, à démêler ce qui est pertinent de ce qui ne l’est pas.

Raphaël Enthoven occupe successivement les postes de Professeur à l’Université de Lyon 3, à l’École Normale Supérieure ainsi qu’à l’Institut d’Études Politique de Paris.
Il est producteur de l’émission les nouveaux chemins de la connaissance sur France Culture.
Depuis octobre 2008, il produit l’émission Philosophie, diffusée le dimanche à 12h sur Arte.



Quelques publications de RAPHAEL ENTHOVEN :

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – Le visage

Que lit-on sur un visage ? Que masque-t-il ? Le visage est-il le miroir de l’âme, ou bien son cache-misère ? Que vaut un miroir que l’on maquille ? A quoi tient la majesté des visages sans regard ? Le visage est-il l’interface de l’absolu ? Au gré d’une discussion avec des anthropologues, des philosophes et une historienne d’art, Raphaël Enthoven vous propose d’approcher le visage d’un peu plus loin.

éditeur : Perrin
parution : 7 mai 2009

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – L’endroit du décor

L’endroit du décor

Il est banal – mais grisant – de se méfier des apparences.

Il suffit de penser, comme tout le monde, que l’essentiel est invisible aux yeux pour avoir, comme tout le monde, le sentiment d’être seul contre tous.

Aucune illusion n’est plus tenace que l’envers du décor. Ivre de sa défiance, flatté de n’être pas dupe, l’homme est ébloui par le masque sournois de la transparence elle-même.

Les apparences sont, en cela, moins trompeuses que le sentiment d’être trompé par elles.

éditeur : Gallimard
parution : 2 avril 2009

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – Montaigne, la voie du milieu

Commentaires : Les Essais de Montaigne

En coédition avec France Culture, la collection des « Vendredis de la philosophie » présente les émissions animées par Raphaël Enthoven.

En invitant des philosophes contemporains à commenter leurs oeuvres favorites dans une conversation ponctuée d’extraits lus par des comédiens, chaque émission propose à l’auditeur de découvrir, ou redécouvrir, sous un angle inattendu, les grands textes de l’histoire de la philosophie.

éditeur : Naïve
parution : 24 octobre 2007

photoLivre

RAPHAEL ENTHOVEN – La philosophie, un jeu d’enfant : la philosophie à portée de main

Si c’était un roman, ce serait l’histoire d’un jeune homme veillé par les fées de l’intelligence, de la culture et de la sensibilité.

Raphaël Enthoven grandit à l’ombre des maîtres épanouis. Ils s’appellent Spinoza, Nietzsche, Bergson ou Camus. Pour ceux qui les écoutent, ces noms de génie ouvrent les portes de la sagesse et, donc, de l’imaginaire. Parce qu’ils savent enseigner l’art subtil d’aller là où le coeur dit d’aller, Raphaël devient leur élève, leur familier, leur ami, leur interprète. Avec humour, style et alacrité, il raconte les étapes de sa formation intellectuelle, plonge dans son roman familial, s’attarde sur la beauté et la poésie du monde. Un jeu pour cet enfant du siècle surdoué.

« Et voilà un petit livre d’aventures qui à travers réflexions, portraits, anecdotes, aphorismes, incite à retrouver les philosophes dans leur intimité (…). »

Aliocha Wald Lasowski – Le Magazine Littéraire

éditeur : Pocket
parution : 21 février 2008

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