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Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

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Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (éloge de la persévérance)

Grenouille

Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle.

L’une d’elles dit tout haut : « Je n’en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement, littéralement engloutie par l’épais liquide blanc.

L’autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d’avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. »

Elle continua à s’agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures.

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, il arriva que la crème se transforma en beurre.

Surprise, la grenouille fit un bond et, en patinant à la surface, arriva au bord de la jatte.

De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.

Extrait de l’ouvrage « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie« , de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Quelle est votre véritable valeur ? (« […] tu es comme cette bague »)

entre rêve et réalité

Un jour, un jeune disciple zen alla trouver son maître.

« Je viens vous voir maître, parce que j’ai l’impression d’avoir si peu d’importance que cela m’ôte toute envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde me dit que je suis un bon à rien, que je suis maladroit et stupide. Comment puis-je m’améliorer? Comment m’y prendre pour être mieux considéré ? »

Le maître, sans le regarder lui dit : « Je suis vraiment désolé mon garçon. Je ne peux t’aider, car je dois d’abord résoudre un problème personnel. Peut-être plus tard… »

Après une pause, il ajouta :

« Si tu voulais m’aider, toi, je résoudrais ce problème plus vite, et, ensuite, peut-être pourrais-je te venir en aide…

– Euh… j’en serai ravi, maître, bredouilla le jeune homme en ayant de nouveau le sentiment qu’on ne lui accordait que peu d’importance et qu’on remettait ses propres besoins à plus tard.

– Bien, poursuivit le maître. Il retira une bague qu’il portait au petit doigt de la main gauche et, la donnant au jeune homme, il ajouta :

– « Prends le cheval qui est dehors et va jusqu’au marché. Je dois vendre cette bague pour rembourser une dette. Il te faut en obtenir la plus grosse somme possible et, de toute façon, pas moins d’une pièce d’or. Va-t’en et reviens avec cette pièce aussi vite que tu pourras. »

Le garçon prit la bague, et s’en fut. Aussitôt arrivé sur le marché, il se mit en devoir de la proposer aux marchands ; ceux-ci la regardaient avec intérêt, jusqu’à ce qu’il annonce le prix qu’il en demandait.

Dès qu’il mentionnait la pièce d’or, certains ricanaient, d’autres détournaient la tête… seul un vieillard fut assez aimable pour prendre la peine de lui expliquer qu’une pièce d’or était à ses yeux bien trop précieuse pour l’échanger contre cette bague. Désirant lui venir en aide, quelqu’un alla jusqu’à lui en offrir une pièce d’argent, et ajouta même un récipient en cuivre, mais le garçon avait des ordres stricts : ne pouvant accepter moins d’une pièce d’or, il rejeta l’offre.

Abattu par son échec, après avoir vainement proposé le bijou à toutes les personnes qu’il avait croisées sur le marché – au moins une centaine – il se résolut à enfourcher le cheval et prit le chemin du retour.

Ses pensées étaient amères. Comme il aurait aimé avoir une pièce d’or à donner au maître pour le soulager de ses soucis et recevoir son conseil ainsi que son aide !

Il revint donc chez celui-ci.

« Maître, dit-il, je regrette. Il est impossible d’obtenir ce que tu demandes. Peut-être aurai-je pu échanger la bague contre deux ou trois pièces d’argent, mais je ne voudrais tromper personne sur la valeur véritable.

– Tu viens de dire une chose très importante, mon jeune ami, répondit le maître en souriant. Il nous faut d’abord connaître la véritable valeur de cette bague. Reprends le cheval et rends-toi chez le bijoutier. Qui mieux que lui peut l’estimer, en effet ? Dis-lui que tu voudrais la vendre et demande lui combien il t’en donnerait. Mais surtout, quoi qu’il te propose, ne la lui vends pas. Reviens plutôt ici avec ma bague pour me dire ce qu’il en est. »

Le jeune homme entreprit donc une nouvelle chevauchée pour se rendre chez ce bijoutier.

Celui-ci examina attentivement la bague à la lumière d’une lampe à huile, puis il la regarda avec sa loupe, la soupesa et finit par dire :

libellule au bout d'une main

« Mon garçon, dis au maître que, s’il veut vendre sa bague tout de suite, je ne peux lui en donner plus de cinquante-huit pièces d’or.

– Cinquante-huit pièces d’or ! s’exclama le jeune homme.

– Oui, répliqua le bijoutier. Je sais qu’avec du temps, on pourrait sans doute en obtenir plus de soixante-dix, mais si la vente est pressée… »

Tout ému, le garçon courut chez le maître pour lui raconter l’histoire.

« Assieds-toi, lui dit celui-ci après l’avoir écouté. Cette bague est un bijou précieux, unique. En tant que tel, seul peut l’estimer un véritable expert. Pourquoi exiger du premier venu qu’il découvre sa vraie valeur ?

Toi-même, tu es comme cette bague ».

Après avoir prononcé ces paroles, il remit la bague au petit doigt de sa main gauche, et retourna tranquillement à ses affaires.

Cette histoire m’a été racontée il y a quelque temps déjà par mon amie Geneviève Gabriel.

En repensant à son sourire magnifique, bienveillant, un tantinet espiègle, je ne peux m’empêcher, à la lumière de certains événements, de penser au côté, disons « prémonitoire » qu’elle revêtait…

Aujourd’hui, étrangement motivé par je ne sais quelle impulsion (suite à un commentaire d’Annette sur mon post précédent), j’ai procédé à quelques recherches sur le net dans l’espoir de retrouver cette histoire, et j’ai fini par en retrouver la trace.

Elle y est présentée comme un Extrait de l’ouvrage « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie », de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Après être allé y voir de plus près sur Amazon, j’ai immédiatement décidé d’acheter ce livre.

Mes meilleures pensées vont aussi à Stéphane Pietra, pour cette phrase, prononcée jadis :

« La valeur d’une personne doit pouvoir être appréciée…

– Dans  le bon contexte…
– Par des personnes capables de la mesurer ».

 Ce post est dédié à Laurène Castor.

Laissez tomber vos tours de table, préférez-leur la balle magique !

Arrêtez tout !Pour recueillir les attentes des participants dans diverses circonstances, par exemple au début d’une réunion ou encore d’une session de formation, un usage aussi vieux que les conseils d’administration veut qu’on ait recours à ce qu’on appelle le tour de table. Vous qui lisez ces lignes, il est fort probable que vous ayez une expérience de cet exercice de style plutôt convenu, conçu pour permettre à des personnes présentes dans une assemblée de se présenter, et/ou de donner leur avis sur un point quelconque. Voilà comment cela se passe le plus souvent :

L’animateur de la séance suggère que chaque personne présente s’exprime tour à tour, en suivant tout simplement l’ordre d’installation dans la salle ou autour de la table. On commence par régler la question du « On commence par où, la gauche ou la droite ? », et c’est parti comme en 14, chacun y va de son petit couplet. Quand il ou elle a terminé, la personne suivante enchaîne, et ainsi de suite jusqu’à la fin. C’est simple, carré, pratique… sauf que le plus souvent, cela ne sert pratiquement à rien. Pourquoi ? En voici une illustration, qui bien sûr n’engage que moi.

Pour ce qui me concerne en effet, à chaque fois que je suis « pris » dans un de ces fameux tours de table, je ne manque jamais d’admirer l’aisance verbale, et même corporelle, de nombre d’intervenants successifs, qui rivalisent de finesse, d’esprit, de sens de la rhétorique, d’esprit de synthèse, et parfois même d’humour ! Les trouvant tous plus beaux, intéressants, charismatiques et captivants les uns que les autres, j’ai donc tout naturellement à cœur d’être au moins aussi beau, intéressant, charismatique et captivant que les autres lorsque mon tour viendra, quoi de plus naturel en effet ?

Or, panique à bord, je ne suis pas du tout certain d’être à la hauteur, le moment venu. Heureusement, le moment en question n’est pas toujours pour tout de suite, selon le hasard des placements dans la salle. Du coup, constatant que – par chance – je dispose d’un peu de temps, j’en profite pour « préparer mes phrases », à l’image du playboy de boîte de nuit d’une vieille chanson de Cabrel[1]. Et voyez comme c’est bête, le fait même de préparer mes phrases me rend complètement incapable d’écouter en même temps ce que les autres sont en train de dire ! Si bien que, le plus souvent, si on me demandait de résumer ce qu’a dit chacun des autres participants, j’en serais tout bonnement incapable ! Avouez que c’est dommage…

Quelque-chose me dit même confusément que je ne dois pas être le seul dans ce cas-là. Du coup, je me garde bien de lancer moi-même quelque tour de table que ce soit. Lors de mes interventions en formation, par exemple, je le remplace toujours par…

…Une séquence de balle magique !

balle magique

Qu’est-ce que donc que cela ? C’est tout simple, et cela nous vient tout droit de la tradition du bâton de parole en usage dans de nombreuses tribus africaines. Il s’agit de prendre un objet symbolique (une petite balle en mousse c’est idéal, à défaut on peut froisser une feuille de papier en boule) qu’on appellera « balle magique ». Après avoir présenté la balle, je préviens l’auditoire que je vais bientôt lancer cette balle magique dans la salle, à destination d’un participant que je choisirai au hasard (j’avoue franchement que si une personne regarde le plafond, sa montre, ou encore consulte sa messagerie à ce moment précis, je me fais un malin plaisir d’influer un peu ledit hasard).

bâton de paroleLa personne qui se retrouve en possession de la balle magique prend alors la parole… et la garde le temps nécessaire. Nul ne peut l’interrompre (…à part l’animateur, exclusivement en cas de « dépassement du temps raisonnable » qui risquerait de pénaliser le reste du groupe. En pareil cas, il convient de se montrer déterminé, tout en y mettant les formes).

Lorsque la personne a fini de parler, elle jette la balle (de manière toute aussi « aléatoire » que moi il y a quelques instants) à la personne de son choix, qui récupère la parole en même temps que la balle… ainsi de suite, jusqu’à la fin. Vous verrez qu’en fin de parcours, la dernière personne à s’être exprimée a souvent le réflexe de « renvoyer la balle » à l’animateur[2], ce qui lui permet comme par hasard de « rebondir » sur ce qui vient d’être dit, selon l’expression consacrée… qui jamais ne s’est aussi bien appliquée (une balle magique a donc des rebondissements… magiques !).

Bien entendu, les participants à ce « tour de table d’un genre nouveau », sachant que leur tour va peut-être venir juste après (particulièrement pour les derniers d’entre eux !), ne veulent pas paraître « tomber des nuages » au moment où la balle leur tombera dessus… Du coup, par la force des choses, le plus souvent ce dispositif rend tout le monde beaucoup plus… attentif !

Que demande le peuple ?…

Bien à vous,

Bernard

***

Cet article sera repris dans ouvrage de conseils aux formateurs, à paraître au cours de l’été 2014 aux éditions DUNOD.

 


[1] « Samedi soir sur la terre ».

[2] …Dans le cas contraire, pensez tout de même à la récupérer !

Le jeu « Cinq questions pour des champions » [ressource pédagogique]

5 questions pur des champoions - vue de la célèbre émission TV

La plus grande difficulté dans ce monde, ce n’est pas notre capacité à produire, mais notre réticence à partager.  [ Roy Lemon Smith]

Cet article a précédemment été publié en 2009, sous une forme légèrement différente, chez Joueb, puis chez WordPress.

Voici un fantastique jeu pédagogique auquel je me suis souvent livré auprès d’un public d’adultes en situation de formation. Il a été inventé par l’américain d’origine indienne Sivasailam Thiagarajan  (dont il a été plusieurs fois question sous ces lignes), alias Thiagi, génial découvreur du concept des « jeux cadres ». Les français appellent le plus souvent ce jeu « Question à foison ». En voici le principe.

« Le sujet que nous abordons aujourd’hui est ardu… J’ai peur que mes participants décrochent…»

Imaginez plutôt : Vous savez que vous devez effectuer une intervention de type  « cours magistral » sur un sujet plutôt ardu, abstrait, complexe… et comme vous n’êtes pas du genre enseignant autiste (ne riez pas, j’en ai rencontré !), vous savez pertinemment que vos apprenants risquent fort de « décrocher » au bout d’une à deux heures, et encore je suis optimiste (interrogez n’importe quel médecin sur les véritables facultés d’attention d’un adulte dans le temps, vous risquez d’être déçu). Vous supposez même que, la digestion aidant, votre sempiternelle demande : «…Avez-vous des questions? » fera un bide retentissant.
Si vous êtes persuadé que c’est ainsi… qu’on n’y peut rien… qu’après tout ce n’est pas votre problème mais le leur, ou pire, que c’est bien meilleur d’apprendre dans la souffrance sous le simple prétexte que vous-même avez toujours fonctionné ainsi… je me permets de vous conseiller d’arrêter de lire ces lignes, la suite risquant fort de vous déplaire, vous voilà prévenu.

On peut amener sa sonnerie… c’est même conseillé

Arrangez-vous pour emporter avec vous le jour de l’intervention un objet qui fera entendre une sonnerie, grosso modo à l’heure que vous aurez jugée « fatidique » (si vous êtes « high tech », utilisez les fonctionnalités de votre téléphone portable, si vous êtes de type plus rétro, un minuteur pour cocotte minute fera très bien l’affaire). Comptez deux heures environ après le démarrage de votre cours.
Prévenez l’assistance qu’une interruption inopinée surviendra à « telle heure environ  »… que le cours magistral s’interrompra donc, et qu’il sera procédé à une activité agréable et amusante destinée à favoriser en douceur la mémorisation de tout ce qui aura été abordé jusque-là.
Lorsque survient la sonnerie, vous êtes en général le premier surpris, c’est normal (ceux qui se sentent une âme de fantaisiste pourront avec profit détendre l’atmosphère en se lançant dans une tirade du type « Ah mais non, je vous demande un peu, quel est l’outrecuidant qui ose interrompre mon auguste propos ? … Euh oui, effectivement, pardon, ce n’est que moi-même ! »).

Et c’est parti! Formez deux équipes

Demandez à l’assistance de bien vouloir se diviser en deux groupes de tailles à peu près égales. Ces groupes formeront deux équipes, que nous appellerons respectivement l’équipe A et l’équipe B.
Demandez à chaque équipe de s’entendre pour préparer cinq questions portant sur le contenu qui vient d’être abordé depuis… (ici, vous avez le choix : depuis aujourd’hui, depuis ce matin, depuis le début de la session… à vous de voir !). Les apprenants ont – bien entendu – parfaitement le droit de consulter leurs propres notes de cours (c’est même absolument fait exprès !). Précisez juste que ces questions seront bien entendu posées à l’équipe adverse.
Aussi étrange que cela puisse paraître, vous verrez très vite l’ensemble des apprenants relire toutes leurs notes en tous sens, en avec une avidité et une jubilation surprenantes. J’ai bien dit « l’ensemble ». Certes, au début seuls les plus malicieux, les plus extravertis d’entre eux commenceront par se prendre au jeu, mais je vous fiche mon billet qu’au bout d’un moment règnera une joyeuse ambiance de saine émulation et que tout le monde s’y sera mis ! Ce sera à qui trouvera la question la plus tordue, le détail le plus pinailleur…

On a le droit de poser toutes sortes de questions, même les plus farfelues

Précisez bien qu’on a droit à toutes sortes de questions, même celles qui « détourneraient » le jeu (…ne pas hésiter à leur dire qu’on a parfaitement le droit de demander par exemple « Euh, c’est quand la pause ? »… en fait, pour ce qui me concerne, cela ne m’est jamais arrivé… peut-être justement parce que tout simplement les gens se sentaient vraiment libres de le faire !
Tiens, un conseil pratique : mettez donc à profit ces quelques minutes pour quitter la salle, vous détendre un moment, aller prendre un café, et constater au passage que votre présence dans la salle de cours n’a absolument rien d’indispensable pour une bonne acquisition des connaissances (…votre narcissisme dût-il en souffrir :- )  ).
Lorsque chaque groupe a réuni ses 5 questions (…et que vous êtes revenu 🙂 ), vous vous transformez illico en Maître Jaques, sorte d’animateur de jeu télévisé qui se contentera de compter les points.

Important : le (très sérieux) décompte des points

Pour ce faire, tracez donc au tableau deux colonnes intitulées A et B, chacune divisée en 5 lignes. Le jeu entre alors dans sa phase la plus vivante : l’équipe A pose sa première question, l’équipe B s’efforce d’y répondre (bien entendu, tout le monde est toujours autorisé à continuer de consulter ses notes, y compris pour y chercher des éléments de réponse, c’est toujours aussi « fait exprès » que tout à l’heure !).
Si l’équipe B répond de façon satisfaisante aux yeux de l’équipe A, elle marque un point, sinon zéro. Remarque importante : en aucun cas vous ne devez jouer le rôle d’un arbitre à ce stade-là, rappelez-vous que vous n’êtes qu’un « animateur qui se contente de compter les points » ! Seule l’équipe qui a posé la question est habilitée à juger de la recevabilité de la réponse obtenue. En cas de besoin, indiquez clairement que vous vous tiendrez à la disposition du groupe une fois que l’activité présente sera terminée, mais que pour quelques minutes, vous renoncez volontairement à votre casquette de « celui qui détient le savoir » et que vos apprenants ne doivent rien voir d’autre en vous qu’un simple meneur de jeu.
Ensuite on enchaîne de manière toute bête…à son tour, l’équipe B pose sa « première question » à l’équipe A… puis l’équipe A pose sa 2e question à l’équipe B… l’équipe B pose sa 2e question à l’équipe A… et ainsi de suite, jusqu’à ce que les 10 questions (…2 fois 5) aient été posées, comme sur le tableau ci-dessous.

Ce qu'on écrit au tableau...

Ce qu’on écrit au tableau…

A la fin, il suffit de faire le total des points de chaque colonne pour savoir quelle est l’équipe gagnante. On peut aller jusqu’à s’amuser à proclamer le résultat de manière plus ou moins solennelle, ou encore humoristique (« Le gagnant est… The winner is… »).

Au fait, qu’est-ce qu’on gagne ?…

Bien entendu il n’y a absolument rien à gagner, mais vous verrez, cela n’empêche nullement les participants d’entrer dans le jeu et de vivre un moment plaisant.
Important : Comme je le précisais plus haut, à ce stade vous pouvez enfin traiter, le cas échéant, les précisions sur les éléments de cours éventuellement restés en suspens lors du déroulement du jeu.

Attention : ne les laissez pas repartir « comme ça »…

Pour clore cette activité, il est indispensable de procéder à un débriefing digne de ce nom. Je m’explique : Il ne faudrait pas que les apprenants repartent dans la nature en proclamant à qui veut l’entendre (voire à eux-mêmes)… « Ah, cette formation, on s’en souviendra, qu’est-ce qu’on a bien rigolé ! »… Si cela s’arrête là c’est pour le moins un peu court, et au pire dangereux. Ne manquez donc pas d’inviter vos apprenants à se poser franchement la question : « Est-ce que cela a été pour nous l’occasion de revoir – ou de clarifier – des choses qui seraient restées dans l’oubli sans cela ? ». Non seulement ils vous répondront que oui, mais ce « oui » aura tout de enthousiaste, et rien du convenu. Vous pouvez même enfoncer le clou en ajoutant « Imaginez que pendant tout le temps que nous avons consacré au jeu je vous aie demandé de parcourir vos notes pour vérifier que tout est bien clair pour vous, pensez-vous que nous aurions été aussi efficaces ?… moins efficaces ?… plus efficaces ?… ».
Là encore, vous le verrez, il n’y a vraiment pas photo… Mais il est important que vos apprenants en prennent pleinement conscience.

Maintenant, si vous le voulez bien, voici deux des principaux enseignements que, pour ma part, j’ai tirés de cette histoire, et que j’aimerais beaucoup vous faire partager… certainement pas en tant que « donneur de leçons » (…beurk !), mais tout simplement en guise de témoignage à propos de ma façon de fonctionner, qui vaut ce qu’elle vaut… rien de plus, mais rien de moins 🙂
Voici donc deux remarques, pour finir :

Et si on oubliait la théorie, juste pour un temps ?

Ma première remarque sera de vous dire que je n’ai aucune, mais alors aucune envie de tirer des conclusions théoriques à partir de cette histoire. A mes yeux, les meilleurs enseignements que vous en tirerez vous-mêmes se feront… en la vivant, tout simplement. Si vous avez le courage d’aller vers vos apprenants en laissant tomber tous les boucliers certes bien rassurants mais ô combien encombrants (« ah… oui, ici c’est à n’en point douter du socioconstructivisme… et là c’est clairement à la métacognition qu’il est fait référence ! »), vous serez récompensés de votre bienveillance et de votre simplicité. Si d’aventure les oripeaux d’un « Professeur Diafoirus » vous sécurisent, prenez le risque de vous en défaire, ne serait-ce que pour un temps…  N’en doutez pas, les apprenants (…tout comme vous !) savent toujours, au fond d’eux-mêmes, à qui ils ont réellement affaire, d’une certaine façon. Il ne tient qu’à vous de décider si vous avez envie de vivre cela comme un enfer ou comme un paradis…

« Qui suis-je, moi, pour faire ainsi le pitre ? »

La deuxième remarque que je voudrais vous adresser est peut-être plus délicate, plus impliquante : En effet, il est possible que certains d’entre vous se demandent « Qui suis-je, moi, pour faire ainsi le pitre ? En ai-je vraiment envie ? », ou pire : « …En ai-je vraiment les moyens ? ». C’est là qu’intervient une notion centrale, à mes yeux : celle de croyance portante (…ou limitante) pour soi-même et pour les autres (après avoir traité des croyances limitantes à plusieurs reprises dans ce blog, je traiterai des croyances portantes dans un prochain article…). Pour ma part je me situe clairement dans un courant de pensée qui croit fondamentalement en l’homme, et en ses talents. Tout le monde a du talent, d’une manière ou d’une autre. Il suffit à chacun d’entre nous d’aller chercher en lui-même ce qu’il aime, sait, et veut faire pour s’apercevoir de l’immensité de ses possibilités, lesquelles sont généralement bien supérieures à l’idée qu’on s’en fait. Si vous êtes certain (j’ai bien dit certain) de ne pas y croire pour vous-même, alors renoncez définitivement à « faire passer » quoi que ce soit vers les autres, vous ne feriez que leur communiquer vos propres peurs, et grossir les rangs de ceux, trop nombreux, qui commettent d’irréparables dégâts en s’ingénient à rendre ennuyeuses les choses les plus passionnantes.

Conclusion : une fois de plus, il suffit d’oser…

Osez donc utiliser vos propres talents pendant vos heures de cours, que diable ! Cela peut très bien passer par l’humour, bien sûr, mais aussi par mille autres choses. Il suffit de s’en persuader soi-même pour que cela commence à marcher. Parole ! Seuls ceux qui ont fait preuve d’imagination et de créativité ont réellement fait avancer les choses en la matière… Nous le savons tous très bien au fond de nous-mêmes… Et pour ma part, une de mes croyances les plus ancrées est précisément que l’imagination est une chose qui est à la portée de tout le monde (1).
Il ne nous reste plus dans ces conditions qu’ oser nous jeter à l’eau… pour y découvrir un monde agréable et passionnant (je vous le garantis).

***


(Cet article sera repris dans ouvrage de conseils aux formateurs, à paraître au cours d l’été 2014 aux éditions DUNOD).


(1) …Imagine-t-on, en effet, un enfant invité à se joindre à ses camarades de jeu leur répondre quelque-chose du style « Euh, non, désolé, je manque cruellement d’imagination »… ???
…Alors, si tous les enfants peuvent le faire, tout ce qu’il vous reste à faire est de répondre à la question « L’enfant que j’ai été est-il encore présent en moi ? »… puis de le laisser vous donner la réponse 🙂

Le formateur en contexte B to B : un véritable homme (…ou femme) orchestre !

Homme orchestre

Vous vous souvenez peut-être que depuis quelques semaines je suis en train d’user mes fonds d’e-culottes sur les e-bancs du mooc eLearn²… On nous y encourage notamment à analyser nos propres pratiques pédagogiques à la lumière des enseignements qui nous sont apportés, et pour ma part je bénis cette nouvelle occasion d’apprendre (oui, je sais, de ce côté-là je suis indécrottable).

Bien entendu, j’ai particulièrement à cœur de « jouer le jeu » autant que faire se peut, tant le sujet me passionne. Mais force m’est de constater qu’il y a pour ce qui me concerne une difficulté de taille : dans ma pratique professionnelle je n’ai en effet pas affaire à des « étudiants », mais à des adultes en formation continue, et qui plus est dans un contexte « B to B », ce qui change pas mal la donne.

Vous avez bien dit « Comment vais-je vérifier… » ?

Dans le Slideshare qui accompagne une discussion filmée (avec Christophe Batier) dans le cadre de ce mooc, Marcel Lebrun prend bien la précaution de différencier les trois univers que sont l’enseignement, l’apprentissage et la formation.

Or, dans de nombreux contextes de formation, il est assez ardu de poser les choses dans des termes tels que décrits ci-dessous (j’ai juste rajouté le point d’interrogation) :

L'enseignement aligné est-il adapté à la formation des adultes ?

En effet, un formateur n’est pas toujours en situation de vérifier lui-même ce que ses apprenants sont capables de faire à l’issue du dispositif. Cet aspect-là reste souvent de leur entière responsabilité, même si cette responsabilité-là n’est pas toujours très clairement établie, et qu’elle s’en trouve parfois « diluée » dans les arcanes de l’organisation  à laquelle appartient l’apprenant (parfois, c’est même carrément les oubliettes !). Ainsi il m’est arrivé plusieurs fois de retrouver une même personne assistant au même cours à quelques mois d’intervalle. A mes débuts je trouvais cela très inquiétant… pour moi ! Mais l’expérience m’a appris qu’il s’agit la plupart du temps de personnes « qu’on avait envoyées suivre cette formation »… mais « …qui n’ont pas eu l’opportunité de la mettre en pratique », et ceci pour des raisons diverses et variées. Dans certains cas c’est leur hiérarchie qui leur a donné trop d’autres tâches à abattre pour permettre à la formation de porter ses fruits, dans d’autres c’est l’apprenant a usé de son propre « pouvoir d’inertie » pour éviter soigneusement de changer ses propres pratiques… la liste est immense. De quoi parle notre actualité en ce moment ? De réforme de la formation professionnelle ?…. Ben tiens, tu m’étonnes…

Ainsi, lorsque dans une session de formation je lance une activité de type travaux pratiques, ou études de cas, je laisse chacun de mes apprenants entièrement libre de communiquer ou non au groupe le fruit de ses grattages de tête. Dans le cas contraire ce serait là une manière de les infantiliser, et même une maladresse, du moins à mes yeux.

Curieusement, cette pédagogie si particulière est « forcément » centrée sur l’apprenant…

Quand on pense à une « pédagogie centrée sur l’apprenant », c’est ainsi qu’ mes yeux les choses se passent déjà le plus souvent, je dirais « par la force des choses », dans le contexte la formation continue sur le secteur marchand, B to B, dans les cas (somme toute assez fréquents) où il n’existe pas ce qu’il faut bien appeler des moyens de « coercition du haut vers le bas », de type examen, certification, homologation, etc.

Mis en examen

Car on dira ce qu’on voudra, mais même en y mettant toute la bienveillance du monde, un examen sera peu ou prou forcément vécu par ceux qui le passent comme un moyen de coercition, qu’on le veuille ou non. Dans tout ce bel élan de partage et d’apprentissage collectif, il y en a bien un (l’enseignant) qui se retrouve du côté du manche (…pour les apprenants plus jeunes, cela alimente notamment les situations de friction avec les parents d’élèves, par exemple). Qui dit examen dit qu’il y en a un qui « examine » et un autre qui « se fait examiner », c’est ainsi.

Or, nous sommes de très nombreux formateurs à œuvrer dans les étranges soutes d’un tout autre navire, que ce soit en tant que salariés, ou travailleurs indépendants (aaah, ce merveilleux statut d’autoentrepreneur…). A tort ou à raison, je me dis qu’il en existe forcément un certain nombre dans le mooc eLearn²

Dans notre contexte de travail, nous avons rarement d’autre choix que de « tout centrer sur l’apprenant« , justement, sous peine de graves déconvenues, souvent immédiates et sans appel. Dès 1973,  Bertrand Schwartz déclarait d’ailleurs ceci à propos des adultes: (dans son célèbre « théorème ») :

Un adulte ne se formera que s’il trouve dans la formation une réponse à SES problèmes, dans SA situation.

Je puis témoigner sans réserve qu’à la moindre occasion, les adultes me le rappellent sans détour, ce qui peut être une excellente chose, on ne peut plus « formatrice » pour les formateurs 🙂 … Ainsi, la formation continue en entreprise se distingue de la formation initiale (y compris universitaire) sur plusieurs points :

Bien souvent, pour ce qui concerne les systèmes de formation dits « en salle » (mais pas uniquement), la mission telle qu’elle est assignée au formateur consiste à maintenir un public en haleine, à le faire participer, et à faire en sorte qu’à la fin de la session, ce public se déclare globalement satisfait, avec si possible l’impression d’avoir appris quelque chose.

Beaucoup de monde sur le pont

N’allez pas imaginer que pour mener à bien cette périlleuse mission, le formateur soit nécessairement en possession de tous les éléments d’information nécessaires en amont… et ceci pour une raison très simple : entre lui et ses participants, il y a parfois un grand nombre d’intermédiaires, comme le montre l’illustration qui suit :

 Les deux extrémités d’un « U » qui se réunissent…

_

Dans cet exemple, participant et formateur sont réunis dans une unité de temps et de lieu à l’occasion d’une session de formation. Mais pour que cette session existe, il a fallu que plusieurs personnes entrent en jeu.

Prenons un exemple :

  • Le participant est employé dans une entreprise de taille moyenne. Constatant qu’il ressent un manque pour mener à bien sa mission… par exemple pour s’adapter à l’évolution de son poste de travail (mais il peut en exister beaucoup d’autres), il en réfère à son supérieur direct, que nous appellerons « Intermédiaire 1 » ;
  • L’intermédiaire 1 prend bonne note de la demande de son subordonné, et, n’ayant aucune raison de s’y opposer, va en référer à une personne de son organisation en charge des ressources humaines (Intermédiaire 2) ;
  • L’intermédiaire 2 instruit un dossier qu’il transmet à une personne de son service plus particulièrement chargée des questions de formation (Intermédiaire 3) ;
  • L’intermédiaire 3, après s’être assuré que la demande est recevable et conforme à la politique de formation de son organisation, valide la demande, se met en demeure de trouver parmi le personnel d’autres participants apparemment concernés par la même problématique, puis en réfère à une autre personne qui jouera le rôle de commanditaire (Intermédiaire 4) ;
  • L’intermédiaire 4 (ici le commanditaire) va se mettre en quête d’un organisme de formation susceptible de fournir la prestation souhaitée, puis d’identifier une personne qui sera son interlocuteur dans cette affaire (Intermédiaire 5) ;
  • L’intermédiaire 5 traite la demande…
  • Quelques intermédiaires plus loin, nous retrouvons une personne, que nous appellerons « Intermédiaire N », et dont la mission consistera à missionner le formateur tout en lui donnant les éléments dont il dispose afin que celui-ci puisse préparer sa session ;

Le formateur est enfin saisi du dossier, il peut commencer à se mettre au travail.

Vous pouvez faire varier le nombre de ces intermédiaires à l’infini, rajouter ou supprimer des couches à tous les étages selon les cas de figure, mais une chose est certaine : entre vous et vos participants, il y aura toujours eu en amont « du monde sur le pont »… et il y aura encore en aval. C’est mathématique.

Dans certains cas (mais pas toujours), le formateur peut tenter de remonter la chaîne avant le début de la session en prenant contact avec certains des intermédiaires (voire le participant lui-même) pour recueillir des informations qu’il juge nécessaires. Mais quand bien-même c’est techniquement possible, et qu’on l’y autorise (ce qui est loin d’être toujours le cas), il est aisé de constater que plus vous augmentez le nombre de participants (lesquels n’ont pas forcément des profils semblables, et n’appartiennent pas nécessairement à la même organisation) pour une même session de formation, plus la tâche sera ardue. Sans parler du participant qui vous annonce tout de go en arrivant « Euh, moi je remplace Madame Untel parce qu’elle a eu un empêchement de dernière minute »

Homme-orchestre, dites-vous ? Et pourquoi donc ?

C’est pour cette raison que pour ma part je n’entre jamais « dans le vif » d’une session de formation sans avoir entamé un bref échange avec l’ensemble des personnes présentes (nous y reviendrons dans un prochain billet). En tout cas, il est facile de constater que tout formateur plongé dans un session en contexte « B to B » est le plus souvent mis dans une situation qu’on pourra qualifier d’obligation de résultat, étant entendu qu’il doit faire avec les moyens du bord tout en faisant son affaire personnelle de la manière dont il s’y prendra pour mener à bien sa mission, et que par la suite, nombreux sont ceux qui, à tort ou à raison, s’estimeront en situation de lui demander des comptes…

Ici, c’est plutôt le formateur qui est continuellement « mis en examen »…

Du coup, un tel formateur développe le plus souvent ses aptitudes pédagogiques à la manière du cowboy qui apprend à danser quand le méchant du saloon lui tire dans le pattes en s’esclaffant « Allez, danse, coyote ! ». C’est une sorte d’épreuve du feu permanente dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle forge le caractère… En plus, dans mon cas, à cette époque-là je sortais à peine de l’Education Nationale… Vous voyez un peu le tableau ! En général y’a pas photo, ça passe ou ça casse…

Un homme-orchestre, je vous dis !

(Cet article sera repris dans ouvrage de conseils aux formateurs, à paraître en été 2014 aux éditions DUNOD).

Pour en savoir plus, on consultera avec profit cet Article et infographie de Nicole Legault (community manager de la compagnie de e-learning Articulate), à propos de la spécificité de l’apprentissage des adultes.
Vous y (re)trouverez beaucoup de points en accord avec l’esprit qui souffle sur notre mooc, mais aussi des éclairages qui m’ont paru originaux et dignes d’intérêt…

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement…

J’ai récemment présenté à un ami le questionnement suivant :

On rencontre parfois des gens qui sont franchement du type « Pourquoi faire (…et expliquer) simple quand on peut faire compliqué ? »…et qui semblent prendre un malin plaisir à tout embrouiller, comme si la vie ne s’en chargeait pas suffisamment comme ça.

…Au fond, que signifie réellement cette attitude ?

Mon ami m’a alors répondu par une citation attribuée à un légendaire spécialiste es complication :

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement... cela veut dire que vius ne la comprenez pas assez

La différence entre l’école et la vie…

La différence entre l'école et la vie...

Arrêter de jouer, commencer à vieillir…

arrêter de jouer et vieillir

Formation et humour (avec une ressource pédagogique en cadeau Bonux)


Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à se servir de Twitter et il oubliera de manger.

(Tweet de @florenzo84_).


Patient est le pompier, car il commence à chaque fois au bas de l’échelle.

(Lao-Tseu).

Bonjour,

Dans un contexte de formation, certains intervenants se réfugient dans une attitude très sérieuse, factuelle, centrée sur la tâche… alors que d’autres n’hésitent pas à employer tous les moyens pour favoriser une atmosphère détendue… C’est affaire de tempérament, me direz-vous…

C’est aussi une affaire de posture, et plus profondément de croyances à propos de soi et les autres. Si vous faites partie de ceux qui déclarent volontiers « Moi je pars du principe qu’on n’est pas là pour rigoler, je refuse donc catégoriquement de me transformer en pitre », eh bien, continuez sur cette voie, car comme nous le verrons plus loin rien n’est pire que le rire forcé. Et je vous rejoins sur un point : en pareilles circonstances il ne faut surtout pas agir contre nature, cela se sent immédiatement.

…Toujours est-il qu’il y a quelque-chose de bizarre, mystérieux, en tout cas indéniable : une personne n’est plus tout à fait la même après avoir ri. Ceci s’applique bien entendu aux formateurs comme à leurs apprenants !

Alors, que faut-il penser de tout ceci ?

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Un anti-douleur naturel

Notre corps est capable de produire des substances anti-douleur très efficaces : les endorphines (opiacés naturels  produits par le cerveau, avec un effet similaire à celui de la morphine).

Or, il se trouve que rire est un moyen naturel et simple d’augmenter notre niveau d’endorphines, et ainsi de diminuer sensiblement nos douleurs de tous ordres.

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Rire en groupe, c’est encore meilleur… pour la santé !

Ce phénomène a été mesuré par le Dr Dunbar, de l’Université d’Oxford. Dans une expérience menée en 2009, avec la célèbre équipe d’aviron de son université, il s’est aperçu que les rameurs supportaient mieux la douleur lorsqu’ils avaient ramé en groupe que lorsqu’ils avaient fait exactement le même effort, mais individuellement : Leur niveau d’endorphines était monté beaucoup plus haut !

Cet effet de groupe est d’autant plus fort avec le rire, qui est hautement contagieux. En effet, il est aisé de constater que nous avons plus de chances d’avoir un fou rire en regardant des vidéos comiques… lorsque nous sommes plusieurs à les regarder ensemble !

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Désamorcer une situation délicate…

L’humour rend possible le détachement lorsqu’il permet d’évoquer un sujet délicat dans un contexte décalé. Cela permet de désamorcer l’inconfort d’un état ou d’une situation…

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L’humour permet une bien meilleure mémorisation !

C’est une de ses meilleures vertus en situation de formation. Le fait a été démontré maintes fois dans les laboratoires de psychologie cognitive. Dans un contexte monotone, le cerveau a très nettement tendance à « décrocher » régulièrement. En situation de stress c’est encore pire, il ne mémorise rien. Alors si vous voulez être vraiment pro et efficace, n’hésitez pas à utiliser l’humour de manière intensive et créatrice ! (…quand on m’a transmis cette évidence, je me souviens parfaitement m’être dit « Ah bon ? Super, et en plus ça m’arrange !  » ).

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L’humour permet de rendre les esprits plus réceptifs…

C’est un vieux truc de vendeur (très utilisé dans les pubs télé !), qui permet de sortir des échanges stéréotypés.

Une vieille recette des VRP et des commerciaux, à l’occasion de leurs démarches par téléphone, consiste à répondre, lorsque pour se débarrasser d’eux on leur demande d’envoyer une documentation : « Dans ce cas j’arrive, la documentation c’est moi ! ». Mettant les rieurs de leur côté, ils augmentent leurs  chances d’aboutir…

La célèbre humoriste militante écolo Bridget Kyoto l’a également bien compris. Elle inonde la toile de vidéos gaguesques et de tweets hilarants du type « Arrêtez de boire de l’eau, on en a besoin pour les gaz de schiste ! ». Ce faisant, elle est incommensurablement plus efficace dans son combat que nombre de ses compagnons d’armes parfois tristounets, pontifiants, donneurs de leçons, ou pire : culpabilisants !

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…À condition que le cynisme ne soit pas au rendez-vous.

Une condition indispensable doit être remplie pour que l’usage de l’humour ne tombe pas à plat : la bienveillance !

Attention : ne confondons pas bienveillance avec mièvrerie, ou « action de tendre l’autre joue » ! Ma définition préférée de la bienveillance est « veiller… » (et donc rester vigilant) « …en pensant à ce qui est bien » (…ce qui est exactement le contraire de la malveillance !).

Sont donc à proscrire totalement, sous peine de passer complètement à côté de la plaque, le cynisme (rire aux dépends des autres), ainsi que le rire forcé (…qui en général jette un froid en partant des meilleures intentions. Ne vous lancez jamais dans un « show à l’américaine » avec sourire permanent figé comme dans les pubs de dentifrice, faute de quoi vous êtes sûrs de faire un lamentable bide, comme me le rappelait récemment mon ami Robin Blondet).

Comment savoir si vous avez le bon profil ? C’est très simple : interrogez-vous sur votre capacité à rire de vous-même !

Je vous assure que c’est le petit détail qui fait toute la différence !

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La ressource pédagogique

Sentez-vous à l’aise d’utiliser la présentation ci-dessous si vous souhaitez intervenir sur cette question dans un groupe (notamment en session de formation de formateurs).

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Voilà. C’est tout pour aujourd’hui. Je vous souhaite une magnifique journée.

Bien à vous,

Bernard

filet

PS : Avec tous mes remerciements à Robin Blondet, qui m’a (involontairement) aidé à préparer cet article en s’y prenant à deux fois :

  • La première, c’était il y a 12 ans en écrivant sur le net un texte intitulé exactement pareil (c’était à la fin de l’année 2001… j’ai été incapable de le retrouver aujourd’hui !)…
  • Et la deuxième, c’était il y a quelques jours, lors d’un de nos échanges de vues aussi mémorables que jubilatoires (car depuis 2001, nous nous sommes vus plusieurs fois, y compris « pour de vrai »).

Une autre personne adorable (oui, je sais, j’ai de la chance, j’en suis conscient) a été le véritable déclencheur direct (bien que tout aussi involontaire) de cet article en… attrapant un fou rire pas plus tard que samedi dernier, dans un endroit où je me trouvais également… A vous deux, et à tant d’autres, j’ai envie de dire tout simplement « merci d’exister » 🙂 !

Apprendre mieux : Comment faire face à un surdoué

« Arrêtez le monde, je veux descendre !! »

Bonjour

J’ai récemment pris connaissance de plusieurs cas de figure concernant des situations d’apprentissage dans lesquelles des enfants surdoués comprennent plus vite que d’autres que… disons, en termes diplomatiques, que l’enseignement qui leur est dispensé ne leur est pas forcément adapté 🙂 Quand ils s’en ouvrent à leurs enseignants, ils le font en général avec… la franchise qui caractérise leur âge, et avec les conséquences diverses que l’on peut imaginer… Cela me rappelle une histoire :

Un ami surdoué

Il y a quelques années de cela, je me souviens avoir un jour été sollicité par un ami qui est un bourreau de travail bardé de diplômes… certainement un surdoué à sa manière. Cet ami m’avait demandé de l’aider à travailler son anglais à l’oral. Il avait en effet un peu perdu de son aisance parce qu’il ne pratiquait plus l’anglais depuis quelque temps… Or, il avait besoin de prononcer un petit exposé à destination d’un public anglophone dans le cadre de son travail, dans les jours à venir. Sa demande portait essentiellement sur la prononciation (il parlait avec fluidité, mais son accent était déplorable – ce qui est somme toute relativement fréquent dans les entreprises françaises, pour ce qui m’a été donné d’en entendre).

Je lui ai alors expliqué que mes propres compétences étaient, comment dire, un peu rouillées dans ce domaine (j’ai été prof d’anglais avec un statut de maître auxiliaire, mais c’était dans une autre vie…), mais qu’importe, il avait insisté pour que je l’aide, et j’avais accepté.

Tester ses propres connaissances en anglais…

Il est donc venu me trouver avec quelques textes (dont le sien) qu’il a entrepris de lire en ma présence, en me demandant de réagir à ses erreurs de prononciation.

J’interrompais donc quelquefois sa lecture, en lui indiquant de mon mieux la prononciation qui me paraissait adéquate à mesure qu’il parlait… Mais, ce faisant, je procédais à une sorte de « tri », dans la mesure où je voulais éviter de l’interrompre à chaque mot !

…En prenant les choses en main !

Très vite, il s’est mis à prendre littéralement la direction des opérations. C’était à la fois très amusant, très impressionnant et très intéressant. Il me disait par exemple des choses du style « Attends, logiquement, en fonction de ce que tu m’as dit tout à l’heure, là je viens de me planter, non ? ». Et de mon côté j’étais bien forcé de constater… qu’il avait raison ! Du coup, mon ami prenait lui-même la décision de reprendre sa lecture quelques lignes plus haut, à un endroit précis, alors que pour ma part je n’attendais rien de tel ! Il couvrait son texte de graffiti incompréhensibles pour moi, mais qui à coup sûr faisaient sens pour lui ! Visiblement il était beaucoup plus « dur à la tâche » que moi, et surtout il plaçait la barre très haut (bien plus haut que je ne l’avais fait moi-même, je l’avoue bien volontiers) pour ce qui est du niveau d’exigence. C’était impressionnant !

Après une petite demi-heure de ce tonneau-là, il est reparti tout tranquillement, après m’avoir chaleureusement remercié. Et moi j’en suis resté baba !

La posture de l’enseignant n’est plus ce qu’elle était…

Je suis en effet resté avec un sentiment mitigé… D’abord celui d’avoir moi-même appris une leçon magistrale : Avec le temps qui passe et « les progrès du progrès », l’apprenant et le sachant sont de moins en moins celui qu’on croit lors de toute situation de face-à-face pédagogique… les choses sont, de fait, beaucoup plus compliquées que ça !

S’agissant de mon ami, j’étais franchement mort de rire, tout attendri, plein de pensées du style « ah… c’est bien de lui, ça : »… Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me poser une question : Que ce serait-il passé dans une situation analogue, mais avec un surdoué qui « n’aurait pas été spécialement mon ami » ?

C’est là que j’ai fait la relation avec des situations extrêmes dans lesquelles peuvent se trouver parfois les enseignants (je pense à la problématique des enfants surdoués, et des relations parents  enseignants, mais pas seulement…).

Dans certaines situations paroxystiques mais de plus en plus fréquentes, l’enseignant le formateur, le tuteur… a tout intérêt à savoir se placer mentalement au-delà du rôle qui lui a été attribué (…pour mieux y revenir après), tout en ayant précisément deux ou trois petites choses en tête…

À propos de la connaissance de soi…

Qui est vraiment l’enseignant, en quoi consiste sa propre identité, quelles sont exactement ses propres valeurs, ses atouts, ses moteurs, ses motivations, où commence mais aussi où s’arrête sa propre légitimité… d’où provient-elle, dans quel champ peut- elle s’étendre… ou pas ? Et surtout, peut-il quand même « …faire sans elle » ?

À propos de la connaissance des autres…

Jusqu’à quel point l’autre est-il mon semblable, mais aussi en quoi est-il différent de moi ? Est-il possible de disposer d’une, ou mieux, de plusieurs grilles de lecture des comportements humains, ne serait-ce que pour savoir tout simplement qu’ils… existent, me permettant ainsi d’éviter une situation de « dialogue de sourds » ?

À propos de la manière de communiquer efficacement avec les autres…

Tous ces préalables étant posés, est-il possible d’établir un dialogue franc, constructif, respectant l’autre dans son altérité, tout en se respectant soi-même sans excès, mais sans non plus se cacher derrière une institution… ou son petit doigt ?

On l’aura compris, il est quasiment impossible de créer de telles conditions sans tenir compte de soi, de l’autre, et surtout de la relation qui est perpétuellement en train de s’établir. Dans ce but il est indispensable de savoir se placer dans une position de « lâcher prise », c’est-à-dire pouvoir sortir la tête du guidon de la communication instinctive, du « …Moi je pars du principe que …» du « …Est-ce que vous trouvez normal que… » dont on sait pourtant qu’ils ne mènent à rien de bien constructif, même s’ils peuvent parfois nous soulager sur le moment…

Tout ceci en étant bien entendu en capacité de se placer non seulement du point de vue de l’autre (…autant que faire se peut) mais aussi de tenter d’appréhender ce que pourrait être le point de vue d’un observateur extérieur (ce qui est encore plus difficile mais tout aussi indispensable !), tout cela pour mieux se remettre dans ses propres godasses, et exprimer son propre point de vue avec sérénité…

Le développement personnel… Quoi ? …encore ? … Si !

Encore une fois, un enseignant ou un formateur peut très bien traverser toute sa carrière sans jamais s’intéresser à la problématique du développement personnel… tant qu’il est dans une position où il peut exercer son art dans un contexte « de droit divin », si l’on peut dire…

Or, de tels contextes existent de moins en moins, au grand soulagement de certains, mais aussi au grand dam de beaucoup d’autres…

Lorsqu’on évolue ainsi « sans filet », si l’on peut dire, il est alors (à mes yeux) de plus en plus dangereux de continuer à exercer ce métier sans entreprendre une véritable démarche dite de « développement personnel », voire de « travail sur soi » digne de ce nom.

Une première approche a déjà été présentée ici, dans les deux articles cités ci-dessous :

Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (1)
Apprendre mieux : pédagogie et développement personnel font-ils bon ménage ? (2)

Voilà. Je vous souhaite le meilleur…

Bien à vous,

Bernard

filet

Spéciale dédicace à mon ami Marco Bertolini qui m’a involontairement donné l’idée de cet article…

Par ailleurs, pour mieux connaître le monde des adultes surdoués, je vous recommande cet ouvrage de Cécile Bost.

Différence & souffrance de l'adulte surdoué - Cécile Bost

« Plus belle Venise » à Marseille, au Théâtre Toursky, mercredi 21 novembre à 20h30

La compagnie de commedia dell’arte TIRAMISU jouera une de ses créations : « Plus belle Venise » à Marseille, au Théâtre Toursky, mercredi 21 novembre à 20h30.

Vous êtes sommés de vous y précipiter… Cette pièce est tout à la fois tendre, drôle, et savoureuse. Un petit bijou d’évasion assurée !

Ce sont tout à la fois des potes à moi et des gens très talentueux (comme quoi ça n’empêche pas  🙂 ). En plus, vous ferez une bonne action puisqu’ils joueront au profit l’association 123 Soleil !

J’avais eu la chance d’assister à la première, eh bien ça vaut son pesant de cacahuètes !

Pour plus de détails, cliquez sur le lien dans la phrase ci-dessus 🙂

Plus belle Venise – La Première

Mon pote Tony est un ami de très très longue date. Je le connais depuis le lycée, où il était président du foyer des élèves. Par la suite je l’ai retrouvé à la fac, où il faisait des études d’italien, et encore une fois à l’époque où j’étais pion au lycée Jean-Perrin à Marseille, dans les années 80. Nous étions de nouveau collègues…

Par la suite je suis allé vivre un peu partout, aux quatre coins de l’hexagone comme disait l’autre, et j’ai ainsi perdu la trace de pas mal de monde. Tony est une des rares personnes que j’ai pu retrouver et avec qui j’ai gardé le contact après toutes ces années.

Plusieurs fois par an, on se fait un petit resto tous les deux, et nous nous racontons nos vies, ce qu’elles deviennent. Nous échangeons aussi beaucoup sur nos passions communes, la musique, et aussi le théâtre.

Car nous avons aussi une chose en commun : la pratique du théâtre amateur. Tony a fondé il y a pas mal d’années une troupe de commedia dell’arte qui s’appelle TIRAMISU.

Avec sa troupe ils se produisent pas mal sur les planches de la région et d’ailleurs, ainsi que dans plusieurs festivals de théâtre amateur.

C’est ainsi que j’ai pu aller les applaudir samedi dernier au festival de théâtre amateur de Chateauneuf-les-Martigues / La Mède qui se tenait les 9 et 10 octobre dernier dans ma région.

Pour Tiramisu, c’était la toute première fois qu’ils donnaient « Plus Belle Venise », leur toute dernière pièce, donc (précisons qu’ils proposent des créations, pour l’essentiel). Je m’y suis rendu, d’abord pour aller applaudir Tony et ses amis, et ensuite parce que j’avais beaucoup apprécié leur pièce précédente (« Un vénitien en Turquie »).

Ce fut un régal ! De l’humour, de l’émotion, des tas d’allusions complètement anachroniques directement connectées aux préoccupations ou aux mœurs de notre époque… J’en suis ressorti à la fois tout ému et tout joyeux.

Tout le monde m’a estomaqué. Aurélie (fille de Tony) s’est aussi bien  illustrée en « Barbie du XVIIe siècle » qu’elle nous avait précédemment éblouis en « Tranche fesses la piratesse », femme au caractère explosif. Pouvoir endosser avec autant de brio deux costumes aussi différents, cela force le respect (enfin, le mien, déjà…).

Oriane, autre fille de Tony, est toujours aussi époustouflante dans ses interprétations « second degré » de femme fatale. On sent chez elle beaucoup de recul, de philosophie… mais en fait je dis peut-être ça juste parce que je connais un peu son histoire, allez savoir…

Le plus rigolo c’est que ces deux soeurs dans la vie sont aussi soeurs dans la pièce, et que leur papa dans la vie est aussi leur père dans la pièce (personnage de « pantalone »).

Une mention plus que spéciale à Coralie, que je connaissais un tout petit peu par FaceBook interposé… Elle a un visage hyper marrant, incroyablement mobile et en même temps très beau. On voit bien que quand elle joue, elle ne « se » la joue pas du tout, malgré son immense talent. Tant pis si je l’embarrasse en écrivant ceci, mais je persiste et signe (on n’a que ce qu’on mérite, na !).

Une dernière mention pour mon vieux pote Tony, que j’ai encore été très heureux d’applaudir à tout rompre. Pour moi il représente un peut tout ce à quoi je crois… A savoir que nous pouvons, que dis-je, nous devons continuer à faire les clowns quoi qu’il arrive, histoire de réitérer notre pied de nez à toute les saloperies que la vie peut nous réserver… Ainsi j’ai été très heureux de surprendre mon ami  en flagrant délit d’écrasement d’une larmette furtive d’émotion à la fin, alors que nous étions tous debout pour une « standing ovation » bien méritée. Il faut dire que j’étais aussi ému que lui.

On n’a que ce qu’on mérite, j’arrête pas de vous le dire…

Présentation de la pièce
« Plus Belle Venise »

ou L’affresco salvatore

A Venise, tout pourrait aller pour le mieux si une décision du Doge ne venait menacer gravement l’intégrité du quartier de la Bella di Maggio.

Au milieu des intrigues amoureuses et des projets de mariages, la résistance s’organise, le peuple se révolte …

Mais l’art viendra au secours de la bonne cause et tout finira par rentrer dans l’ordre.

Distribution :

Zoccolino Guy Vassallucci
Frizzolina Coralie Landin
Nebiolo Pascal Pons
Pantalone Tony Baldo
Dottore Alain Hurtado
Faletti Didier Françaix
Malvina Oriane Baldo
Volpino Cédric Debarbieux
Biancollela Aurélie Baldo
Bellino Chistophe Rubcic
Capitan Jean-Paul Bourguet
Giravolta Claudie Neuveut
Paganino F.Xavier Agostini
Pulcinella Marine Ricard

Mise en scène : Guy Vassallucci

Assisté de Claudie Neuveut

Régie Lumière : Marion Agresti

Son : Jonatan Francone

Diaporama des photos que j’ai prises à cette occasion :

http://www.flickr.com/photos/lamailloux/sets/72157625134269906/show/

Site web de la compagnie :

http://www.cie-tiramisu.com/

Un match de foot vu par quelqu’un qui n’aime pas ça…

J'aime pas le footAussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été complètement indifférent au football, et en même temps toujours au milieu des footeux.

Cela a commencé à l’école… Les instits, et plus tard les profs de gym, quand ils voulaient nous faire plaisir et avoir la paix pour une heure, nous disaient « Bon, ben vous n’avez qu’à faire un foot ! ».

A ce moment-là, tous mes camarades sautaient de joie, et moi je pensais « tu parles d’une poisse »…

En effet un gamin qui ne joue pas au foot finit toujours par s’entendre dire « bon, ça fait rien, on va te mettre dans les bois (ça voulait dire que j’allais être le gardien de but, poste détesté de la plupart des autres joueurs, allez savoir pourquoi).

J’ai donc passé pendant mes plus belles années des heures à me morfondre dans ma cage, sans arriver à me sentir le moins du monde concerné par ce qui se passait, sil l’on excepte les fois où j’entendais un boulet de canon siffler à mes oreilles, invariablement suivi une seconde plus tard par une poignée de types vociférant et gesticulant, bouches tordues et mimiques simiesques, manière bien particulière  de me signifier qu’il était pourtant facile à arrêter, celui-là…

j'aime pas le footUne fois, j’étais en terminale, mes potes m’ont convaincu d’aller assister à un match… c’était à Marseille, au stade vélodrome, en 1974 probablement… non seulement je me suis ennuyé à mourir, mais en plus les deux seules fois où je regardais ailleurs j’ai vu tout le monde se lever tout autour de moi, pour comprendre quelques secondes plus tard (décidément !) que la baballe était dans les bois, donc.

Je me suis bien jure de ne jamais y retourner, comme on peut l’imaginer. Aujourd’hui c’est mon fils aîné qui se passionne pour le foot, et particulièrement pour les rencontres disputées par cette fameuse Olympique de Marseille (l’OM, quoi)… apparemment cette équipe bouge encore, bien que j’aie depuis une sacrée lurette cessé de m’intéresser à ses exploits.

Et puis tout récemment je suis (re)tombé sur un passage de livre qui à mes yeux traduit à merveille mon sentiment d’extraterrestre par rapport à beaucoup de sports en général , et à celui-ci en particulier :


Je pensais à une promenade, le long des quais et à l’un de ces restaurants feutrés comme on en voit dans les films, des maîtres d’hôtel doucereux auraient été les complices de notre intimité …

Dès qu’elle m’a aperçu, elle a brandi deux rectangles de papier bleuté qui se sont révélés être les billets permettant d’assister à une partie de football. C’est un jeu qui se joue avec un ballon en le frappant avec les pieds.

Nous nous y rendîmes.

Lorsque nous pénétrâmes dans les lieux, le béton vibrait. «Parc des Princes », pas de parc et plus de princes, mais c’est ainsi, environ trente milliers de personnes hurlantes, surtout un rougeaud derrière qui, le départ, a affirmé avec une force incroyable que l’arbitre n’avait pas de couilles. Étant donné la distance laquelle ils se trouvaient l’un de l’autre, cette affirmation ne pouvait relever que de la plus haute fantaisie. Il l’a pourtant proclamée une bonne centaine de fois durant la partie avec un entêtement admirable.
L’équipe en bleu était locale et j’ai pensé un instant ils étaient plus nombreux sur le terrain, mais Cécilia m’a expliqué que la chose était interdite. Simplement ils devaient courir plus vite. C’étaient «les Saint-Germain », ils m’ont paru courir vite en effet, mais pour peu de chose, tous ces jeunes gens semblaient guillerets mais un peu chiens fous alors que les rouges devant eux répugnaient manifestement à bouger.

Cécilia les soutenait car elle m’apprit qu’ils étaient bretons. Ils pratiquaient la tactique du menhir. Pendant l’entracte, qui s’appelle mi-temps, nous avons acheté sandwiches avec du saucisson et des bouts de salade fripée qui sortaient du pain. Les maîtres d’hôtel obséquieux étaient de sortie.

Ça a recommencé. Tout de suite le béton qui vibrait a tremblé et je me suis retrouvé seul assis. J’ai vu les fesses du type devant qui tressautaient de joie. 1 à 0 les bleus. J’ai dit à Cécilia que les rouges n’allaient pas se laisser faire et je pense qu’elle m’a été reconnaissante de cette preuve d’intérêt. Je ne me suis d’ailleurs pas trompé car, quelques minutes après, un Breton qui n’avait l’air de rien, a sauté en l’air et paf! Un but.

Silence total dans le stade. Cécilia jubilait. Je me suis penché vers elle et je lui ai chuchoté :
– Il leur faut un ailier de débordement pour effectuer des centres en retrait.
J’ai vu ses yeux s’arrondir, elle s’est reculée sur son siège pour m’examiner plus facilement dans ma totalité, et elle a proféré :
– Mais j’étais persuadée que tu n’y connaissais rien.
J’ai baissé le regard, modestement.
– J’ai joué un peu, autrefois …

J’avais retenu cette phrase de haute tactique proférée quelques minutes auparavant par le monsieur qui émettait sur l’intégrité physique de l’arbitre des réserves sérieuses. Il est extrêmement agréable de se sentir être stupéfiant pour quelqu’un.

Finalement les deux équipes en sont restées au 1 à 1. En quittant nos places nous avons échangé quelques remarques bien frappées sur le peu d’envergure du match, j’ai précisé qu’il eût été préférable que l’arbitre possédât des couilles. Elle a été sur ce point tout à fait d’accord avec moi. Une grande soirée.

Dans le taxi, je lui ai fait jurer que ce serait la dernière. Je déteste toutes les formes de sport, aucune n’échappe à ma vindicte et, dans cette haine générale, le football occupe une place de choix.

Belles galères, un livre de Patrick Cauvin

Patrick Cauvin – Belles galères, Livre de Poche, 1993, P. 101 & suiv.

Non seulement Dieu est mort, mais en plus le Diable a pris les commandes…

Je viens de terminer la lecture d’un véritable petit bijou de drôlerie qui « sans avoir l’air d’y toucher » met le doigt dans le mille sur…bien des choses. Il s’agit de l’histoire de l’arche de Noé, mais complètement « revisited » d’une manière on ne peut plus azimutée, on vous aura prévenus.
Je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire ici un extrait de la fin du livre…


C’était joué, avec la bénédiction divine le Diable a pris les commandes, expédié la Création en une petite semaine et depuis lors je peux vous dire qu’il n’a pas chômé. C’en est même impressionnant. Le Mal mondialisé, mais à l’échelle industrielle, en flux tendu.

Suffit de lire les journaux, des gros titres aux faits divers, les annonces matrimoniales, les avis de décès, tout ça sent la patte du Malin.

« Jeune femme, 39 ans au compteur, 48 kilos, bien de sa personne, origines et poitrine modestes, pas d’espérances, importants travaux à prévoir, un enfant (mais placé en apprentissage dans le Gâtinais), aimant la nature, la lecture, les animaux, les sorties et les plaisirs simples, petits besoins, se nourrissant d’un rien (thé, graines, abats), sachant faire la cuisine et ne rechignant pas aux travaux ménagers, même lourds, ouverte aux exigences sexuelles, apports en industrie uniquement, étudie toutes propositions pour refaire sa vie et oublier inavouable passé assez char; avec monsieur même gros et laid, graveleux et cauteleux, sale et vieux. Très bonne situation exigée, belle aisance financière indispensable pour parer à toutes éventualités. Fumeurs ou alcooliques acceptés. Si possible pas d’enfants à charge ni de trop dispendieuses pensions alimentaires. Une résidence secondaire sur la Côte d’Azur serait un plus. Économiquement faibles et amoureux transis s’abstenir: Grabataires, sur dossier uniquement. Merci d’envoyer lettre de motivation, feuille d’imposition + ISF, détail turpitudes et éven­tuellement photos au Journal, qui transmettra. » C’est pas diabolique, ça?

J’en vois qui doutent. Des idéalistes. Il y a donc de dangereux idéalistes dans la salle. Des partisans du monde ancien, des nostal­giques du Bien, des francs-tireurs de Dieu, des lecteurs de Paul Claudel.

[…] Alors voilà. Le patron, le nouveau taulier, c’est le Diable. Point, à la ligne. Aussi simple que ça. Dieu est à la retraite. Bien sûr au début ça dérange un peu, mais on s’y fait. Croyez-moi. Assez vite, pour certains, si vous voyez ce que je veux dire. L’avantage c’est qu’on donne moins à la messe. Vous le saviez? Non? Convaincu, maintenant? Oui ? Content ? Vraiment ? Bravo ! Dire qu’il y a encore moins d’une heure vous pensiez que c’était l’amour qui gouvernait le monde, avec la bonté, la gentillesse, les nobles sen­timents, l’entraide, cette foutue beauté inté­rieure, la charité, la foi, l’espérance, les vertus cardinales, et tous ces trucs de catéchisme! Vous vous coucherez moins bête ce soir […]. Ça requinque, le Mal, mieux que le Viagra. Le Diable sera content, je l’informe­rai personnellement de votre toute récente prise de conscience, tardive, certes, mais sin­cère.

[…] Notez que si le Diable est le nouveau patron, ça explique bien des choses; tout devient plus cohérent, je dirais même repo­sant. Pas étonnant que les robinets fuient, que les gardiennes piquent votre courrier, que l’ Afrique crève à petit feu, que le denti­frice reste ouvert, et qu’on vende des armes aux enfants. Que les abricots ne sentent plus les abricots, que les femmes sédui­santes passent sans me voir, que les lecteurs n’achètent pas mes livres ! Sans compter le bus qui démarre juste sous vos yeux quand il pleut, le stylo qui fuit, la casserole qui attache, le sparadrap qui colle, le code qu’on a oublié, la petite robe qui vous bou­dine, une haleine de cheval au pire moment, qui devait être le bon – et le banquier qui vous boude une petite facilité de caisse. Inutile de se révolter contre tout ce qui va mal – sans parler des tremblements de terre, de la faim dans le monde, des atten­tats. C’est normal que ça aille à vau-l’eau, voyons, c’est fait pour ça, c’est dans l’ordre des choses, Dieu n’existe plus, c’est le Diable qui gouverne. Une fois qu’on l’a compris, on respire, on respire mieux. On est libéré. L’ordre des choses. Faire une crasse à son prochain ne porte plus à conséquence. Au contraire. C’est civique. On vous décorera pour moins que ça.

Non, vous doutez toujours? Il vous faut des preuves? Des trucs tangibles où mettre les doigts? Vous en êtes encore là! L’Arche, ça ne vous a pas suffi? J’ai affaire à des esprits forts, ce soir. Un conseil tout simple, facile à mettre en pratique : faites-vous votre propre opinion, observez votre belle-sœur, votre voisin de palier, vos collègues de bureau, votre gardienne, votre directeur général, vos propres enfants, votre amant, votre maîtresse. Voyez ce petit air diabolique qu’ils ont tous au coin de l’œil, qui s’allume quand ils veulent vous convaincre de faire quelque chose dont vous n’avez nulle envie – et vous tout pareil, et moi, et mon éditeur, c’est le signe, nous sommes tous enrôlés dans les bataillons du Diable! Ça va valser! Ça va donner! C’est la revanche des otaries! […] Adieu.



Né à Strasbourg en 1959, Vincent Wackenheim habite à Paris près du lion de Denfert. Il déplore de n’avoir pu prendre part au Déluge, et n’a jamais rencontré Noé. Alors il nous révèle leur véritable histoire. Un récit mordant et jubilatoire. Amis des bêtes et des hommes s’abstenir.

« En gros, pour Noé, il y a les animaux qu’on mange, ceux (et surtout celles) qu’on caresse, ceux qui bossent, ceux dont on fait des manteaux ou des pulls, ou des boîtes à gants en galuchat, à la limite ceux qui sont juste jolis, mais les autres, la grande majorité, les moches, ceux qui ne servent à rien, les pas bons, les tout durs, les piquants, ceux qui sentent mauvais, ceux dont le nom est imprononçable, la mygale de Rameshwaram, par exemple (Poecilotheria hanumavilasumica), ou le crapaud de Holdridge (lncilius holdridgei), ou la musaraigne-éléphant (Rhynchocyon udzungwensis), pourquoi diable les embarquer? [ … ] Noé, la biodiversité, ça n’était pas son truc. »

Les grands cons qui font tenir leur parapluie par les autres.

Pour faire simple, je n’irai pas par quatre chemins pour déclarer tout à trac que j’adore écouter Stéphane Guillon sur France Inter le matin (vers 7h53). Quand je le rate, je m’efforce d’aller retrouver ça sur le net (Franceinter.com, c’est très facile à trouver, il suffit de chercher la rubrique « Vidéos »).

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui… mais aujourd’hui, ah mince, c’est vrai, le vendredi c’est pas lui… avant, le vendredi on avait droit à Philippe Val, c’était très bien aussi… mais il a été appelé à de plus hautes fonctions dans la maison, du coup il est remplacé depuis par François Morel.

Ce matin, donc, j’ai raté la chronique de Stéphane Guillon, et sur le net je suis tombé sur celle de… François Morel. Il nous parlait… du parapluie d’Angela Merkel, et de fil en aiguille, de ceux qui se croient malins de ne pas tenir eux-mêmes leur parapluie (suivez son regard). Eh oui, y’en a des pour qui « faire simple », c’est vraiment pas leur truc…

Irrésistible ! Jugez plutôt :


Post Scriptum : Coincé entre ces deux mastodontes (Guillon et Morel), le jeudi à la même heure il y a Didier Porte. Je l’apprécie beaucoup également. Oui, bon, ça ne vous aura pas échappés, j’apprécie tous ces humoristes, et alors ? C’est tout à l’honneur de France Inter, que je considère comme un des derniers espaces de liberté, de simplicité (eh oui !) et de franche rigolade à l’occasion. Dans cet espace, donc, je trouve qu’il fait bon laisser traîner ses oreilles en sachant par avance qu’on échappera tout aussi bien aux chipotages des cultureux assommants et coincés qu’aux flatulences consternantes des pétomanes et autres comiques troupiers qu’on entend largement par ailleurs.

Un regard très particulier sur le respect dû aux anciens

Lîle du jour davant (Umberto Eco)

L'île du jour d'avant (Umberto Eco)

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Le philosophe doit avoir le courage de critiquer tous les enseignements mensongers qui nous ont été inculqués, et d’entre ceux-là il y a l’absurde respect pour la vieillesse, comme si la jeunesse n’était pas le plus grand des biens et la plus grande des vertus. En conscience, quand un homme jeune est en force d’imaginer, de juger et d’exécuter, n’est-il pas plus capable de gouverner une famille qu’un sexagénaire hébété dont la neige sur le chef a glacé l’imagination? Ce que nous honorons comme prudence en nos aînés, n’est qu’une appréhension panique de l’action. Voudriez-vous vous soumettre a eux, quand la paresse a débilité leurs muscles, durci leurs artères, évaporé leurs esprits, et sucé la moelle de leurs os? Si vous adorez une femme, n’est-ce pas peut-être à cause de sa beauté? Continuez-vous donc vos génuflexions après que la vieillesse a fait de ce corps un fantôme, bon désormais à vous rappeler l’imminence de la mort? Et si vous vous comportez de sorte avec vos amantes, pourquoi ne devriez-vous pas faire de même avec vos vieillards? Vous me direz que ce vieillard est votre père et que le Ciel vous promet longue vie si vous l’honorez. Qui l’a dit? Des vieillards juifs comprenant qu’ils ne pouvaient survivre au désert s’ils ne faisaient fructifier le fruit de .leurs reins. Si vous croyez que le Ciel vous donnera un seul jour de vie en plus à cause que vous avez été la brebis de votre père, vous vous trompez. Vous croyez qu’un salut révérencieux qui fait frôler les pieds de votre père de la plume de votre chapeau puisse crever un abcès malin, ou cicatriser la marque d’une estocade, ou vous délivrer d’une pierre dans la vessie? Si cela était, les médecins n’ordonneraient pas leurs potions immondes, mais pour vous libérer du mal italien ils vous prescriraient quatre révérences avant le repas à Monsieur votre père et un baiser à Madame votre mère avant que de vous endormir. Vous me répliquerez que sans votre père vous ne seriez pas, ni lui sans le sien et ainsi de suite jusques à Melchisédech. Mais c’est lui qui vous est obligé, et non point le contraire: vous payez de bien années de larmes un sien moment de plaisant chatouillement.

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Umberto Eco – L’île du jour d’avant, 1994, Grasset (p.80 & suiv.)


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