Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

Résultat de Recherche pour “croyances limitantes

Ces fameuses croyances limitantes : le top 10

La liberté n'a pas de limites...

Bonjour,

Voilà maintenant longtemps que je vous parle de croyances limitantes. Leur appellation complète est « croyances limitantes sur soi-même ». Nous les connaissons bien, et savons à quel point elles peuvent nous pourrir la vie. Or, jusqu’ici, l’idée d’en faire un inventaire ou d’en dresser une liste ne m’était jamais venue…

Mais aujourd’hui je suis tombé sur un article de blog que j’aimerais bien vous faire partager. Il s’agit d’une proposition de « Top 10 des croyances limitantes ». Voici cette liste…

C’est dangereux d’essayer quelque chose de nouveau…

Je suis trop vieux pour apprendre quoi que ce soit…

Je ne suis pas assez créatif pour réussir…

Je n’ai pas le droit à l’erreur…

Pour mériter ce que je veux, je dois souffrir…

Si je réussis ce que j’entreprends, je ne serai plus le/la même…

Je suis trop timide pour rencontrer quelqu’un…

C’est du regard des autres que dépend mon épanouissement ou mon malaise…

Je ne suis pas capable de réaliser ce projet …

Je suis comme je suis. C’est trop tard pour changer.

Vitesse limitée : l'infini !Ajoutons que le concept de croyance limitante y est très bien explicité, et que chacune de ces dix croyances a droit à son petit texte explicatif, ainsi qu’à une proposition de « question qu’on peut se poser (…ou poser à autrui, dans le cadre d’une relation d’aide) pour réfléchir au moyen d’en sortir ». Normal, l’auteur (Christophe Peiffer) est un coach professionnel chevronné.

Le lien se trouve ci-dessous :

http://www.leblogdesrapportshumains.fr/top-10-des-croyances-limitantes-sur-soi-meme/

Bien entendu, je vous invite à en profiter pour fouiner un peu partout (comme je l’ai fait) sur ce blog plein de ressources…

Bonne  lecture !

Bien à vous,

Bernard

Le jeu « Cinq questions pour des champions » [ressource pédagogique]

5 questions pur des champoions - vue de la célèbre émission TV

La plus grande difficulté dans ce monde, ce n’est pas notre capacité à produire, mais notre réticence à partager.  [ Roy Lemon Smith]

Cet article a précédemment été publié en 2009, sous une forme légèrement différente, chez Joueb, puis chez WordPress.

Voici un fantastique jeu pédagogique auquel je me suis souvent livré auprès d’un public d’adultes en situation de formation. Il a été inventé par l’américain d’origine indienne Sivasailam Thiagarajan  (dont il a été plusieurs fois question sous ces lignes), alias Thiagi, génial découvreur du concept des « jeux cadres ». Les français appellent le plus souvent ce jeu « Question à foison ». En voici le principe.

« Le sujet que nous abordons aujourd’hui est ardu… J’ai peur que mes participants décrochent…»

Imaginez plutôt : Vous savez que vous devez effectuer une intervention de type  « cours magistral » sur un sujet plutôt ardu, abstrait, complexe… et comme vous n’êtes pas du genre enseignant autiste (ne riez pas, j’en ai rencontré !), vous savez pertinemment que vos apprenants risquent fort de « décrocher » au bout d’une à deux heures, et encore je suis optimiste (interrogez n’importe quel médecin sur les véritables facultés d’attention d’un adulte dans le temps, vous risquez d’être déçu). Vous supposez même que, la digestion aidant, votre sempiternelle demande : «…Avez-vous des questions? » fera un bide retentissant.
Si vous êtes persuadé que c’est ainsi… qu’on n’y peut rien… qu’après tout ce n’est pas votre problème mais le leur, ou pire, que c’est bien meilleur d’apprendre dans la souffrance sous le simple prétexte que vous-même avez toujours fonctionné ainsi… je me permets de vous conseiller d’arrêter de lire ces lignes, la suite risquant fort de vous déplaire, vous voilà prévenu.

On peut amener sa sonnerie… c’est même conseillé

Arrangez-vous pour emporter avec vous le jour de l’intervention un objet qui fera entendre une sonnerie, grosso modo à l’heure que vous aurez jugée « fatidique » (si vous êtes « high tech », utilisez les fonctionnalités de votre téléphone portable, si vous êtes de type plus rétro, un minuteur pour cocotte minute fera très bien l’affaire). Comptez deux heures environ après le démarrage de votre cours.
Prévenez l’assistance qu’une interruption inopinée surviendra à « telle heure environ  »… que le cours magistral s’interrompra donc, et qu’il sera procédé à une activité agréable et amusante destinée à favoriser en douceur la mémorisation de tout ce qui aura été abordé jusque-là.
Lorsque survient la sonnerie, vous êtes en général le premier surpris, c’est normal (ceux qui se sentent une âme de fantaisiste pourront avec profit détendre l’atmosphère en se lançant dans une tirade du type « Ah mais non, je vous demande un peu, quel est l’outrecuidant qui ose interrompre mon auguste propos ? … Euh oui, effectivement, pardon, ce n’est que moi-même ! »).

Et c’est parti! Formez deux équipes

Demandez à l’assistance de bien vouloir se diviser en deux groupes de tailles à peu près égales. Ces groupes formeront deux équipes, que nous appellerons respectivement l’équipe A et l’équipe B.
Demandez à chaque équipe de s’entendre pour préparer cinq questions portant sur le contenu qui vient d’être abordé depuis… (ici, vous avez le choix : depuis aujourd’hui, depuis ce matin, depuis le début de la session… à vous de voir !). Les apprenants ont – bien entendu – parfaitement le droit de consulter leurs propres notes de cours (c’est même absolument fait exprès !). Précisez juste que ces questions seront bien entendu posées à l’équipe adverse.
Aussi étrange que cela puisse paraître, vous verrez très vite l’ensemble des apprenants relire toutes leurs notes en tous sens, en avec une avidité et une jubilation surprenantes. J’ai bien dit « l’ensemble ». Certes, au début seuls les plus malicieux, les plus extravertis d’entre eux commenceront par se prendre au jeu, mais je vous fiche mon billet qu’au bout d’un moment règnera une joyeuse ambiance de saine émulation et que tout le monde s’y sera mis ! Ce sera à qui trouvera la question la plus tordue, le détail le plus pinailleur…

On a le droit de poser toutes sortes de questions, même les plus farfelues

Précisez bien qu’on a droit à toutes sortes de questions, même celles qui « détourneraient » le jeu (…ne pas hésiter à leur dire qu’on a parfaitement le droit de demander par exemple « Euh, c’est quand la pause ? »… en fait, pour ce qui me concerne, cela ne m’est jamais arrivé… peut-être justement parce que tout simplement les gens se sentaient vraiment libres de le faire !
Tiens, un conseil pratique : mettez donc à profit ces quelques minutes pour quitter la salle, vous détendre un moment, aller prendre un café, et constater au passage que votre présence dans la salle de cours n’a absolument rien d’indispensable pour une bonne acquisition des connaissances (…votre narcissisme dût-il en souffrir :- )  ).
Lorsque chaque groupe a réuni ses 5 questions (…et que vous êtes revenu 🙂 ), vous vous transformez illico en Maître Jaques, sorte d’animateur de jeu télévisé qui se contentera de compter les points.

Important : le (très sérieux) décompte des points

Pour ce faire, tracez donc au tableau deux colonnes intitulées A et B, chacune divisée en 5 lignes. Le jeu entre alors dans sa phase la plus vivante : l’équipe A pose sa première question, l’équipe B s’efforce d’y répondre (bien entendu, tout le monde est toujours autorisé à continuer de consulter ses notes, y compris pour y chercher des éléments de réponse, c’est toujours aussi « fait exprès » que tout à l’heure !).
Si l’équipe B répond de façon satisfaisante aux yeux de l’équipe A, elle marque un point, sinon zéro. Remarque importante : en aucun cas vous ne devez jouer le rôle d’un arbitre à ce stade-là, rappelez-vous que vous n’êtes qu’un « animateur qui se contente de compter les points » ! Seule l’équipe qui a posé la question est habilitée à juger de la recevabilité de la réponse obtenue. En cas de besoin, indiquez clairement que vous vous tiendrez à la disposition du groupe une fois que l’activité présente sera terminée, mais que pour quelques minutes, vous renoncez volontairement à votre casquette de « celui qui détient le savoir » et que vos apprenants ne doivent rien voir d’autre en vous qu’un simple meneur de jeu.
Ensuite on enchaîne de manière toute bête…à son tour, l’équipe B pose sa « première question » à l’équipe A… puis l’équipe A pose sa 2e question à l’équipe B… l’équipe B pose sa 2e question à l’équipe A… et ainsi de suite, jusqu’à ce que les 10 questions (…2 fois 5) aient été posées, comme sur le tableau ci-dessous.

Ce qu'on écrit au tableau...

Ce qu’on écrit au tableau…

A la fin, il suffit de faire le total des points de chaque colonne pour savoir quelle est l’équipe gagnante. On peut aller jusqu’à s’amuser à proclamer le résultat de manière plus ou moins solennelle, ou encore humoristique (« Le gagnant est… The winner is… »).

Au fait, qu’est-ce qu’on gagne ?…

Bien entendu il n’y a absolument rien à gagner, mais vous verrez, cela n’empêche nullement les participants d’entrer dans le jeu et de vivre un moment plaisant.
Important : Comme je le précisais plus haut, à ce stade vous pouvez enfin traiter, le cas échéant, les précisions sur les éléments de cours éventuellement restés en suspens lors du déroulement du jeu.

Attention : ne les laissez pas repartir « comme ça »…

Pour clore cette activité, il est indispensable de procéder à un débriefing digne de ce nom. Je m’explique : Il ne faudrait pas que les apprenants repartent dans la nature en proclamant à qui veut l’entendre (voire à eux-mêmes)… « Ah, cette formation, on s’en souviendra, qu’est-ce qu’on a bien rigolé ! »… Si cela s’arrête là c’est pour le moins un peu court, et au pire dangereux. Ne manquez donc pas d’inviter vos apprenants à se poser franchement la question : « Est-ce que cela a été pour nous l’occasion de revoir – ou de clarifier – des choses qui seraient restées dans l’oubli sans cela ? ». Non seulement ils vous répondront que oui, mais ce « oui » aura tout de enthousiaste, et rien du convenu. Vous pouvez même enfoncer le clou en ajoutant « Imaginez que pendant tout le temps que nous avons consacré au jeu je vous aie demandé de parcourir vos notes pour vérifier que tout est bien clair pour vous, pensez-vous que nous aurions été aussi efficaces ?… moins efficaces ?… plus efficaces ?… ».
Là encore, vous le verrez, il n’y a vraiment pas photo… Mais il est important que vos apprenants en prennent pleinement conscience.

Maintenant, si vous le voulez bien, voici deux des principaux enseignements que, pour ma part, j’ai tirés de cette histoire, et que j’aimerais beaucoup vous faire partager… certainement pas en tant que « donneur de leçons » (…beurk !), mais tout simplement en guise de témoignage à propos de ma façon de fonctionner, qui vaut ce qu’elle vaut… rien de plus, mais rien de moins 🙂
Voici donc deux remarques, pour finir :

Et si on oubliait la théorie, juste pour un temps ?

Ma première remarque sera de vous dire que je n’ai aucune, mais alors aucune envie de tirer des conclusions théoriques à partir de cette histoire. A mes yeux, les meilleurs enseignements que vous en tirerez vous-mêmes se feront… en la vivant, tout simplement. Si vous avez le courage d’aller vers vos apprenants en laissant tomber tous les boucliers certes bien rassurants mais ô combien encombrants (« ah… oui, ici c’est à n’en point douter du socioconstructivisme… et là c’est clairement à la métacognition qu’il est fait référence ! »), vous serez récompensés de votre bienveillance et de votre simplicité. Si d’aventure les oripeaux d’un « Professeur Diafoirus » vous sécurisent, prenez le risque de vous en défaire, ne serait-ce que pour un temps…  N’en doutez pas, les apprenants (…tout comme vous !) savent toujours, au fond d’eux-mêmes, à qui ils ont réellement affaire, d’une certaine façon. Il ne tient qu’à vous de décider si vous avez envie de vivre cela comme un enfer ou comme un paradis…

« Qui suis-je, moi, pour faire ainsi le pitre ? »

La deuxième remarque que je voudrais vous adresser est peut-être plus délicate, plus impliquante : En effet, il est possible que certains d’entre vous se demandent « Qui suis-je, moi, pour faire ainsi le pitre ? En ai-je vraiment envie ? », ou pire : « …En ai-je vraiment les moyens ? ». C’est là qu’intervient une notion centrale, à mes yeux : celle de croyance portante (…ou limitante) pour soi-même et pour les autres (après avoir traité des croyances limitantes à plusieurs reprises dans ce blog, je traiterai des croyances portantes dans un prochain article…). Pour ma part je me situe clairement dans un courant de pensée qui croit fondamentalement en l’homme, et en ses talents. Tout le monde a du talent, d’une manière ou d’une autre. Il suffit à chacun d’entre nous d’aller chercher en lui-même ce qu’il aime, sait, et veut faire pour s’apercevoir de l’immensité de ses possibilités, lesquelles sont généralement bien supérieures à l’idée qu’on s’en fait. Si vous êtes certain (j’ai bien dit certain) de ne pas y croire pour vous-même, alors renoncez définitivement à « faire passer » quoi que ce soit vers les autres, vous ne feriez que leur communiquer vos propres peurs, et grossir les rangs de ceux, trop nombreux, qui commettent d’irréparables dégâts en s’ingénient à rendre ennuyeuses les choses les plus passionnantes.

Conclusion : une fois de plus, il suffit d’oser…

Osez donc utiliser vos propres talents pendant vos heures de cours, que diable ! Cela peut très bien passer par l’humour, bien sûr, mais aussi par mille autres choses. Il suffit de s’en persuader soi-même pour que cela commence à marcher. Parole ! Seuls ceux qui ont fait preuve d’imagination et de créativité ont réellement fait avancer les choses en la matière… Nous le savons tous très bien au fond de nous-mêmes… Et pour ma part, une de mes croyances les plus ancrées est précisément que l’imagination est une chose qui est à la portée de tout le monde (1).
Il ne nous reste plus dans ces conditions qu’ oser nous jeter à l’eau… pour y découvrir un monde agréable et passionnant (je vous le garantis).

***


(Cet article sera repris dans ouvrage de conseils aux formateurs, à paraître au cours d l’été 2014 aux éditions DUNOD).


(1) …Imagine-t-on, en effet, un enfant invité à se joindre à ses camarades de jeu leur répondre quelque-chose du style « Euh, non, désolé, je manque cruellement d’imagination »… ???
…Alors, si tous les enfants peuvent le faire, tout ce qu’il vous reste à faire est de répondre à la question « L’enfant que j’ai été est-il encore présent en moi ? »… puis de le laisser vous donner la réponse 🙂

Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (2/2)

Cet article est le plus récemment paru dans le dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

La face cachée du ciel

L’avenir dépend non pas de ceux qui cumulent le savoir, mais de ceux qui le partagent (origine inconnue)

Bonjour,

Avant toute chose, je tiens à remercier tous les commentateurs de ce blog, et à préciser que leurs témoignages, remarques, réactions, suggestions, et propositions sur ce qu’on pourrait y aborder ne tomberont jamais dans l’oreille d’un sourd 🙂

Dans l’article précédent j’ai tenté de présenter une approche du développement personnel à destination des formateurs, enseignants et autres pédagogues intéressés ou simplement intrigués par telle ou telle de ces techniques (l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique (PNL), le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène, le yoga, et des dizaines d’autres).

Aujourd’hui je vous propose d’explorer quels sont leurs points communs, les constantes qu’on retrouve dans la plupart d’entre elles, si vous préférez.

En effet, au-delà de leurs différentes approches, ces méthodes utilisent, pour la plupart, et à degrés divers, un certain nombre de bases communes que l’on pourrait répertorier ainsi :

Les bases communes à la plupart des méthodes de développement personnel


La pensée positive

À la fin du XIXe siècle, un certain Émile Coué, pharmacien à Troyes, s’interroge sur les effets inattendus de remèdes inactifs (effet placebo) par le truchement de la simple imagination des malades. De fil en aiguille, il en viendra à mettre au point (en 1910) la célèbre méthode d’autosuggestion consciente qui porte son nom. Elle se fonde sur un le principe suivant : toute idée, bonne ou mauvaise, que l’on se met dans la tête d’une façon ou d’une autre, devient pour nous « une réalité dans le domaine des choses possibles ». En quelque sorte, nous sommes ce que nous pensons.

La méthode Coué fait aujourd’hui hausser les épaules de tous ceux qui ne voient en elle qu’une manière stérile et immature de lancer des incantations en l’air dans l’espoir illusoire qu’elles se transformeront en réalité. Mais ce qu’ignorent en général ces détracteurs, c’est qu’il ne s’agit que d’une caricature (qui a hélas la vie dure). Or, à l’origine, cette méthode simple (…c’est curieux comme aux yeux de certains, ce qui est simple fait aussitôt l’objet des plus grandes suspicions, voire d’une fin de non-recevoir en forme de « dénigrement définitif »… les mêmes , d’ailleurs, se montrant en général aussi prompts à tomber en pâmoison devant le premier « sac de nœuds » se trouvant sur leur passage…), cette méthode, donc, consiste tout simplement 🙂 à répéter plusieurs fois, à voix haute, à des moments bien déterminés (comme le soir au moment de s’endormir ou le matin au réveil), une « affirmation » sur nous-mêmes qui nous paraît « portante » et utile. Exemples: « Tous les jours, je sens grandir la confiance en moi »; « Dorénavant, je vais être maître de moi-même et des circonstances » ; « J’ai un but dans la vie et, chaque jour, mon subconscient va me suggérer des idées pour atteindre mes objectifs », etc. Ces suggestions positives ont tout naturellement donné naissance à la « pensée positive », une sorte de philosophie de vie, prônée par Coué lui-même, dont la finalité est de chasser le doute et, partant, d’améliorer la confiance en soi. Pas de « Je voudrais bien » ou de « Je vais essayer » (…termes qui, à coup sûr, cachent des croyances limitantes sur nous-mêmes), mais uniquement des « Je peux ».


La visualisation

C’est une technique très ancienne dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Elle consiste à se représenter mentalement des images, des symboles, des situations ou même la guérison de certaines parties du corps. C’est le cancérologue américain Carl Simonton qui l’a, au cours des années 1970, en quelque sorte « officialisée ». Cette technique va beaucoup plus loin que l’effet placebo. On explique à un malade, lors de la prise de remède, qu’il peut en quelque sorte « aider ledit remède à agir », participant d’une certaine façon lui-même à l’obtention de l’effet escompté. Ainsi il lui sera demandé d’imaginer, de vivre en pensée une scène symbolique, où le remède remporte une éclatante victoire sur la maladie. Les centres d’intérêts, le vécu du patient sont sollicités. S’il est amateur de football par exemple, on l’aide à imaginer un remède « ballon de foot » qui au bout d’une action héroïque finit par « entrer dans les cages » de la zone atteinte par la maladie. Tout ce qui importe, en la matière, est d’utiliser des images qui soient dynamiquescolorées (ou plus généralement « parlant à nos sens ») et exagérées (Tiens ? Cela vous rappelle peut-être quelque-chose ?). Bien entendu, les résultats ne sont pas propres à « inverser totalement la balance », mais ils sont suffisamment significatifs pour susciter l’intérêt de nombreux chercheurs.

Il existe un certain nombre de méthodes de « visualisation positive », mais toutes fonctionnent selon le même principe : en état de relaxation profonde, on « fait le vide » dans son esprit, puis on crée mentalement un écran sur lequel on projette une image ou une scène le plus précisément possible. Par exemple, pour résoudre un conflit avec un proche, on se « voit » en train de lui parler, de dire des phrases précises, on « voit » la réaction (…bienveillante, la réaction, hein ? Sinon on efface tout et on recommence :-)) de la personne, on met véritablement en scène la situation avec un maximum de détails. Selon Simonton, cette technique peut être utilisée pour favoriser les conditions de guérison des maladies, mais aussi plus simplement pour retrouver confiance en soi.


La relaxation

Connue et pratiquée depuis toujours, la relaxation a commencé à être étudiée scientifiquement en Occident au début des années 1920, par le physiologiste américain Edmund Jacobson. Sa méthode, et surtout ses découvertes sur les effets positifs de la relaxation pour la santé ont inspiré de nombreux chercheurs et thérapeutes dont certains ont créé leur propre manière d’adapter cette technique. Aujourd’hui, il est rare qu’une session, un week-end ou un stage de développement personnel ne comporte pas une séance de relaxation. Cela consiste généralement en ceci : On se met en position assise ou allongée (on peut même la pratiquer debout… idéal pour une personne qui attend de passer un oral, par exemple). Ensuite, yeux fermés, on commence par pratiquer une respiration profonde et ventrale (la dilatation abdominale permettant la descente du diaphragme). Guidé par la voix de l’animateur (ou par sa propre voix intérieure, ce n’est une question d’habitude…), on concentre son attention sur nos sensations corporelles. Des petites impulsions de décontraction musculaire permettent de prendre conscience de chaque partie du corps, de repérer les tensions musculaires existantes (…on ne manque jamais d’être surpris de constater à quel point elles sont nombreuses !) et ensuite de les relâcher une à une. Dans le même temps, les émissions d’ondes cérébrales se modifient automatiquement, ce qui procure une sensation de relâchement et de bien-être. Cette pratique, la plus « transversale » de toutes, est si simple qu’elle peut se pratiquer seul, à la maison, sans aucun danger. A noter : pour quelques euros, vous pouvez vous initier tranquillement à cette méthode. Il vous suffit d’aller flâner dans n’importe quelle librairie, ou dans les boutiques style « Nature et Découverte » pour trouver quantité de CD de relaxation, disponibles en général pour une somme modique (dans le cas contraire, ne les achetez pas !). Vous n’avez plus qu’à vous trouver un coin tranquille chez vous, démarrer la lecture du CD, fermer les yeux, et vous laisser guider par la voix de l’animateur, bercé par une douce musique de fond (euh… plus ou moins appropriée, la musique, mais comme on dit par chez moi, « ça, c’est affaire de goût ! »).  Encore une fois, c’est indolore, sans danger, et il ne peut en sortir que du bien !


L’assertivité

deux oursons enlacésPlutôt qu’une technique, on parlera ici plutôt de grille de lecture des comportements humains, en vue de pouvoir mieux les interpréter chez les autres, mais aussi (dans certains cas) de « programmer » pour nous-mêmes des comportements que nous identifions comme souhaitables. Le mot assertivité est issu de l’anglais assertiveness. Initié par Andrew Salter, psychologue New-yorkais dans la première moitié du XXe siècle. Développé plus récemment par Joseph Wolpe, psychiatre et professeur de médecine américain comme « Expression libre de toutes nos émotions vis à vis d’un tiers, à l’exception de l’anxiété », l’assertivité est définie comme une attitude dans laquelle on est capable de s’affirmer tout en respectant autrui. En effet, même si cela surprend toujours au début, ou même nous laisse perplexes, il s’agit ni plus ni moins que de se respecter soi-même en s’exprimant directement, sans détour, mais avec considération pour l’autre (…que nous sommes d’ailleurs invités à écouter avec plus d’attention). A celles et ceux que je devine se tortillant sur leur chaise tout en fronçant les sourcils et en esquissant une moue dubitative (…tout ça ? …Ce que vous êtes balèzes !) j’ai envie de dire (comme dans la pub) « Mais si, c’est possible ! ». Et non seulement c’est possible, mais aussi porteur de nombreux bénéfices, puisque cela conduit à diminuer le stress personnel, à ne pas en induire chez autrui et surtout à augmenter notre autocontrôle dans la plupart des situations de face-à-face. La pratique de l’assertivité permet de découvrir qu’il est parfaitement possible (contrairement à l’idée reçue) de tout dire, à condition de savoir d’abord quoi dire, comment le dire, à qui le dire, et en présence (ou pas) de qui d’autre. Le tout en ayant à coeur d’éviter de tomber dans les dérives classiques lors des échanges en situation difficile (à savoir la fuite, la manipulation et l’agressivité).

Alors… quelles sont les bonnes méthodes, les bonnes techniques, finalement ?

Vous l’aurez peut-être remarqué, nos amis d’outre Atlantique sont très présents quand on parle de ce sujet. La raison est très simple : c’est qu’ils sont bien connus pour leur pragmatisme dans bien des domaines, pour le meilleur et pour le pire… Si un « Etats Unien » a la phobie de l’avion, il aura tout naturellement tendance à se tourner vers les « thérapies brèves » (c’est la même mouvance) qui lui permettront le plus souvent de surmonter cette « entrave gênante » en un temps record. Le plus souvent, au bout d’une période relativement… brève, donc, notre yankee remontera gaillardement dans son avion, le sourire aux lèvres, et bien entendu en parlera abondamment autour de lui, assurant succès et prospérité à cette méthode et à ses praticiens.

Dans notre vieille Europe, en revanche, nous avons pendant très longtemps eu tendance à sourire avec condescendance devant de si candides « enfantillages », préférant passer une bonne partie de notre vie à chercher à comprendre toute une série de « pourquoi » existentiels, un peu comme si comprendre était préférable à vivre (…et l’avion là-dedans ? Euh… il attend… il peut même attendre pendant toute notre vie !). Mais bon, la roue tourne, et ces choses-là sont en train de bouger un peu…

À mes yeux il n’y a pas de bonne ou de mauvaise technique de développement personnel à proprement parler. On s’en doutera, la personnalité de la ou les personnes qui nous enseignent ces techniques y est pour beaucoup, pour ne pas dire « pour 100% ». À chacun de se déterminer en fonction des témoignages qu’il aura pu recueillir autour de lui… mais aussi de son propre ressenti ! Ne vous lancez jamais dans une telle démarche d’apprentissage sans avoir rencontré au préalable la personne qui l’enseigne. Il est essentiel pour vous que ces techniques soient dispensées par des personnes que vous trouverez réellement bienveillantes et ouvertes (…ce qui ne va pas de soi, comme dans tout apprentissage !). Ainsi, une très grande dame, qui m’a transmis les quelques techniques de programmation neurolinguistique que je connais (bon, je dis « quelques », mais c’était quand même un dispositif de plus de 300 heures…) a déclaré ceci à notre groupe, en guise d’adieu, lors de notre dernière session d’apprentissage (je la cite de mémoire) :


Une seule rivière, mais une infinité de ponts

une seule rivière, beaucoup de pontsVous avez appris à utiliser une technique. Cette technique est celle de la PNL. Mais il en existe beaucoup d’autres… il y a parfois des milliers de ponts pour traverser une même rivière. L’important est que vous savez maintenant comment passer de l’autre côté… ceci dit, attention, ne vous laissez jamais embarquer dans le piège des querelles de chapelles, et soyez bien persuadés qu’il existe une multitude d’autres ponts que celui que vous venez de franchir, et qu’ils sont certainement tout aussi valables que le vôtre.

…J’ai découvert depuis lors qu’une métaphore semblable est citée par Théodore Monod, dans un film qui lui est consacré : « Il y a une montagne unique, une seule montagne, que nous gravissons les uns et les autres, qui que nous soyons, par des sentiers différents, avec l’espoir bien entendu, de nous retrouver les uns et les autres au sommet dans la lumière au-dessus des nuages » (Théodore MONOD, à la fin du film « Le vieil Homme et la fleur » réalisé lors d’une expédition au Yémen, en 1995.

Source : http://www.espacereinedesaba.org/spip.php?article14 )


Les bouchers et les criminels

On le sait bien : tous les couteaux peuvent à la fois rendre d’incroyables services et faire d’incroyables dégâts, tous les bouchers, mais aussi tous les criminels savent bien cela. Reste que, s’il est complètement erroné d’incriminer le couteau quand on découvre un meurtre, il est infiniment plus prudent d’apprendre à manier cet outil avec un boucher qu’avec un criminel, et ceci pour des raisons évidentes.

menace inattendueOr, les criminels sont fort nombreux, et leurs armes ne se limitent pas aux couteaux. Elles vont même parfois jusqu’à inclure les outils du développement personnel (manipulations, dérives sectaires…), ce qui amène nombre d’esprits mal informés à jeter le bébé avec l’eau du bain.

L’incrédulité est la qualité majeure d’un gendarme, écrivait Pierre Magnan. C’est elle qui fait de lui l’égal d’un scientifique (« Les Secrets De Laviolette », Denoël, p.142). N’ayons pas la cruauté de chercher à savoir si en disant cela, il entendait se gausser des premiers ou des seconds :-). Mais les exemples où les sciences (qu’elles soient dures comme ou molles) me semblent prises en flagrant délit d’insuffisance, de « trop court » ne manquent pas.


Développement personnel et homéopathie : même combat ?

Il est notoire que l’homéopathie, par exemple, a encore du mal à se faire accepter dans la communauté scientifique, faute de pouvoir se prêter à l’analyse, et, partant, aux critères du groupe qui détient le pouvoir de « faire la pluie et le beau temps » en la matière. Et en attendant que tout ce petit monde se mette d’accord, des millions de gens se soignent, souvent avec bonheur, et parfois même sont tirés d’affaire face à de bien fâcheux maux. Nous sommes ici aux antipodes de l’hommage sarcastique qu’aurait adressé Fontenelle en 1757 depuis son lit de mort à la science en général, et à son médecin en particulier, lequel se répandait en doctes explications sur la maladie en cours pendant que Fontenelle agonisait : «En somme, grâce à vous, docteur, je meurs guéri !», aurait déclaré l’écrivain…


Pour conclure…

Ce que je puis affirmer à propos du développement personnel, pour ce qui est de mon modeste témoignage, c’est tout simplement que pour ma part j’ai été pleinement satisfait de l’expérience, qui fut pour moi plus que concluante. Entre ça et le mieux-apprendre, je ne vous raconte pas à quel point je me sens chez moi dans n’importe quelle situation d’apprentissage, de la plus simple à la plus problématique, que ce soit en direct ou à distance… Et, pourquoi ne pas le dire, depuis que je vais plus facilement vers les gens, ceux-ci me le rendent au centuple !

Que ce soit en situation d’apprentissage, de formation, ou de transmission des connaissances (…encore que cela ne s’arrête certes pas là), le développement personnel reste pour moi une ressource précieuse,  sur bien des plans. En gros, cela tourne autour de la capacité à conserver enthousiasme et optimisme contre vents et marées (ce qui n’empêche pas la lucidité). Ainsi je peux déclarer que ma vie de formateur s’en est trouvée fondamentalement changée. Peut-être, dans un avenir prochain ces choses-là seront elles aussi systématiquement enseignées dans les cours de pédagogie ? Je l’ignore… mais j’ai souvent le sentiment qu’à côté des moyens technologiques de communication, la véritable communication entre les êtres humains n’en est… qu’à la préhistoire.

Il n’empêche : aujourd’hui, chaque jour, je fais de mon mieux, à mon humble niveau, et surtout je vais mieux, « de mieux en mieux »… en tâchant de me souvenir qu’il n’est pas nécessaire d’aller mal pour aller mieux.

C’est tout le bien que je vous souhaite 🙂

Bien à vous,

Bernard

Les paragraphes sur la pensée positive, la visualisation et la relaxation ont été librement inspirés d’un article publié par Erik Pigani dans un hors-série de la revue « Psychologies » paru en octobre 2005.

A lire également : cet article très complet et très pédagogique sur le blog de l’ISRI (ingénierie en pratiques sociales), intitulé « Changement personnel : mieux choisir sa thérapie ».

Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (1/2)

Cet article est le plus récemment paru dans le dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

Apprendre mieux ? (découverte de la grande galaxie du Mieux-Apprendre)
Apprendre mieux ? Épisode 2 : Les grands principes
Apprendre mieux ? Épisode 3 : Vous avez une mémoire extraordinaire !

Comment sortir de la bouteille

L’éducation est une épée à double tranchant. Elle peut devenir dangereuse si elle n’est pas maniée correctement. (Wu Ting-Fang)

Comme nous commençons à le voir, le mieux-apprendre est tout sauf une science. Cette « discipline pédagogique de l’action » repose plutôt sur le bon sens, mais aussi sur notre propre capacité à oser nous remettre en question et tenter quelque chose de nouveau. Il est aisé de comprendre que sur ce registre-là, le développement personnel (pfffft…. encore un truc aux contours pas toujours très précis, encore une galaxie, quoi… :-)), bien que complètement « déconnecté » du mieux-apprendre à proprement parler, peut avoir un rôle essentiel à jouer dans une pareille démarche. Étant donné que ce fut mon cas, et que j’en ai retiré un énorme bénéfice, je n’hésite pas à développer ce sujet ici (…que les éventuels puristes des deux galaxies en question daignent me pardonner).

Être au clair avec nos propres croyances et nos propres émotions

Il est aisé de remarquer qu’une grande partie du succès ou de l’échec d’une démarche d’apprentissage tient aux représentations mentales que les uns et les autres se font de l’apprendre, de « l’idée qu’ils s’en font », en quelque sorte. L’acte d’enseigner, de former, n’étant pas de tout repos (…certains d’entre vous l’ont peut-être déjà remarqué 🙂), il est naturel qu’en pareil cas nous ne mettions pas toujours le plus grand empressement à sortir du connu pour aller vers ce qui ne l’est pas…

En outre, pour accepter ne serait-ce que l’idée d’apprendre (dans le sens « enseigner ») en s’amusant (…ce qui, rappelons-le, fait partie des fondamentaux du mieux-apprendre), il est indispensable d’être au clair avec nos propres croyances et émotions. En général, plus on possède un bagage intellectuel conséquent, plus on est en mesure d’invoquer – à juste titre – de raisons pour expliquer que notre propre conduite ne doit pas se laisser guider par nos émotions.

Les croyances limitantes, ça limite, mais d’un autre côté, les croyances portantes, ça porte… 🙂

J’ai abordé plusieurs fois ici la notion de « croyance », en particulier pour ce qui concerne les croyances en nos propres capacités (j’ai parlé de croyances limitantes). Nous savons qu’une croyance limitante a pour effet de diminuer de facto nos performances dans la matière étudiée. Mais il faut également bien considérer qu’à l’inverse, une croyance diamétralement  opposée (qu’on peut appeler croyance portante) aura pour effet… de les augmenter ! En d’autre termes, nous ne savons jamais avec exactitude jusqu’où nous pouvons aller, mais ce qui est sûr, c’est que si nous « n’y croyons pas », nous irons moins loin… et que si nous « y croyons », nous irons plus loin ! D’où les nombreux aphorismes du style « Ils ne savaient pas que c’était impossible, du coup ils l’ont fait ».

Les émotions sont de très mauvais maîtres, mais…

Quant aux émotions, si nous savons tous instinctivement qu’elles sont de très mauvais maîtres, on ignore parfois – jetant inconsidérément le bébé avec l’eau du bain – à quel point elles peuvent se révéler d’excellents auxiliaires, à condition toutefois que nous ayons acquis une capacité à « arbitrer » de manière satisfaisante nos éventuels conflits intérieurs en la matière. Faute de quoi la solution – et c’est bien compréhensible – que nous adoptons le plus souvent consiste tout simplement à nous couper purement et simplement de nos émotions pendant l’exercice de nos fonctions (ce qui me paraît dommageable pour tout le monde, surtout en situation de formation, que ce soit pour le formateur ou pour l’apprenant). Or, on sait confusément qu’il est illusoire de vouloir les accrocher, ces satanées émotions, au mur, à côté de notre manteau en arrivant le matin, pour les récupérer le soir en partant. Mais bon, faute de mieux, on fait comme si…

Se couper de ses émotions, est-ce rédhibitoire ?

Celui qui « se coupe de ses émotions »  pourra peut-être accéder à toutes les connaissances livresques et théoriques qu’il voudra (…dans des cas pas si isolés que ça, ce sera même pour lui un salvateur refuge), mais il prendra – de ce fait – le risque de passer à côté de phénomènes (beaucoup plus nombreux qu’il n’y paraît) se prêtant peu, voire pas du tout à l’analyse intellectuelle. Et il passera – vis-à-vis de ses éventuels amis moins lettrés que lui – comme quelqu’un de très brillant, et même, si ça se trouve, je sais pas moi, peut-être pour un expert de la méta-cognition (…rires dans l’assistance), mais en même temps, ce faisant, il risque fort d’être perçu comme quelqu’un « qui passe à côté de l’essentiel », ce qui ne manquera d’ailleurs pas de l’irriter au plus haut point. L’évidence, pas plus que l’essentiel, ne se prêtant volontiers à l’explication (« si tu ne comprends pas ce qui est évident, nous ne pouvons rien pour toi ») nous nous dirigeons encore vers un dialogue de sourds, et notre fameux lettré, déconfit et frustré par cet état de choses, n’aura de cesse que de se réfugier auprès de ses pairs, nettement plus « civilisés » que tous les goujats qui « refusent le dialogue » !

L’histoire d’un formateur en informatique qui rêvait de donner des cours de ressources humaines…

rêveJe me souviens très bien qu’il y a bien longtemps, alors que j’étais un jeune formateur en informatique, très à l’aise dans le domaine de « la logique », du « démontrable »,du «  factuel »… j’étais en même temps très intrigué et très attiré par le contenu de tous les catalogues de stages de formation tournant autour des ressources humaines, de l’animation et du management d’équipe, et plus généralement du comportement. Je me demandais bien à partir de quoi on pouvait arriver à dire quoi que ce soit de pertinent… et – surtout – faire face aux attentes et réactions des participants, sur des sujets aussi vastes que la manière de communiquer en situation difficile ou hostile, l’accompagnement au changement, la gestion de son propre stress, la prise en compte de celui des autres, les attitudes appropriées en situation d’entretien, de réunion, de conflit, la préparation de sa retraite, la dynamisation des équipes, le renforcement de sa propre performance managériale, l’animation d’une équipe de travail en situation non hiérarchique, ou à distance, et j’en passe…

Dis-moi, cher ami, comment fais-tu, toi ?

A un de mes amis, qui exerçait cette activité (et semblait d’ailleurs s’en tirer parfaitement indemne), je me souviens même m’être ouvert de mon attirance pour ces sujets, et en même temps de l’angoisse qu’ils suscitaient en moi. Par exemple je me souviens parfaitement avoir formulé mes craintes d’alors à peu près en ces termes : « Comment diable pourrais-je me passer de la présence physique des ordinateurs, présence qui m’a toujours rassuré lorsque un de mes participants, manifestant des états d’âme inattendus, semblait vouloir amener le groupe vers des rivages ne faisant pas vraiment partie du programme prévu… comment, disais-je, imaginer pouvoir me passer de cette présence si salvatrice pour moi (…celle des ordinateurs), puisqu’il m’a toujours suffi d’un effort minime, parfois d’un simple geste désignant les ordinateurs de la salle, pour que les choses rentrent très vite dans l’ordre, parfois à ma grande surprise, et – toujours – pour mon plus vif soulagement ? »

 

S’il vous manque un élément… inventez-le !

Capturons nos rêves…

…Après avoir entendu le récit de mes inquiétudes d’alors, mon ami  éclaté d’un rire sonore, puis m’a répondu quelque-chose dans ce goût-là : « Eh bien, qu’à cela ne tienne, si tu n’as plus d’ordinateur dans ta salle pour te rassurer, tu n’auras qu’à t’en inventer un et faire comme s’il y était ! Pour y arriver facilement, va donc suivre une formation en développement personnel, et si c’est bien fait, tu verras, tout marchera comme sur des roulettes ! ».

Sur le moment j’ai trouvé cette idée totalement incongrue… et pourtant, j’ai mis un point d’honneur à suivre le même cursus de développement personnel que mon ami (en effet, j’avais entièrement confiance en son témoignage… Du coup, j’en ai pris pour deux ans, à raison d’un weekend par mois !). Et je suis en mesure d’affirmer aujourd’hui qu’entre ça et je ne sais quelle démarche épistémologique (je pouffe…) il n’y a vraiment pas photo pour qui veut vraiment apprendre à « retomber sur ses pattes »…

Tout est dans la tête…

Par la suite, l’expérience m’a montré qu’effectivement TOUT était dans ma tête, et que j’étais en quelque sorte « mon pire ennemi » à chaque fois qu’il s’agissait d’adopter des postures, des attitudes, ou des comportements… auxquels je ne parvenais pas.

Peut-être ai-je eu besoin quelque temps d’imaginer la présence d’un ordinateur lors des premières interventions en communication (que j’ai dispensées par la suite, quelques années plus tard, et que je continue à dispenser aujourd’hui) ? Très franchement je ne m’en souviens plus. Il est probable que non.

Car la formation en développement personnel que j’ai suivie, donc, m’a également montré que j’avais également un meilleur ami… et que là aussi il s’agissait… de moi-même ! La différence c’est que maintenant j’ai beaucoup plus de choix ! Libre de suivre les injonctions de mon pire ennemi ou de mon meilleur ami, il m’arrive rarement d’hésiter. Je peux donc désormais maîtriser un éventail de situations infiniment plus grand qu’à l’époque. Encore une fois, il n’y a pas photo, pour moi c’est donc « Merci le développement personnel ! »

Comment peut-on présenter le développement personnel ?

Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances (sic !), le développement personnel vise à harmoniser les rapports du conscient avec l’inconscient et ayant pour but le développement de la personnalité de l’individu pour une meilleure connaissance de soi, des autres, et des mécanismes de relations interpersonnelles. Il a favorisé l’émergence du concept de « scénario de vie », qu’il définit comme une approche personnelle de la vie, où chacun peut se forger sa  propre image de soi et sa manière de faire face aux problèmes. Ce concept  a été repris par plusieurs  théories managériales (avec le MBTI) qui l’ont traduit (avec plus ou moins de bonheur) par la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

équilibre de vie

Tout en puisant ses origines chez des psychanalystes (notamment Carl Gustav Jung et Alfred Adler), le développement personnel se place dans une optique résolument pragmatique, à l’anglo-saxonne : Plutôt que d’entrer dans une (parfois très longue ) période d’analyse introspective (un peu comme on entre en religion), le développement personnel  nous permet plus prosaïquement de modifier, parmi  nos habitudes, représentations et schémas de comportement, ceux que nous jugeons inadaptés (…aux autres, au contexte, aux circonstances, que sais-je encore ?).

Quels concepts abordés (et surtout travaillés) en développement personnel peuvent-ils être utiles en situation d’enseignement et d’apprentissage ?

Un éléphant ça peut aider...

Là aussi, je donnerai une liste forcément subjective, et forcément incomplète…

Les croyances Elles tournent autour de tout ce qui nous permet ou nous interdit de faire quelque chose.
La confiance en soi Un cuisant déficit chez beaucoup d’entre nous… Si nous n’en sommes pas suffisamment pourvus, nos apprenants le sentent forcément ! Comment pouvons-nous prétendre les aider efficacement, dans ces conditions-là ?
Les facultés sensorielles : auditives, kinesthésiques (le toucher), gustatives, olfactives Leur étude nous montre à quel point chacun de nous perçoit la réalité d’une manière qui lui est propre (d’où des notions telles que les intelligences multiples, ou le « mode préférentiel d’apprentissage »…)
Les métaphores D’une puissance extraordinaire (parce que s’adressant directement à nos perceptions), elles sont à la base même de toute activité pédagogique.
La communication interpersonnelle Savoir décortiquer son fonctionnement permet incontestablement d’être beaucoup plus efficace, notamment par les techniques d’écoute active et de reformulation.
La congruence Correspondance exacte entre l’expérience et la prise de conscience (…cohérence interne, si on veut)
La gestion des objectifs personnels Pour mettre en place des stratégies qui tiennent la route
La gestion du changement Ou comment progresser sans se renier…
Les pièges du langage Nous accordons à la parole des vertus magiques… pour le meilleur, mais aussi pour le pire !
La ligne du temps Nos différentes façons de gérer et cadrer le temps
Éléments de dynamique des groupes Étude de plusieurs mécanismes courants (comme celui de la pression de conformité)
Les émotions Très mauvais maîtres, mais excellents auxiliaires, comme on l’a vu…

Citons quelques méthodes…

On peut aujourd’hui dénombrer les méthodes de développement par dizaines (faisant un choix forcément subjectif, je citerai simplement ici l’analyse transactionnelle, l’art-thérapie, le coaching, la communication non violente, l’ennéagramme, l’hypnose, la méthode Coué, la programmation neurolinguistique, le qi gong, la relaxation, le rêve éveillé, la scénothérapie, la sophrologie, le training autogène et le yoga).

Bon. C’est bien gentil tout ça, mais que choisir ? Et que faut-il éviter ?

J’imagine qu’à ce stade, une personne intéressée par tout ça ne saura pas forcément « par quel bout l’attraper »… ce qui est parfaitement compréhensible 🙂

Surtout que ces techniques (et leurs inévitables débordements) charrient inévitablement avec elles comme une odeur de soufre, tant il est vrai que dans l’imaginaire collectif, on y associe souvent des histoires de manipulation, ou de dérives sectaires, de gourous… parfois à juste titre !

Manipulations

Encore une fois, gardons-nous bien de jeter le bébé avec l’eau du bain. Pour comprendre comment tout cela fonctionne, prenons un exemple qui vous surprendra peut-être, celui des pédophiles : on sait que ceux-ci sont naturellement enclins à choisir des activités – ou même une profession – les mettant en contact avec les enfants. D’où le syllogisme courant : La plupart des pédophiles travaillant avec la petite enfance, certaines personnes en concluent un peu hâtivement que la plupart des travailleurs de la petite enfance seraient pédophiles (?!), sur le modèle archi-connu de « Tous les chats sont mortels. Or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat ».

Eh bien il en va de même avec la question du développement personnel et des gourous. Il est évident que tout gourou qui se respecte (…façon de parler, hein ?) ira tôt ou tard s’intéresser aux techniques de développement personnel ! De là à en conclure que « ça marche dans les deux sens », c’est aller un peu vite en besogne. Mieux, même : Plus nous serons nombreux à connaître ces techniques-là, plus nous serons armés pour nous défendre (et défendre les nôtres) contre les manipulateurs et les gourous. Par exemple, je peux vous dire que lorsque l’occasion m’en est donnée, j’assiste toujours avec une joie sans mélange aux joutes oratoires auxquelles les hommes politiques aiment tant se livrer sur les médias audiovisuels… incontestablement, ils ont été abreuvés à des sources que je peux très souvent identifier, et je suis très heureux de pouvoir ainsi décrypter nombre de leurs mécanismes… Plus nous serons nombreux à le faire, et mieux ce sera, ne serait-ce que pour des « raisons démocratiques » !

Voilà. Si après ces lignes, vous êtes toujours tentés par la question de savoir comment vous initier à tout ça, je me propose de vous amener des billes sur cette question, mais aussi sur les points communs (…car il y en a ! ) qu’on peut trouver  – du moins de mon point de vue – à la plupart des techniques de développement personnel, et ceci dans le prochain article à paraître ici.

Bien à vous,

Bernard

Apprendre mieux ? Épisode 3 : Vous avez une mémoire extraordinaire !

Cet article est le troisième paru dans le dossier « Apprendre mieux ? » publié sur ce blog. Pour un accès aux articles précédents, voir les liens ci-dessous :

Apprendre mieux ? (découverte de la grande galaxie du Mieux-Apprendre)
Apprendre mieux ? Épisode 2 : Les grands principes

« Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur.
Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.
Nous nous posons la question « Qui suis-je moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ? ». En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ? »

Marianne Williamson
écrivaine américaine

 

 

Bonjour,

Les capacités d’apprentissage

Dans l’article précédent, je vous faisais part des principes et préceptes du mieux-apprendre. En tout premier lieu, celui-ci : « Les capacités d’un être humain sont bien supérieures à ce que l’on considère habituellement comme normales. Ceci est particulièrement vérifiable pour ce qui concerne nos capacités à apprendre ».

Loin de moi l’idée de trancher ici le débat sur la sempiternelle question des capacités – égales pour tous ou différentes d’un individu à l’autre. Cette question a fait, fait encore, et à mon humble avis fera encore longtemps l’objet de « querelles d’experts » qui ne feront pas nécessairement progresser nos pratiques d’un pouce.

En revanche, il y a un point sur lequel j’aimerais aujourd’hui retenir votre attention: Il s’agit du passage qui stipule « […] bien supérieures à ce que l’on considère habituellement comme normales ».

Les croyances limitantes : rappel

Il se trouve qu’un autre principe du mieux-apprendre nous rappelle que la mémoire et l’intelligence (ou plutôt l’idée qu’on se fait de nos propres capacités sur ces points-là) sont absolument déterminantes dans tout acte d’apprentissage. Vous vous souvenez peut-être que dans l’article précédent il était également question du principe portant sur les croyances limitantes. Nous avons insisté sur un fait important : Les « croyances limitantes » empêchent tout le reste de fonctionner correctement.
Comme je vous l’expliquais, vous pouvez investir dans le meilleur équipement de plomberie, installé par les meilleurs spécialistes, il n’en reste pas moins vrai que si un caillou bouche le tuyau, l’eau ne coulera pas ! Remarque : dans la majorité des cas, les croyances les plus limitantes (à propos de soi) tournent le plus souvent autour de l’intelligence et de la mémoire (du moins pour ce qui concerne nos capacités d’apprentissage).

Le cas (épineux) de la mémoire…

Combien de fois n’ai-je pas entendu la phrase suivante, que ce soit en salle de classe ou en stage de formation adultes : « De toute façon, même si par extraordinaire je comprenais tout ce que vous allez nous expliquer, je sais que ne retiendrai rien, et pour une raison très simple : Je n’ai pas de mémoire ».

Malheureusement, cette prophétie auto-réalisatrice, tout en ne reposant sur rien de concret, a pour effet d’être imparable et de fonctionner à merveille… nous sommes en effet tous suffisamment retors pour nous fabriquer du « Tiens ! Je l’avais bien dit » quand il s’agit de l’appliquer à des croyances négatives sur nous-mêmes. Ainsi, la boucle est bouclée, si l’on peut dire, et nous pouvons retourner tranquillement à nos petites compulsions… souvent pour le pire, et rarement pour le meilleur 🙂

Contrairement à ce que vous croyez peut-être, vous avez tous une mémoire extraordinaire, et je vous le prouve…

Stagiaire masque à gazN’importe quel pédagogue de terrain vous le dira : il n’est pas de plus grand plaisir que de tordre le cou à une croyance limitante chez nos apprenants. C’est un peu une manière de les aider à  « d’enlever un caillou », pour reprendre la métaphore plombière évoquée plus haut :-). Aussi je serais très heureux d’apprendre que j’ai pu vous transmettre quelque-chose dans ce goût-là…

Une expérience très simple à réaliser… et une ressource à diffuser largement autour de vous !

Vous allez découvrir sous ces lignes le détail d’une séquence pédagogique comme vous n’en avez peut-être pas vécues jusqu’à ce jour. Elle vise tout simplement à prouver (oui… je sais, je m’expose, mais je persiste et signe, j’ai bien dit prouver !) à chacun des apprenants présents en face de vous (…ou même en vidéo conférence, nous y reviendrons) que ses capacités de mémorisation sont bien supérieures à tout ce qu’il imaginait jusqu’alors.

Attention, ne commettez pas la même erreur de jeunesse que moi : à mes débuts, j’étais en effet tellement transporté par le désir Don-Quichottesque de venir en aide au monde entier qu’au commencement de la séquence, j’introduisais systématiquement l’atelier par une affirmation à gros sabots du style « Vous allez tous y arriver, je vous le promets ! ». Grave erreur ! Car la personne dont la croyance limitante est la plus « alambiquée » du groupe vous rétorquera probablement quelque-chose du style « Non ! Cela marchera peut-être pour tous les autres, mais je sais déjà que cela ne marchera pas pour moi ! ». Soyez-en certains, cette obscure manœuvre n’a pas d’autre but que de fabriquer (pour soi et pour le groupe) un « Vous voyez, je vous l’avais bien dit » négatif… qui (hélas) marche à tous les coups ! Ce qu’on peut être alambiqué, tout de même, quand on s’y met…

labyrinthe vers le bonheur

A la place, restez complètement zen, ne pensez surtout pas à je ne sais quels moulins à vent :-), et faites tout tranquillement au groupe une déclaration selon laquelle l’expérience marche dans la plupart des cas, mais que si dans la salle une personne est persuadée – attention, vraiment persuadée, hein ? – qu’elle-même n’y arrivera pas, eh bien sa prédiction sera vérifiée ! Maintenant, pour le cas où cette même personne ressent en même temps une petite (allons, ne chipotons pas, poussons même jusqu’à imaginer une toute petite) lueur de l’ordre du « si ça se trouve, c’est possible… »), eh bien cela rendra par là-même la chose… possible ! En fait, le plus simple est d’arrêter de se poser des questions, et de se lancer (…comme toujours !)

La ressource

(Remarque : j’ai déjà publié cette ressource, sous une forme légèrement différente, dans un billet de blog qui date de 2005).

Voici une technique originale vous permettant de développer votre mémoire en utilisant les associations d’idées.
Il s’agit plus précisément d’utiliser ici la technique dite des tables de rappel.

Regardez ces chiffres attentivement.

(chiffre animé)

Le 1 fait penser à un piquet, ou à un pieu que l’on peut enfoncer dans le sol à l’aide d’un marteau.

(chiffre animé)

Le 2 fait penser à un cygne…

(chiffre animé)

Le 3 fait penser à une femme à la forte poitrine…

(chiffre animé)

Le 4 fait penser à un bateau à voile…

(chiffre animé)

Le 5 fait penser à une femme enceinte…

(chiffre animé)

Le 6 fait penser à un fumeur de pipe…

(chiffre animé)

Le 7 fait penser à une falaise en surplomb…

(chiffre animé)

Le 8 fait penser à un bonhomme de neige…

(chiffre animé)

Le 9 fait penser à un appareil à faire des bulles de savon…

(chiffre animé)

Le 10 fait penser à deux personnes, l’une très maigre, l’autre très enveloppée (par exemple Laurel et Hardy, ou encore Astérix et Obélix…).

Pour retenir tous ces exemples, il vous suffit de revenir ici et de regarder tranquillement les animations ci-dessus… vous verrez qu’il est très simple de s’en souvenir, sans produire le moindre effort que ce soit.

Ce moyen mnémotechnique pour retenir des chiffres n’est certes pas le premier à avoir été découvert, il en existe de nombreux. Mais celui-ci a ma préférence parce qu’en cas de doute, si on a peur de confondre deux chiffres, par exemple, il est très facile de les départager, puisqu’on se réfère toujours à leur forme. Ainsi, il est très difficile d’imaginer qu’on puisse confondre le 5 (qui a la forme d’une femme enceinte) et le 1 (qui a la forme d’un pieu). Au bout d’un moment, grâce à leur forme (que vous connaissez forcément), les chiffres parlent pour ainsi dire d’eux-mêmes !

Tiens, essayez dès à présent de retrouver les images animées équivalentes à tous les chiffres, je suis sûr que vous les connaissez déjà ! Dans le cas contraire, retournez y faire un tour, tranquillement, sans vous mettre la pression, sans martel en tête… tâcher de rester tout à la fois attentif et détaché, le sourire en coin… et oubliez toutes les sottises qu’on vous a racontées sur l’écrasante  obligation de faire des efforts.

Maintenant, imaginez que vous devez retenir une liste de courses de 10 articles.

Dans l’exemple qui suit, nous utiliserons une liste que j’ai demandée à ma nièce Mayra (10 ans à l’époque) de bien vouloir inventer.

Voici ce qu’elle m’a répondu :

1 – Des tomates

2 – Des carottes

3 – Du papier toilettes

4 – Des assiettes

5 – Des bananes

6 – Des yaourts

7 – Du fromage

8 – Du sucre

9 – De l’eau minérale

10 – De la viande

Ma fille Alice (10 ans à l’époque, également) connaît bien cette technique (…aujourd’hui elle est en classe prépa 🙂 ).  Aussi, elle a immédiatement pu réciter sans une hésitation la liste, dans l’ordre, puis dans l’ordre inverse, puis dans le désordre, en répondant aux questions du type « Qu’y a-t-il en 5e position ? … Puis en 3e… ? » etc.

Comment cela a-t-il été possible ? C’est très simple.

D’abord, il faut avoir bien en tête à quelle image animée correspond chaque chiffre (voir plus haut).

Ensuite, à chaque fois qu’une personne vous annonce un élément de sa liste, faites-vous bien préciser le numéro, et inventez en direct dans votre tête une petite scène gaguesque, style BD, ou dessin animé, mettant en relation les deux éléments. Par exemple, pour le 1 (le pieu), ma nièce avait choisi « des tomates ». Ma fille a donc imaginé en une fraction de seconde qu’elle voyait dans notre jardin potager des tomates qui poussaient autour d’un pieu. Si nous n’avions pas eu de jardin, elle aurait pu imaginer un pieu qui s’enfonce dans des tomates… avec pour résultat des tomates partout, du jus, de la pulpe, bref l’horreur ! N’importe quelle scène peut très bien faire l’affaire… il faut juste avoir un tout petit peu confiance en soi, et en nos capacités d’imagination.

L’essentiel est de faire appel à des images mentales qui soient toujours…

  • Dynamiques
  • Colorées
  • Exagérées

Qu’entendons-nous par cela ?

– Dynamiques : Qui sont en mouvement, qui bougent…

– Colorées : Riches en perceptions visuelles… mais pas seulement ! Utilisez aussi vos facultés auditives, kinesthésiques (le toucher), gustatives, olfactives…

– Exagérées : Tout ceci se passe dans notre tête… alors il n’y a aucune raison de faire des économies d’imagination ! Plus les choses seront marquantes, incongrues et exagérées, plus nous augmenterons nos chances de les retenir !

Maintenant, voici le tableau complet représentant la façon dont ma fille a mémorisé la liste de courses :

Image animée Article choisi  Association d’idées  Commentaires
1 Piquet, pieu… Des tomates « Tomates qui poussent autour d’un pieu (tuteur). » On peut aussi imaginer un pieu qui s’enfonce dans quelque chose… avec le bruit, ou les dégâts que cela occasionne…
2 Cygne Des carottes « Donner des carottes à un cygne. » On peut toujours imaginer un cygne qui glisse majestueusement sur un étang, ou un lac, ou dans un parc… Il peut prendre un objet dans son bec, ou encore le mettre sur son dos…
3 Grosse poitrine Du papier toilette « Une femme coince (pour rire) un gros rouleau de papier toilette parfumé entre ses seins. » C’est pratique, une grosse poitrine : on peut toujours poser quelque chose au milieu, glisser quelque chose dedans…(Remarque : Il faut savoir que tout ce qui est un tant soit peu « osé » se retient plus facilement, que ce soit par les hommes ou par les femmes (si!). À chacun d’entre nous de définir où se situent ses propres limites 🙂
4 Bateau Des assiettes « Pique-nique en pleine mer… » Trouver quelque chose qui se passe sur le bateau… sur le pont, dans la cabine, dans la mer à proximité… sur un quai… on a l’embarras du choix !
5 Femme enceinte Des bananes « Une femme enceinte mange une banane avec l’idée que son enfant aimera cela plus tard… » Trouver quelque chose avec le gros ventre… ou le avec bébé dedans…
6 Pipe Des yaourts « Le vieux fumeur tousse, alors il mange un yaourt pour s’adoucir la gorge… » On pouvait aussi inventer une pipe rudimentaire et « pour de rire » faite d’une paille et d’un pot de yaourt… ou utiliser les volutes de fumées pour y mettre une forme…
7 Falaise en surplomb Du fromage « Un alpiniste qui a de la nourriture énergétique sur lui… entre autres un vieux morceau de fromage… » Pour la falaise, ne pas hésiter à mettre en scène le personnage qui grimpe… ou encore ce qu’il trouvera une fois arrivé en haut…
8 Bonhomme de neige Du sucre « J’ai vu un bonhomme de neige et je me suis aperçue qu’en fait il était fait… de sucre en poudre ! » On peut aussi utiliser les accessoires courants (nez en forme de carotte, écharpe, boutons..) pour y accrocher ce qu’on veut… voire incorporer un accessoire supplémentaire !
9 Bulles de savon De l’eau minérale « Il y avait une panne d’eau courante, pour nos bulles, alors… » Le 6 est un 9 à l’envers… Correspondance entre la pipe (orientée vers le bas) et l’objet à faire les bulles de savon (les bulles montent…).
10 Laurel et Hardy De la viande « Hardy est gros parce qu’il mange trop de viande… » Jouer sur le contraste entre le gros et le maigre…

Bien entendu, si c’est la première fois que vous utilisez cette technique, cela vous paraîtra peut-être un peu difficile au début. Mais croyez-moi, avec un peu d’entraînement, vous vous étonnerez très vite vous-même, et vous pourrez facilement épater vos amis !

Vous pouvez en outre très bien établir une liste de 20, 30 voire 100 mots : ça marche également et aussi facilement (« 11 » = deux pieux… « 12 »= un pieu et un cygne…). Ce qui compte, c’est de s’attacher à visualiser les scènes. Mais à partir de 10, il est préférable d’appliquer « le Grand Système ». Pour cela, je vous suggère de faire une recherche dans votre moteur favori. Voir les ouvrages de Tony Buzan (avec son « grand système », qui marche de 0 à l’infini…), ou de Bruno FURST, pour de plus amples explications

Voilà. Le plus étonnant, c’est que pour ma part, dès que j’ai compris qu’il fallait prendre certaines précautions avant de commencer (en précisant juste « […] si dans la salle une personne est persuadée – attention, vraiment persuadée, hein ? – qu’elle-même n’y arrivera pas, eh bien sa prédiction sera vérifiée »), je vous assure que je n’ai plus jamais entendu de Schtroumpf grognon de mauvais augure !!! Non pas qu’ils aient disparu, certes ! Tout simplement, en accueillant par avance l’idée que l’échec est possible, nous ouvrons tous ensemble la porte à toutes les possibilités, sans en exclure aucune !

Image de soi...

Bien entendu, on l’aura compris, les personnes les plus douées pour réaliser ce genre d’expériences sont… les enfants. Les études sont formelles (…et ma modeste expérience vous confirme ce point). Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer si vous êtes adulte. J’ai renouvelé l’expérience maintes fois avec des groupes d’adultes, cela marche très bien. Beaucoup d’entre eux, en fait, se montrent vraiment émus en constatant qu’ils ont bien plus de capacités que ce qu’ils imaginaient au départ… et en réalisant que dès leur plus jeune âge ils s’étaient fourrés (avec ou sans l’aide d’autrui) de drôles d’idées dans le crâne sur ce sujet.

En tout cas, cela nous prouve une chose (si besoin était) :

Les enfants ont encore beaucoup de choses à nous apprendre !

« […] Un enfant peut toujours enseigner trois choses à un adulte :

– être content sans raison
– s’occuper toujours à quelque chose
– et savoir exiger – de toutes ses forces – ce qu’il désire. »

(Paulo Coelho, « La cinquième montagne »).

Pour de plus amples détails et informations, on se réfèrera avec profit aux travaux de Tony Buzan (abondamment distribués et commentés sur le net), ou de Bruno Furst (nettement moins connu, mais auteur d’un système étonnant dont je vous parlerai peut-être une autre fois).

N’hésitez pas non plus à me poser toutes les questions que vous voulez dans la partie « commentaires », j’y répondrai de mon mieux.

La prochaine fois, nous parlerons de développement personnel (car je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais il y a un rapport). J’en vois quelques-uns, là, dans le fond, qui sortent déjà leurs gousses d’ail et leurs crucifix :-). Qu’ils soient rassurés, ce n’est pas la peine…

Bien à vous,

Bernard

(À la mémoire d’Édouard Philippe, formateur exceptionnel qui m’a enseigné l’utilité des images « dynamiques, colorées et exagérées ». Pour cette raison et pour mille autres, je n’oublierai jamais le respect que m’a inspiré cet homme si étonnant, qui m’a transmis l’habitude de répondre « de mieux en mieux » à chaque fois qu’on me demande comment je vais… Essayez donc, vous serez surpris des réactions !)
 
filet
 
Post-scriptum  : Depuis cet article, j’en ai écrit un autre permettant de retenir non pas dix, mais cent éléments ! Oui, vous avez bien lu ! …C’est par ici que ça se passe
 

Apprendre mieux ? Episode 2 : Les grands principes

balayeur de blablas

  • Le mental vit dans un cercle vicieux. Il créé lui-même les problèmes et essaie ensuite de les résoudre

(Swami Prajnanpad)

Bonjour,

Dans un article précédent, je vous ai présenté le phénomène du Mieux-Apprendre. Je vais tenter aujourd’hui de vous donner une description plus détaillée de ce dont il s’agit.

Rappelons simplement que le but visé part de l’idée toute simple qu’on n’apprend jamais aussi bien que lorsqu’on ne s’aperçoit pas qu’on apprend.

Qu’il me soit permis de citer d’emblée le rôle essentiel joué par Bruno Hourst, sans qui je n’aurais jamais pu prendre connaissance de toutes ces choses-là (…et encore moins les appliquer !).

Bruno Hourst : une histoire étonnante

J’ai découvert (un peu par hasard, en 1998) que cet auteur avait une biographie étonnante : il s’engage tout d’abord dans la marine, et enseigne la navigation astronomique à l’École Navale, où il se passionne pour la pédagogie. Il est ensuite détaché auprès de l’Éducation Nationale en tant que professeur de mathématiques dans un lycée. Reprenant du service, il voyage sur de nombreux navires, puis devient pilote d’avion et d’hélicoptère tout en enseignant l’astronomie (une de ses nombreuses passions).

Après bien des péripéties (chacun sait que le meilleur des romans n’est qu’une pâle imitation de la vraie vie, pour peu qu’on sache la débusquer), il se met en tête de faire un tour du monde des pratiques pédagogiques innovantes (…rien de moins !). Il se lance donc dans des recherches sur des modes d’apprentissages originaux, à l’efficacité parfois inimaginable (réclamez-moi des exemples !), qui l’emmènent successivement en Australie, aux États-Unis, au Québec, au Tchad et dans plusieurs autres pays.

En collectant toutes ces informations, il a ainsi fait œuvre de « passeur » en permettant par exemple à un concept connu outre-Atlantique sous le nom d’Accelerative learning de traverser l’océan, puis d’être largement diffusé en Europe. Après y avoir apporté des aménagements et enrichissements de son cru, il lui donnera le nom de « Mieux-Apprendre » (ainsi l’idée de qualité prend le pas sur celle de rapidité, manière peut-être plus « européenne » de mettre en avant ce qui est efficace ? Toujours est-il que le point commun est qu’on fait plus, mieux, et en moins de temps. À chacun de déterminer l’expression qu’il préférera 🙂

Il publie pour la première fois les résultats de ses recherches dans un ouvrage désormais célèbre, intitulé Au bon plaisir d’apprendre en 1998, ouvrage qui donne un aperçu de nombreuses techniques et de leurs incontestables bénéfices.

Euh… j’ai droit à une touche personnelle ?

Permettez-moi ici de glisser une touche plus personnelle, en précisant que la découverte de ce livre (réédité de nombreuses fois depuis lors) a radicalement changé ma vie de formateur. Le fait de trouver dans un livre, publié chez un éditeur reconnu, les principes sur lesquels j’appuyais ma pratique pédagogique (qui, à l’époque, s’était construite  100% « à l’instinct ») m’a libéré de l’île déserte que j’avais l’impression d’habiter (…comme beaucoup d’entre nous, apparemment, si l’on en juge par exemple d’après le mouvement suscité récemment par l’annonce du MOOC ITyPA…).

En effet, je me suis complètement reconnu dans cette manière de voir et de fonctionner, à tel point que je n’ai eu de cesse que de rencontrer ce personnage si surprenant… Ce que Bruno Hourst a non seulement accepté très simplement et très gentiment, mais il a fait bien plus que cela, en me faisant l’amitié de me faire partager en grande partie le fruit de ses recherches, et en acceptant spontanément de me venir en aide (je pataugeais à l’époque dans la préparation laborieuse d’une séquence de formation de formateurs), alors que c’est paré du seul titre de simple « soutier » de la formation que je m’étais permis de prendre contact avec lui.

Non seulement il m’a très favorablement accueilli, mais il m’a fait l’honneur de me transmettre une grande partie de ses connaissances, allant jusqu’à m’inviter à suivre plusieurs de ses séminaires en tant qu’auditeur libre, tout ceci sans jamais me demander la moindre contrepartie que ce soit ! Par la suite j’ai même animé moi-même plusieurs de ces séminaires-là, toujours sous la houlette débonnaire de ce monsieur hors du commun dont j’apprécie aujourd’hui encore la compétence, la gentillesse et surtout la simplicité. De son côté, Bruno a publié depuis de nombreux autres ouvrages :

Bibliographie de Bruno Hourst

  • Au bon plaisir d’apprendre. Bruno Hourst. InterEditions, 1997-2008. ISBN 978-2729609382
  • Former sans ennuyer : Concevoir et réaliser des projets de formation et d’enseignement. Bruno Hourst. Editions d’Organisation, (2007). ISBN 978-2-212-53937-0
  • Modèles de jeux de formation : Les jeux-cadres de Thiagi. Bruno Hourst et S.Thiagarajan. Editions d’Organisation, (2007). ISBN 978-2-212-53937-0
  • À l’école des intelligences multiples. Bruno Hourst. Hachette Education, juillet 2006. ISBN 978-2-01-170898-4
  • J’aide mon enfant à mieux apprendre. Bruno Hourst. Eyrolles, janvier 2008. ISBN 978-2-212-54038-3
  • Management et intelligences multiples : La théorie de Gardner appliquée à l’entreprise. Bruno Hourst et Denis Plan. Dunod, octobre 2008. ISBN 978-2-10-052158-6

Il serait dommage de refermer cette notice bibliographique sans souligner un paradoxe qui, bien que j’y sois habitué, n’en reste pas moins curieux : Tous ces ouvrages sont largement diffusés dans toutes le bonnes librairies, et font de Bruno Hourst un auteur qui a aujourd’hui bien plus qu’un succès d’estime. Ce succès (largement mérité à mes yeux) fait de lui un auteur incontournable pour des milliers de lecteurs, qu’ils soient simples curieux, ou encore issus du monde de l’entreprise, de la formation professionnelle, de l’éducation…

…En revanche, ces mêmes ouvrages sont totalement négligés par la plupart de ceux qui disent habituellement la messe en matière de pédagogie ! Pour en avoir une illustration, recherchez l’expression « littérature grise » (qui m’avait fait – qui me fait toujours – bondir) dans mon article précédent.

Les grands principes du Mieux-Apprendre

Ah, tout de même, ces fameux principes, en quoi consistent-ils donc, va-t-il encore nous faire languir longtemps, celui-là ? … vous entend-je piaffer  🙂

Précisons tout d’abord qu’ils ne doivent en aucun cas être considérés comme je ne sais quel dogme, catéchisme, bible, ou que sais-je encore… Il ne s’agit que d’idées générales, mais toujours en prise avec le concret, agrégées au fil du temps (…et toujours avec le sourire) par toute une galaxie de personnes séduites par l’idée que le concept d’open source ne devait pas être réservé au seul monde du logiciel (…des connectivistes avant l’heure, si on voudra 🙂 ).

Autre précision importante : tous ces principes traversent chaque jour l’épreuve des faits ! Si jamais en lisant ceci vous éprouvez un ressenti de l’ordre de « Cela ne pourrait jamais s’appliquer à mon domaine d’enseignement » ou encore « C’est toujours pareil, ils sont marrants, eux, ils ne connaissent pas l’enfer de ma situation de travail », dites-vous bien que je vous comprends, que vous n’êtes pas le premier ou la première à réagir ainsi. En pareil cas, n’hésitez pas à me faire connaître vos éventuels agacements dans vos commentaires, je serai heureux d’y répondre dans la mesure de mes compétences.

Il n’en reste pas moins que ces principes-là (injustement méconnus, pour beaucoup d’entre eux, même si la « bonne parole » 🙂 a tendance à se répandre, lentement mais sûrement) sont en effet appliqués quotidiennement, avec succès, que ce soit dans des stages en entreprise, ou dans l’enseignement dit « initial », de l’école maternelle à l’université, un peu partout dans le monde. Ils ne font certes pas de miracle, mais sont en général plus que bénéfiques pour quiconque ose franchir le pas, et tout en étant diablement efficaces, rendent de surcroît la vie beaucoup plus agréable à tous, enseignants/formateurs, mais aussi apprenants ! Les voici en résumé :

  • Nous avons tous des capacités spectaculaires
    Les capacités d’un être humain sont bien supérieures à ce que l’on considère habituellement comme normales. Ceci est particulièrement vérifiable pour ce qui concerne nos « capacités à apprendre ». Tout apprentissage doit tenir compte des opinions restrictives des apprenants sur leurs propres capacités, et aussi de celles des enseignants/formateurs sur les capacités de leurs apprenants
  • Tout ce qui ne fait pas sens « ressort par l’autre oreille »
    On apprend mieux lorsque ce que l’on apprend a un sens pour nous, et encore mieux lorsque l’on prend plaisir à apprendre.
  • Attention, la question des « efforts » doit être manipulée avec de longues pincettes !
    Il est très important de distinguer l’effort volontaire (parce que justement porteur de sens, voir ci-dessus) de l’effort imposé par des contingences extérieures. La célèbre sentence « Doit faire des efforts » n’en tient en général aucun compte, et ne fait qu’accroître les inégalités (nous y reviendrons).
  • Il faut remettre le bon sens au centre de la pédagogie 🙂
    Ce n’est pas en se « réfugiant dans l’analyse » que pédagogues et formateurs trouveront des solutions concrètes aux problèmes qu’ils rencontrent tous les jours dans l’exercice de leur profession. Et ce n’est pas en non plus appliquant à la lettre les méthodes assénées par des professeurs Diafoirus (qui ne sont plus allés « au charbon » depuis des lustres… voire qui ont fui ledit charbon… ou ne l’ont même jamais connu) que nous avancerons d’un pouce. Certes, la théorie a droit de cité, mais il est grand temps de la remettre à sa juste place. Les principes du Mieux Apprendre, quant à eux, relèvent pour la plupart d’un simple bon sens trop souvent oublié. Vous voulez un exemple de ce que j’appelle le bon sens en pédagogie ? Allez donc lire ce passionnant article de Thiagi (le génial concepteur des « Jeux-Cadres »…
  • Les « croyances limitantes » empêchent tout le reste de fonctionner correctement
    Si je ne suis pas persuadé d’avoir « tout ce qu’il faut en stock », dans ma p’tite tête, pour apprendre, je n’apprendrai rien. Vous pouvez investir dans le meilleur équipement de plomberie, installé par les meilleurs spécialistes, il n’en reste pas moins vrai que si un caillou bouche le tuyau, l’eau ne coulera pas ! Remarque : dans une énorme proportion, ce « tout ce qu’il faut » tourne autour des croyances limitantes que l’apprenant a sur ce qu’il appelle « son intelligence » et « sa mémoire » (enfants et adultes, tous dans le même bateau, ces croyances-là ont la vie dure, croyez-moi !).
  • Quand on va apprendre quelque-chose, on ne laisse pas notre personnalité à l’extérieur, sur un porte-manteau
    Apprendre est un processus qui met en œuvre l’ensemble de la personne, en particulier le conscient et l’inconscient, le corps, les émotions. Ainsi, l’environnement d’apprentissage (Remarque : il ne s’agit pas ici du grand totem d’Environnement Personnel d’Apprentissage qui a fait couler beaucoup « d’encre à clavier 🙂 , si l’on peut dire» ces derniers temps, mais plus largement d’environnement physique, émotionnel, social, mental). Cet environnement-là  joue un rôle important dans la qualité de l’apprentissage ; et ceci quels que soient les moyens utilisés pour mesurer ladite qualité.
  • Le Q.I. c’est de l’arnaque !
    Il n’y a pas d’intelligence absolue qui serve d’étalon ou de référence (à travers des tests) pour mesurer l’intelligence d’un être humain ; on peut considérer l’intelligence de chaque personne comme formée d’un faisceau d’intelligences qui lui est propre (Cf. les travaux d’Howard Garner sur les intelligences multiples).
  • Le « rendement » d’un apprentissage est souvent comparable à celui d’un bon jeu vidéo.
    On apprend mieux lorsque l’on est dans un état de détente concentrée ; ce « juste milieu » entre les deux extrêmes que sont stress d’un côté, et ennui de l’autre. Les concepteurs de jeux vidéo appellent ça le « flow ».
  • Merci les neurosciences !
    Une meilleure connaissance du fonctionnement du cerveau permet d’améliorer la qualité d’un apprentissage. Ainsi, les neurologues défrichent de jour en jour des pans entiers de la manière dont fonctionne le cerveau humain en situation d’apprentissage. Ils nous (ré)apprennent notamment que les émotions (notamment l’humour), le travail en coopération, le mouvement (en particulier les mouvements croisés), les arts (et tout particulièrement la musique) jouent un rôle essentiel dans tout apprentissage, comme source d’énergie et de motivation , et – qui plus est – favorisent la mémoire à long terme.
  • Apprendre, c’est pour tout le monde…
    Tout le monde peut avoir accès au savoir, quel que soit son âge, son origine, son milieu social… Les choses qui comptent avant tout sont la motivation, la curiosité, un climat favorable et un minimum de confiance en soi de la part de l’apprenant… mais aussi de l’enseignant/formateur !
  • …Mais « tout le monde est différent 🙂 »
    Chaque personne a un mode préférentiel d’apprentissage, qu’il est important de prendre en compte (…mais si, c’est possible !). Ainsi, dans les situations d’apprentissage, tout ce qui permet de « faire mouche » à tous les coups en « balayant large » au niveau des perceptions sensorielles et neurologiques est bon à prendre. Un excellent exemple : le mind mapping.

Bien entendu, je développerai plusieurs des paragraphes exposés ci-dessus dans les prochains articles à paraître sur ce blog.

Voilà. Comme vous avez pu le constater, il n’y a là rien de bien méchant, et tout ceci n’est après tout qu’une question de bon sens (…je vous avais prévenus ! :-)). Si d’aventure vous vous exclamez « C’est tout ? …Ils n’ont rien inventé, moi je fais ça couramment ! », eh bien tant mieux pour vous, j’en suis très sincèrement heureux ! En même temps, il faut bien voir que tout cela suppose un grand coup de balai sur pas mal d’idées reçues qui ont aujourd’hui encore la vie dure. Avec, pour commencer, celle selon laquelle les êtres humains seraient faits non seulement pour enfanter dans la douleur (?!), mais aussi pour apprendre dans la douleur, voire d’atroces souffrances (…re-!?). Autre idée reçue à laquelle je me fais un plaisir de tordre le coup à chaque fois que l’occasion s’en fait ressentir : Ce qui fonctionne (ce qui fait ses preuves, si on veut) doit nécessairement être complexe… Ben voyons ! 🙂

Un exemple concret

J’avais promis de donner ici des exemples concrets de séquences utilisant les principes du Mieux-Apprendre, directement exploitables en situation d’apprentissage. Commençons dès aujourd’hui, si vous voulez bien. Il s’agit d’un jeu pédagogique  que j’appelle « Cinq questions pour des champions ». Il est issu d’un « Jeu -Cadre » de Thiagi (j’y reviendrai). Je vous assure que je l’ai utilisé (et vu utiliser) dans des tas de circonstances d’apprentissage très différentes les unes des autres. Pour que cela fonctionne, il suffit d’un chose… cette petite chose, c’est beaucoup et c’est bien peu, comme disait le chanteur. Et cette chose c’est…

…O-ser ! 🙂

Voilà. Le lien se trouve ici, dans un article que j’avais publié naguère dans un ancien blog. Soyez rassurés, je ne compte pas m’en tenir là, il y aura d’autres ressources à l’avenir. Lesquelles ? Eh bien cela dépendra pour une large part de la teneur de vos commentaires ! A vos claviers, donc… Ma souris et moi vous attendons de pied ferme, avec plaisir.

Bien à vous,

Bernard

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