Apprendre mieux

Un blog de Bernard Lamailloux – ingénierie pédagogique et artistique

Archives de la catégorie “pédagogies actives”

Vie d’Assurance

Bonjour.

J’ai l’habitude de lire avec la plus grande attention les livraisons régulières de Pascal Launay, et je m’en réjouis. Surtout que cette fois-ci c’est carrément du grand art, et je pèse mes mots !

J’ai dû m’interroger, oh, deux grosses secondes, sur la pertinence de l’idée de rebloguer ce petit bijou sur mon propre blog (mes lecteurs ne trouveront-ils pas cela « hors sujet » ?…), et puis j’ai tranché (pourquoi les réflexions auraient-elles besoin d’être longues pour être mûres, mmmh ?).

Alors voilà. Bien que n’ayant souscrit aucune assurance « perte de lecteurs », je me permets de vous refiler ce (beau) bébé, en vous souhaitant simplement de vous régaler autant que moi.

Pascal Launay

Durée : 2mn 50s

On nous dit que si les nouveau-nés crient à la naissance, c’est pour dégager leurs poumons et leur permettre de respirer… Et si c’était parce qu’ils avaient déjà peur de vivre ou peur de l’avenir..?

Parce que, à l’évidence, plus nous grandissons, plus la peur augmente.
La preuve ? Mais, la démonstration est très simple : Légalement contraints ou volontairement souscripteurs, nous n’avons de cesse de nous assurer.
Le plus dingue est que nous souscrivons des assurances-vie, des assurances-santé, mais aussi des assurances-vieillesse, des assurances-décès et même des assurances-obsèques. En quelque sorte, nous avons beau savoir que l’on va tous mourir un jour, … ce n’est pas grave : il faut que l’on s’assure sur ce risque certain.
Moi, par exemple, je suis assuré sur toutes sortes de risques : le vol, l’incendie, les intempéries, les risques de morsures des chiens, (le mien et ceux des autres)…

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Une deuxième naissance

Être auteur c’est couper le cordon une deuxième fois ! Tiens tiens…

Ninannet's Blog

P1040416« On a deux vies… Et la seconde commence le jour où on réalise qu’on en a juste une » Confucius

Deux vies, une vie ou plusieurs vies… Jusqu’où peut-on compter le nombre de vies que nous menons tels des combats de boxe pour être en bonne intelligence avec soi-même ?

Ma deuxième vie a commencé il y a quelques années avec l’écriture et la peinture.

À moins que ma première vie n’ait engendré les moyens pour pouvoir vivre une deuxième vie.

À moins que le passé, entériné par le présent dans un système de vase communiquant ou dans une osmose produite par le cumul des deux vies, ne génère une troisième vie.

J’aime beaucoup cette idée. Cette idée de troisième vie riche de ma vie de « fille » et celle de « femme » pour aboutir à une deuxième naissance.

Est-il simple de vivre une seconde naissance sans susciter des jalousies, des interrogations, des…

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Est-ce que vous voyez ceci… ?

Bonjour,
Depuis cet été, ceux d’entre vous qui m’ont fait l’amitié d’une petite visite sur mon blog « Apprendre Mieux » en se rendant sur https://lamailloux.wordpress.com auront peut-être la surprise… de se retrouver instantanément à l’adresse http://formerplushaut.com/blog
J’ai procédé moi-même à cette modification, afin de rassembler mes publications en ligne les plus significatives dans un lieu unique, Former plus Haut!,  qui est également le nom de ma nouvelle structure.
Ainsi, l’intégralité des billets s’est retrouvée au nouvel emplacement et a apparemment bien supporté le déménagement, comme déjà indiqué dans un post du mois de juillet dernier…
Actuellement je tente une étape supplémentaire, visant à récupérer les anciens « followers » (abonnés) pour tenter de créer une mailing list »digne de ce nom » à leur intention (jusqu’à présent, je fabriquais mes « annonces de blog » manuellement, depuis mon interface Gmail…).
Mais je voudrais éviter que certains d’entre vous soient « notifiés deux fois »… Aussi je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’indiquer (dans un commentaire en réponse à cet article) si par hasard vous avez reçu une notification vous prévenant de la parution de cet article… tout simplement !
Voilà. D’avance merci.
Bien à vous,
Bernard

Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (éloge de la persévérance)

Grenouille

Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s’aperçurent qu’elles s’enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu’à barboter au même endroit en s’enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle.

L’une d’elles dit tout haut : « Je n’en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l’intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

Ayant dit cela, elle cessa de s’agiter et s’enfonça rapidement, littéralement engloutie par l’épais liquide blanc.

L’autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d’avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. »

Elle continua à s’agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d’un pouce, pendant des heures et des heures.

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s’agiter et de patauger, il arriva que la crème se transforma en beurre.

Surprise, la grenouille fit un bond et, en patinant à la surface, arriva au bord de la jatte.

De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.

Extrait de l’ouvrage « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie« , de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Quelle est votre véritable valeur ? (« […] tu es comme cette bague »)

entre rêve et réalité

Un jour, un jeune disciple zen alla trouver son maître.

« Je viens vous voir maître, parce que j’ai l’impression d’avoir si peu d’importance que cela m’ôte toute envie de faire quoi que ce soit. Tout le monde me dit que je suis un bon à rien, que je suis maladroit et stupide. Comment puis-je m’améliorer? Comment m’y prendre pour être mieux considéré ? »

Le maître, sans le regarder lui dit : « Je suis vraiment désolé mon garçon. Je ne peux t’aider, car je dois d’abord résoudre un problème personnel. Peut-être plus tard… »

Après une pause, il ajouta :

« Si tu voulais m’aider, toi, je résoudrais ce problème plus vite, et, ensuite, peut-être pourrais-je te venir en aide…

– Euh… j’en serai ravi, maître, bredouilla le jeune homme en ayant de nouveau le sentiment qu’on ne lui accordait que peu d’importance et qu’on remettait ses propres besoins à plus tard.

– Bien, poursuivit le maître. Il retira une bague qu’il portait au petit doigt de la main gauche et, la donnant au jeune homme, il ajouta :

– « Prends le cheval qui est dehors et va jusqu’au marché. Je dois vendre cette bague pour rembourser une dette. Il te faut en obtenir la plus grosse somme possible et, de toute façon, pas moins d’une pièce d’or. Va-t’en et reviens avec cette pièce aussi vite que tu pourras. »

Le garçon prit la bague, et s’en fut. Aussitôt arrivé sur le marché, il se mit en devoir de la proposer aux marchands ; ceux-ci la regardaient avec intérêt, jusqu’à ce qu’il annonce le prix qu’il en demandait.

Dès qu’il mentionnait la pièce d’or, certains ricanaient, d’autres détournaient la tête… seul un vieillard fut assez aimable pour prendre la peine de lui expliquer qu’une pièce d’or était à ses yeux bien trop précieuse pour l’échanger contre cette bague. Désirant lui venir en aide, quelqu’un alla jusqu’à lui en offrir une pièce d’argent, et ajouta même un récipient en cuivre, mais le garçon avait des ordres stricts : ne pouvant accepter moins d’une pièce d’or, il rejeta l’offre.

Abattu par son échec, après avoir vainement proposé le bijou à toutes les personnes qu’il avait croisées sur le marché – au moins une centaine – il se résolut à enfourcher le cheval et prit le chemin du retour.

Ses pensées étaient amères. Comme il aurait aimé avoir une pièce d’or à donner au maître pour le soulager de ses soucis et recevoir son conseil ainsi que son aide !

Il revint donc chez celui-ci.

« Maître, dit-il, je regrette. Il est impossible d’obtenir ce que tu demandes. Peut-être aurai-je pu échanger la bague contre deux ou trois pièces d’argent, mais je ne voudrais tromper personne sur la valeur véritable.

– Tu viens de dire une chose très importante, mon jeune ami, répondit le maître en souriant. Il nous faut d’abord connaître la véritable valeur de cette bague. Reprends le cheval et rends-toi chez le bijoutier. Qui mieux que lui peut l’estimer, en effet ? Dis-lui que tu voudrais la vendre et demande lui combien il t’en donnerait. Mais surtout, quoi qu’il te propose, ne la lui vends pas. Reviens plutôt ici avec ma bague pour me dire ce qu’il en est. »

Le jeune homme entreprit donc une nouvelle chevauchée pour se rendre chez ce bijoutier.

Celui-ci examina attentivement la bague à la lumière d’une lampe à huile, puis il la regarda avec sa loupe, la soupesa et finit par dire :

libellule au bout d'une main

« Mon garçon, dis au maître que, s’il veut vendre sa bague tout de suite, je ne peux lui en donner plus de cinquante-huit pièces d’or.

– Cinquante-huit pièces d’or ! s’exclama le jeune homme.

– Oui, répliqua le bijoutier. Je sais qu’avec du temps, on pourrait sans doute en obtenir plus de soixante-dix, mais si la vente est pressée… »

Tout ému, le garçon courut chez le maître pour lui raconter l’histoire.

« Assieds-toi, lui dit celui-ci après l’avoir écouté. Cette bague est un bijou précieux, unique. En tant que tel, seul peut l’estimer un véritable expert. Pourquoi exiger du premier venu qu’il découvre sa vraie valeur ?

Toi-même, tu es comme cette bague ».

Après avoir prononcé ces paroles, il remit la bague au petit doigt de sa main gauche, et retourna tranquillement à ses affaires.

Cette histoire m’a été racontée il y a quelque temps déjà par mon amie Geneviève Gabriel.

En repensant à son sourire magnifique, bienveillant, un tantinet espiègle, je ne peux m’empêcher, à la lumière de certains événements, de penser au côté, disons « prémonitoire » qu’elle revêtait…

Aujourd’hui, étrangement motivé par je ne sais quelle impulsion (suite à un commentaire d’Annette sur mon post précédent), j’ai procédé à quelques recherches sur le net dans l’espoir de retrouver cette histoire, et j’ai fini par en retrouver la trace.

Elle y est présentée comme un Extrait de l’ouvrage « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie », de Jorge Bucay, traduit de l’espagnol (Argentine) par Nelly Lhermillier, éditions Pocket  déc. 2010.

Après être allé y voir de plus près sur Amazon, j’ai immédiatement décidé d’acheter ce livre.

Mes meilleures pensées vont aussi à Stéphane Pietra, pour cette phrase, prononcée jadis :

« La valeur d’une personne doit pouvoir être appréciée…

– Dans  le bon contexte…
– Par des personnes capables de la mesurer ».

 Ce post est dédié à Laurène Castor.

Un conte ultra court – Question de proportions…

Arif, un ami de Nasr Eddin Hodja aimait beaucoup inviter ses amis à boire le thé et leur soumettre des devinettes compliquées pour les voir se torturer l’esprit et rire à leurs dépens.

Ce jour là, Nasr Eddin Hodja prenait le thé chez lui avec d’autres amis. Leur hôte se leva et s’approcha de la cheminée, s’empara d’une braise et la jeta dans un seau d’eau. « Pschhhhh » entendit-on. « Mes amis ! S’exclama Arif, dites-moi. Qu’est ce qui a produit ce son ? Est-ce l’eau, ou bien la braise? »

« Les deux ! » Répondirent tous les amis. « Vraiment ? Les deux ? …Et dans quelles proportions ? » insista Arif, en prenant un air goguenard.

A ces mots, voyant qu’Arif se moquait d’eux, Nasr Eddin Hodja se leva et s’approcha de son hôte. Levant la main, il asséna une grande claque au trublion. « Et ce bruit, mon ami, qu’est-ce qui l’a produit ? Est-ce ma main ? Ou bien ta joue ? …Et dans quelles proportions ?! »

Nasr Eddin Hodja est un ouléma mythique de la culture musulmane, personnage ingénu et faux-naïf prodiguant des enseignements tantôt absurdes tantôt ingénieux, qui aurait vécu en Turquie de 1208 à 1284, né à Sivrihisar et mort à Aksehir. Sa renommée va des Balkans à la Mongolie et ses aventures sont célébrées dans des dizaines de langues, du serbo-croate au persan en passant par le turc, l’arabe, le grec, le russe et d’autres (Source : Wikipédia). Avec mes remerciements les plus chaleureux à Anne Deval, comédienne et conteuse.

  Un petit mot rapide avant de terminer : sachez que je nage dans le bonheur depuis que mon livre est paru, tout récemment..
J’aimerais tellement vous en envoyer un tout petit peu en retour (…du bonheur) tellement il a l’air d’être si bien accueilli (…le livre 🙂 ).
Le plus fou c’est que tout à commencé sur ce blog ! La preuve se trouve dans cet article d’Hélène Weber... Un jour, je vous le promets, je vous raconterai l’histoire de  ce livre, de la conception à la fabrication (…sans parler de la promo, et je vous assure que ce n’est pas de la tarte ! 🙂 ).
En espérant que cela suscitera d’autres vocations. Parce qu’encore une fois, les rêves sont faits pour être réalisés, et je suis prêt à le crier bien haut sur tous les toits s’il le faut…
Les personnes qui ne sont pas encore au courant (…et les autres aussi !) pour le livre peuvent toujours aller cliquer que les petites images ci-dessous pour se faire une première idée (je vous recommande particulièrement « Le rêve de Bernard », raconté par… ma fille Alice, en 2 minutes chrono !).
Bien à vous,
Bernard

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Glander, une philosophie de vie (éloge du glandeur)

montage glandeurs et lagaffe

Bonjour. Il se trouve qu’avec quelques e-amis, nous nous sommes tout récemment retrouvés embringués dans un MOOC (cours en ligne) intitulé « La Pensée Design ». Le mooc devrait durer jusqu’au 13 juin. Si vous voulez savoir ce que c’est, rendez-vous sur http://mooc.france-bs.com/.

Quand les mouches vont au marché, les glandeurs vont au mooc

Au départ, mes propres motivations pour m’inscrire à ce MOOC peuvent se résumer ainsi : « Eh m’sieur l’juge, j’vous jur’ j’voulais pas y aller au début, et puis c’est mes potes y m’ont dit zyva viens avec nous y’a un radiateur au fond on s’met tous là… »

Sans même attendre que le cursus soit démarré, j’ai donc entrepris de créer (avec l’aide de quelques camarades de front) un collectif de travail qui devait à l’origine s’intituler « Les gros nazes du fond », mais au bout de 1641867812549991 tours de scrutin nous nous sommes mis d’accord sur un titre nettement plus approprié, et qui fait désormais consensus

Nom de ce fameux groupe (sur Facebook) : « Les glandeurs du radiateur du fond » (Frédéric, si tu nous regardes, merci du fond du cœur). Par ailleurs, le fruit de nos travaux peut être consulté ici.

Ce fut un régal… ça l’est toujours à l’heure où j’écris ces lignes ! Mais il m’a hélas fallu très vite constater une chose : la notion de glandeur demeure assez floue pour beaucoup de gens, et à les lire, il m’arrive parfois de ressentir un symptôme de « glandeur et décadence ».

Ainsi ai-je pu lire sous la plume de plus d’un, quelques remarques, voire quelques réserves, exprimées le plus souvent sur le mode « Houlà, vous êtes bien actifs, pour des glandeurs ! »… sans compter les allégations de « vrai glandeur », « faux glandeur », voire « vrai faux glandeur » qui ont commencé à fuser ici et là, et que certains de mes amis ont commencé à se lancer à la figure à mon grand désarroi (en bon glandeur qui se respecte, je ne supporte pas le gaspillage d’énergie).

J’ai donc éprouvé le besoin d’écrire ici ce petit billet en forme de mise au point. Il aurait très bien pu s’intituler « Qu’est-ce qu’un glandeur, au juste ? »…

C’est vrai ça, « Qu’est-ce qu’un glandeur, au juste ? »…

Tentons d’apporter quelques éléments de réponse à cette épineuse question. Chacun ayant sa propre idée, son propre point de vue quant à la question et au statut exact du glandeur, du glandeur, je ne vois pas au nom de quoi je me gênerais pour vous exposer le mien, qui vaut ce qu’il vaut, et vice versa.

D’abord, il ne faudrait surtout pas prendre les glandeurs pour des imbéciles :

Un glandeur est quelqu’un qui a conscience d’être naturellement décalé, en quelque sorte, et qui s’en fiche. D’ailleurs il se fiche d’énormément de choses…

les glandeurs - appli pour smartphones et tablettes

Une appli pour smartphones et tablettes est en cours d’élaboration (…authentique !)

Un imbécile, quant à lui, ne peut absolument pas s’empêcher d’être tout le temps en décalage. C’est hors de son contrôle, et contrairement au glandeur, il a aucune conscience de cet état de fait (d’où la célèbre réplique des « Tontons flingueurs » : Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !« …

Seul le sot est capable de prendre un glandeur pour un imbécile. Pas fou, le glandeur ne fera rien pour l’en dissuader. La raison en est ultra simple : il se fiche de ça aussi !

Didier, roi des glandeurs

Un exemple d’attitude archétypale de glandeur : Didier, un ami d’enfance, le jour où notre professeur annonça solennellement les résultats du bac devant notre classe pétrifiée d’angoisse, s’entendit dire… qu’il était le seul de la classe à ne pas avoir été reçu.

Croyez-vous qu’il se soit démonté ? Pas du tout ! Il s’est contenté d’ouvrir son sac à bandoulière, d’en extraire un énorme sandwich, et de mordre dedans à pleine dents tout en s’exclamant d’un air bonhomme : « Oh, c’est pas grave ! Quand l’appétit va, tout va ! ».

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on est bien c'est la fête

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Là où un cancre serait devenu soit tout rouge, soit carrément agressif, Didier ne s’est absolument pas démonté, et savoura à leur juste valeur (en même temps que sa roborative pitance) les éclats de rire de toute la classe, professeur compris. C’est ça qui est très fort.

Finalement, il me semble bien que Didier a décroché son bac de justesse, en septembre, à la session dite « de rattrapage ». Car en toutes choses le glandeur possède mieux que personne l’art instinctif de doser l’effort, une faculté que lui envient moultes besogneux et autres non comprenants…

Finalement, un glandeur est toujours plus ou moins débordé…

Un glandeur est toujours débordé : même quand il ne fait rien, il est en plein processus de créativité. C’est le Shadok azimuté au milieu des Gibis conformistes. C’est la cigale qui ne se soucie même pas de l’existence de la fourmi, mais qui s’en porte tout aussi bien, en ne récoltant pas forcément le courroux des cieux. C’est Isaac Newton faisant la sieste au pied d’un arbre, et découvrant incidemment les lois de la gravitation universelle en se prenant une pomme sur la tête. C’est Gaston Lagaffe faisant le désespoir de tout son bureau à coup de siestes volées à ses honnêtes collègues bureaucrates, mais travaillant sans relâche pendant des temps forcément gigantesques à d’improbables prototypes (…clin d’œil à mes camarades moockitoes). Si ça c’est pas du boulot…

glandeurs facétieux (balançant de l'eau)

Le glandeur a donc perpétuellement quelque-chose en tête. Il est souvent espiègle, et fondamentalement passionné. Mais il a horreur qu’on cherche à lui imposer ses centres d’intérêt. A titre d’exemple, faites-lui visiter un musée à l’occasion de vacances à l’étranger, il ne va pas forcément parcourir avec son groupe l’ensemble des salles au pas de charge avec une avidité aussi douloureuse que préoccupée. Si ça se trouve, il va s’arrêter au bout du deuxième tableau, et entrer dans une discussion interminable avec le gardien ou la gardienne qui se trouve là.

Quand les autres, fourbus, de retour de leur étrange marathon, vont le retrouver, ils l’admonesteront sans doute avec condescendance, sur l’air de « Mais où étais-tu ? On t’a cherché partout ! Ah là là, celui-là alors, il est impayable. Heureusement qu’on l’aime bien, tiens ! »

Bien entendu, le glandeur se fiche aussi de ça, et les laisse croire qu’ils ont appris beaucoup plus de choses que lui…

Bien à vous,

Bernard

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couv vignette parution le 2 juillet

Quand ça se passe tout près de chez moi et que c’est bourré de talent…

Ventrebleu de Cornegibouille… Quel talent !

J’espère ne pas vous lasser, mais que voulez-vous, en ce moment il pleut énormément de talent près de chez moi, je n’y suis pour rien, j’vous assure…

Bien au-delà des divers « pas mal » et autres tièderies que j’ai vu passer en commentaires, je trouve ce travail tout simplement fantastique. Eh oui, j’assume, c’est ainsi.

Entièrement tourné par une équipe d’élèves de première (c’est le cas de le dire) d’une classe « option cinéma » au lycée Cézanne, à Aix-en-Provence. Ce sont tous des potes à mon petit dernier (j’espère ne pas l’embarrasser en écrivant ceci… d’un autre côté je ne vois pas pourquoi je le dirais pas, non mais !…).

Un court métrage tout simplement hallucinant de professionnalisme (quand on pense à la modestie des moyens employés, ça laisse rêveur…).

Allez-y, je vous en conjure !

…Vous n’en reviendrez pas.

Ah oui : aux dernières nouvelles, le prof  leur a mis 20…

Bravo aussi à lui, donc. A quand une nouvelle mention
« …Peut PAS mieux faire ! » dans les bulletins scolaires ?

…Il me semble que ça ferait du bien à pas mal de gens… élèves, mais aussi enseignants, hahaha !

Allez, j’rigole !  (ex-enseignant moi-même…)

 

Bien à vous,

Bernard

Le mythe des tests standardisés

Le concombre masqué s'interroge...

 

Pourquoi ces tests ne vous disent pas ce que vous croyez…

Les experts, les politiciens, les chefs d’entreprise ainsi que de nombreux leaders d’opinion vantent continuellement les mérites de ces tests standardisés et autres QCM…

Il en résulte que dans les faits, les mérites de ces tests sont en définitive rarement contestés, tant ils sont en phase avec la croyance populaire, et également avec certaines théories sur la psychologie de la motivation humaine. Mais la plus grande partie de ce que ces leaders d’opinion disent, et également ce que le public croit – à propos des tests standardisés – est tout simplement infondée.

Dans le grand public, ou encore parmi les personnes concernées par les tests (voire leurs parents, selon les cas), rares sont ceux qui disposent de suffisamment de temps ou de connaissances pour arriver à suivre les récentes conclusions des spécialistes, experts en tests, psychomotriciens, et autres chercheurs.

C’est là que le livre  » The Myths of Standardized Tests«  entre en jeu. Dans un langage simple et accessible, Phillip Harris,  Bruce M. Smith et Joan Harris exposent les hypothèses sous-jacentes des tests standardisés, en faisant la part des choses entre ce ces tests peuvent réellement mesurer et ce qui relève tout simplement du mythe. Non seulement ils démystifient de nombreuses hypothèses communément admises, mais ils proposent de surcroît de meilleures alternatives nous permettant de juger du succès de tel ou tel enseignement dont on prétend mesurer l’efficacité ou les acquis à l’aide de ces fameux tests.

Les auteurs nous proposent également quelques suggestions en vue de nous permettre d’alléger quelque peu le fardeau que ces tests font peser sur nous, ou sur nos enfants.

Voici à titre indicatif quelques exemples de qualités et aptitudes très difficilement mesurables à l’aide de ces tests :

 

▪          la créativité

▪         la pensée critique

▪         la résilience

▪         la motivation

▪         la persévérance

▪         la curiosité

▪         l’art de poser des questions

▪         l’humour

▪         l’endurance

▪         la fiabilité

▪         l’enthousiasme

▪         le civisme

▪         la conscience de soi

▪         l’auto-discipline

▪         l’empathie

▪         le leadership

▪         la compassion

▪         le courage

▪         le sens de la beauté

▪         le sens de l’émerveillement

▪        la débrouillardise

▪         l’honnêteté

▪         l’intégrité

▪         la spontanéité

▪         l’humilité.

Source : http://themythsofstandardizedtests.com/index.php

Le syndrome de la grenouille

grenouille rigolote

Prenez une grenouille vivante. Jetez-la dans une casserole d’eau bouillante. Elle réagira tout de suite, se débattra et en ressortira immédiatement.

Prenez la même grenouille vivante, et jetez-la dans une casserole pleine d’eau tiède. Faites chauffer tout doucement. Que croyez-vous qu’il adviendra ? Elle va cuire à petit feu et quand elle comprendra son sort, elle sera incapable de réagir, de sauter par-dessus la casserole.

Notre économie vit actuellement le « syndrome de la grenouille », ou, tout au moins, certains chefs d’entreprise, certains salariés sont en train de se faire piéger en ne réagissant pas, en n’anticipant pas. A cela, il existe deux solutions, une collective et une autre individuelle :

La solution collective suppose qu’un pompier vienne éteindre le feu. Cela passe par une vraie prise de conscience, une véritable gestion des ressources humaines et des carrières, une relance de l’économie, de grands travaux d’État, des taux d’intérêts moins élevés, une inflation salutaire, la confiance retrouvée…

Le problème, c’est que nous ne sommes pas des économistes ; les économistes demain, après la « crise » expliqueront quelles en étaient les causes. Aujourd’hui les entend-on ? Hier, les a-t-on entendus ?

La solution individuelle quant à elle suppose que l’on sorte immédiatement de la casserole, alors qu’il est encore temps ; c’est à dire une diversification vers des créneaux plus porteurs. Mais cela nécessite d’anticiper et d’être suffisamment flexible et en bonne condition pour pouvoir réagir. Cela n’a rien d’évident…

Puissions-nous donc, pour chacun d’entre nous, en cas de « réchauffement anormal », parvenir à nous prendre en charge le cas échéant sans attendre passivement le bout du tunnel !

 

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(D’après un conte philosophique attribué à Olivier Clerc, écrivain et philosophe)

Un rôle bien particulier…

Attends-moi, cher dauphin, j'arrive !

J’avais le trac, tout simplement. Comme toutes les formes de nervosité exacerbée, il naît d’une appréhension irrationnelle commune à tous les êtres humains, en particulier les adultes : celle d’être « démasqué », de trahir par quelques mots mal choisis l’intrinsèque supercherie de sa position d’autorité, de révéler au monde entier que l’on ne croit pas soi-même une minute à ce que l’on prétend être.

J’ai fermé les yeux une seconde en me disant que je devais continuer à tenir mon rôle sur scène, coûte que coûte, puis je me suis retournée pour faire face à ma classe.

— Bien, commençons.

Douglas Kennedy, « Quitter le monde », 2009, Belfond, p. 209

 

Un salon et un livre…

Salon Solutions RH 2014

Bonjour à tou(te)s.

Dans quelques jours, je serai au salon Solutions RH et e-Learning Expo (Paris, Porte de Versailles) du mardi 18 au jeudi 20 mars.

J’ai bien l’intention de faire le tour des exposants qui interviennent en formation et e-learning, afin de nouer ou d’entretenir un maximum de contacts. J’assisterai également à quelques conférences et ateliers, et j’aurai probablement l’occasion de me prêter à quelques animations surprises en collaboration avec quelques exposants de ma connaissance, qui seront également mes complices pour cette occasion.

Ce sera aussi l’occasion pour moi de présenter en avant-première le livre de conseils aux formateurs que je prépare depuis plus d’un an, et qui devrait paraître cet été aux éditions DUNOD (l’éditeur fait d’ailleurs partie des exposants !).

Livre de conseils aux formateurs

Maquette provisoire – Document non contractuel

Si de votre côté vous comptez vous y rendre, cela peut être intéressant de nous y croiser… En tout cas, de mon côté j’en serais très heureux. Pour un échange de vues, de vive voix, en chair et en os, autour d’un café.

Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à m’en faire part. Nous trouverons bien le moyen de nous y retrouver. Il vous suffit de réagir à cet article par un commentaire, et de me préciser comment je peux vous joindre.

Bien à vous,

Bernard

Laissez tomber vos tours de table, préférez-leur la balle magique !

Arrêtez tout !Pour recueillir les attentes des participants dans diverses circonstances, par exemple au début d’une réunion ou encore d’une session de formation, un usage aussi vieux que les conseils d’administration veut qu’on ait recours à ce qu’on appelle le tour de table. Vous qui lisez ces lignes, il est fort probable que vous ayez une expérience de cet exercice de style plutôt convenu, conçu pour permettre à des personnes présentes dans une assemblée de se présenter, et/ou de donner leur avis sur un point quelconque. Voilà comment cela se passe le plus souvent :

L’animateur de la séance suggère que chaque personne présente s’exprime tour à tour, en suivant tout simplement l’ordre d’installation dans la salle ou autour de la table. On commence par régler la question du « On commence par où, la gauche ou la droite ? », et c’est parti comme en 14, chacun y va de son petit couplet. Quand il ou elle a terminé, la personne suivante enchaîne, et ainsi de suite jusqu’à la fin. C’est simple, carré, pratique… sauf que le plus souvent, cela ne sert pratiquement à rien. Pourquoi ? En voici une illustration, qui bien sûr n’engage que moi.

Pour ce qui me concerne en effet, à chaque fois que je suis « pris » dans un de ces fameux tours de table, je ne manque jamais d’admirer l’aisance verbale, et même corporelle, de nombre d’intervenants successifs, qui rivalisent de finesse, d’esprit, de sens de la rhétorique, d’esprit de synthèse, et parfois même d’humour ! Les trouvant tous plus beaux, intéressants, charismatiques et captivants les uns que les autres, j’ai donc tout naturellement à cœur d’être au moins aussi beau, intéressant, charismatique et captivant que les autres lorsque mon tour viendra, quoi de plus naturel en effet ?

Or, panique à bord, je ne suis pas du tout certain d’être à la hauteur, le moment venu. Heureusement, le moment en question n’est pas toujours pour tout de suite, selon le hasard des placements dans la salle. Du coup, constatant que – par chance – je dispose d’un peu de temps, j’en profite pour « préparer mes phrases », à l’image du playboy de boîte de nuit d’une vieille chanson de Cabrel[1]. Et voyez comme c’est bête, le fait même de préparer mes phrases me rend complètement incapable d’écouter en même temps ce que les autres sont en train de dire ! Si bien que, le plus souvent, si on me demandait de résumer ce qu’a dit chacun des autres participants, j’en serais tout bonnement incapable ! Avouez que c’est dommage…

Quelque-chose me dit même confusément que je ne dois pas être le seul dans ce cas-là. Du coup, je me garde bien de lancer moi-même quelque tour de table que ce soit. Lors de mes interventions en formation, par exemple, je le remplace toujours par…

…Une séquence de balle magique !

balle magique

Qu’est-ce que donc que cela ? C’est tout simple, et cela nous vient tout droit de la tradition du bâton de parole en usage dans de nombreuses tribus africaines. Il s’agit de prendre un objet symbolique (une petite balle en mousse c’est idéal, à défaut on peut froisser une feuille de papier en boule) qu’on appellera « balle magique ». Après avoir présenté la balle, je préviens l’auditoire que je vais bientôt lancer cette balle magique dans la salle, à destination d’un participant que je choisirai au hasard (j’avoue franchement que si une personne regarde le plafond, sa montre, ou encore consulte sa messagerie à ce moment précis, je me fais un malin plaisir d’influer un peu ledit hasard).

bâton de paroleLa personne qui se retrouve en possession de la balle magique prend alors la parole… et la garde le temps nécessaire. Nul ne peut l’interrompre (…à part l’animateur, exclusivement en cas de « dépassement du temps raisonnable » qui risquerait de pénaliser le reste du groupe. En pareil cas, il convient de se montrer déterminé, tout en y mettant les formes).

Lorsque la personne a fini de parler, elle jette la balle (de manière toute aussi « aléatoire » que moi il y a quelques instants) à la personne de son choix, qui récupère la parole en même temps que la balle… ainsi de suite, jusqu’à la fin. Vous verrez qu’en fin de parcours, la dernière personne à s’être exprimée a souvent le réflexe de « renvoyer la balle » à l’animateur[2], ce qui lui permet comme par hasard de « rebondir » sur ce qui vient d’être dit, selon l’expression consacrée… qui jamais ne s’est aussi bien appliquée (une balle magique a donc des rebondissements… magiques !).

Bien entendu, les participants à ce « tour de table d’un genre nouveau », sachant que leur tour va peut-être venir juste après (particulièrement pour les derniers d’entre eux !), ne veulent pas paraître « tomber des nuages » au moment où la balle leur tombera dessus… Du coup, par la force des choses, le plus souvent ce dispositif rend tout le monde beaucoup plus… attentif !

Que demande le peuple ?…

Bien à vous,

Bernard

***

Cet article sera repris dans ouvrage de conseils aux formateurs, à paraître au cours de l’été 2014 aux éditions DUNOD.

 


[1] « Samedi soir sur la terre ».

[2] …Dans le cas contraire, pensez tout de même à la récupérer !

Le jeu « Cinq questions pour des champions » [ressource pédagogique]

5 questions pur des champoions - vue de la célèbre émission TV

La plus grande difficulté dans ce monde, ce n’est pas notre capacité à produire, mais notre réticence à partager.  [ Roy Lemon Smith]

Cet article a précédemment été publié en 2009, sous une forme légèrement différente, chez Joueb, puis chez WordPress.

Voici un fantastique jeu pédagogique auquel je me suis souvent livré auprès d’un public d’adultes en situation de formation. Il a été inventé par l’américain d’origine indienne Sivasailam Thiagarajan  (dont il a été plusieurs fois question sous ces lignes), alias Thiagi, génial découvreur du concept des « jeux cadres ». Les français appellent le plus souvent ce jeu « Question à foison ». En voici le principe.

« Le sujet que nous abordons aujourd’hui est ardu… J’ai peur que mes participants décrochent…»

Imaginez plutôt : Vous savez que vous devez effectuer une intervention de type  « cours magistral » sur un sujet plutôt ardu, abstrait, complexe… et comme vous n’êtes pas du genre enseignant autiste (ne riez pas, j’en ai rencontré !), vous savez pertinemment que vos apprenants risquent fort de « décrocher » au bout d’une à deux heures, et encore je suis optimiste (interrogez n’importe quel médecin sur les véritables facultés d’attention d’un adulte dans le temps, vous risquez d’être déçu). Vous supposez même que, la digestion aidant, votre sempiternelle demande : «…Avez-vous des questions? » fera un bide retentissant.
Si vous êtes persuadé que c’est ainsi… qu’on n’y peut rien… qu’après tout ce n’est pas votre problème mais le leur, ou pire, que c’est bien meilleur d’apprendre dans la souffrance sous le simple prétexte que vous-même avez toujours fonctionné ainsi… je me permets de vous conseiller d’arrêter de lire ces lignes, la suite risquant fort de vous déplaire, vous voilà prévenu.

On peut amener sa sonnerie… c’est même conseillé

Arrangez-vous pour emporter avec vous le jour de l’intervention un objet qui fera entendre une sonnerie, grosso modo à l’heure que vous aurez jugée « fatidique » (si vous êtes « high tech », utilisez les fonctionnalités de votre téléphone portable, si vous êtes de type plus rétro, un minuteur pour cocotte minute fera très bien l’affaire). Comptez deux heures environ après le démarrage de votre cours.
Prévenez l’assistance qu’une interruption inopinée surviendra à « telle heure environ  »… que le cours magistral s’interrompra donc, et qu’il sera procédé à une activité agréable et amusante destinée à favoriser en douceur la mémorisation de tout ce qui aura été abordé jusque-là.
Lorsque survient la sonnerie, vous êtes en général le premier surpris, c’est normal (ceux qui se sentent une âme de fantaisiste pourront avec profit détendre l’atmosphère en se lançant dans une tirade du type « Ah mais non, je vous demande un peu, quel est l’outrecuidant qui ose interrompre mon auguste propos ? … Euh oui, effectivement, pardon, ce n’est que moi-même ! »).

Et c’est parti! Formez deux équipes

Demandez à l’assistance de bien vouloir se diviser en deux groupes de tailles à peu près égales. Ces groupes formeront deux équipes, que nous appellerons respectivement l’équipe A et l’équipe B.
Demandez à chaque équipe de s’entendre pour préparer cinq questions portant sur le contenu qui vient d’être abordé depuis… (ici, vous avez le choix : depuis aujourd’hui, depuis ce matin, depuis le début de la session… à vous de voir !). Les apprenants ont – bien entendu – parfaitement le droit de consulter leurs propres notes de cours (c’est même absolument fait exprès !). Précisez juste que ces questions seront bien entendu posées à l’équipe adverse.
Aussi étrange que cela puisse paraître, vous verrez très vite l’ensemble des apprenants relire toutes leurs notes en tous sens, en avec une avidité et une jubilation surprenantes. J’ai bien dit « l’ensemble ». Certes, au début seuls les plus malicieux, les plus extravertis d’entre eux commenceront par se prendre au jeu, mais je vous fiche mon billet qu’au bout d’un moment règnera une joyeuse ambiance de saine émulation et que tout le monde s’y sera mis ! Ce sera à qui trouvera la question la plus tordue, le détail le plus pinailleur…

On a le droit de poser toutes sortes de questions, même les plus farfelues

Précisez bien qu’on a droit à toutes sortes de questions, même celles qui « détourneraient » le jeu (…ne pas hésiter à leur dire qu’on a parfaitement le droit de demander par exemple « Euh, c’est quand la pause ? »… en fait, pour ce qui me concerne, cela ne m’est jamais arrivé… peut-être justement parce que tout simplement les gens se sentaient vraiment libres de le faire !
Tiens, un conseil pratique : mettez donc à profit ces quelques minutes pour quitter la salle, vous détendre un moment, aller prendre un café, et constater au passage que votre présence dans la salle de cours n’a absolument rien d’indispensable pour une bonne acquisition des connaissances (…votre narcissisme dût-il en souffrir :- )  ).
Lorsque chaque groupe a réuni ses 5 questions (…et que vous êtes revenu 🙂 ), vous vous transformez illico en Maître Jaques, sorte d’animateur de jeu télévisé qui se contentera de compter les points.

Important : le (très sérieux) décompte des points

Pour ce faire, tracez donc au tableau deux colonnes intitulées A et B, chacune divisée en 5 lignes. Le jeu entre alors dans sa phase la plus vivante : l’équipe A pose sa première question, l’équipe B s’efforce d’y répondre (bien entendu, tout le monde est toujours autorisé à continuer de consulter ses notes, y compris pour y chercher des éléments de réponse, c’est toujours aussi « fait exprès » que tout à l’heure !).
Si l’équipe B répond de façon satisfaisante aux yeux de l’équipe A, elle marque un point, sinon zéro. Remarque importante : en aucun cas vous ne devez jouer le rôle d’un arbitre à ce stade-là, rappelez-vous que vous n’êtes qu’un « animateur qui se contente de compter les points » ! Seule l’équipe qui a posé la question est habilitée à juger de la recevabilité de la réponse obtenue. En cas de besoin, indiquez clairement que vous vous tiendrez à la disposition du groupe une fois que l’activité présente sera terminée, mais que pour quelques minutes, vous renoncez volontairement à votre casquette de « celui qui détient le savoir » et que vos apprenants ne doivent rien voir d’autre en vous qu’un simple meneur de jeu.
Ensuite on enchaîne de manière toute bête…à son tour, l’équipe B pose sa « première question » à l’équipe A… puis l’équipe A pose sa 2e question à l’équipe B… l’équipe B pose sa 2e question à l’équipe A… et ainsi de suite, jusqu’à ce que les 10 questions (…2 fois 5) aient été posées, comme sur le tableau ci-dessous.

Ce qu'on écrit au tableau...

Ce qu’on écrit au tableau…

A la fin, il suffit de faire le total des points de chaque colonne pour savoir quelle est l’équipe gagnante. On peut aller jusqu’à s’amuser à proclamer le résultat de manière plus ou moins solennelle, ou encore humoristique (« Le gagnant est… The winner is… »).

Au fait, qu’est-ce qu’on gagne ?…

Bien entendu il n’y a absolument rien à gagner, mais vous verrez, cela n’empêche nullement les participants d’entrer dans le jeu et de vivre un moment plaisant.
Important : Comme je le précisais plus haut, à ce stade vous pouvez enfin traiter, le cas échéant, les précisions sur les éléments de cours éventuellement restés en suspens lors du déroulement du jeu.

Attention : ne les laissez pas repartir « comme ça »…

Pour clore cette activité, il est indispensable de procéder à un débriefing digne de ce nom. Je m’explique : Il ne faudrait pas que les apprenants repartent dans la nature en proclamant à qui veut l’entendre (voire à eux-mêmes)… « Ah, cette formation, on s’en souviendra, qu’est-ce qu’on a bien rigolé ! »… Si cela s’arrête là c’est pour le moins un peu court, et au pire dangereux. Ne manquez donc pas d’inviter vos apprenants à se poser franchement la question : « Est-ce que cela a été pour nous l’occasion de revoir – ou de clarifier – des choses qui seraient restées dans l’oubli sans cela ? ». Non seulement ils vous répondront que oui, mais ce « oui » aura tout de enthousiaste, et rien du convenu. Vous pouvez même enfoncer le clou en ajoutant « Imaginez que pendant tout le temps que nous avons consacré au jeu je vous aie demandé de parcourir vos notes pour vérifier que tout est bien clair pour vous, pensez-vous que nous aurions été aussi efficaces ?… moins efficaces ?… plus efficaces ?… ».
Là encore, vous le verrez, il n’y a vraiment pas photo… Mais il est important que vos apprenants en prennent pleinement conscience.

Maintenant, si vous le voulez bien, voici deux des principaux enseignements que, pour ma part, j’ai tirés de cette histoire, et que j’aimerais beaucoup vous faire partager… certainement pas en tant que « donneur de leçons » (…beurk !), mais tout simplement en guise de témoignage à propos de ma façon de fonctionner, qui vaut ce qu’elle vaut… rien de plus, mais rien de moins 🙂
Voici donc deux remarques, pour finir :

Et si on oubliait la théorie, juste pour un temps ?

Ma première remarque sera de vous dire que je n’ai aucune, mais alors aucune envie de tirer des conclusions théoriques à partir de cette histoire. A mes yeux, les meilleurs enseignements que vous en tirerez vous-mêmes se feront… en la vivant, tout simplement. Si vous avez le courage d’aller vers vos apprenants en laissant tomber tous les boucliers certes bien rassurants mais ô combien encombrants (« ah… oui, ici c’est à n’en point douter du socioconstructivisme… et là c’est clairement à la métacognition qu’il est fait référence ! »), vous serez récompensés de votre bienveillance et de votre simplicité. Si d’aventure les oripeaux d’un « Professeur Diafoirus » vous sécurisent, prenez le risque de vous en défaire, ne serait-ce que pour un temps…  N’en doutez pas, les apprenants (…tout comme vous !) savent toujours, au fond d’eux-mêmes, à qui ils ont réellement affaire, d’une certaine façon. Il ne tient qu’à vous de décider si vous avez envie de vivre cela comme un enfer ou comme un paradis…

« Qui suis-je, moi, pour faire ainsi le pitre ? »

La deuxième remarque que je voudrais vous adresser est peut-être plus délicate, plus impliquante : En effet, il est possible que certains d’entre vous se demandent « Qui suis-je, moi, pour faire ainsi le pitre ? En ai-je vraiment envie ? », ou pire : « …En ai-je vraiment les moyens ? ». C’est là qu’intervient une notion centrale, à mes yeux : celle de croyance portante (…ou limitante) pour soi-même et pour les autres (après avoir traité des croyances limitantes à plusieurs reprises dans ce blog, je traiterai des croyances portantes dans un prochain article…). Pour ma part je me situe clairement dans un courant de pensée qui croit fondamentalement en l’homme, et en ses talents. Tout le monde a du talent, d’une manière ou d’une autre. Il suffit à chacun d’entre nous d’aller chercher en lui-même ce qu’il aime, sait, et veut faire pour s’apercevoir de l’immensité de ses possibilités, lesquelles sont généralement bien supérieures à l’idée qu’on s’en fait. Si vous êtes certain (j’ai bien dit certain) de ne pas y croire pour vous-même, alors renoncez définitivement à « faire passer » quoi que ce soit vers les autres, vous ne feriez que leur communiquer vos propres peurs, et grossir les rangs de ceux, trop nombreux, qui commettent d’irréparables dégâts en s’ingénient à rendre ennuyeuses les choses les plus passionnantes.

Conclusion : une fois de plus, il suffit d’oser…

Osez donc utiliser vos propres talents pendant vos heures de cours, que diable ! Cela peut très bien passer par l’humour, bien sûr, mais aussi par mille autres choses. Il suffit de s’en persuader soi-même pour que cela commence à marcher. Parole ! Seuls ceux qui ont fait preuve d’imagination et de créativité ont réellement fait avancer les choses en la matière… Nous le savons tous très bien au fond de nous-mêmes… Et pour ma part, une de mes croyances les plus ancrées est précisément que l’imagination est une chose qui est à la portée de tout le monde (1).
Il ne nous reste plus dans ces conditions qu’ oser nous jeter à l’eau… pour y découvrir un monde agréable et passionnant (je vous le garantis).

***


(Cet article sera repris dans ouvrage de conseils aux formateurs, à paraître au cours d l’été 2014 aux éditions DUNOD).


(1) …Imagine-t-on, en effet, un enfant invité à se joindre à ses camarades de jeu leur répondre quelque-chose du style « Euh, non, désolé, je manque cruellement d’imagination »… ???
…Alors, si tous les enfants peuvent le faire, tout ce qu’il vous reste à faire est de répondre à la question « L’enfant que j’ai été est-il encore présent en moi ? »… puis de le laisser vous donner la réponse 🙂

Rapports parents-enseignants-élèves : Lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils

Les rapports entre parents, enseignants et élèves sont une chose qui ne va pas de soi. De plus en plus souvent, ils finissent par prendre la forme ce qu’on appelle un triangle dramatique. Force est de constater que de nos jours l’enseignement est de moins en moins sacralisé, et à plus forte raison les enseignants…

Sans nous en rendre compte, presque sans transition, nous nous sommes brutalement retrouvés plongés dans une époque singulière à bien des égards. Il n’est pas si loin de nous, ce temps où les parents d’élèves avaient pour habitude de « doubler le tarif » de la moindre sanction infligée à leur progéniture sans même prendre la peine de savoir de quoi il retournait, par un réflexe de solidarité sans faille envers l’instituteur, qui se retrouvait de ce fait investi de tous les pouvoirs.

Aujourd’hui, il semble que nous ayons basculé sur une toute autre planète. Ainsi que l’écrivait Jean-Paul Delevoye, le médiateur de la république dans son dernier rapport, «[…] nous sommes entrés dans de nouveaux rapports aux autresOn veut tout, tout de suite. On a du mal à se soumettre aux règles du collectif. Alors, des tensions binaires apparaissent partout :  magistrats-justiciables ; soignants-soignés… professeurs-élèves ».

Interrogé à plusieurs reprises sur ce dernier point,Jean-Paul Delevoye a déclaré en substance qu’ en tant que parents, notre vision de l’enseignement et le regard que nous portons sur les enseignants a tellement changé qu’aujourd’hui nous n’attendons plus nécessairement d’un enseignant qu’il soit pédagogue, mais plutôt qu’il « mette 20 sur 20 à notre enfant, afin que celui-ci soit mieux armé à affronter la dure vie qui l’attend »… Tout est dit.

Ainsi, ce pauvre enseignant est de plus en plus souvent considéré comme un simple prestataire de services, censé tenir le plus grand compte de la moindre de nos injonctions qu’il devrait appliquer sur le champ sans discussion possible. Ce n’est pas difficile de l’imaginer : certains d’entre eux reçoivent ainsi des courriers de parents contenant les requêtes les plus surréalistes qui soient.

Autres temps, autres mœurs… Maintenant, si vous le voulez bien, je vous propose un voyage dans le passé, un saut de plusieurs générations allant… jusqu’au XIXe siècle. Vous trouverez sous ces lignes la transcription d’une lettre qui aujourd’hui peut sembler étrange à bien des égards. Elle aurait été expédiée par Abraham Lincoln (1809-1965), 16e président des États Unis, à l’attention du professeur de son fils. Je vous laisse découvrir ça :

left_guillemet._transIl aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, ne sont pas tous sincères.

Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros; que pour chaque politicien égoïste, il y a un dirigeant dévoué…

Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami.

Éloignez-le de l’envie, si vous pouvez, enseignez-lui le secret d’un rire apaisé.

Qu’il apprenne de bonne heure que les despotes sont les plus faciles à flatter…

Enseignez-lui, si vous pouvez, les merveilles des livres…

Mais laissez-lui un peu de temps libre pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel, des abeilles au soleil, et des fleurs au flanc d’un coteau vert.

À l’école, enseignez-lui qu’il est bien plus honorable d’échouer que de tricher…

Apprenez-lui à avoir foi en ses propres idées, même si tout le monde lui dit qu’elles sont erronées…

Apprenez lui à être doux avec les doux, et dur avec les durs.

Essayez de donner à mon fils la force de ne pas suivre la foule quand tout le monde se laisse entraîner…

Apprenez-lui à écouter tous les hommes mais apprenez-lui aussi à filtrer tout ce qu’il entend à travers l’écran de la vérité, et à en recueillir seulement les bonnes choses qui passent à travers.

Apprenez-lui si vous pouvez, à rire quand il est triste…

Apprenez-lui qu’il n’est aucune honte à pleurer.

Apprenez-lui à se moquer des cyniques et à prendre garde devant une douceur excessive…

Apprenez-lui à vendre ses muscles et son cerveau au plus haut prix, mais à ne jamais fixer un prix à son cœur et à son âme.

Apprenez-lui à fermer les oreilles devant la foule qui hurle et à se tenir ferme et combattre s’il pense avoir raison.

Traitez-le doucement, mais ne le dorlotez pas, parce que seule l’épreuve du feu forme un acier fin.

Qu’il ait le courage d’être impatient et la patience d’être courageux.

Apprenez-lui toujours à avoir une immense confiance en lui-même, parce que dès lors, il aura une immense confiance envers l’Humanité.

C’est une grande exigence, mais voyez ce que vous pouvez faire…

Il est un si bon garçon, mon fils !right_guillemet_trans

2013 – Apprendre Mieux, bilan d’activité…

Une équipe de petits lutins statisticiens a préparé le rapport annuel 2013 de ce blog :

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2700 personnes. Ce blog a été vu 21000 fois en 2013. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 8 spectacles pour accueillir tout le monde…

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Le formateur en contexte B to B : un véritable homme (…ou femme) orchestre !

Homme orchestre

Vous vous souvenez peut-être que depuis quelques semaines je suis en train d’user mes fonds d’e-culottes sur les e-bancs du mooc eLearn²… On nous y encourage notamment à analyser nos propres pratiques pédagogiques à la lumière des enseignements qui nous sont apportés, et pour ma part je bénis cette nouvelle occasion d’apprendre (oui, je sais, de ce côté-là je suis indécrottable).

Bien entendu, j’ai particulièrement à cœur de « jouer le jeu » autant que faire se peut, tant le sujet me passionne. Mais force m’est de constater qu’il y a pour ce qui me concerne une difficulté de taille : dans ma pratique professionnelle je n’ai en effet pas affaire à des « étudiants », mais à des adultes en formation continue, et qui plus est dans un contexte « B to B », ce qui change pas mal la donne.

Vous avez bien dit « Comment vais-je vérifier… » ?

Dans le Slideshare qui accompagne une discussion filmée (avec Christophe Batier) dans le cadre de ce mooc, Marcel Lebrun prend bien la précaution de différencier les trois univers que sont l’enseignement, l’apprentissage et la formation.

Or, dans de nombreux contextes de formation, il est assez ardu de poser les choses dans des termes tels que décrits ci-dessous (j’ai juste rajouté le point d’interrogation) :

L'enseignement aligné est-il adapté à la formation des adultes ?

En effet, un formateur n’est pas toujours en situation de vérifier lui-même ce que ses apprenants sont capables de faire à l’issue du dispositif. Cet aspect-là reste souvent de leur entière responsabilité, même si cette responsabilité-là n’est pas toujours très clairement établie, et qu’elle s’en trouve parfois « diluée » dans les arcanes de l’organisation  à laquelle appartient l’apprenant (parfois, c’est même carrément les oubliettes !). Ainsi il m’est arrivé plusieurs fois de retrouver une même personne assistant au même cours à quelques mois d’intervalle. A mes débuts je trouvais cela très inquiétant… pour moi ! Mais l’expérience m’a appris qu’il s’agit la plupart du temps de personnes « qu’on avait envoyées suivre cette formation »… mais « …qui n’ont pas eu l’opportunité de la mettre en pratique », et ceci pour des raisons diverses et variées. Dans certains cas c’est leur hiérarchie qui leur a donné trop d’autres tâches à abattre pour permettre à la formation de porter ses fruits, dans d’autres c’est l’apprenant a usé de son propre « pouvoir d’inertie » pour éviter soigneusement de changer ses propres pratiques… la liste est immense. De quoi parle notre actualité en ce moment ? De réforme de la formation professionnelle ?…. Ben tiens, tu m’étonnes…

Ainsi, lorsque dans une session de formation je lance une activité de type travaux pratiques, ou études de cas, je laisse chacun de mes apprenants entièrement libre de communiquer ou non au groupe le fruit de ses grattages de tête. Dans le cas contraire ce serait là une manière de les infantiliser, et même une maladresse, du moins à mes yeux.

Curieusement, cette pédagogie si particulière est « forcément » centrée sur l’apprenant…

Quand on pense à une « pédagogie centrée sur l’apprenant », c’est ainsi qu’ mes yeux les choses se passent déjà le plus souvent, je dirais « par la force des choses », dans le contexte la formation continue sur le secteur marchand, B to B, dans les cas (somme toute assez fréquents) où il n’existe pas ce qu’il faut bien appeler des moyens de « coercition du haut vers le bas », de type examen, certification, homologation, etc.

Mis en examen

Car on dira ce qu’on voudra, mais même en y mettant toute la bienveillance du monde, un examen sera peu ou prou forcément vécu par ceux qui le passent comme un moyen de coercition, qu’on le veuille ou non. Dans tout ce bel élan de partage et d’apprentissage collectif, il y en a bien un (l’enseignant) qui se retrouve du côté du manche (…pour les apprenants plus jeunes, cela alimente notamment les situations de friction avec les parents d’élèves, par exemple). Qui dit examen dit qu’il y en a un qui « examine » et un autre qui « se fait examiner », c’est ainsi.

Or, nous sommes de très nombreux formateurs à œuvrer dans les étranges soutes d’un tout autre navire, que ce soit en tant que salariés, ou travailleurs indépendants (aaah, ce merveilleux statut d’autoentrepreneur…). A tort ou à raison, je me dis qu’il en existe forcément un certain nombre dans le mooc eLearn²

Dans notre contexte de travail, nous avons rarement d’autre choix que de « tout centrer sur l’apprenant« , justement, sous peine de graves déconvenues, souvent immédiates et sans appel. Dès 1973,  Bertrand Schwartz déclarait d’ailleurs ceci à propos des adultes: (dans son célèbre « théorème ») :

Un adulte ne se formera que s’il trouve dans la formation une réponse à SES problèmes, dans SA situation.

Je puis témoigner sans réserve qu’à la moindre occasion, les adultes me le rappellent sans détour, ce qui peut être une excellente chose, on ne peut plus « formatrice » pour les formateurs 🙂 … Ainsi, la formation continue en entreprise se distingue de la formation initiale (y compris universitaire) sur plusieurs points :

Bien souvent, pour ce qui concerne les systèmes de formation dits « en salle » (mais pas uniquement), la mission telle qu’elle est assignée au formateur consiste à maintenir un public en haleine, à le faire participer, et à faire en sorte qu’à la fin de la session, ce public se déclare globalement satisfait, avec si possible l’impression d’avoir appris quelque chose.

Beaucoup de monde sur le pont

N’allez pas imaginer que pour mener à bien cette périlleuse mission, le formateur soit nécessairement en possession de tous les éléments d’information nécessaires en amont… et ceci pour une raison très simple : entre lui et ses participants, il y a parfois un grand nombre d’intermédiaires, comme le montre l’illustration qui suit :

 Les deux extrémités d’un « U » qui se réunissent…

_

Dans cet exemple, participant et formateur sont réunis dans une unité de temps et de lieu à l’occasion d’une session de formation. Mais pour que cette session existe, il a fallu que plusieurs personnes entrent en jeu.

Prenons un exemple :

  • Le participant est employé dans une entreprise de taille moyenne. Constatant qu’il ressent un manque pour mener à bien sa mission… par exemple pour s’adapter à l’évolution de son poste de travail (mais il peut en exister beaucoup d’autres), il en réfère à son supérieur direct, que nous appellerons « Intermédiaire 1 » ;
  • L’intermédiaire 1 prend bonne note de la demande de son subordonné, et, n’ayant aucune raison de s’y opposer, va en référer à une personne de son organisation en charge des ressources humaines (Intermédiaire 2) ;
  • L’intermédiaire 2 instruit un dossier qu’il transmet à une personne de son service plus particulièrement chargée des questions de formation (Intermédiaire 3) ;
  • L’intermédiaire 3, après s’être assuré que la demande est recevable et conforme à la politique de formation de son organisation, valide la demande, se met en demeure de trouver parmi le personnel d’autres participants apparemment concernés par la même problématique, puis en réfère à une autre personne qui jouera le rôle de commanditaire (Intermédiaire 4) ;
  • L’intermédiaire 4 (ici le commanditaire) va se mettre en quête d’un organisme de formation susceptible de fournir la prestation souhaitée, puis d’identifier une personne qui sera son interlocuteur dans cette affaire (Intermédiaire 5) ;
  • L’intermédiaire 5 traite la demande…
  • Quelques intermédiaires plus loin, nous retrouvons une personne, que nous appellerons « Intermédiaire N », et dont la mission consistera à missionner le formateur tout en lui donnant les éléments dont il dispose afin que celui-ci puisse préparer sa session ;

Le formateur est enfin saisi du dossier, il peut commencer à se mettre au travail.

Vous pouvez faire varier le nombre de ces intermédiaires à l’infini, rajouter ou supprimer des couches à tous les étages selon les cas de figure, mais une chose est certaine : entre vous et vos participants, il y aura toujours eu en amont « du monde sur le pont »… et il y aura encore en aval. C’est mathématique.

Dans certains cas (mais pas toujours), le formateur peut tenter de remonter la chaîne avant le début de la session en prenant contact avec certains des intermédiaires (voire le participant lui-même) pour recueillir des informations qu’il juge nécessaires. Mais quand bien-même c’est techniquement possible, et qu’on l’y autorise (ce qui est loin d’être toujours le cas), il est aisé de constater que plus vous augmentez le nombre de participants (lesquels n’ont pas forcément des profils semblables, et n’appartiennent pas nécessairement à la même organisation) pour une même session de formation, plus la tâche sera ardue. Sans parler du participant qui vous annonce tout de go en arrivant « Euh, moi je remplace Madame Untel parce qu’elle a eu un empêchement de dernière minute »

Homme-orchestre, dites-vous ? Et pourquoi donc ?

C’est pour cette raison que pour ma part je n’entre jamais « dans le vif » d’une session de formation sans avoir entamé un bref échange avec l’ensemble des personnes présentes (nous y reviendrons dans un prochain billet). En tout cas, il est facile de constater que tout formateur plongé dans un session en contexte « B to B » est le plus souvent mis dans une situation qu’on pourra qualifier d’obligation de résultat, étant entendu qu’il doit faire avec les moyens du bord tout en faisant son affaire personnelle de la manière dont il s’y prendra pour mener à bien sa mission, et que par la suite, nombreux sont ceux qui, à tort ou à raison, s’estimeront en situation de lui demander des comptes…

Ici, c’est plutôt le formateur qui est continuellement « mis en examen »…

Du coup, un tel formateur développe le plus souvent ses aptitudes pédagogiques à la manière du cowboy qui apprend à danser quand le méchant du saloon lui tire dans le pattes en s’esclaffant « Allez, danse, coyote ! ». C’est une sorte d’épreuve du feu permanente dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle forge le caractère… En plus, dans mon cas, à cette époque-là je sortais à peine de l’Education Nationale… Vous voyez un peu le tableau ! En général y’a pas photo, ça passe ou ça casse…

Un homme-orchestre, je vous dis !

(Cet article sera repris dans ouvrage de conseils aux formateurs, à paraître en été 2014 aux éditions DUNOD).

Pour en savoir plus, on consultera avec profit cet Article et infographie de Nicole Legault (community manager de la compagnie de e-learning Articulate), à propos de la spécificité de l’apprentissage des adultes.
Vous y (re)trouverez beaucoup de points en accord avec l’esprit qui souffle sur notre mooc, mais aussi des éclairages qui m’ont paru originaux et dignes d’intérêt…

Pour éviter que vos interventions entrent par une oreille et ressortent par l’autre, visez… le flux !

Sommes-nous captivés ? Mourons-nous d'ennui ?

Susan et Robert au moyen-âge…

_
Dans le cadre du mooc « eLearn² » que j’ai le plaisir de suivre actuellement sous la houlette bienveillante du visionnaire et talentueux Marcel Lebrun, il nous a été proposé de visionner une série de trois vidéos mettant en scène deux apprenants aux profils caractéristiques et bien distincts :

  • Robert, qui est  essentiellement là pour obtenir une certification, mais dont les centres d’intérêt personnels sont à des années-lumières du cours proposé ;
  • Susan, très motivée par l’idée d’apprendre et de comprendre, d’une manière générale.

Il est évident que par rapport à Robert, Susan a plus de chances de tirer profit de l’enseignement qui lui est proposé, toutes choses égales par ailleurs… tout le monde s’accorde donc à dire que si nous autres formateurs parvenons à créer ou à favoriser les conditions pour que Robert adopte la même attitude que Susan, nous aurons atteint le Saint Graal en permettant aux portes de la motivation et du succès de s’ouvrir bien grand.

Un des moyens (…nécessaire, même s’il n’est pas suffisant) pour y parvenir, est sans doute de tâcher d’intégrer et d’appliquer une notion bien connue dans l’univers des jeux vidéos. Il s’agit du fameux « flow », que nous traduirons ici par flux. De quoi s’agit-il ?

Un peu d’histoire…

Mihály Csíkszentmihályi (né le 29 septembre 1934 à Fiume, Croatie) est un psychologue hongrois, tenant d’une conception humaniste de la créativité. Il a émigré aux États-Unis à l’âge de 22 ans et est actuellement professeur à l’Université de Claremont en Californie.  Il est communément reconnu comme étant le véritable « découvreur » du flow.

Dans son oeuvre fondatrice (1975 :« Beyond Boredom and Anxiety: Experiencing Flow in Work and Play », San Francisco: Jossey-Bass, ISBN 0-87589-261-2), Mihály Csíkszentmihályi présente sa théorie selon laquelle les individus sont les plus heureux lorsqu’ils sont dans un état de concentration ou d’absorption complète dans une activité, état  qu’il qualifie de flow (d’autres auteurs parleront plus tard de « détente concentrée », ou encore « d’attention détendue »).

Juillet 1997 : P. Novak et Donna L. Hoffman, tous deux chercheurs au Département « eLabs » de l’ Owen Graduate School of Management (Vanderbilt University) de Nashville (USA) ont utilisé eux aussi le concept de « flow ».

Sous nos latitudes, ce concept a été notamment repris et développé par Guillaume Denis[1] dans une thèse intitulée « Jeux vidéo éducatifs et motivation : application à l’enseignement du jazz ». Selon ses propres termes, lorsqu’on parle de « flow », il s’agit de…

[…] l’état d’un individu pleinement investi dans le présent, qui oriente l’ensemble de ses facultés sensorielles, mentales et motrices vers l’accomplissement d’une activité bien précise. Donnons-en quelques exemples : le sportif dans un pic de performance, le soliste de jazz pendant une improvisation, le joueur de flipper sur le point de débloquer un bonus, le moine bouddhiste en pleine méditation, le lecteur et son imagination qu’une description ou une révélation viennent stimuler, le joueur d’´échecs concentré, le rappeur qui invente son flow (!) de paroles au fur et à mesure qu’il le déclame… 

Comment définir le flux ?

Le « flux » est un état émotionnel qui apparaît quand on fait ce qu’on aime vraiment faire. Bien entendu, cela fluctue énormément d’une personne à l’autre, selon que vous aimez jouer du piano, être avec votre meilleur ami, ou peut-être travailler ?

Lorsque vous regardez la télévision, vous êtes peut-être sans même le savoir « dans le flux »… uniquement si vous êtes en train de regarder un programme que vous avez vraiment envie de regarder, et que vous en retirez quelque-chose.

Certaines personnes savent « se  mettre dans le flux » spontanément, et sans aucun conseil, mais hélas beaucoup d’autres ont plus de difficultés.

Quel rapport avec les jeux vidéo ?

Nous avons tous remarqué à quel point les joueurs de jeux vidéos peuvent être « accros » à leur passion au point d’avoir parfois du mal à « lâcher les manettes » (parfois même à un point alarmant, mais là n’est pas le sujet). Ce phénomène s’explique d’autant mieux lorsque l’on sait que les concepteurs s’efforcent de maintenir un juste équilibre entre les compétences nécessaires (agilité, rapidité…) d’une part, et les buts à atteindre (défis) d’autre part, en faisant constamment varier la difficulté du jeu « en direct » pour s’efforcer de maintenir le joueur en état de « flow« , comme le montre le schéma suivant :

Schéma du flow dans les jeux vidéo

Le flux apparaît (et se maintient) lorsque compétence et défi sont l’un et l’autre sollicités.

_

Les sept signes du « flux » selon Mihaly Csikszentmihalyi

Nous savons que sommes « dans le flux » lorsque….

  1. Nous sommes complètement impliqués – concentrés dans ce que nous sommes en train de faire
  2. Nous ressentons un  sentiment d’extase – impression d’être complètement en dehors de la réalité quotidienne
  3. Nous ressentons une grande clarté intérieure – une impression de savoir ce qui doit être fait, et comment nous devons le faire
  4. Nous avons conscience de ce que l’activité est « faisable » – et que nos compétences sont appropriées pour cette tâche
  5. Nous ressentons un sentiment de sérénité – pas de soucis sur soi, au contraire : un sentiment de plus en plus au-delà des frontières de l’ego
  6. Nous avons une sensation d’intemporalité – complètement concentré sur le présent, les heures nous semblent des minutes
  7. Notre motivation est intrinsèque – tout ce qui produit du « flux » devient sa propre récompense.

_

Comment déclencher le flux lorsqu’on enseigne ?

Malheureusement le le flux ne se décrète pas ! A mon humble avis, cela commence par la passion de celui qui transmet. Je suis certain que si vous essayez de vous remémorer des enseignants qui ont marqué positivement votre enfance, vous retrouverez des gens passionnants, précisément  parce que passionnés. En même temps, il existe hélas des passionnés totalement soporifiques ! Cela s’est vu… Tentons donc un complément de réponse : en plus de votre « aptitude à la passion », vous aurez sans nul doute plus de chances de créer du flux si vous avez la faculté de « sentir »  si vous êtes en train de capter l’attention de votre auditoire, ou si au contraire vous parlez dans le vide (il est regrettable que tant de « parleurs dans le vide » ne soient même  pas conscients de ce simple fait). Cette faculté n’est pas simple à cultiver, mais vous aurez plus de chances d’y parvenir si vous considérez qu’elle est importante pour la qualité de votre enseignement et que vous êtes décidé(e) à progresser dans cette voie. Tous les camelots et vendeurs de foire savent très bien faire cela !

J’ai utilisé à dessein cette comparaison quelque peu provocatrice pour illustrer le fait que – bien évidemment – il ne suffit pas de faire un numéro de cirque pour faire passer quelque-chose…  Ainsi, il est indispensable d’organiser au cours de votre intervention (que ce soit en face-à-face ou dans le cadre d’un apprentissage en e-learning) un certain nombre d’activités susceptibles de permettre à vos apprenants de participer activement à ce qui est en train de de passer et, partant, de leur permettre de construire  par eux-mêmes leurs connaissances…

C’est ce que préconisent John Biggs et Marcel Lebrun, si nous voulons devenir ce qu’ils appellent des enseignants de niveau 3 (bigre !).

filet

Pour en savoir plus :

Ouvrages de  Mihaly Csikszentmihalyi :

  • « Flow : the psychology of optimal experience ». – 1990 (traduit  en français sous le titre « Vivre : la psychologie du bonheur » – 2006, chez Robert Laffont )
  • « Beyond Boredom and Anxiety: Experiencing Flow in Work and Play » – 1975, San Francisco: Jossey-Bass. ISBN 0-87589-261-2

Page personnelle de Mihaly Csikszentmihalyi (en anglais)

Comprendre l’apprentissage pour enseigner … J’enseigne oui, mais apprennent-ils ? par Marcel Lebrun

Les serious games : un atout pour l’éducation ? par Bernard Lamailloux


1. École des mines de Paris (Information, communication, modélisation et simulation).

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur votre ordinateur et sur internet…

Ce type-là sait tout... c'est incroyable !

Il n’y a pas d’idée, si profonde ou si subtile soit-elle, qui ne puisse et ne doive s’exprimer dans la langue de tout le monde.

Henri Bergson

 

Bonjour,

« C’est quoi TCP/IP ? Comment ça marche ?… »

« Comment ça marche un moteur de recherche ?… »

« C’est quoi un firewall ? Comment ça marche ?… »

« C’est quoi un virus, un ver ?… »

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’une ressource particulièrement utile pour ceux qui souhaitent mieux comprendre comment fonctionnent les arcanes de l’informatique et d’internet.

Elle vous permettra en outre de répondre à un grand nombre de questions courantes (une cinquantaine  en tout) telles que celles énoncées ci-dessus, et que vous n’avez peut-être jamais osé poser…

Il s’agit d’une page conçue par Sébastien Sauvage, à qui je tiens à rendre un grand coup de chapeau pour son travail d’explication et de vulgarisation, dans le meilleur sens du terme. On voit tout de suite que ce monsieur sait très bien de quoi il parle, et comme tous les vrais pros il sait en parler en utilisant des termes simples qui parlent à tout le monde et donnent vraiment l’impression que les choses sont moins compliquées que nous le pensions au premier abord (…alors que tant d’ enthousiastes à gros sabots nous donnent l’envie de nous enfuir à toutes jambes dès qu’ils tentent de nous expliquer quoi que ce soit…)

Personnellement, j’y ai appris des choses passionnantes que je ne connaissais pas. Quant à celles que je connaissais déjà (…ou croyais déjà connaître), j’y suis allé voir quand-même, juste pour le plaisir. Et j’ai bien été obligé de m’avouer que tout cela était décrit bien mieux que je n’aurais pu le faire moi-même. C’est comme la potion magique : il n’y a pas photo, ceux qui sont tombés dedans quand ils étaient petits font carrément la différence.

Pour vous donner une idée succincte de qui est Sébastien Sauvage, sachez seulement qu’il est employé d’un groupement d’intérêt public éditant un logiciel de gestion des patients pour hôpitaux, qu’il nage avec aisance dans un ensemble impressionnant de langages de programmation, et aussi qu’il est musicien (violoncelliste… et par ailleurs chanteur dans un groupe rock-funk…) Voilà qui nous fait donc quelques points communs, lui et moi. D’ailleurs je me demande si je ne vais pas carrément écrire un article sur le rapport qu’il y a entre aptitudes musicales et pédagogiques, un de ces jours…

Trêve de digressions, voici enfin LE lien :

http://sebsauvage.net/comprendre/

À faire figurer d’urgence en bonne place dans vos favoris, vos Pearltrees, et que sais-je encore…

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui.

Bien à vous,

Bernard

THIAGI À PARIS les 22, 23, 24 et 25 avril 2014

Bonjour à tou(te)s.

Je viens de recevoir cette annonce, que je vous transfère bien volontiers…

Bien à vous !

           
à l’invitation de Bruno Hourst et de Mieux-Apprendre THIAGI À PARIS !
les 22, 23, 24 et 25 avril 2014 

Sivasailam Thiagarajan, alias Thiagi, maître incontesté des stratégies interactives, inventeur du concept de « jeux-cadres », expert dans la conception et l’animation de formations et de transmission du savoir, est de retour à Paris !
Il vous invite à explorer l’importance de l’utilisation des jeux (comprendre : activités interactives) dans le partage des connaissances, dans le développement des talents et dans la mise en oeuvre de l’intelligence collective.

Chaque venue de Thiagi à Paris est toujours un événement, et nous vous proposons une nouvelle session de formation du 22 au 25 avril 2014.

Celle-ci  se compose de deux ateliers, le premier du 22 au 24 avril et le second sur une seule journée le 25 avril, permettant ainsi à chacun d’adapter ses disponibilités et contraintes d’agenda.

Au cours de ces ateliers, les participants découvriront une large palette d’activités interactives, pouvant être utilisées dans la formation, l’enseignement et dans tous les éléments-clés du management : communication, leadership, travail en équipe, prévention et gestion de conflits, etc.
Renseignements et inscriptions sur http://mieux-apprendre.com/

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