Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement…

J’ai récemment présenté à un ami le questionnement suivant :

On rencontre parfois des gens qui sont franchement du type « Pourquoi faire (…et expliquer) simple quand on peut faire compliqué ? »…et qui semblent prendre un malin plaisir à tout embrouiller, comme si la vie ne s’en chargeait pas suffisamment comme ça.

…Au fond, que signifie réellement cette attitude ?

Mon ami m’a alors répondu par une citation attribuée à un légendaire spécialiste es complication :

Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement... cela veut dire que vius ne la comprenez pas assez

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14 réflexions sur “Si vous ne pouvez pas expliquer une chose simplement…

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  3. Evident et si vrai !
    Alors il suffit de l’enseigner jusqu’à ce qu’on soit compris, alors seulement on pourra penser l’avoir compris soi même…

  4. Tu l’as dit Jean-François ! Et tant pis pour les autres (LOL) !

    • 🙂
      Mais pas tant que cela au final puisqu’on ne peut être bon qu’a travers les autres…interaction et reconnaissance ! Donc Gagnant- gagnant si on est dans une relation constructive.
      et puis  » Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » cf Bible 😉

      • J’imagine la scène : un automobiliste « jeune permis » a un accrochage parce que le moniteur ne lui a jamais montré l’angle mort…

        Du coup, il explique en souriant à l’autre automobiliste « Ah, le monsieur m’avait prévenu… on ne peut être bon qu’a travers les autres…interaction et reconnaissance ! Donc Gagnant- gagnant si on est dans une relation constructive. »
        (…tête de l’autre…)

        • Ah le gros contre-exemple !! 🙂
          mais seul le déséquilibre qui pousse à faire des erreurs et à tomber nous amène à progresser… pas d’erreur = stagnation ! donc le carton dans cet exemple apprendra par l’expérimentation l’angle mort au jeune.
          Expérience perso : j’ai fait 3 tonneaux avec une Alfasud en 1990…aucun autre accident depuis (que j’ai enclenché ma vie 2.0) 😉

  5. Oui, mais que faites-vous des bégaiements, des hésitations, des silences, des émotions, de l’impalpable…qui rendent parfois une explication tellement vivante.
    On apprend parfois mieux avec une certaine personne, et ce n’est pas forcément celle qui est, objectivement (!!???), la plus claire. Il y a aussi le ton de la voix, ce qu’elle véhicule…

  6. Merci, je suis enchanté de l’amorce de cette discussion, et en grande partie d’accord avec les dernières interventions.

    Mille fois oui, par exemple, pour les questions d’hésitations, silences, émotions, impalpables qu’on voudra… Pareil pour l’histoire du carton qu’on s’est pris sur la route et qui contribue à forger notre expérience.

    J’aimerais toutefois exprimer certaines réserves.

    Ainsi je me souviens très bien que lorsque j’étais enfant, certains enseignants avaient sur moi (et sur nombre de mes camarades) l’effet quasi magique d’accélérer la compréhension de beaucoup de choses, alors qu’allez savoir pourquoi, d’autres, même avec les meilleures intentions du monde, avaient sur moi l’effet diamétralement opposé : Celui de me faire carrément « désapprendre » (si !) le peu que je savais sur un sujet, à coup de ce qu’il faut bien appeler (faute de mieux) des écrans de fumée. Et là aussi, comme par hasard, cet effet était le plus souvent ressenti également pas mal de mes petits congénères… À ce tarif-là, au bout d’un moment, les questions telles que les canaux d’expression et de perception privilégiés chez tel ou tel n’expliquent pas tout !

    Plus tard, lorsque j’ai moi-même enseigné, j’ai retrouvé avec effroi, parmi mes collègues, des personnages qui me donnaient, comment dire, une illusion de déjà-vu, et qui passaient tranquillement leur vie à se trouver complètement à côté de la plaque, en pestant après le niveau vraiment lamentable de l’écrasante majorité des élèves qui leur étaient confiés, et distribuaient avec une tranquille assurance une aussi écrasante majorité de très mauvaises notes («Que voulez-vous, je n’ai pas le choix»), année après année, sans que cela paraisse d’ailleurs les gêner le moins du monde. D’ailleurs la vie semblait leur donner raison puisqu’il ne leur arrivait… strictement rien. Avec le professeur untel, personne ne comprend jamais ? Qu’importe, c’est un peu comme le temps qu’il fait, c’est la faute à pas d’chance, il ne nous reste donc pas d’autre ressource que d’attendre des jours meilleurs ! Et l’année d’après, l’orage s’abat sur d’autres malchanceux…

    Peut-être que je me trompe, mais j’ai la croyance que chacun(e) d’entre nous (…se trouvant en situation de transmettre quoi que ce soit à qui que ce soit) peut relire la citation de l’image du début (celle d’où nous sommes partis) pour savoir dans quelle mesure elle s’applique – OU PAS – à ce qu’il ou elle est en train de faire avec ses apprenants.

    Après, on en fait ce qu’on veut, hein ?

    Encore une fois, tout n’est à mes yeux qu’une question d’ampleur des dégâts collatéraux éventuellement occasionnés. Ainsi, en tant qu’apprenant, je suis tout à fait disposé à intégrer l’histoire de l’angle mort par… l’exemple, les essais; les erreurs, etc. Je n’ignore pas les effets bénéfiques, et même constructifs de tout cela. Mais si au passage il y a eu des morts, des vrais, toujours à cause de cet angle-là je me peux m’empêcher de voir les choses… sous un autre angle, précisément. De me dire que c’est peut-être un peu cher payé. Et si je me place cette fois-ci du côté du moniteur de l’auto école, ben, je me dis cette fois qu’il y a peut-être quelque-chose à faire, dans la mesure de mes moyens, pour tâcher d’éviter, ou au moins de limiter ça.

    Donc oui, mille fois oui, au droit à l’erreur. La vie n’est pas un stalag, que diable!

    En même temps, j’aime à penser que chaque droit dont je suis bénéficiaire suppose l’existence d’un devoir de ma part. En l’occurrence, ce fameux droit à l’erreur possède à mes yeux une autre face, que j’appellerai devoir de responsabilité. Cela se résume en une seule question, très personnelle: «Suis-je bien à ma place ?». Cette fois, pour y répondre, je suis tout seul, avec ma conscience, comme on dit.

    À chacun de régler cette question comme il pourra, et après, seulement après, de se présente à nouveau – OU PAS – devant des apprenants. Après tout, les gens ne sont pas des cobayes, et n’ont à faire les frais de nos boulettes… que jusqu’à un certain point.

    J’aurais, je crois, du mal à faire face à une situation dans laquelle le chirurgien qui vient de m’opérer m’explique qu’il a complètement réussi son coup, sur toute a ligne, mais qu’hélas il a oublié une paire de ciseaux dans mes entrailles, et qu’il faut rouvrir… Mais que bon, ne chipotons pas, après tout, à part cette regrettable bévue il a eu tout juste sur tout le reste, hein ? Alors on ne va quand même pas en faire tout un fromage !

    Je pense que ma façon de percevoir tout ce qui est de l’ordre des «hésitations, silences et autres émotions» risquerait d’être quelque peu différente en pareilles circonstance… Et pour peu que dans la foulée le type me tapote alors gentiment l’épaule en m’expliquant doctement que «pas d’erreur = stagnation» je pense que je rirais peut-être un tout petit peu jaune.

    Ne pas considérer pas la vie comme un stalag ne doit pas forcément me conduire à la voir comme «La petite maison dans la prairie», il doit bien exister un juste milieu…

    Dernier point : je n’ignore pas que les exemples que je prends sont quelque peu extrêmes, mais je les assume pleinement. On ne dira jamais assez en effets dévastateurs que représentent les cauchemars d’apprentissage. Trop peu des chercheurs, à mon goût, se sont penchés sur cette question.

    Et quant à ceux qui se diraient éventuellement que, bon gré mal gré, «tout le monde est passé par là», que tous ces petits manquements sont «dans l’ordre des choses» (?) et qu’après tout, soi-même «…on n’en est pas mort», qu’ils s’interrogent donc sur le point de savoir si cette généralisation n’est pas un peu hâtive… et si au fond ce ne seraient pas par ce biais des pans entiers de connaissance qui seraient bel et bien morts, perdus corps et âme, pour l’humanité, à tout jamais…

    Pour un développement sur cette question, on consultera avec profit le lien suivant :

    http://www.ordp.vsnet.ch/fr/resonance/2003/doc/No%2001-Resonances%20sept.%2003.pdf

    «L’éducation est comme une épée à double tranchant : mal utilisée, elle peut devenir dangereuse» (Wu Ting-Fang).

    • Juste pour encore un peu élargir le fond du débat, je conseille d’aller visionner :

      C’est en anglais… et si vous ne comprenez pas, allez sur youtube, il y a d’autres extraits d’intervention de Ken Robinson, assez pertinentes sur la manière d’enseigner.

    • Qu’est ce qu’on peut retenir de tout cela alors?
      qu’un exemple est forcement réducteur, qu’une réponse courte peut etre plus facilement mal interprétée et surtout pour en revenir à la base de départ, Einstein qui a dit aussi :
      – Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover.
      – La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information.
      – et puis surtout que tout est relatif, non ?

      certes il y a des moments pour innover et des moments ou il faut assurer, question de contexte !

      je pense etre aussi un enseignant qui se pose beaucoup de questions sur sa manière d’enseigner, ayant à faire à des adultes souvent exigeants.
      Avec les années et la répétition de certains cours sous des modalités pédagogiques différentes, il vient un moment ou l’on ressent qu’on a été bon. Cela se voit aussi dans le regard de nos chérubins (voire meme on récolte des remerciements en fin de cours, comme un pilote d’avion se fait applaudir quand il fait son travail, poser l’avion!)
      Que se passe t’il ensuite? Des connexions nouvelles? Une nouvelle manière d’aborder la problématique de départ? peu importe, on sent qu’on maitrise enfin le sujet (d’ou ma 1ere remarque : enseigner jusqu’à ce qu’on soit compris en tatonnant, mais qui ne signifie pas persévérer dans la meme méthode en sachant qu’elle ne marche pas).

      Pour conclure je retiendrai surtout que cette petite incompréhension aura eu l’avantage de produire un échange que j’apprécie beaucoup et dans lequel je me reconnais bien. Il y en aura sans doute d’autres !
      Au plaisir et merci Bernard.

  7. Cher Jean-François, j’en ai autant à ton service…si ce n’était pas le cas, je n’aurais jamais pris la peine de me lancer dans une aussi long développement après tes interventions 🙂

    Nous ne nous connaissons que très peu, mais je tenais aussi à te dire que même si je n’y réponds pas forcément, cela ne m’empêche pas de suivre (un peu) ce que tu dis, de loin en loin, dans divers endroits du net, avec toujours beaucoup d’intérêt.

    Je n’ignore donc pas que nous avons toi et moi beaucoup de points communs. J’ai aussi remarqué que partageons un certain nombre de valeurs qui nous semblent importantes, et que nous sommes passionnés par ce que nous faisons.

    Merci encore à toi et bonne journée !

  8. Alors, au plaisir d’échanger a nouveau, ici ou ailleurs et tôt ou tard en IRL !
    Amicalement
    Jean-François
    Ps : personnellement, je ne suis pas qu’un peu ce que tu fais !! 🙂 😉

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